Bollywood

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Page d'aide sur les redirections Cet article concerne le cinéma en hindi. Pour le cinéma indien en général, voir Cinéma indien.

Bollywood (बॉलीवुड) est le nom donné à l'industrie du cinéma indien, basée à Mumbai (anciennement Bombay), dont les films sont réalisés en hindi[1].

Bollywood est une contraction de Bombay et d'Hollywood. Elle est l'industrie la plus importante du cinéma indien et dans le monde, en nombre de films réalisés. Ses films, diffusés dans la majeure partie de l'Inde, s’exportent dans le monde entier, notamment en Asie du Sud-Est, en Afrique du Nord et au Moyen-Orient. En Occident, « Bollywood » est souvent utilisé pour désigner le cinéma indien en général.

Il désigne un genre cinématographique qui se caractérise - généralement - par la présence de plusieurs séquences chantées et dansées, sur fond de comédies musicales.

En Inde, le cinéma est bien plus qu'un art ou une industrie, c'est une culture, un art de vivre et il fait partie intégrante de la vie de nombreux indiens, qui s'identifient aux acteurs ("héros") et aux valeurs qu'ils diffusent. "C'est comme se brosser les dents" déclare Shahrukh Khan, soulignant son côté incontournable.

Histoire[modifier | modifier le code]

Ce modèle est-il pertinent ? Cliquez pour en voir d'autres.
Question book-4.svg
Cette section ne cite pas suffisamment ses sources (indiquez la date de pose grâce au paramètre date).
Pour l'améliorer, ajoutez des références vérifiables [Comment faire ?] ou le modèle {{Référence nécessaire}} sur les passages nécessitant une source.
Affiche d’Alam Ara (1931)

Ce sont les frères Lumières qui amènent le cinéma en Inde : ils ont organisé leur première projection publique au Salon indien du Grand Café de l'hôtel Scribe à Paris puis quelques mois plus tard, leur assistant, Maurice Sestier présente dès le au Watson's Hotel à Bombay quelques-unes des œuvres des frères Lumière parmi laquelle L'Arrivée d'un train en gare de La Ciotat et La Sortie de l'usine Lumière à Lyon. L'accueil du public à ces premières projections est enthousiaste et les salles sont combles[2].  

À la suite de pionniers comme Hirelal Sen et H.S. Bhatavdekar dans la première décennie du XXe siècle, Dadasaheb Phalke réalise Raja Harishchandra qu'il présente à Bombay le . Ce moyen-métrage inspiré d'une histoire tirée du Mahabharata, est généralement considéré comme le premier film de cinéma indien[3]. Il rencontre beaucoup de succès mais pendant quelques années, Dadasaheb Phalke installé à Nashik au sud de Bombay, reste presque le seul réalisateur du sous-continent[4].

La production cinématographique augmente significativement dès le tournant des années 1920 grâce à l'émergence de studios de cinéma tels que Kohinoor, Imperial puis Ranjit Films à Bombay, mais aussi Madan Theatres à Calcutta. Les thèmes abordés se diversifient avec l'apparition de sujets plus modernes s'éloignant de l'inspirations mythologique ou religieuse qui prévalait alors. Un véritable star-system se met également en place avec des vedettes telles que Sulochana ou Gohar[5].

Le premier long-métrage indien parlant, Alam Ara, produit et réalisé par Ardeshir Irani, est projeté au cinéma Majestic de Bombay le [6]. C'est un grand succès qui jette les bases du format cinématographique spécifiquement indien où les séquences chantées et dansées sont d'une importance capitale[5]. Les acteurs se doivent donc de chanter ce qui propulse au firmament des acteurs-chanteurs tels que K.L Saigal ou un peu plus tard Noor Jehan. Dans le même temps, les actrices-danseuses telles qu'Azurie ou Sunita Devi font leur apparition aux génériques. L'invention du playback en 1935 à l'occasion du tournage de Dhoop Chhaon favorise l’émergence de chanteurs professionnels[7] et va permettre à des acteurs avec peu de voix tels que Raj Kappor et Nargis d'entamer une carrière dès le début années 1940.

La production cinématographique qui atteint jusqu'à 200 films par an dans la première moitié du XXe siècle, ralentit dans les années 1930-1940 à la suite de la Grande Dépression, et des conséquences de la Seconde Guerre mondiale et du mouvement pour l'indépendance de l'Inde.

En 1937, Ardeshir Irani réalise le premier film en couleur en hindi, Kisan Kanya, suivi par Mother India en 1938 (à ne pas confondre avec celui de Nargis). Malgré le succès de ces films, la couleur met du temps à s'imposer avant les années 1950.²

Très vite, des dynasties se mettent en place, comme celles des Kapoor ou des Mukherjee.

Au lendemain de la Partition, de nouveaux visages émergent sur les écrans, dont certain viennent de Lahore. La période allant des années 1940 aux années 1960 correspond à l'âge d'or du cinéma de Bollywood avec notamment les films de Guru Dutt, l'Orson Welles indien : Pyaasa (1957), Kaagaz ke pool (1959) ou ceux de Raj Kapoor appartenant à la dynastie des Kapoor (surnommé "the showman") : Awaara (1951) qui est dans la lignée des films de Charlie Chaplin, dont il était admirateur. Ou encore de Dilip Kumar ("tragedy king").

Les acteurs en vogue à l'époque sont alors Dev AnandDilip Kumar et Raj Kapoor et les actrices NargisMeena Kumari, Nutan et Madhubala. Durant cette époque les actrices s'habillent plutôt à l'occidentale et la qualité scénaristique est reconnue à travers le monde car le film Neecha Nagar gagne par exemple une palme à la première session des césars.

À partir des années 1960, les mélodrames laissent place aux romances et aux films d'action[8] avec des films comme cultes comme Sangam évoquant le "triangle amoureux" (Raj Kapoor) ou encore un peu plus tard des acteurs comme Rajesh Khanna, considéré comme la première "superstar" du cinéma indien et Dharmendra, le "he-man". Les années 1970-1980 voient paraître nombre de films noirs et à message politique avec notamment des films comme Deewar (1975) où l'on voit la consécration d' Amitabh Bachchan qui incarne le jeune homme révolté ("angry young man") ou Manoj Kumar tiraillé entre l'amour de son pays et ses conditions de vie miséreuses (faible insertion dans le monde du travail et ce malgré les diplômes) dans Roti, Kapada aur Makaan.

Il y a aussi des romances d'adolescents comme avec Bobby, une comédie sentimentale dans laquelle de jeunes amoureux se battent contre l'opposition de leur famille. Il ouvre aussi la voie à un cinéma plus sensuel où la sexualité est toujours implicite (en raison de la censure), mettant en scène de superbes actrices filmées dans des poses suggestives.

Durant les années 1980 et début 90, on constate un déclin de la qualité scénaristique.

Puis dans les années 1990, des comédies romantiques et familiales reprennent le dessus comme Hum Aapke Hain Koun...! (1994) et Dilwale Dulhania Le Jayenge (1995) introduisant une nouvelle génération d'acteurs tels Aamir Khan, Salman Khan, Shahrukh Khan, et Akshay Kumar et d'actrices telles Sridevi, Madhuri Dixit, Juhi Chawla, Kajol, Raveena Tandon, Manisha Koirala, Urmila Matondkar et Karishma Kapoor.

Les années 2000 correspondent à une occidentalisation et une globalisation de Bollywood[9] retrouvant ainsi son aura de son âge d'or. De grandes sociétés de productions telles Yash Raj Films et Dharma Productions se lancent à la conquête du marché mondial avec des films "d'exportation" comme La famille indienne (2001) de Karan Johar, Lagaan (2001) d'Ashutosh Gowariker et Devdas (2002) de Sanjay Leela Bhansali, qui marquent le retour des mélodrames que le public occidental apprécie.

Le cinéma indien a évolué avec son temps, mais aussi avec le contexte politique. Dans les années 1980, la censure est devenu plus affirmée et les petites tenues sont devenues ainsi plus rares et l'"hindouité" plus présente.

Conventions du genre[modifier | modifier le code]

Musique[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Filmi.

Les films, tournés en hindi, s'apparentent aux films musicaux voire à la comédie musicale. Ils comportent en effet généralement plusieurs clips musicaux, chantés (playback) et dansés, dont l'un est particulièrement soigné et osé (l'item number).

La musique filmi a ses propres compositeurs attitrés, tels Rahul Dev Burman, Jatin Lalit, Anu Malik, Madan Mohan, A. R. Rahman et Nadeem-Shravan. Le style est un mélange de musique indienne et occidentale. Elle s'accorde avec précision au scénario et est toujours pré-enregistrée par des chanteurs de playback professionnels très prisés (tels Lata Mangeshkar, sa sœur Asha Bhosle, Mukesh, Mohammed Rafi, Sunidhi Chauhan, Geeta Dutt, Kishore Kumar, Udit Narayan, Sonu Nigam, Sukhwinder Singh, Kumar Sanu et Alka Yagnik et Shreya Ghoshal). Les acteurs, à quelques exceptions notables, se contentent de mimer le chant.

Certains acteurs chantent parfois eux-même. C'est le cas par exemple d'Amitabh Bachchan dans Silsila ou d'Aamir Khan dans Ghulam. La bande originale du film est le plus souvent réalisée et distribuée avant même le tournage, qui dépend d'ailleurs de son succès. Il y a très souvent alors des scènes tournées à l'étranger pour accompagner ces clips ; les Alpes suisses ou les plages des Seychelles en sont des thèmes récurrents, symbolisant le rêve, l'évasion et la richesse.

Une nouvelle génération de chanteurs de play back fait son apparition durant les années 2000 : Atif Aslam, Mohit Chauhan, Shankar Mahadevan, Shaan, K.K, Neeraj Shridar, Javed Ali, Tulsi Kumar, Alisha Chinoy, Shreya Ghoshal.

Beaucoup de compositeurs travaillent avec des paroliers attitrés tels Javed Akhtar, Gulzar ou Sameer. Les chansons ont souvent des thèmes romantiques inspirés soit de la mythologie hindoue (Krishna et Radha ou autres figures), soit de la tradition moghole en ourdou empreinte de vocable arabo-persans.

Danse[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Danse classique de l'Inde.

Les danses sont très variées. Il s'agit d'un mélange de genres qui s'inspirent à la fois de danses folkloriques et classiques comme le bhangra, le bharata natyam, les danses de courtisanes, le kathak classique, et le tawaif. Depuis les années 2000, le style chorégraphique a largement évolué et s'est imprégnée de danses modernes occidentales (disco, salsa, hip-hop, break dance), qui se ressent dans le rythme virevoltant de la danse indienne.

Contrairement à la danse indienne classique très codée, extrêmement rigoureuse et plus lente, la danse Bollywood est une danse rapide qui demande énormément de coordination dans les mouvements.

Le protagoniste ne danse jamais seul. Il est toujours accompagné d'une troupe ou d'un chœur de danseurs qui les accompagnent ce qui crée un effet de masse, accentué par un champ panoramique ou quelques extra qui viennent s'ajouter, quasiment à titre d'éléments du décor. Ces scènes sont très soignées et imposent souvent aux comédiens des changements multiples de costumes ou de lieux appelés picturisation.

Script[modifier | modifier le code]

Le script et les dialogues sont écrits en hindi courant. Cependant, au regard des nombreux peuples que composent l'Inde, la culture pendjabi est profondément présente dans le cinéma, notamment avec des réalisateur comme Yash Chopra. Depuis, une vingtaine d'année, le "hinglish" (contraction d'hindi et d'anglais) a une place considérable.

Scénario[modifier | modifier le code]

Les scénarios de films de Bollywood sont, comme les chansons, parfois inspirés de succès d'Hollywood. Le cinéma de Bollywood est riche. Cependant, il arrive que quelques producteurs préfèrent une adaptation à l'indienne d'un thème déjà éprouvé par le box-office, dans d'autres cinéma : coréens, américains. Les économies budgétaires ont souvent provoqué des plagiats assez importants que couvraient le laxisme des lois indiennes et l'absence de contrat écrit en la matière[10]. Cette propension à copier était d'autant plus usitée auparavant que la plupart des indiens ignoraient tout des films ou musiques produits à l'étranger et que bon nombre de scénarios étaient remaniés lors du tournage. Certains y voient un effet impondérable de la mondialisation[11].

Les films de Guru Dutt sont renommés pour leur qualités scénaristiques.

Distribution[modifier | modifier le code]

Bollywood emploie des gens de tous les horizons, venus de toutes parts de l'Inde. Nombre de mannequins y trouvent une seconde carrière après avoir remporté un prix international (quelques Miss Monde notamment). Quelques occidentaux y sont aussi employés car les films comportent de plus en plus de scènes tournées à l'étranger, en Suisse et au Royaume-Uni notamment (où la nombreuse diaspora indienne est un public choyé), en Australie (Salaam Namaste), aux États-Unis (Kurbaan, London Dreams}), en Italie (Bachna Ae Haseeno), en Thaïlande (Badmaash Company), en Turquie (Guru, Ajab Prem Ki Ghazab Kahani)[12]. Ils y jouaient auparavant des rôles ridicules, mais désormais une nouvelle tendance leur donne des rôles titres comme dans les films Rang De Basanti, Kinna : The Warrior Poet, Lagaan et Mangal Pandey: The Rising'[réf. nécessaire]'. Amy Jackson ou Kalki Koechlin sont des occidentales qui comptent désormais à Bollywood.

La présence d'une star avérée est nécessaire au succès d'un film et plus il y en a plus le film a des chances de succès[réf. nécessaire]. L'obtention de ces places en or est souvent réservée à certains membres d'une même famille : les dynasties de Bollywood, qui se sont érigées en empires financiers. Toutefois, certaines figures reconnues ne doivent qu'à elles-mêmes leur succès tels Dharmendra, Hema Malini, Govinda, Rekha, Amitabh Bachchan, Shahrukh Khan, Akshay Kumar, Jeetendra par exemple.

Influences[modifier | modifier le code]

Ce modèle est-il pertinent ? Cliquez pour en voir d'autres.
Question book-4.svg
Cette section ne cite pas suffisamment ses sources (indiquez la date de pose grâce au paramètre date).
Pour l'améliorer, ajoutez des références vérifiables [Comment faire ?] ou le modèle {{Référence nécessaire}} sur les passages nécessitant une source.

On peut trouver six influences majeures ayant contribué à l'élaboration du cinéma de Bollywood :

  • les anciens textes épiques du Mahabharata et du Ramayana, dont la structure narrative (étalonnée en maintes histoires parallèles) est souvent reproduite (Khal Nayak et Gardish en sont des exemples).
  • les anciens drames en sanskrit (Natya Shastra), combinant musique et danse indiennes.
  • les théâtres folkloriques indiens ayant succédé aux précédents au Xe siècle (Yatra du Bengale, Ramlila de l'Uttar Pradesh, Terukkuttu du Tamil Nadu).
  • le théâtre parsi, particulièrement représenté à Bombay, et comprenant lui aussi musique et danse mêlées à des éléments réalistes et fantastiques, dont la narration a tout du spectacle et qui est du genre mélodrame.
  • le cinéma d'Hollywood dont les comédies musicales furent célèbres dans les années 1920-1950, les réalisateurs indiens privilégiant l'aspect fictionnel, tandis qu'à Hollywood, la vraisemblance est primordiale.
  • les chaînes musicales de télévision câblées telle MTV, dont les techniques mises en œuvre pour les clips vidéos ont été généralisées dans les films depuis les années 1990 (Bombay)

Inversement, le cinéma de Bollywood influence et contribue au renouveau du film musical, avec notamment des réalisateurs occidentaux tel Baz Luhrmann dont le film Moulin Rouge! (2001) en est directement inspiré ; on retrouve cette influence au sein de la diaspora indienne, ainsi le film Coup de foudre à Bollywood de la réalisatrice britannique Gurinder Chadha ou encore Bollywood Hollywood réalisé par la canadienne Deepa Mehta. One Dollar Curry du réalisateur indien à Paris, Vijay Singh, donne aussi un petit clin d'œil au cinéma de Bollywood.

Le film Lagaan (2001) a été nommé aux Oscars du cinéma (Best Foreign Language Film), tandis que Devdas (2002) et Rang De Basanti (2006) ont été nominés aux BAFTA (Best Foreign Language Film).

Danny Boyle, dont le film Slumdog Millionaire (2008) a gagné de nombreux prix internationaux, s'inspire aussi des films de Bollywood. La présence de stars de Bollywood à la distribution contribue à assurer la confusion avec un film issu de Bollywood[13], tout en leur rendant hommage[14].

Production[modifier | modifier le code]

La production de Bollywood tourne actuellement autour de 200 films par an[15],[17], alors que l'Inde produit environ 1 200 films par an toutes langues confondues[18].

Lorsque le cinéma de Bollywood n'était pas connu hors de l'Inde, de nombreux films ont été exploités sans tenir compte de la propriété industrielle. Actuellement, en raison de leur visibilité accrue et de l'augmentation de leur public potentiel, quelques films de Bollywood commencent à avoir des budgets plus importants, leur permettant d'employer des décors naturels lointains et dispendieux comme Hatfield House et le Palais de Blenheim au Royaume-Uni.

De grands studios commencent à émerger, comme ceux de Film City et de Yash Raj Films. Les financements proviennent essentiellement d'investisseurs privés et de plus en plus souvent d'acteurs qui fondent leurs propres maisons de production à l'image de Shahrukh Khan, Juhi Chawla ou Ashutosh Gowariker. En 2001, le Central Bureau of Investigation, l'agence nationale de la police de l'Inde, a saisi toutes les copies de Chori Chori Chupke Chupke lorsqu'il s'est avéré que le film avait été financé par la pègre de Bombay.

Une tendance récente voit de plus en plus d'associations entre des compagnies américaines (Disney, Warner, etc.) et indiennes, dans le but de produire ou distribuer des films grands publics[19].

Un autre problème de Bollywood est le piratage de ses films. Les DVD piratés sont souvent disponibles sur le marché en même temps que le film en salle ; les films sont réencodés - bonus supprimés - pour en mettre deux sur un même support, moyennant une baisse de qualité.

Le cinéma indien coûte moins cher que celui d'Hollywood. Le film Dhoom 3 est le film le plus onéreux avec un budget de 26 millions de dollars. En comparaison, une grosse production américaine peut dépasser 200 millions de dollars.

Diffusion[modifier | modifier le code]

Les films de Bollywood sont naturellement diffusés à grande échelle en Inde mais aussi à l'île Maurice, au Bangladesh, au Népal, en Afghanistan et au Sri Lanka.

Au Pakistan, le cinéma de Bollywood reste très populaire malgré une interdiction de 1965 à 2007 largement compensée par la diffusion de copies pirates[20]. Les pays voisins de l'Inde, surtout le Pakistan et Bangladesh, partageant à peu près la même culture, voire la même langue, les films bollywoodiens sont plébiscités et ils sont parfois tournés sur place (Dharmatma, Kabul Express, Khuda Gawah et Escape from Taliban se déroulent en Afghanistan). Les affiches des films sont encore faites à la main par des artistes peintres.

Les pays arabes d'Afrique du Nord et du Moyen-Orient sont aussi de gros consommateurs depuis plus de trente ans, car les films indiens sont censurés et se rapprochent du mode de vie des Musulmans modérés, alors que les productions d'Hollywood sont boycottées car impudiques. En Israël aussi Bollywood progresse grâce aux touristes israéliens se rendant en Inde et sensibilisés à sa culture. En Turquie et en Iran, il y a également une forte demande, toujours pour des raisons de cohérence sociale, mais aussi afin de pallier les productions américaines. Par ailleurs, ces pays aux vastes dimensions passent et repassent les films dans les cars.

En Chine, les films en hindi eurent un grand succès dans les années 1950 et Raj Kapoor y était une star. Puis il y eut un long déclin avant le retour en force grâce à Lagaan en 2001.

Nombre de pays africains bénéficient aussi de la diffusion des films de Bollywood grâce à des distributeurs libanais. L'Égypte, le Nigeria, le Tchad, la Somalie ou l'Éthiopie sont un grand marché où les films en hindi tiennent l'affiche durant des décennies. Bien des films sont tournés en Afrique du Sud tel Padmashree Laloo Prasad Yadav (2005), aux Seychelles ou à l'île Maurice (Dil Jo Bhi Kahey, 2005).

En Russie et dans les pays de l'Est, Bollywood a longtemps été une alternative aux productions d'Hollywood interdites. La neutralité politique des films indiens est appréciée ainsi que leur caractère familial. L'actrice russe Kseniya Ryabinkina est spécialement recrutée pour tourner dans Mera Naam Joker, une réalisation de 1970 de Raj Kapoor adulé en Russie[21], afin de nouer davantage de liens entre les deux pays. À partir de la Guerre froide jusqu'à la chute du régime soviétique, une vingtaine de films indiens est importée tous les ans ; doublés, ils rassemblent 55 à 60 millions de spectateurs annuellement. Certains deviennent d'énormes succès populaires tels Awaara (Raj Kapoor, 1954) avec 63 millions d'entrées ou Disco Dancer (Babbar Subash, 1982) avec 60 millions de spectateurs[22]. Si la fin de l'ère soviétique signe l'arrêt des projections en salle, dans les années 2010, une chaine de télévision spécialisée, India TV, réunit près de 40 millions de téléspectateurs, des festivals de cinéma indien rencontrent un certain succès et des accords commerciaux ambitionnent de relancer la diffusion des films indiens sur le sol russe[22].

Grâce à l'importante diaspora indienne, les films de Bollywood sont appréciés au Canada et aux États-Unis, où ils représentent le second marché derrière les films en anglais. Nombre de films récents y ont été tournés.

Il en va de même au Royaume-Uni, où les films de Bollywood sont parmi les plus regardés. L'Allemagne, la Suisse, la France[23] et la Scandinavie sont aussi des pays où la passion pour Bollywood émerge très rapidement ; nombre de films indiens y sont également tournés.

Bollywood a du mal à s'implanter en Amérique du Sud à part au Brésil et en Océanie, à part aux Fidji. Des films tournés récemment en Australie tels Salaam Namaste (2005), Heyy Babyy (2007), Chak De! India (2007) et Singh Is Kinng (2008) ont toutefois favorisé le développement de ce marché.

Box-office[modifier | modifier le code]

Les films ayant recueilli les recettes les plus importantes au cours de ces dernières années :

Annexes[modifier | modifier le code]

Annexes connexes[modifier | modifier le code]

Sources et bibliographie[modifier | modifier le code]

En français
  • Virginie Broquet, Pierre Polomé, Bollywood : Dans les coulisses des Film Cities, Éditions du Rouergue, 2005, 111 p. (ISBN 978-2841566372)
  • Camille Deprez, Bollywood : Cinéma et mondialisation, Presses Universitaires du Septentrion, 2010, 252 p. (ISBN 978-2757401545)
  • Ophélie Wiel, Bollywood et les autres : Voyage au cœur du cinéma indien, Buchet-Chastel, 2011, 223 p. (ISBN 978-2283024393)
En anglais
  • (en) Nasreen Munni Kabir, Bollywood: The Indian Cinema Story, Channel 4 Books, 2001, 256 p. (ISBN 978-0752219431)
  • (en) Vijay Mishra, Bollywood Cinema: Temples of Desire, Routledge Film Guidebooks, 2002, 320 p. (ISBN 978-0415930154)
  • (en) Jigna Desai, Beyond Bollywood: The Cultural Politics of South Asian Diasporic Film, Routledge Film Guidebooks, 2004, 296 p. (ISBN 978-0415966856)
  • (en) Jitendra Kothari, Dinesh Raheja, Indian Cinema: The Bollywood Saga, Roli Books, 2004, 156 p. (ISBN 978-8174362858)
  • (en) Subhash K. Jha, The Essential Guide to Bollywood, Reprint, 2005, 176 p. (ISBN 978-8174363787)
  • (en) Stephen Alter, Fantasies of a Bollywood Love Thief: Inside the World of Indian Moviemaking, Mariner Books, 2007, 272 p. (ISBN 978-0156030847)
  • (en) Anna Morcom, Hindi Film Songs and the Cinema, Ashgate Publishing, 2007, 281 p. (ISBN 978-0754651987)
  • (en) Deborah Barretto, Gurbir Jolly, Zenia Wadhwani, Once Upon a Time in Bollywood: The Global Swing in Hindi Cinema, Tsar Publications, 2007, 200 p. (ISBN 978-1894770408)
  • (en) Mihir Bose, Bollywood: A History, Tempus, 2008, 388 p. (ISBN 978-0752443829)
  • (en) Sangita Gopal, Sujata Moorti, Global Bollywood: Travels of Hindi Song and Dance, University of Minnesota Press, 2008, 352 p. (ISBN 978-0816645787)
  • (en) Tejaswini Ganti, Bollywood: A Guidebook to Popular Hindi Cinema, Routledge Film Guidebooks, 2013, 288 p. (ISBN 978-0415583886)
  • (en) Aswin Punathambekar, From Bombay to Bollywood: The Making of a Global Media Industry, New York University Press, 2013, 266 p. (ISBN 978-0814729496)
  • (en) Rachel Dwyer, Bollywood's India: Hindi Cinema as a Guide to Contemporary India, Reaktion Books, 2004, 272 p. (ISBN 978-1780232638)
Autres langues
  • (de) Natalie Tenberg, Bollywood und Rübenkraut: Geschichten von meiner deutsch-indischen Familie, Heyne Taschenbuch, 2013, 223 p. (ISBN 978-3453602625)

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Jean Piel, Vijay Singh, « La folie « Bollywood » », sur Le Point.fr,‎
  2. Yves Thoraval, Les Cinémas de l'Inde, Editions L'Harmattan,‎ (ISBN 9782296359925, lire en ligne)
  3. (en) Ashish Rajadhyaksha et Paul Willemen, Encyclopedia of Indian Cinema, Routledge,‎ (ISBN 9781135943257, lire en ligne)
  4. (en) Gulazāra et Saibal Chatterjee, Encyclopaedia of Hindi Cinema, Popular Prakashan,‎ (ISBN 9788179910665, lire en ligne)
  5. a et b (en) Neepa Majumdar, Wanted Cultured Ladies Only!: Female Stardom and Cinema in India, 1930s-1950s, University of Illinois Press,‎ (ISBN 9780252034329, lire en ligne)
  6. (en) Dinesh Raheja et Jitendra Kothari, The Hundred Luminaries of Hindi Cinema, India Book House Publishers,‎ (ISBN 9788175080072, lire en ligne)
  7. (en) K. Moti Gokulsing et Wimal Dissanayake, Routledge Handbook of Indian Cinemas, Routledge,‎ (ISBN 9781136772849, lire en ligne)
  8. http://global.britannica.com/EBchecked/topic/72209/Bollywood
  9. Bollywood et les autres cinémas
  10. (en) Plagiarism, The Times Of India
  11. (en) Cloning Hollywood, The Hindu
  12. (en) A. Chatterji & Shoma, Where East meets West in The Tribune
  13. (en) Amitava Kumar, Slumdog Millionaire's Bollywood Ancestors
  14. (en) Interview du coréalisateur indien
  15. (en) Tejaswini Ganti, Bollywood: A Guidebook to Popular Hindi Cinema, Psychology Press,‎ (ISBN 9780415288545, lire en ligne)
  16. (en) Central Board of Film Certification, Annual Report 2011, 63 p. (lire en ligne)
  17. En 2011, le Central Board of Film Certification a certifié 206 films de cinéma en hindi sur un total de 1 255 films[16].
  18. http://www.uis.unesco.org/culture/pages/cinema-data-release-2011.aspx
  19. D'Hollywood à Bollywood
  20. (en) Bollywood stumbles in Pak with Taj Mahal, Reuters sur Expressindia.com, 14 mai 2006
  21. Give comrades Bollywood de Shobhan Saxena, sur Times of India, 6 mai 2012
  22. a et b Bollywood espère revenir en haut de l'affiche en Russie d'Hélène Lecuyer, sur Inaglobal.fr, 28 juin 2013
  23. Emmanuelle Litaud, « La passion Bollywood s'est emparée des Français », sur Le Figaro,‎

Liens externes[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :