Boussac (entreprise)

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Boussac, devenue vers la fin de son existence Boussac Saint-Frères, était une entreprise française, spécialisée dans le textile, dont l'origine remonte à 1911, date de la création du Comptoir de l'industrie cotonnière (ou CIC) par Marcel Boussac.

Historique[modifier | modifier le code]

Son patron anticipant fortement les événements (sentant venir la guerre et pressentant de grandes difficultés ferroviaires et pétrolières, équipa préventivement sa société de péniches), Boussac se développa au cours du XXe siècle jusqu'à devenir un groupe détenteur de participations dans de nombreuses sociétés parmi lesquelles des entreprises de textiles (Société Saint Frères), mais aussi la maison de couture Christian Dior ainsi que les Parfums Christian Dior, et le journal L'Aurore. La famille sembla relâcher un peu sa garde à la suite de ces succès, et dès 1962, Marcel Boussac est informé des difficultés financières de l'entreprise qui seront croissantes dans les années suivantes.

Ne sachant réagir aux évolutions du marché du textile, les vingt et une principales sociétés du groupe Boussac sont mises en règlement judiciaire le 30 mai 1978. Le 18 août de la même année, le tribunal de commerce de Paris retient l'offre de rachat présentée par Saint Frères, filiale du groupe Agache-Willot qui acquièrent Boussac pour 700 millions de francs. Mais Boussac-Saint-Frères continue à être déficitaire (il perd 100 millions de francs de trésorerie par an) et doit déposer le bilan le 26 juin 1981. Composé de marques très diversifiées telles les Couche-culotte Peaudouce ou Conforama, Bernard Arnault revenu des États-Unis où il s'occupait de Férinel Inc. décide de racheter le holding et ses participations trois ans plus tard. Il n'est pas seul sur l'affaire : Tapie, Bidermann, Prouvost ou Alain Chevalier, patron de Moët Hennessy qui a déjà dans son portefeuille les Parfums Christian Dior, sont en lice[1].

Mais avec le concours de l'État et du gouvernement Fabius qui apporte 745 millions de francs, Bernard Arnault est finalement favori sous deux conditions : avoir 400 millions de francs, qu'il ne possède pas (il ne peut engager la fortune familiale qui s'élève à 90 millions de francs) et qu'il va réunir grâce à un tour de table monté par Antoine Bernheim avec la Banque Lazard principalement, la Banque Worms ou encore Total et Elf Aquitaine qui à eux tous amènent plus des trois-quarts de la somme[1]. Quelque temps plus tard il s’endette de 400 millions auprès du Crédit lyonnais, alors banque publique, et rachète en toute discrétion les parts des Frères Willot devenant ainsi nettement majoritaire au sein de Boussac au détriment de ses partenaires financiers[1]. Entre temps, l'État s'engage à effacer les dettes de Boussac dans certaines banques et apporter maintes subventions[2].

L'autre condition est de garder l'intégralité du groupe Boussac, biens et personnels compris[1]. Bernard Arnault affirme que « toute cession d’activité au sein du groupe Boussac aura un caractère exceptionnel. » Le 20 décembre 1984, Bernard Arnault est nommé administrateur directeur général de la Compagnie Boussac Saint-Frères mais il ne va conserver essentiellement que Christian Dior Couture, et le magasin Le Bon Marché, revendant les activités qui ne l'intéressent pas (textile, tissage, papier) et Conforama à son rival PPR[2]. À la suite de diverses péripéties, les quelques marques restantes, à l'exception notable de Dior Couture, sont finalement regroupées avec d'autres afin d'être liées au groupe LVMH - Moët Hennessy Louis Vuitton fondé en 1987. Prouvost SA reprend les activités textiles du groupe en 1988.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a, b, c et d Stéphane Marchand, Les guerres du luxe, Fayard, , 382 p. (ISBN 978-2213609539), « Le patron qui venait du Nord », p. 78 à 80
  2. a et b « Bernard Arnault, prédateur de grand luxe », sur liberation.fr,‎ (consulté le 1er décembre 2014)

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Sabine Lesur, Christophe Voegelé, Les Boussac au fil de l'histoire, Epinal, 2008.
  • M. F. Pochna, Bonjour Monsieur Boussac, ed. Robert Laffont, 1980.
  • G.Poull, Les fondateurs de l'industrie textile Vosgienne, ed. Serpenoise, 1997.
  • François Lefebvre, Saint Frères : Un siècle de textile en Picardie, Amiens, Encrage Edition, 2002.
  • G. Belorgey, À propos de Boussac tome 1 Mémoires et leçons.
  • G. Belorgey, À propos de Boussac tome 2 Annexes et documents complémentaires.

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]