Empire songhaï

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Carte de l'empire songhaï au XVIe siècle.

L'Empire songhaï, ou empire des Songhaï, est un État de l'Afrique de l'Ouest qui exista entre le XVe siècle et le XVIe siècle. Sa capitale était Gao.

Histoire[modifier | modifier le code]

L'État songhaï fut fondé à Koukia au VIIe siècle, suite aux métissages qui s'effectuèrent entre les Sonrhaïs, et les Berbères dirigés par le chef Za el-Ayamen, qui fuyaient devant l'invasion arabe. Ce métissage entre Songhaïs et Berbères donnera la dynastie des Dia.

Initialement petit royaume au niveau du fleuve Niger au VIIe siècle, qui sera vassal des empires du Ghana et du Mali, il devient empire, durant le XVe siècle. L'empire Songhaï s'étendait sur plus ou moins le Niger, le Mali et une partie du Nigeria actuels. Vers 1010, les rois de Koukia s'installèrent à Gao et se convertirent à l'islam. La ville voisine de Tombouctou devient le point de regroupement des caravanes et le centre du commerce transsaharien, ce qui en fait non seulement la métropole économique de l'empire mais aussi le principal centre religieux et intellectuel. Cette cité mystérieuse s'honore alors de nombreux monuments en pisé (mélange de terre et de paille), telles les mosquées Djingareyber, Sidi Yaya et Sankoré. L'aventurier français René Caillié y pénétrera bien plus tard en 1828, n'y trouvant que les restes d'une splendeur passée.

Vers l'an 1300, le Songhaï passe sous la coupe de l'empire du Mali. Mais il retrouve son indépendance sous le règne de Sonni Ali Ber de la dynastie des Si (1464-1492) qui combat les Peuls et les Touareg, ainsi que les lettrés musulmans de la ville sainte de Tombouctou[1]. Sonni Ali tente de préserver la culture africaine de son royaume.[réf. nécessaire]

Le successeur de Sonni Ali, Sarakollé Mohammed Touré (1493-1528), soninké originaire du Tekrour, prend le contrepied de sa politique, achève d'islamiser le royaume à travers plusieurs batailles que rapportent le voyageur Léon l'Africain. Il fonde la dynastie musulmane des Askia sous laquelle l'empire songhaï largement islamisé connaît son apogée.

Le Songhaï s'effondre en 1591 suite à l'invasion des armées du sultan marocain Ahmed al-Mansur Saadi sous le commandement de Djouder à la bataille de Tondibi. L'empire éclatera en une douzaine de principautés.

Culture[modifier | modifier le code]

Le savoir, le livre et l'enseignement tiennent une grande place dans l'empire. Les étudiants et les savants viennent d’Égypte, du Maroc, d'Andalousie ou d'Allada pour suivre des cours de mathématiques, de grammaire ou de littérature à l'université Sankoré ou d'autres médersa[2].

Les Askias s'entourent de lettrés, de nombreux docteurs étrangers viennent s'installer à Gao et Tombouctou, cette dernière étant la capitale culturelle de l'État. Ils apportent les traditions académiques de Chinguetti, Djenné mais aussi La Mecque et Le Caire dont l'université al-Azhar est à cette époque le plus grand centre d'enseignement des sciences islamiques. Dès la seconde génération, les savants de Tombouctou développent leurs propres enseignements et critiquent dans leurs commentaires certains ouvrages des maîtres du Caire. La liberté d'enseigner est grande, il suffit d'être titulaire d'un diplôme pour ouvrir une école[3]. Les signes du pouvoir intellectuel se retrouvent dans les habits des enseignants : boubou spécifique, turban blanc et longue canne à bout pointu.

Économie[modifier | modifier le code]

Conquêtes des Saadiens

Il prospère rapidement grâce au commerce transsaharien et à ses mines, en expédiant vers l'Afrique du Nord du sel et de l'or mais aussi de l'ambre gris, de la gomme arabique, des peaux de léopards et des esclaves. Il reçoit en contrepartie du Maghreb des produits manufacturés (bijoux, armes, étoffes, miroirs…) ainsi que des produits agricoles (blé, chevaux…). Le Songhaï finit par entrer en conflit avec les saadiens pour la possession des mines de sel du désert.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Kati 1913, p. 81
  2. Djian 2012, p. 107
  3. Cissoko 1996, p. 204

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Filmographie[modifier | modifier le code]

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