Parti ouvrier unifié polonais

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Parti ouvrier unifié polonais
(pl) Polska Zjednoczona Partia Robotnicza
Image illustrative de l’article Parti ouvrier unifié polonais
Logotype officiel.
Présentation
Premier secrétaire Bolesław Bierut (premier)
Mieczysław Rakowski (ultime)
Fondation 16/
Fusion de Parti socialiste polonais
Parti ouvrier polonais
Disparition 27/
Siège Nowy Świat 6/12,
00-497 Varsovie
Organisation de jeunesse Union de la jeunesse socialiste polonaise (en)
Journal officiel Trybuna Ludu
Branche armée Armée populaire polonaise
Slogan « Prolétaires de tous les pays, unissez-vous ! »
Hymne L'Internationale
Positionnement Extrême gauche
Idéologie Nationalisme de gauche
Communisme
Marxisme-léninisme
Stalinisme (jusqu'en 1956)
Affiliation nationale Mouvement patriotique pour la renaissance nationale (en)
Affiliation internationale Kominform
Adhérents 3 500 000 (années 1970)
Couleurs Rouge

Le Parti ouvrier unifié polonais (Polska Zjednoczona Partia Robotnicza, PZPR) est l'ancien parti politique polonais communiste qui a exercé le pouvoir de 1948 à 1989 sous le régime de la République populaire de Pologne (Polska Rzeczpospolita Ludowa, PRL). Son rôle dirigeant étant inscrit dans la Constitution à partir des années 1970.

Fondation[modifier | modifier le code]

Conformément aux instructions de Staline, le 15 au , le Parti ouvrier polonais (PPR, communiste) et le Parti socialiste polonais (PPS) s'unissent pour former le Parti ouvrier unifié polonais avec Bolesław Bierut comme secrétaire général.

Le PPS, initialement anti-soviétique, avait été infiltré par les communistes pro-soviétiques, car son influence pouvait faire opposition à l'emprise de l'URSS. Une fusion avec le PPR était donc un moyen efficace de liquider son influence. D'ailleurs, une opération de « nettoyage » est entreprise à l'intérieur du PPS où, dès l'été 1947, sont organisés des procès spectacles contre les membres de la prétendue « aile droite nationaliste »[1].

Le Parti démocratique (Stronnictwo Demokratyczne, SD) et le Parti paysan (Zjednoczone Stronnictwo Ludowe, ZSL) deviennent des «satellites» du PZPR, leur existence devant témoigner du pluralisme démocratique de la nouvelle République populaire.

Avec la fondation du PZPR commencent quarante années de règne de l'État-parti. Cet événement termine la stalinisation de la Pologne dont les manifestations les plus brutales prendront fin avec le retour triomphal de Gomulka à la tête du parti en , lors du VIIIe plénum[2].

Rôle dirigeant[modifier | modifier le code]

Du temps de la République populaire de Pologne, le régime communiste polonais était un régime d'« État-parti ». Cela signifie que le PZPR avait monopolisé non seulement les commandes de l'État, mais les avait absorbées[3]. Sa mainmise sur les institutions est double : elle s'exerce directement, par le dédoublement des institutions de l'État par celles du parti, et indirectement, à travers leur surveillance par les différentes cellules.

Lorsqu'ils ne sont pas aux mains des dirigeants du Politburo, les leviers de commande de l'État sont aux mains de personnes issues de son appareil et qui sont regroupées au sein d'une nomenklatura, laquelle constitue la clef de voûte de ce système. Mais tout le pouvoir, en réalité, est concentré au Bureau politique et au Secrétariat du parti. Les décisions prises par l'une ou l'autre de ces deux instances prévalent sur n'importe quelle autre, que ce soit à l'intérieur des institutions de l'État ou des instances du parti.

Cette subordination de l'État polonais aux volontés du PZPR ne constitue pas une violation de la constitution; au contraire, cette subordination a été explicitement admise, en vertu du principe léniniste que le parti joue un «rôle dirigeant» par rapport à l'État[4].

De la même façon, le PZPR exerce sa suprématie dans les autres domaines de la société, y compris la vie culturelle, intellectuelle et scientifique. Toutes les questions relatives à la production du savoir et à sa diffusion relèvent du secrétariat de la culture et, surtout, du puissant secrétariat à la propagande.

Jusqu'en 1968, le marxiste Adam Schaff était considéré comme son principal idéologue.

Liste des premiers secrétaires successifs du PZPR[modifier | modifier le code]

Crises[modifier | modifier le code]

En , après la signature de l'accord de Gdansk qui légalise le syndicat libre Solidarność, avec 10 millions d'adhérents, sous la direction de Lech Wałęsa, le PZPR entre en crise profonde : en effet, le Parti ne pouvait opposer que 2,5 millions de membres, soit 3 fois moins ; en plus, plusieurs dizaines de milliers de membres du PZPR adhérèrent à Solidarność, ce qui ajouta au discrédit du Parti ; le débat idéologique ouvert qui agite la société polonaise à partir de ce moment fait perdre au Parti toute légitimité et l'opinion ne voit plus en lui que l'instrument de domination d'une caste privilégiée au service de l'Union soviétique.

En , le général Wojciech Jaruzelski en prend la direction, ce qui revient à le mettre sous le contrôle de l'armée. Après le coup d'État du , plusieurs de ses anciens dirigeants sont emprisonnés et le PZPR n'a plus qu'une existence formelle sans plus d'activité. Il est écarté de la négociation du printemps 1989 qui relégalise le syndicat Solidarność et les élections de juin qui conduisent le syndicat au pouvoir.

Dissolution et héritage[modifier | modifier le code]

Après la chute du bloc de l'Est, le parti a été dissous en 1990, transformé en Social-démocratie de la république de Pologne (SdRP), un parti social-démocrate, qui s'est élargi en se dissolvant progressivement dans l'Alliance de la gauche démocratique (Sojusz Lewicy Demokratycznej - SLD) qu'il a initiée.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. (pl) Andrzej Albert [Wojciech Roszkowski], Najnowsza historia Polski 1918-1980, p. 570-571
  2. Roch Little, « Le mythe de l'antiheros socialiste contre le mythe du héros antisocialiste : le débat sur Piłsudski dans l'historiographie polonaise d'après-guerre (1945-1989) », Thèse présentée à la faculté des études supérieures de l'université Laval pour l'obtention de grade de Philosophiae Doctor (Ph.D.),‎ , p.43
  3. Thomas Lowit, « Le parti polymorphe en Europe de l'Est », Revue française de science politique, vol. 29, n» 4/5,‎ , p. 813
  4. Roch Little, Le mythe de l'anti-héro socialiste contrôle le mythe du héro antisociale. Le débat sur Piłsudski dans l'historiographie polonaise d'après-guerre(1945-1989), Département d'histoire faculté des lettres Université de Laval Québec,

Articles connexes[modifier | modifier le code]