Gasba

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Gasba
Image illustrative de l'article Gasba
Une gasba Chaoui.

Variantes modernes Taghanimt
Variantes historiques Tamja
Classification Instrument à vent
Famille flûte

La gasba, tamja, haqsebt . , taqsebt ou tighanimt est un instrument de musique à vent rustique répandu en Numidie ou le Pays Chaoui (Tunisie occidentale et Algérie orientale) mais aussi dans les régions autrefois peuplées par les Numides tels que le Ziban au sud des Aures , ainsi que dans les autres grandes régions zénètes : en Oranie (Algérie) et au Rif (Maroc). C'est une flûte de roseau oblique à embouchure libre.

Facture[modifier | modifier le code]

alternative textuelle
Taqsebt avec vue sur la signature

L'artisan utilise une tige de taghanimt (roseau) des plus solide et souple. Les Aurès sont réputées pour la qualité de leurs roseaux.

La gasba se caractérise par ses trous de jeu au nombre de neuf correspondant généralement au nombre des anneaux qui la composent. Mais selon la maîtrise du facteur, le nombre de trous de jeu peu être moindre, et les flûte à sept trous sont populaires. C'est une flûte oblique à embouchure est libre.

Chaque flûte est gracieusement décorée. Ses motifs berbères des Aurès se retrouvent en partie dans les tapis de Barbar et des Nemenchas ou dans la culture chaoui. Mais il n'est pas rare que les facteurs de flûte inventent eux-mêmes certains des motifs. Une fois la flûte terminée et pour finaliser son œuvre, l'artisan la signe au niveau de l'embout en anneau.

Jeu[modifier | modifier le code]

À droite, gasba

La gasba est une flûte oblique et à ce titre, elle se joue en posant la flûte sur le côté de la bouche. Et non de face comme pour un joueur de ajewwaq, une autre flute Numide (mais flute à bec ou à conduit et non oblique). Le joueur maîtrise son instrument après des années d'exercice. Il doit principalement trouver le son juste avant de reprendre le répertoire traditionnel de la musique Chaoui. La gasba a un son rauque, à la limite de la vibration qui n'est pas sans rappeler le son du vent dans les Aurès.

Elle est distincte du ney du Machrek (plutôt réservé à la musique classique) ; les notes de la gasba sont adaptées à la musique pastorale: elle y joue un rôle de soutien musical au chanteur.

Au Maroc, du côté du Rif (Alhoceima Driouch Nador Berkane) et de l'Algérie du côté de l'Oranie (Ayt Snous Ghazaouet Oran Temouchent), la tamja (sorte de gasba qui est longue) est jouée de manière grave pour accompagner les danses guerrières régionales (reggada, aarfa). Dans la musique algérienne, elle accompagne encore de nos jours des musiciens de raï traditionnels. Le Pays Chaoui ou la Numidie de l'antiquite (d'Annaba à Biskra en passant par Batna ou Guelma) connaît aussi un essor de l'utilisation de la gasba avec de jeunes chanteurs et chanteuses qui l'intègrent dans une musique électronique, créant ce que l'on appelle de plus en plus le "chaoui moderne", en opposition au style chaoui plus traditionnel.

Le haqsebt est un des acteur principaux des issalan qui signifie en berbère « les nouvelles » encore appelée dans les plaines des Aurès, ilhaben et rahaba en arabe algérien. Les issalan sont dansées par des groupes d'hommes ou femmes, qui interprètent des chants berbères chaoui polyphoniques séculaires basés ou inspirés de l'histoire des Aurès et la culture chaoui.

Liens externes[modifier | modifier le code]