El Oued

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El Oued
El Oued
Vue sur la ville d'El Oued
Noms
Nom arabe الوادي
Administration
Pays Drapeau de l'Algérie Algérie
Région Souf
Wilaya El Oued
Daïra El Oued
Code ONS 3901
Démographie
Population 134 699 hab. (2008[1])
Densité 1 749 hab./km2
Population de l'agglomération 187 000 hab.
Géographie
Coordonnées 33° 22′ 06″ nord, 6° 52′ 03″ est
Altitude 75 m
Superficie 77 km2
Localisation
Localisation de El Oued
Localisation de la commune dans la wilaya d'El Oued
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El Oued
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El Oued

El Oued (en arabe : الوادي) ou Oued Souf, est une commune de la wilaya d'El Oued, dont elle est le chef-lieu. Elle est située dans le nord-est du Sahara algérien et à 212 km au nord-est de Ouargla et à 512 km au sud-est d'Alger.

La ville d'El Oued, capitale du Souf, est surnommée « la ville aux mille coupoles », les Algériens l'appellent « Oued Souf ». L'agglomération compte 187 000 habitants, dont 134 699 pour la seule commune d'El Oued en 2008.

Toponymie[modifier | modifier le code]

Le toponyme d'origine du lieu « Souf » provient du terme « Suf », qui signifie fleuve, rivière ou oued en berbère[2].

« Oued Souf » est un pléonasme. Le nom « oued » signifie en arabe cours d'eau, en référence à un cours d'eau disparu de nos jours. Les chroniqueurs arabes, racontent que lors de l'arrivée des Trouds dans le Souf au XIVe siècle, ils découvrirent l'oued-Souf encore visible[3].

El Oued est surnommée la « ville aux mille coupoles »[3].

Géographie[modifier | modifier le code]

Situation[modifier | modifier le code]

Le territoire de la commune d'El Oued est situé au centre de la wilaya, au sud du Chott Melrhir, à 101 km au nord-est de Touggourt, à 222 km de Biskra[4], à 212 km au nord-est de Ouargla, à 700 km au sud-est d'Alger et à proximité de la frontière algéro-tunisienne[3].

Elle est la capitale du Souf[3].

Relief[modifier | modifier le code]

La ville d'El Oued est pratiquement au niveau de la mer (75 m)[4]. Le site de la ville est caractérisé topographiquement par une faible pente, sur lequel on retrouve deux paysages : des grandes dunes de sable et des palmeraies[5].

Transport[modifier | modifier le code]

El Oued dispose d'un aéroport international situé à 16 km au nord-ouest de la ville, sur le territoire de la commune de Guemar. Des vols effectués par la compagnie Air Algérie relient El Oued à la capitale algérienne, Alger. Il y a également un vol hebdomadaire reliant El Oued à Paris (Aéroport de Roissy-Charles de Gaulle).

Elle est située sur la route nationale 48, et reliée par quatre routes à Biskra, Touggourt, Tébessa, et la Tunisie[4].

Localités de la commune[modifier | modifier le code]

Lors du découpage administratif de 1984, la commune d'El Oued est composée à partir de six localités[6] :

  • El Oued
  • Mahda
  • Legtouta
  • Keraïma
  • Oum Sahaouine
  • Mih Bahi Sud

Climat[modifier | modifier le code]

Le climat à El Oued, est désertique et très sec. La classification de Köppen est de type BWh. La température moyenne est de 21.8 °C et la moyenne des précipitations annuelles ne dépasse pas 100 mm[7].

Nuvola apps kweather.png Données climatiques à Touggourt .
Mois jan. fév. mars avril mai juin jui. août sep. oct. nov. déc. année
Température minimale moyenne (°C) 4 6 9 13 18 22,9 25 24 22 16 9 5
Température moyenne (°C) 10 13 16 20,7 25 30,2 33,4 32,6 29 22 15,9 11 21,8
Température maximale moyenne (°C) 17 19,6 23 28 33 37,5 41,5 40,4 36 29 22 17
Précipitations (mm) 8 8 11 4 7 2 0 1 5 8 11 8 74
Source : climate-data.org[7]
Diagramme climatique
JFMAMJJASOND
 
 
 
17
4
8
 
 
 
19,6
6
8
 
 
 
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9
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28
13
4
 
 
 
33
18
7
 
 
 
37,5
22,9
2
 
 
 
41,5
25
0
 
 
 
40,4
24
1
 
 
 
36
22
5
 
 
 
29
16
8
 
 
 
22
9
11
 
 
 
17
5
8
Moyennes : • Temp. maxi et mini °C • Précipitation mm

Histoire[modifier | modifier le code]

Vieille ville

El Oued n'est pas une ville très ancienne à l'instar de Touggourt, d'Ouargla ou de Ghardaïa. Elle remonte probablement au XVIe siècle, mais n'était encore qu'un gros village, et fut longtemps moins urbaine que sa rivale Guemar. C'est à partir du XIXe siècle qu'elle s'est imposée comme capitale du Souf[4].

Le Souf a été habité depuis des siècles, des vestiges de fossiles et des débris de squelettes ont été attestés. Sa population est issue d'un brassage entre tribus berbères et arabes et de populations d'origine africaine[3].

La région a attiré de nombreux nomades aujourd'hui sédentarisés, comme les Rebaïa venus pour beaucoup de Libye, puis les Troud, arrivés à partir du XIVe siècle et les Châamba, venus plus tard au XVIIIe siècle[8]. Ces nomades ont intégré des populations berbères zénètes préexistantes[4].

Démographie[modifier | modifier le code]

Selon le recensement général de la population et de l'habitat de 2008, la population de la commune d'El Oued est évaluée à 134 699 habitants, contre 105 256 habitants en 1998[9].

Son agglomération urbaine qui s'étend sur les communes de Robbah, Bayadha et Kouinine, compte 187 000 habitants[10]. Elle est l'une des plus importantes agglomérations urbaines du Sahara algérien, et la douzième au niveau national[10]. La population de la commune a connu une croissance démographique rapide depuis l'indépendance, avec toutefois un ralentissement à partir des années 1990[5].

Évolution démographique
1977 1987 1998 2008
47 17370 073146 521186 525
(Source : recensements[11])

Administration[modifier | modifier le code]

Siège de la wilaya.

À l'issue du découpage administratif de 1985, la ville d'El Oued est érigée au rang de chef-lieu de wilaya, qui représente un territoire historique (le Souf) replacé dans le réseau institutionnel[12]. La commune est également chef-lieu de daïra[5].

L'administration française avait désigné la ville comme capitale de la région, et ainsi en avait fait le pôle unique auquel s'identifiait toute la population soufie[5]. El Oued est érigé en commune en 1958, dans le département des Oasis. Elle était auparavant un chef-lieu d'annexe puis de commune mixte[13].

De nombreuses mesures ont accompagné le développement accéléré de la wilaya qui visaient essentiellement le développement des services, des équipements et des infrastructures. A cause du processus de centralisation économique et administrative, la ville d'El Oued a évolué vers l'hypertrophie urbaine[5].

Urbanisme[modifier | modifier le code]

Étalement horizontal de la ville d'El Oued sur les communes voisines.

La ville d'El Oued se distingue par son architecture adaptée et l'utilisation des matériaux locaux (gypse et plâtre) et de techniques appropriées (arcades et coupoles) dans les constructions. La médina, plus simple dans son urbanisme que celles de Touggourt ou Ouargla, est mieux conservée[4]. Les maisons traditionnelles y sont basses, surmontées de coupoles pour mieux réfléchir la lumière et pour maintenir de la fraîcheur à l'intérieur[14].

La ville est traversée par l'avenue Mohamed Khemisti, son artère principale[3]. Elle se caractérise par son étalement horizontal, les élévations considérables de températures empêchent la construction en hauteur[5]. Le parc des logements collectifs est marginal[15]. L'urbanisation s'allonge le long de la route nationale du nord au sud, car l'extension est bloquée à l'est par les cratères des palmeraies et à l'ouest par les hautes dunes[4]. L'agglomération constitue ainsi une conurbation, annexant à partir d'El Oued, les localités de Kouinine, Robbah et Bayadha, sur 20 km de continuité spatiale[16].

Après indépendance, l'arrivée de réfugiés, installés en Tunisie, a été à l'origine d'une première extension de la ville : El Gaouatine, (le quartier des tentes, appelé ainsi en référence aux habitations d'urgence mises en place par les réfugiés). D'autres quartiers se sont développés, accueillant les populations des ksour du Souf, d'anciens nomades et des Nememcha des Aurès[15]. Les parties attenantes au vieux marché font l'objet de transformation qui permet l'extension du marché dans la vieille ville[15]. La ville s'est dotée ensuite d'un quartier résidentiel Er Rimmel[17].

L'extension future de la ville est orientée par des contraintes physiques importantes. Il s'agit du caractère inconstructible du sol dunaire, de la zone des chotts et des dépressions[5]. La ville est également handicapée par la remontée de la nappe phréatique, devenue source de pollution[4]. Face à ce problème, des travaux d'assainissement ont été menés, Parallèlement, une opération de reboisement a été également initiée[5].

Économie[modifier | modifier le code]

Complexe La Gazelle d'Or.

Bien qu'El Oued soit connue pour sa phoeniciculture, le secteur tertiaire domine les activés économiques et occupe la majorité des actifs. La remontée des eaux, a détruit un nombre considérable de palmiers, ce qui a réduit les activités agricoles[5]. La région du Souf est un pôle commercial et industriel dynamique, elle connait un développement dans l'agro-alimentaire orienté vers l'exportation[3].

Longtemps marginalisés et les ressources locales étant limitées, les Soufis ont émigré dans le nord du pays[4]. Ils sont aujourd'hui à l'origine d'un puissant dynamisme commercial. Les réseaux commerçants développés ont permis des accumulations qui font de la région une place marchande importante et un centre de petites et moyennes industries[18].

Malgré son caractère austère, El Oued est une ville active et commerçante. Le marché, situé en contrebas de la vieille ville est très animé. La ville est la capitale du tissage en laine, l'artisanat est actif : tissage de burnous, haïk, couvertures, tapis de haute laine[4].

Le secteur hôtelier est relativement satisfaisant. Il existe plusieurs hôtels de catégories différentes[5]. La ville abrite un grand complexe touristique, dénommé "La gazelle d'or", situé à l'entrée Ouest de la ville[19].

Vie quotidienne[modifier | modifier le code]

Culture[modifier | modifier le code]

Habitants d'El Oued au début du XXe siècle.

Le musée du Souf est relativement complet sur la région, il dispose des expositions ethnologiques, géographiques, géologiques et zoologiques[14].

Au printemps, la ville organise une fête. Il s'agit d'est une manifestation folklorique avec courses de chameaux[14].

Patrimoine[modifier | modifier le code]

Quartier Laâchache

Le vieux quartier d'El Acheche-Massaâba a été classé secteur sauvegardé, et la zaouïa El Kadiria et la zaouia et le minaret Sidi Salem ont été inscrits sur l'inventaire supplémentaire des sites et monuments classés au patrimoine algérien[20].

Santé[modifier | modifier le code]

Le secteur de la santé souffre d'insuffisance sur les plans des équipements et du personnel médical. On retrouve deux hôpitaux, pour un total de 444 lits[5].

Sport[modifier | modifier le code]

Relations internationales[modifier | modifier le code]

La ville d'El Oued est jumelée avec :

Personnalités liées à la commune[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. [PDF]Recensement 2008 de la population algérienne, wilaya d'El Oued, sur le site de l'ONS.
  2. Mohand Akli Haddadou, Dictionnaire des racines berbères communes, Haut Commissariat à l'Amazighité, 2006/2007 (lire en ligne)
  3. a b c d e f et g Achour Cheurfi, Dictionnaire des localités algériennes : villes, villages, hameaux, ksars et douars, mechtas et lieux-dits, Casbah-Editions, impr. 2011 (ISBN 978-9961-64-336-5 et 9961-64-336-4, OCLC 947843177, lire en ligne), p. 505-508
  4. a b c d e f g h i et j Marc Côte, Guide d'Algérie : paysages et patrimoine, Algérie, Média-Plus, , 319 p. (ISBN 9961-9-2200-X), p. 256-257
  5. a b c d e f g h i j et k Hana Medarag Narou Boubir et Abdallah Farhi, « Le rôle des services et des investissements dans l’hypertrophie de la ville d’El Oued au bas Sahara algérien », Environnement Urbain / Urban Environment, no Volume 3,‎ (ISSN 1916-4645, lire en ligne, consulté le 25 janvier 2021)
  6. Journal officiel de la République Algérienne, 19 décembre 1984. Décret no 84-365, fixant la composition, la consistance et les limites territoriale des communes. Wilaya d'El Oued, page 1564.
  7. a et b « Climat El Oued: Pluviométrie et Température moyenne El Oued, diagramme ombrothermique pour El Oued - Climate-Data.org », sur fr.climate-data.org (consulté le 25 janvier 2021)
  8. Bernard Nantet, Le Sahara : Histoire, guerres et conquêtes, Paris, Tallandier, , 399 p. (ISBN 979-10-210-0239-5), p. 56
  9. « El Oued (Province Capital, El Oued, Algeria) - Population Statistics, Charts, Map and Location », sur www.citypopulation.de (consulté le 24 janvier 2021)
  10. a et b Yaël Kouzmine et Jacques Fontaine, « Démographie et urbanisation au Sahara algérien à l’aube du XXIe siècle », Les Cahiers d’EMAM. Études sur le Monde Arabe et la Méditerranée, no 30,‎ (ISSN 1969-248X, DOI 10.4000/emam.1426, lire en ligne, consulté le 24 janvier 2021)
  11. (en) Algeria: Provinces & Major Cities - Population Statistics, Maps, Charts, Weather and Web Information
  12. Badreddine Yousfi, « Les territoires sahariens en Algérie. Gouvernance, acteurs et recomposition territoriale », L’Année du Maghreb, no 16,‎ , p. 53–69 (ISSN 1952-8108, DOI 10.4000/anneemaghreb.2951, lire en ligne, consulté le 25 janvier 2021)
  13. « Recherche géographique », sur anom.archivesnationales.culture.gouv.fr (consulté le 25 janvier 2021)
  14. a b et c Daniel Babo, Algérie, Éditions le Sureau, coll. « Des hommes et des lieux », (ISBN 978-2-911328-25-1)
  15. a b et c Belguidoum 2002, p. 62.
  16. Belguidoum 2002, p. 59.
  17. Belguidoum 2002, p. 63.
  18. Belguidoum 2002, p. 60.
  19. « "La Gazelle d'or", un grand complexe touristique vient d'ouvrir à El-Oued », sur Le Matin d'Algérie (consulté le 27 janvier 2021)
  20. Liste Générale des Biens Culturels Protégés en Algérie.
  21. webmanagercenter.com et Talel, « Tunisie-Algérie: Jumelage entre Tozeur et El Oued Souf », sur Webmanagercenter, (consulté le 24 janvier 2021)
  22. Roselyne de Ayala & Jean-Pierre Guéno, Les Plus Beaux Récits de voyage, Éditions de la Martinière, , p. 154-155

Annexes[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Au pays des sables, Isabelle Eberhardt, Paris Éditions Joelle Losfeld, 2002
  • Richesses de la France, janvier 1962 no 50, sous la Direction de Si Boubakeur, le département des Oasis, Le Souf & El oued, Bordeaux imprimeries Delmas.
  • Saïd Belguidoum, « Urbanisation et urbanité au Sahara », Méditerranée, vol. 99, no 3,‎ (DOI 10.3406/medit.2002.3261, lire en ligne, consulté le 17 janvier 2021)Document utilisé pour la rédaction de l’article

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Lien externe[modifier | modifier le code]