Ouargla

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Ouargla
Ouargla
Le tramway de Ouargla.
Noms
Nom arabe ورڨلة
Nom berbère Wargran /ⵡⴻⵔⴳⵔⴰⵏ
Administration
Pays Drapeau de l'Algérie Algérie
Wilaya Ouargla
Daïra Ouargla
Président de l'APC Bouamama Nemli
2007-2012
Code postal 30000
Code ONS 3001
Démographie
Population 133 024 hab. (2008[1])
Densité 46 hab./km2
Population de l'agglomération 210 175 hab.
Géographie
Coordonnées 31° 57′ 47″ nord, 5° 20′ 31″ est
Altitude Min. 123 m
Max. 315 m
Superficie 2 887 km2
Localisation
Localisation de Ouargla
Localisation d'Ouargla.

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Ouargla

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Ouargla

Ouargla (en berbère : ⵡⴰⵔⴳⵍⵏ, Warglen ; en arabe : ورڨلة) est une ville du Nord-Est de l'Algérie et le chef-lieu de la wilaya d'Ouargla à 128 mètres d'altitude. L'agglomération compte 210 175 habitants, dont 133 024 pour la seule commune d'Ouargla. La ville figure parmi les plus riches d'Algérie et sa wilaya constitue un pôle économique en réserves de gaz et de pétrole, contenues sur le territoire de Hassi Messaoud. Avec 2 887 km², la ville dispose d'une superficie considérable. Elle est située dans le Nord du désert du Sahara et est connue pour la beauté de son sable rouge. Ouargla possède un climat désertique chaud (Classification de Köppen BWh). Ouargla est la première ville du Sahara à posséder un tramway.

Étymologie[modifier | modifier le code]

Le nom signifierait en berbère « celui qui est barricadé »[2].

Le nom est écrit ⵓⵔⴳⵍⵏ traditionnellement en tifinagh[3] ou ⵡⴰⵔⴳⵍⵏ dans sa version moderne.

Histoire[modifier | modifier le code]

Période ibadite, site de Sadrata[modifier | modifier le code]

A 14 km au sud de la ville se situe le site archéologique médiéval de Sedrata. Lieu exceptionnel mais oublié car aujourd'hui presque recouvert par les sables qui s’étire sur plus de deux kilomètres de long sur six cents mètres de large. Ces ruines sont bien connues pour avoir livré de splendides décors en stuc, datés des Xe-XIIe siècles. Ce carrefour du commerce transsaharien alimentait la Méditerranée en or et en esclaves. Ce fut un centre pour les ibadites, une minorité musulmane Ibadisme dont les héritiers visitent tous les ans les ruines de leur passé [4],[5]. Son destin fut lié à cette communauté, mais aussi à l'épuisement des ressources hydriques. La présence d’importantes ressources aquifères explique que cette oasis ait été jadis la plus grande palmeraie d’Algérie, et que la culture du blé y ait été pratiquée au XIIe siècle. Nœud fondamental du commerce transsaharien, la région aurait vu transiter l’or du Soudan jusqu’au XIIIe siècle.

Aux environs de 1229, Sadrāta est dévastée par les troupes almoravides. Selon un manuscrit arabe, la commune a été détruite en 1274 par un chef de troupes, qualifié de « Qaïd El-Mançoûr El-Machriq ». Celle-ci marquerait la fin de la prospérité connut au Xe et XIe siècles[6].

Période des dynasties musulmanes[modifier | modifier le code]

Carte de la région d'Ouargla et de ses environs indiquant les zones de parlers (Tumzabt, Teggargarent (Ouargla), et Oued Righ (« Temacine Tamazight »).

Les At Ouaergla, les Maghraouas et les Ath Ifren sont des frères et ont toujours habité cette localité depuis le Moyen Âge, selon Abû Zakariyâ Yahyâ.

Abû Zakariyâ fit construire l'actuelle plus ancienne mosquée d'Ouargla[7],[8] qui date du XIIIe siècle de l'ère chrétienne.

Ouargla fut un grand royaume berbère en Afrique du Nord. Plusieurs imams et savants musulmans ont vécu dans cette ville.

Histoire ancienne[modifier | modifier le code]

Ouargla se composa d'abord de quelques bourgades voisines les unes des autres, qui finirent par se réunir et former une ville considérable, dont les Beni-Ouargla tirent une place[pas clair] pour leur servir d'asile. Quoi qu'il en soit, la population actuelle des Ouargla se compose de quatre groupes bien distincts : les Arabes, les M'Zabites, les Aratini (noirs) et les Beni ouargla, autochtones d'autrefois,.

Ouargla, perdu dans les sables, défendu par une enceinte et un fossé, a été longtemps gouverné par des chefs prenant le nom de sultan, dont le règne éphémère finissait toujours par un assassinat.

Dans ses derniers temps, nous voyons Mohamed-ben-Adbd-Allah, un instant khalife à Tlemcen, qui n'était pas à la hauteur de son commandement, partir pour la Mecque et revenir à Tripoli, s'installer à Rouissat et se faire proclamer sultan à Ouargla. Groupant autour de lui tous les mécontents, il veut tenir tête à la France à Laghouat, d'où il parvient à s'échapper.

Période française[modifier | modifier le code]

Ouargla, dès lors, est proclamée ville française (1852). Mohamed-ben-Abd-Allah, reprenant les armes, est encore battu et fait prisonnier par nos[pas clair] alliés Si-Bou-Bekeur et Si-Lala, des Oulad-Sidi-Cheikh.

Ouargla de nouveau organisée dépend du cercle de Laghouat. Après avoir rencontré quelques tentatives de résistance, la France affermit sa présence à partir de 1872. Les Mozabites revinrent alors dans la ville pour commercer ; peu à peu ils acquirent des propriétés et prirent des Noirs pour métayers (Khammès).

La ville moderne fut créée à partir de 1928 par le colonel Carbillet, disciple de Lyautey.

Au commencement de 1875, quelques missionnaires (les Pères Blancs) sahariens s'établissent à Ouargla, où ils s'occupent à soigner les malades et à enseigner le français aux enfants indigènes.

D'un côté la ville française, de l'autre la ville indigène séparée par la porte de Tanit.

La vieille ville, autour de la place des chameaux, est un dédale de ruelles coupées de passages aériens qui permettent aux femmes de se rendre visite d'une terrasse à l'autre. Sur la place des chameaux, entourée de portiques, comme un cloître, se tient le marché; le minaret de la Grande Mosquée domine la ville de ses 68 m (belle vue sur la palmeraie au-delà de laquelle brillent les plages de sels de la Sebkha).

La ville européenne est avant tout militaire. Elle s'étend autour de Bordj Lutaud avec son musée saharien et Chandèze. Marquée par l'architecture soudano-saharienne du colonel Cabillet, mort à Ouargla en mars 1940.(Hôtel Transatlantique, Portes du Sud, église, Mission des Pères Blancs ...).

Géographie[modifier | modifier le code]

Situation[modifier | modifier le code]

Ouargla est située dans le Nord-Est de l'Algérie, plus précisément dans la partie septentrionale du Sahara algérien. Elle se situe à 190 km à l'est de Ghardaïa, 160 km au sud-ouest de Touggourt, 388 km au sud de Biskra.

Communes limitrophes de Ouargla
Zelfana (Ghardaïa) N'Goussa Sidi Khouiled
Ouargla Aïn Beida
Rouissat

Transport[modifier | modifier le code]

Elle est traversée d'est en ouest par la RN49 qui permet de joindre Ghardaïa et Hassi Messaoud. La RN56 qui y prend naissance rejoint la RN3 au nord-est en direction de Touggourt.

Elle dispose d’un important réseau routier totalisant 2 083 km de routes, comportant 1 484 km de routes nationales avec 169 km de voies express dédoublées, 364 km de chemins de wilaya avec 44 km de voies dédoublées et 235 km de routes communales.

Elle est desservie par un aéroport situé à 7 km au sud-est de la ville, sur la commune de Ain Beida.

La ville d'Ourgla bénéficie d'une ligne de tramway qui s'étend sur 9,7 km.

Climat[modifier | modifier le code]

Ouargla a un climat désertique chaud (Classification de Koppën BWh) typique du désert du Sahara dans lequel elle se trouve. La ville possède des étés très longs et extrêmement chauds et des hivers courts et agréables. Les températures moyennes de la ville sont les plus élevées des grandes villes d’Algérie dont Ouargla fait partie. La température du mois de juillet qui est le mois le plus chaud est d’environ 43 °C. La chaleur prend un caractère persistant et désagréable en été avec des températures qui dépassent parfois les 49 °C. En moyenne, la ville de Ouargla connaît une température égale ou supérieure à 35 °C sur plus de 135 jours et 40 °C sur plus de 83 jours. L’année ayant connu le plus de jours avec une température égale ou supérieure à 40 °C à Ouargla est celle de 2014 avec 99 jours. Tandis que le total le plus bas est de 39 jours en 1981. À titre de comparaison, la ville de Carpentras en France a eu un total de 16 jours depuis 1963 pendant lesquels la température était égale ou supérieure à 40 °C. Le record de chaleur a été enregistré le 13 août 1984 avec 53.5 °C.

OuarglaStreet.png

Le climat y est particulièrement aride et très peu pluvieux avec un ciel dégagé la plupart du temps. Les précipitations enregistrées dans la ville de Ouargla sont limitées à seulement 55 mm par an en moyenne. L’année la plus pluvieuse vécue à Ouargla a été celle de 1903 avec 135 mm. L’année la plus aride quant à elle a été celle de 1929 avec 0 mm. Les précipitations y sont assez rares la majeure partie de l’année et se présentent à chaque fois en faible quantité, rapidement évaporée par la chaleur du soleil qui reprend très vite le dessus. L’année de 1903, qui y a été la plus pluvieuse, a tout de même connue 9 mois consécutifs sans pluie, soit du mois de février à octobre. Le mois de janvier est le mois le plus pluvieux avec 12.4 mm. Août est quant à lui le plus sec avec 0.3 mm.

Le climat chaud, sec et ensoleillé peut rendre cette jolie ville très intéressante durant l’hiver, comparé aux hivers glaciaux tels que le nord du pays peut connaître.

En moyenne, Ouargla ne connaît que rarement des jours avec une température minimale en dessous de zéro. Cependant, si l’on s’éloigne de la zone urbaine de Ouargla, le gel y est bien plus fréquent dans la périphérie de la ville. Le record du nombre de jours en dessous de zéro le plus élevé enregistré à Ouargla a été en 1983 avec 7 jours durant le mois de janvier et 7 jours durant le mois de décembre soit un total de 14 jours. La ville connaît en moyenne 5 jours de gelées par an. L’hiver ayant connu le plus de gelées à Ouargla a été celui de 1999 à 2000 avec un total de 55 jours. La neige est très rare à Ouargla et se présente dans des cas exceptionnels et sous une petite quantité. La température la plus basse enregistrée à Ouargla est de -3.7 °C le 16 janvier 2001, tandis que la température maximale la plus basse est de -8 °C le 27 janvier 2005.

Relevé météorologique de Ouargla
Mois jan. fév. mars avril mai juin jui. août sep. oct. nov. déc. année
Température minimale moyenne (°C) 4,7 6,8 10,8 15,1 19,8 24,7 27,7 27,3 23,2 17,2 10 6 16,3
Température moyenne (°C) 11,5 13,6 17,6 21,3 25,8 32,1 34,5 34,2 30 23,2 16,8 12,9 22,84
Température maximale moyenne (°C) 18,1 20,9 26 30 34,9 40,3 43,3 42,5 37,3 31,4 23,7 19,2 30,8
Record de froid (°C) −3,7 −2 0 3 8,9 14,8 17 18 13 5 −0,2 −2,6 −3,7
Record de chaleur (°C) 28,3 37,2 40 41,3 46,2 49 51,3 53,5 47,7 42,3 38,9 31,4 53,5
Précipitations (mm) 12,4 1 5 1,8 11,6 4,1 0,5 0,3 5,5 4,4 8,8 2,8 55,9
Source : Meteo Climat Bzh (extremes 1963–aujourd'hui), (Précipitations et Moyennes 1981-2010) Hong Kong Observatory
Diagramme climatique
JFMAMJJASOND
 
 
 
18,1
4,7
12,4
 
 
 
20,9
6,8
1
 
 
 
26
10,8
5
 
 
 
30
15,1
1,8
 
 
 
34,9
19,8
11,6
 
 
 
40,3
24,7
4,1
 
 
 
43,3
27,7
0,5
 
 
 
42,5
27,3
0,3
 
 
 
37,3
23,2
5,5
 
 
 
31,4
17,2
4,4
 
 
 
23,7
10
8,8
 
 
 
19,2
6
2,8
Moyennes : • Temp. maxi et mini °C • Précipitation mm

Urbanisme[modifier | modifier le code]

La ville d'Ouargla est construite en cercles concentriques autour d'un centre historique appelé El Ksar entouré au nord de Said Otba, au sud-ouest par Mekhedma et au sud-est de Beni Thour.

Au nord-est, séparé par un canal, se trouve le quartier Benmendil et à l'est le nouveau quartier En Nasr

Au sud, un nouveau quartier administratif est en cours de développement.

Au sud-ouest se trouve la commune de Rouissat et le quartier Sokra qui est fusionné physiquement avec l'agglomération formée par la ville d'Ouargla.

À l'est, séparée par la grande palmeraie, se trouve la commune de Aïn Beida qui constitue la continuité urbaine de l'agglomération en direction de l'aéroport.

Plus éloignées on trouve plusieurs oasis situées dans les communes de Sidi Khouiled, N'Goussa et Hassi Ben Abdellah.

On évalue à environ un million le nombre de palmiers. Les oasis sont irriguées à partir de puits artésiens d'une profondeur moyenne de 60 mètres ; on en compte plus de 800 dans la région.

Université[modifier | modifier le code]

L'université Kasdi Merbah d'Ouargla est composée de 8 facultés et 2 instituts avec 25 421 étudiants de niveaux Bac+3 à Bac+8

Démographie[modifier | modifier le code]

Sa population autochtone est constituée de Berbères (At Brahim, At Ouagguine, At Sissine), Les At Ouaergla parlent une variété du Tamazight appelée Teggargrent.

Des tribus arabes (Said Otba, Mekhadma, Chaamba), qui habitent Ouargla depuis longtemps, étaient auparavant nomades et se sont sédentarisées progressivement. Les membres de ces tribus parlent l'arabe algérien.

Évolution démographique
1987 1998 2008
81 721139 381133 024

Économie[modifier | modifier le code]

Les ressources pétrolières et souterraines d'Ouargla sont importantes. Pétrole, gaz et de nombreux métaux font d'Ouargla l'une des villes les plus riches de l'Algérie.

L'oasis d'Ouargla est riche en eaux souterraines, la phœniciculture y est pratiquée avec une grande quantité de palmiers-dattiers sur un sol fertile et approprié également pour diverses autres cultures agricoles comme les raisins, les olives etc.

Tourisme[modifier | modifier le code]

C'est une zone touristique par excellence, en particulier pour ses paysages désertiques (Le Géant rouge), et de charmants palais antiques. On note parmi les attractions touristiques de la wilaya de Ouargla, le Musée saharien de Ouargla, classé au patrimoine national algérien.

Artisanat[modifier | modifier le code]

Vie quotidienne[modifier | modifier le code]

Sport[modifier | modifier le code]

Le club le plus connu de Ouargla est Chabab Riadhi Béni Thour qui a remporté la Coupe d'Algérie de football en 2000.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. « Wilaya d'Ouargla : répartition de la population résidente des ménages ordinaires et collectifs, selon la commune de résidence et la dispersion ». Données du recensement général de la population et de l'habitat de 2008 sur le site de l'ONS.
  2. J. Delheure, Vivre et mourir à Ouargla p. 24.
  3. Charles de Foucauld, Dictionnaire abrégé touareg-français de noms propres
  4. Cyrille Aillet et Sophie Gilotte, Nouvelles recherches sur Sedrata et le bassin de Ouargla à l’époque médiévale (Article du Bulletin de la Fondation van Berchem) https://maghribadite.hypotheses.org/282?fbclid=IwAR3ZbPCs}
  5. Cyrille Aillet et Sophie Gilotte, « Sedrata : l’élaboration d’un lieu de mémoire » (Revue des mondes musulmans et de la Méditerranée) https://journals.openedition.org/remmm/7923
  6. Virginie Prevost, « Une tentative d’histoire de la ville ibadite de Sadrāta », Mélanges de la Casa de Velázquez, nos 38-2,‎ , p. 129–147 (ISSN 0076-230X et 2173-1306, DOI 10.4000/mcv.822, lire en ligne, consulté le 6 octobre 2018)
  7. Chronique d'Abou Zakaria De Abou Zakariya, Yaḥyá ibn Abī Bakr Abū Zakarīyāʾ al-Warjalānī, Yahyá ibn Abī Bakr al-Warjalānī, Émile Masqueray.
  8. https://books.google.fr/books?id=VUZCAAAAIAAJ&pg=PA261&dq=mosqu%C3%A9e++ifren&lr=.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

J. Lethielleux, Ouargla, cité saharienne. Étude d'histoire économique et politique des origines à l'occupation française, Paris, Geuthner, 1978.

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]