Sétif

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Sétif
سطيف
Vue aérienne sur la commune.
Vue aérienne sur la commune.
Noms
Nom algérien سطيف Séṭif
Nom kabyle Sitifis
Nom mozabite Izḍaf
Nom amazigh ⵙⵟⵉⴼ
Administration
Pays Drapeau de l'Algérie Algérie
Région Hauts-Plateaux
Code postal 19000
Code ONS 1901
Démographie
Gentilé Sétifien(ne)
Population 288 461 hab.[1] (2008)
Densité 2 266 hab./km2
Géographie
Coordonnées 36° 09′ 00″ N 5° 26′ 00″ E / 36.15, 5.43333336° 09′ 00″ Nord 5° 26′ 00″ Est / 36.15, 5.433333  
Altitude 1 100 m (min. : 1 100 m) (max. : 1 100 m)
Superficie 127,30 km2
Localisation
Localisation de la commune dans la wilaya de Sétif.
Localisation de la commune dans la wilaya de Sétif.

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Sétif
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سطيف
Liens
Site de la commune www.setif.info

Sétif (en arabe: سطيف, en berbère: Sṭif, Sitifis, Izḍaf) est une commune algérienne situé dans les hauts plateaux du nord-est du pays.

Géographie[modifier | modifier le code]

Situation[modifier | modifier le code]

La ville se situe à 300 km à l'est d'Alger, 65 km de Bordj Bou Arreridj et à 123 km de Constantine. Elle est également situé à 1 100 m d'altitude dans les plateaux du sud de la région. La ville est peuplé de 288 461 habitants ce qui la classe 8ème en Algérie. Cependant, la wilaya est la seconde national en matière de population après Alger.

La ville est construite sur les plateaux algériens et se compose de steppes arides, le climat est de type continental.

Transports[modifier | modifier le code]

Lieux-dits, quartiers et hameaux[modifier | modifier le code]

La ville est constitué de plusieurs quartiers dont :

  • les (200, 300, 400, 500, 600, 1000, 1006 & 1014) logements
  • Dallas (cité 1er novembre)
  • Cité Hachemi
  • Orfa
  • Aïn Droudj
  • Tandja (cité Yahyaoui)
  • Rue de Sillegue
  • Bel Air
  • Lapinède
  • Kaboub
  • Gasria
  • Birgaï (Digheche)
  • Aïn Bouaroua

Urbanisme[modifier | modifier le code]

Le centre ville est comme dans beaucoup de villes algériennes de style haussmannien composé de grands boulevards et d'immeubles d'époque coloniale due à la présence française.

Étymologie[modifier | modifier le code]

Le nom de la ville est d'origine berbère qui selon sa signification fait références à la couleur des champs labouré[3].

Démographie[modifier | modifier le code]

La population est principalement de souche chaoui ou kabyle du au fait que la ville est plus proche des Aurès que du Djurdjura, ainsi qu'en moindre mesure bédouine.

Avec les siècles, quelques éléments phéniciens ou ottomans s'intègrent dans la société.

Il s'expriment avec des parlers bédouins (prononciation du qaf en ga) qui s'inspirent légèrement des parlers mésopotamiens comme avec l'expression « deneg ».

Histoire[modifier | modifier le code]

Époque numide[modifier | modifier le code]

La ville est à l'origine numide et faisait partie du royaume des Messasyliens en l'an -225. Elle était également considéré comme capitale après que Juba lui préféra Cherchell, et c'est aussi ici que Jugurtha livra une bataille à Marius.

Époque Romaine[modifier | modifier le code]

Durant la période de l'Empire romain la région s'appelait « Tamanouna[4] ».

Elle est partie intégrante de la province romaine de la Maurétanie Césarienne devenue la Maurétanie Sitifienne.

Jugurtha livré, Sitifis releva du royaume de Maurétanie, attribué successivement à Bocchus puis Boccuris, Juba II et enfin Ptolémée de Maurétanie, assassiné à Lugdunum à l'instigation de Caligula.

Par sa situation stratégique, Sitifis intéressa Nerva qui y installa dès 96 une colonie de vétérans, Colonia Nerviana Augusta Martialis Veteranorum Sitifensium. Claude réduisit la Maurétanie en province romaine, la divisa en deux, et rattacha Sétif à la nouvelle Maurétanie césarienne, capitale Césarée/Cherchell. En 290, Sétif devient capitale de la Maurétanie sitifienne (actuelle Algérie orientale), détachée de la Maurétanie Césarienne. La nouvelle province relève alors du diocèse d'Afrique relevant lui-même de la préfecture d'Italie.

La région de Sétif est un des greniers à blé de la Rome antique : Caput Saltus Horreorum (aujourd'hui Aïn-Zada) en est le siège[5].

On possède une lettre d'Augustin à Novat, évêque de Sétif.

Préludant à la chute de l'Empire romain d'Occident en 476, un peuple germanique, les Vandales, menés par leur roi Genséric, (427 - janv. 477), passèrent d'Espagne en Afrique, en l'an 429, à la demande du gouverneur romain, le comte Boniface, révolté contre l'empereur Valentinien. L'itinéraire des Vandales en Afrique, de Tingi (Tanger) vers Carthage, passa par Sitifis atteinte probablement dès 430. Boniface vaincu, Genséric établit le siège de son royaume à Carthage en 439, forçant l'empereur à le reconnaître maître de l'Afrique « romaine ».

La ville conserve des vestiges des IIIe siècle et IVe siècle : remparts, temple, cirque, mausolée dit « de Scipion »...

Le produit des fouilles archéologiques est conservé et exposé au Musée Archéologique de la ville, et diverses stèles dans le jardin Abd el-Kader. Il est à mettre en relation avec le site de Cuicul / Djemila.

Époque byzantine[modifier | modifier le code]

En 531, le roi des Vandales, Hildéric, fut renversé par l'usurpateur Gélimer, donnant à l’empereur romain d’Orient Justinien, anxieux de restaurer l’Empire romain, un prétexte d'intervention. Parti de Byzance (Constantinople/Istanbul), son général Bélisaire profita de soulèvements en Tripolitaine et du concours des Maures, qui lui permirent de prendre Carthage (533) puis Gélimer lui-même (534). Les Byzantins trouvèrent à Sitifis, une population réduite, du fait des prédations vandales. En 539, Sitifis redevint capitale d'une province « romaine » byzantine : la Mauritanie Première. À cette époque, Solomon édifia l'enceinte de la forteresse byzantine, dont les murs Ouest et Sud sont encore visibles.

Époque musulmane[modifier | modifier le code]

À l'époque où les Français régnaient en maîtres, la ville était dirigée par les Ameurs qui avait laissé en place par des beys ottomans.[réf. nécessaire]

Époque coloniale[modifier | modifier le code]

En 1838, la ville est prise par une colonne dans le cadre des opérations visant Constantine. La colonisation se développe notamment sous le Second Empire, et provoque le développement de l'actuel centre-ville. La construction de la gare de Sétif, sur la ligne Alger-Constantine, aurait été décidée par le conseil communal en 1877.

1926 marque une première ouverture de logements sociaux aux Algériens de Sétif.

Massacres de Sétif (1945)[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Massacres de Sétif et Guelma.
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Sétif est le point de départ le 8 mai 1945 d'une série d'émeutes nationalistes réprimées dans le sang par les autorités coloniales françaises.

À Sétif, le mardi , la ville est pavoisée. C’est le jour de la capitulation allemande, les Algériens sont autorisés à célébrer la victoire des Alliés.
À Sétif, la manifestation autorisée commence à envahir les rues dès 8 heures. Estimée à plus de 10 000 personnes, elle défile avec des drapeaux des pays alliés vainqueurs et des pancartes « Libérez Messali Hadj », « Nous voulons être vos égaux » ou « À bas le colonialisme ».
Le PPA (Parti du Peuple algérien) a créé un drapeau qui servira de modèle pour celui de l’Algérie future. Les militants le mêlent à ceux des Alliés. Vers 8h45 surgissent des pancartes « Vive l’Algérie libre et indépendante » et en tête de la manifestation Aïssa Cheraga, chef d’une patrouille de scouts musulmans, arbore le drapeau algérien. Tout dérape alors : devant le café de France, la tentative de la police, qui a voulu s’emparer du drapeau algérien (exhibé pour la première fois) que brandit Aïssa Cheraga puis par le jeune Saâl Bouzid (26 ans) qui s’en est emparé, sera la cause du drame. Face à l’obstination du jeune Saâl Bouzid (on essaie de lui retirer le drapeau mais il résiste), la situation dérape et les policiers tirent des coups de feu sur la foule. Le jeune porteur de drapeau touché une première fois à l'épaule se relève avant de s’effondrer une seconde fois, touché par une balle en pleine tête.

La nouvelle de l’émeute gagne rapidement la région. La manifestation d’indépendantistes à Sétif tourne à l’insurrection violente. La révolte gagne les villes voisines. La répression qui s’ensuivra sera d’une brutalité extrême, faisant des milliers de morts parmi les manifestants. C’est le gouverneur Chataigneau qui décrète l’état de siège. Il donne pleins pouvoirs au général Henri Martin, patron de l’armée en Afrique du Nord pour « rétablir l’ordre d’urgence ». La France coloniale ne lésine pas : 40 000 soldats. Les villages « rebelles » sont bombardés. La marine de guerre pilonne les côtes.

L’État français annonçait à l’époque 103 morts européens et 110 blessés (84 tués dont 13 femmes pour la 1er journée d'émeute à Sétif et ses environs)[6] entre 600 et 1 500 Algériens tués ou blessés. 400 tués et 250 blessés par l'armée de terre, 200 morts par l'aviation, une dizaine de morts par la marine mais il faut ajouter 2 000 à 3 000 morts musulmans victimes de la réaction des civils qui dès le début des émeutes s'organisent en milices d'autodéfense[6].
Officiellement, le gouvernement algérien parle aujourd’hui de 45 000 victimes, chiffre avancé dès l'été 1945 par le Parti du peuple algérien (PPA)[7]. Les historiens estiment aujourd'hui à plus de 20 000 morts[8].

Administration et politique[modifier | modifier le code]

Jumelages[modifier | modifier le code]

Transports[modifier | modifier le code]

Deux lignes de tramway sont en cours de construction[9].

L'Aéroport de Sétif - 8 Mai 1945 est situé dans la ville de Aïn Arnat, à l'ouest de Sétif.

Économie[modifier | modifier le code]

La région de Sétif connait un dynamisme certain en Algérie, la région bénéficie d'importants projets investissements ( aéroport, gare routière, tramway). L'industrie est principalement représentée par les secteurs plastique, électroménager, chimie.

Au niveau agricole, c'est une des principales régions céréalières du pays.

Sétif est également un centre commercial dominant dans la région, en 2015 le Park Mall de Sétif devrait ouvrir ses portes

Sports[modifier | modifier le code]

La ville de Sétif dispose d'une équipe de football, l'Entente sportive de Sétif qui par ailleurs a gagné 8 coupes d’Algérie, 5 championnats dont 2 doublés , 2 coupes arabe des clubs champions , 2 coupes d’Afrique des clubs champions en 1988 et 2014 et une coupe Afro-Asiatique en 1989.

Le Nouveau Stade Olympique couvert de 50.000 places à était approuvée par le gouvernement et sera lancé en janvier 2015 pour une durée 36 mois.

Elle dispose aussi d'une autre équipe de football (USMS). Elle a été finaliste en coupe d'Algérie en 2002.

La nouvelle piscine olympique d’El Bez est inauguré en 2014 [10].

Sétif est le lieu de deux compétitions cyclistes internationales:

  • Le Critérium international de Sétif : les cyclistes courent sur un circuit fermé de 40 tours totalisant 128 kilomètres. Le départ est devant le siège de la wilaya de Sétif, avenue du 1er novembre.
  • Tour international de Sétif : les cyclistes courent dans la wilaya de Sétif en trois étapes pour un parcours totalisant au total 346 kilomètres.

Loisirs[modifier | modifier le code]

Un parc aquatique verra le jour fin 2015 près de la cité Laïd Dahoui.

Le Park Mall de Setif sera inauguré en 2015[10].

Le parc d'attraction de Sétif constitue un point de loisirs et de tourisme en plein cœur de la ville.

Un cinéma 3D est inauguré le 1er novembre 2014.

Patrimoine[modifier | modifier le code]

La ville recèle un patrimoine archéologique qui a poussé les services de l'Unesco à conseiller l'aménagement d'un parc archéologique à visées touristique et culturelle. Néanmoins, celui-ci n'est toujours pas inscrit à ce jour à la liste du patrimoine mondial. L'un des monuments emblématiques de la ville est l'ancienne mosquée (El Masdjid el Atik) ainsi que la fontaine d'Ain El Fouara.


Personnalités liées[modifier | modifier le code]

  • Henry Dunant (1828-1910), fondateur de la Croix-Rouge, a tenté sans succès d'y faire des affaires
  • Ferhat Abbas (1899-1985), premier président la République algérienne, y a vécu
  • Bouzid Saâl (1919-1945), nationaliste algérien et première victime des massacres de Sétif et Guelma le 8 mai 1945, y a vécu
  • Kateb Yacine (1929-1989), écrivain, y a vécu
  • Rachid Bey (1946-2011), écrivain, y est né
  • Kamel Bencheikh (1953-), écrivain, y est né
  • El yazid Dib (1954) poète,chroniqueur, auteur, y est né
  • Achour Fenni (1957-), poète, y est né
  • Naima Farhi (1976-), femme politique, y est née
  • El-Kolli Randa (1983-), dramaturge, y est née.
  • Hassad Said (1959-), Architecte, et homme politique, y est né.
  • Chouder Chérif ( 1941-) et son défunt frère boubakar, deux grands " moujahad "y sont né.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Nacéra Benseddik, Nouvelles inscriptions de Sétif, BAA VII, 1977-79, p. 33–52
  • Nacéra Benseddik, Sétif, Dictionnaire du Monde antique, éd. PUF, Paris, 2005
  • Nacéra Benseddik et C. Lochin, Saturne et ses fidèles : à propos de stèles de Cuicul, Mopth. et Sitifis, colloque international sur l'Algérie antique : permanences, relations, représentations, identités et culture dans l'Algérie antique, Rouen, avril 2003 [2005], p. 261-292
  • Boucif Mekhaled, Chronique d'un massacre : 8 mai 1945, Sétif-Guelma-Kherrata, éd. Syros, Paris, 1995
  • Jean Louis Planche, Sétif 1945. Histoire d'un massacre annoncé, éd. Perrin, 2006
  • Roger Vétillard, Sétif, . Massacres en Algérie, éd. de Paris, 2008
  • Eugène Vallet, Un drame algérien. La vérité sur les émeutes de mai 1945, éd. Grandes éditions françaises, 1948
  • Radouane Ainad Tabet, Le en Algérie, Office des Publications Universitaires, Alger, 1985
  • Denise Morel, Sétif de ma jeunesse, éd. Gandini, 2001
  • Virginie Galbarini, Le Triomphe indien de Dionysos : étude descriptive et iconographique d’une mosaïque de Sétif, Bulletin annuel de l’ASAC-SAKA, 2005
  • Abdelkader Benarab, La Bataille de Sétif, éd. L'Harmattan, 2011
  • Abed Abidat, "8 mai 1945, tragédie dans le Constantinois - Sétif, Guelma, Kherrata..." , éd. Images Plurielles, 2010

Sources, notes et références[modifier | modifier le code]

  1. « Wilaya de Sétif : répartition de la population résidente des ménages ordinaires et collectifs, selon la commune de résidence et la dispersion ». Données du recensement général de la population et de l'habitat de 2008 sur le site de l'ONS.
  2. projet de construction d'un tramway est à l'étude sétif, dimanche 11 mai 2008 | Kebiche Abdelhakim, Le Sétifois, no 3 [1]
  3. Mohand-Akli Haddadou, Dictionnaire toponymique et historique de l'Algérie, Tizi Ouzou, Éditions Achab,‎ (ISBN 9789947972250), p. 463.
  4. Erreur de référence : Balise <ref> incorrecte ; aucun texte n’a été fourni pour les références nommées Bibans.
  5. Corpus inscriptionum latinarum : inscriptionum mauretaniae latinarum p. 1919 par Th. Mommsen, J. Schmidt, R. Cagnat, H. Dessau, [2]
  6. a et b La voix du combattant, page 8
  7. Les Français d'Algérie : vie, mœurs, mentalité de la conquête des Territoires du Sud à l'indépendance. Pierre Mannoni. L'Harmattan, 1993, ISBN 2-7384-1377-3, p. 272-273
  8. Les Mots de la guerre d'Algérie, Benjamin Stora
  9. http://www.setif.info/article7755.html
  10. a et b [3]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]