Marc Rich

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Marc Rich
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Denise Eisenberg Rich (en) (de à )Voir et modifier les données sur Wikidata
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Marc Rich, de son vrai nom Marcell David Reich, né le à Anvers (Belgique) et mort le [1] à Lucerne (Suisse), est un homme d'affaires israélo-américano-belgo-espagnol-suisse d'origine juive, dont les activités ont été très controversées.

Il est condamné par la justice américaine pour fraude, extorsion de fonds, délit d'initié, violation d'embargo avec l'Iran en pleine crise des otages ainsi que pour la plus grande fraude fiscale de toute l'histoire des États-Unis. Avec plus de 60 chefs d'inculpations, il y risquait jusqu’à 325 ans de prison ferme. Classé parmi les 10 fugitifs les plus recherchés au monde et poursuivi par une unité spéciale du FBI [2], il trouve refuge en Suisse [2], pays qui refuse de l'extrader. Il y fonde la multinationale Glencore.

Il reçoit un pardon très controversé du président américain Bill Clinton le 20 janvier 2001, son dernier jour en fonction [2].

Biographie[modifier | modifier le code]

Origines[modifier | modifier le code]

Marc Rich est né à Anvers d'une famille juive qui échappe à l'Holocauste. Il émigre aux États-Unis pendant la Seconde Guerre mondiale. Il cumule les nationalités américaine, espagnole, israélienne, belge et suisse.

Carrière[modifier | modifier le code]

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Marc Rich débute à vingt ans dans le métier chez l'une des plus grandes maisons de courtage, Philipp Brothers, devenue par la suite Phibro. Il épouse Denise Joy Eisenberg dont les parents comme ceux de Rich ont fui le nazisme. Le père de son épouse est un des plus grands fabricants de chaussures des États-Unis.

En 1967, Rich devient directeur du bureau Madrilène de l'entreprise.

En 1973, circule une rumeur selon laquelle l'OPEC a mis en place un embargo sur le pétrole.

Marc Rich, grâce aux contacts dont il dispose auprès de la famille royale iranienne, a pris l'habitude d'envoyer du pétrole iranien aux raffineries espagnoles.

Rich et son partenaire Pincus Green, surnommé l'Amiral, achètent pour plus de 150 millions de dollars de pétrole. Lorsque l'information arrive au siège de l'entreprise a New York, la direction de Philipp Brothers panique et force Rich à vendre avant l'embargo.

Poursuites et fuite en Suisse[modifier | modifier le code]

Rich bâtit une grande partie de sa fortune en contournant l'embargo sur l'Iran établi à la suite de la prise d'otages de l'ambassade des États-Unis en Iran, le à Téhéran. Il est pour cela poursuivi aux États-Unis pour violation d'embargo.

Le , un grand jury fédéral américain l'accuse de plus de 60 chefs d'inculpation[1] dont /

  • fraude
  • commerce avec l'ennemi
  • violation d'embargo
  • fraude fiscale
  • délit d'initié.

Cette condamnation aurait pu lui valoir jusqu'à 325 années de prison. Elle est prononcée par contumace, Marc Rich ayant alors fui en Suisse. La Suisse refuse l'extradition demandée en 1984 par les États-Unis. Le gouvernement américain place sur sa tête une prime de 500 000 dollars[2]. Un conseiller municipal suisse raconte qu'il refuse de quitter son bureau sans la protection de gardes du corps formés par le Mossad [2].

Amnistie controversée[modifier | modifier le code]

Le , quelques heures avant que Bill Clinton quitte la présidence, un de ses derniers actes officiels est de gracier Marc Rich. Cette amnistie présidentielle déclenche un véritable scandale, amplifié lorsque l'on apprend que Denise Rich, ex-épouse de l'homme d'affaires, avait fait des dons d'un million de dollars au Parti démocrate et à la bibliothèque présidentielle de Bill Clinton[1].

La multinationale Glencore[modifier | modifier le code]

En Suisse, Marc Rich installe le siège de sa société, Glencore, à Zoug [2]. Dès le milieu des années 80, son entreprise devient une multinationale de taille géante avec plus de 10 milliards de dollars de chiffres d'affaires.

Marc Rich devient l'un des principaux promoteurs du mécanisme des préfinancements pétroliers qui permet à un pays africain de s'endetter sur ses revenus pétroliers.

Dans l'affaire pétrole contre nourriture, le nom de Marc Rich est cité dans le rapport de Paul Volcker (Rapport Volcker), pour avoir versé des commissions occultes à Saddam Hussein[3].

Philanthropie et dévouement au peuple juif[modifier | modifier le code]

Dans sa déclaration de président de la fondation qui porte son nom, Marc Rich disait « soutenir des programmes qui promeuvent l'excellence et ont des éléments d'innovation sociale et culturelle ainsi que de créativité pour élever la qualité de vie de l'individu et de la société civile. » Il ajoutait qu'il était dévoué au peuple juif et à l'État d'Israël[4].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a, b et c (en) Douglas Martin. Marc Rich, Rich Financier and Famous Fugitive, Dies at 78, The New York Times, 26 juin 2013.
  2. a, b, c, d, e et f Mark Honigsbaum, « The rich list », sur The Guardian,
  3. « Une cotation record pour le suisse Glencore », L'Economiste,‎ (lire en ligne)
  4. Voir le site de la Fondation Marc Rich, en ligne.

Annexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Dominique Manotti, Or noir, Série Noire, Gallimard, (ISBN 9782070148707), 336 p. Le personnage principal dans ce roman, Michaël Frickx, est inspiré de la vie de Marc Rich.
  • (en) Ammann, Daniel, The King of Oil: The Secret Lives of Marc Rich, New York, St. Martin‘s Press, , 1e éd. (ISBN 978-0-312-57074-3, LCCN 2009016926)
  • (de) Daniel Ammann, King of Oil, Marc Rich. Vom mächtigsten Rohstoffhändler der Welt zum Gejagten der USA, Orell Füssli, Zurich, 2010, (ISBN 978-3-280-05396-6).
  • (en) A. Craig Copetas, Metal Men: Marc Rich and the $10 Billion Scam, Open Road Media, 2014.

Liens externes[modifier | modifier le code]