Féminisme lesbien

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Le labrys, est le symbole depuis la fin des années 1970 de la force et de l’indépendance lesbiennes et féministes
Drapeau de la fierté féministe lesbienne.
Un labrys superposé au triangle noir, sur une couleur de fond violet associée aux lesbiennes.

Le féminisme lesbien est un mouvement militant et une perspective critique dont l'influence se fait sentir durant les années 1970 et le début des années 1980 surtout en Amérique du Nord et en Europe de l'Ouest. Le mouvement encourage les femmes à diriger leur énergie en direction des femmes plutôt que des hommes, et présente souvent le choix lesbien comme une conséquence politique d'une posture féministe. Il constitue un pan du féminisme tenant compte de l'oppression spécifique des lesbiennes prônant parfois un séparatisme lesbien conçu comme féminisme radical[1].

Origine[modifier | modifier le code]

Il est particulièrement influent dans les années 1970 jusqu'au début des années 1980, notamment en Amérique du Nord et en Europe occidentale. Le féminisme lesbien est parfois considéré comme une suite logique au féminisme par ses protagonistes[2].

Parmi les principales activistes on trouve : Rita Mae Brown, Adrienne Rich, Charlotte Bunch, Audre Lorde, Marilyn Frye, Mary Daly, Sheila Jeffreys, Barbara Smith, Pat Parker, Margaret Sloan-Hunter, Cheryl Clarke, Gloria Anzaldua, Cherrie Moraga et Monique Wittig, et Sara Ahmed (ces deux dernières sont toutefois le plus souvent associées à l’émergence de la théorie queer et du Mouvement de libération des femmes pour Wittig).

Le féminisme lesbien émerge au début des années 1970 à partir d'une critique du féminisme de la deuxième vague et du mouvement de libération des personnes LGBTIQ[3],[4].

Selon Sheila Jeffreys (en),

« Le féminisme lesbien apparait comme le résultat de deux évolutions : les lesbiennes du mouvement de libération des femmes (MLF) font du lesbianisme politique une branche distincte du féminisme, et les lesbiennes du Gay Liberation Front le quittent pour rejoindre leurs sœurs[5]. ».

Selon Judy Rebick, féministe et journaliste canadienne, les lesbiennes ont toujours été au cœur des mouvements des femmes, mais les problématiques qui leur sont spécifiques sont demeurées invisibles au sein de ce même mouvement[6].

Le féminisme lesbien de couleur se développe comme une réponse au féminisme lesbien afin d'intégrer les questions intersectionnelles de classe et de race comme sources d’oppression liées à l'hétérosexualité.

Idées principales[modifier | modifier le code]

Le féminisme lesbien interroge l’hétérosexualité en tant qu’institution. Cette question est au cœur des réflexions du féminisme lesbien[2]. Les textes féministes lesbiens s'emploient à interroger les relations entre la norme hétérosexuelle et le patriarcat, le capitalisme et le colonialisme. De plus, le féminisme lesbien considére que le lesbianisme est une réponse politique possible face à l'aliénation des institutions[2].

Sheila Jeffreys détaille sept thèmes principaux :

Les féministes lesbiennes chicana interrogent leur identité lesbienne avec leur identité chicano[7]. Renée M. Martinez explique qu'elle ne parvient pas à concilier les deux identités[8]. Quant à Moraga, elle explique que les femmes qui défieraient leur rôle seraient considérées comme traîtresses contribuant au «génocide de leur peuple», influencées par les étrangers, elles seraient corrompues. L'homosexualité serait considéré comme une maladie qui infecterait les humains du tiers monde. ” [7].

Références[modifier | modifier le code]

  1. « Féminisme lesbien — Wikirouge », sur wikirouge.net (consulté le 22 juin 2019)
  2. a b et c (en) Adrienne Rich, Blood, Bread, and Poetry : Selected Prose 1979-1985, W.W. Norton & Company, , 238 p. (ISBN 978-0-393-31162-4), « Compulsory Heterosexuality and Lesbian Existence (1980) », p. 23
  3. (en) Lillian Faderman, Surpassing the Love of Men : Romantic Friendship and Love Between Women from the Renaissance to the Present, New York, William Morrow & Company, , 496 p. (ISBN 0-688-03733-X), p. 17
  4. (en) DuBois, « Feminism Old Wave and New Wave », CWLU Herstory Project, Chicago Women's Liberation Union, (consulté le 28 mai 2007)
  5. a et b (en) Sheila Jeffreys, Unpacking Queer Politics : A Lesbian Feminist Perspective, Cambridge, UK, Polity, , 189 p. (ISBN 978-0-7456-2837-0), p. 19
  6. (en) Rebick, « 'Feminism in a neo-liberal age' » [archive du ], Research Initiative on International Activism, University of Technology Sydney (consulté le 23 mars 2012)
  7. a et b (es) Toda Iglesia, « Lesbianismo y literatura chicana: la construcción de una identidad », Anuario de Estudios Americanos, vol. 67, no 1,‎ , p. 77–105 (DOI 10.3989/aea.2010.v67.i1.331)
  8. (en) This Bridge We Call Home : Radical Visions For Transformation, Routledge, , 42–50 p. (ISBN 978-0-415-93681-1), « Del puente al arco iris: transformando de guerrera a mujer de la paz—From Bridge to Rainbow: Transforming from Warrior to Woman of Peace, by Renee M. Martinez »

Lectures en lien[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]