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Some Time in New York City

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Some Time in New York City

Album de John Lennon et Yoko Ono
Sortie
Enregistré , , du 13 février au
Durée 1:30:52
Genre Rock
Auteur-compositeur John Lennon, Yoko Ono
Producteur John Lennon, Yoko Ono, Phil Spector
Label Apple, EMI
Critique

Albums par John Lennon

Albums par Yoko Ono

Albums par John Lennon et Yoko Ono

Singles

  1. Woman Is the Nigger of the World/Sisters, O Sisters
    Sortie : 24 avril 1972

Some Time in New York City est le troisième album solo de John Lennon, et le premier de musique non expérimentale avec Yoko Ono, sorti en . Alors que le couple vient de s'installer aux États-Unis et que l'ex-Beatle connaît de graves démêlés avec l'administration de Richard Nixon, ce disque marque l'apogée de l'engagement politique de Lennon, amorcé par des chansons comme Power to the People ou Working Class Hero.

Alors que le couple avait travaillé ensemble sur leurs disques expérimentaux, il s'agit ici d'un album partagé entre eux deux, les chansons étant composées et chantées soit par l'un d'entre eux, soit par les deux. Sur le premier disque de ce double album, toutes les chansons traitent d'un problème de société, qu'il s'agisse de la condition des femmes, du traitement des prisonniers aux États-Unis ou encore du conflit nord-irlandais. Le second disque, intitulé Live Jam, est constitué d'extraits de concerts, notamment un bœuf avec Frank Zappa & The Mothers of Invention, dans un registre expérimental, publié sans l'autorisation de Zappa.

À sa sortie, l'album subit plusieurs fois la censure, qu'il s'agisse de celle du single Woman Is the Nigger of the World, ou de la pochette sur laquelle Nixon danse nu avec Mao Zedong. Les critiques, particulièrement aux États-Unis, n'apprécient pas le ton engagé de l'album, et la présence de Yoko Ono empire souvent leur vision de l'album. Celui-ci se classe 48e aux États-Unis là où Imagine avait atteint la tête des charts l'année précédente. Au Royaume-Uni, il parvient à atteindre la onzième place. L'échec de cet album pousse Lennon à cesser d'écrire des chansons trop politisées.

Photographie officielle de Richard Nixon.
Some Time in New York City naît alors que les Lennon sont sous surveillance de l’administration Nixon.

Après une année 1971 particulièrement florissante, notamment par le succès incontestable de l'album Imagine devenu numéro 1 des deux côtés de l'Atlantique, John Lennon et Yoko Ono décident de quitter le Royaume-Uni pour s'installer à New York. Le contexte politique est particulièrement troublé, sur fond de présidence de Richard Nixon et de guerre du Viêt Nam[1]. Dans ce milieu, un certain nombre de contestations naissent, au sein desquelles le couple se crée des relations. C'est ainsi que le , Lennon participe à un concert de soutien au poète John Sinclair, emprisonné pour possession de drogue. Il y entonne une chanson en son nom, ainsi que sa nouvelle composition, Attica State, en référence à la mutinerie de la prison d'Attica[2].

Ce ne sont pas les premières sorties engagées de John : après Power to the People et Imagine, il publie en effet avec Yoko Happy Xmas (War Is Over) chant de Noël anti-guerre qui fait suite à une campagne d'affichage qu'ils ont lancée sur le même thème[3]. Ces multiples prises de positions attirent l'attention de Nixon, qui craint de voir sa popularité baisser en cette période électorale. Le FBI est ainsi chargé d'enquêter sur John Lennon. Début 1972, le Sénateur Strom Thurmond propose l'expulsion de John comme « contre-mesure stratégique »[4].

S'ensuivent donc d'intenses procédures judiciaires pour tenter d'expulser John en se fondant sur une ancienne affaire de possession de drogue en 1968 à Londres. John et Yoko parviennent à trouver un avocat compétent, Leon Wildes, qui passe les années suivantes à s'échiner pour que John puisse bénéficier de la citoyenneté américaine[5]. C'est en dépit de ce contexte difficile que John s'apprête à sortir son album le plus engagé, signant également sa première collaboration avec Yoko sur un album autre que de la musique expérimentale[6].

Enregistrement

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Le premier disque, Some Time in New York City, est enregistré au studio Record Plant East à New York avec le producteur Phil Spector, tandis que le deuxième, intitulé Live Jam, contient des titres en concert précédemment enregistrés en 1969 à Londres et en 1971 à New York[7].

Les enregistrements en studio se font entre février et , avec le groupe Elephant's Memory récemment inclus au sein du Plastic Ono Band. L'ambiance y est débridée, avec de grandes quantités d'alcool et de drogues. Bob Gruen, qui photographie le groupe à cette époque, se souvient que les séances d'enregistrement étaient surnommées « tequila sessions », et que le hasch, la bière, la tequila et les cognacs étaient présents en nombre. La pression qui pesait sur John à cette époque ne change en effet rien à cette débauche, comme l'ajoute Gruen : « Les flics auraient pu arriver et embarquer John à tout moment »[8].

Sur la face 1 du second disque se trouvent les deux titres d'un single de John et Yoko sorti en 1969 cette fois enregistrés sur scène : Cold Turkey et sa face B, un montage d'une quinzaine de minutes d'une prestation de près de quarante minutes de Don't Worry Kyoko. L'enregistrement est celui d'un concert de charité pour l'Unicef le au Lyceum Ballroom à Londres avec tous les membres du Plastic Ono Band qui ont joué ces deux mêmes chansons à Toronto quelques jours plus tôt et du groupe Delaney & Bonnie & Friends (bien que non crédité) qui incluait entre autres George Harrison, Keith Moon et Billy Preston[9].

Les quatre titres de la face 2 ont été enregistrés le lors d'un concert au Fillmore East de New York avec Frank Zappa et les Mother of the Invention[10] qui avaient invité les Lennon au moment des rappels[11]

Parution et réception

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Lennon et Ono photographiés par Jack Mitchell
La présence de Yoko Ono a été mise à mal par la critique et a entraîné des soucis juridiques.

Some Time in New York City sort le aux États-Unis. Le single extrait de l'album, Woman Is the Nigger of the World, attire des soucis à Lennon, qui doit s'expliquer pour l'utilisation du mot « nigger » (« nègre »), jugé offensant, et le single est maintes fois interdit à l'antenne[12]. Au Royaume-Uni, bien qu'il ait été annoncé, le single est annulé pour ses paroles trop polémiques[13].

L'album en lui-même pose tout autant problème et est un échec aux États-Unis : après avoir connu les sommets avec Imagine, Lennon s'écroule à la 48e place des charts, tandis que le magazine Rolling Stone qualifie l'album de « suicide artistique »[14]. Pour Robert Christgau, c'est « le moment où Lennon risque son charisme alors qu'il aurait dû l'investir[15] ». Un des points particulièrement critiqués est la présence de chansons de Yoko Ono, ce qui suscitera les mêmes réactions huit ans plus tard avec Double Fantasy.

Les problèmes posés par Yoko ne concernent pas uniquement la critique. Plusieurs chansons doivent en effet lui être créditées, ce que refuse catégoriquement l'éditeur britannique de Lennon, Northern Songs, ce qui aboutit à un procès[16]. Conséquence de cet imbroglio juridique, la sortie britannique de l'album est repoussée au . Il connaît au Royaume-Uni de meilleures ventes qu'aux États-Unis et atteint la 11e place des charts[17]. Le prix de cet album, le seul double album de Lennon, est évoqué parmi les facteurs de mévente. Pour Bruce Eder et William Ruhlmann du site AllMusic, le deuxième disque, peu populaire, a augmenté le coût de l'album et en a fait un des albums les moins connus de l'artiste[18].

Cet album marque également un temps où le regard change au sujet du duo Lennon/McCartney : tandis que les premières productions lenonniennes ont connu un succès honorable, McCartney s'est vu reprocher par la critique (et même par son ancien compagnon d'écriture) de ne pas avoir été à la hauteur de sa réputation. À cette époque, les deux artistes voient pourtant leurs routes s'entremêler : quelques mois avant Sunday Bloody Sunday, McCartney avait publié (sans grand succès), un single sur le même thème, Give Ireland Back to the Irish[19]. À un moment où Lennon connaît ses premiers démêlés avec la critique, McCartney est sur le point de s'affirmer avec son album Band on the Run, récupérant ainsi la popularité perdue de son ami[20].

Frank Zappa a pour sa part vivement critiqué le mixage de sa performance au Fillmore East avec les Mothers of Invention, les parties vocales de Mark Volman et Howard Kaylan ayant été purement et simplement supprimées. Zappa n'a en outre pas été crédité pour le morceau King Kong, renommé à tort Jamrag. Lennon et lui avaient convenu que chacun publierait sa propre version de la prestation, mais Zappa, pour des raisons juridiques, devra attendre le double album en concert Playground Psychotics en 1992 pour pouvoir enfin publier son propre mixage.

Un disque politiquement engagé

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mémorial aux victimes du Bloody Sunday
Deux des chansons du disque sont consacrées au conflit religieux en Irlande, et notamment à l'épisode du Bloody Sunday.

Some Time in New York City se caractérise par son caractère politique et engagé. De nombreux thèmes y sont ainsi traités, chers à Lennon ou à Ono et souvent aux deux. C'est ainsi le féminisme qui ouvre doublement l'album, tout d'abord avec le tonitruant Woman Is the Nigger of the World de John, performance vocale qui a été comparée à sa version de Twist and Shout[14]. Lui répond une composition de Yoko, Sisters O' Sisters, appelant à l'unité des femmes pour accéder à plus de considération[21].

Deux des chansons écrites en commun traitent du conflit nord-irlandais. Sunday Bloody Sunday, aux chœurs dissonants et au rythme violent, est un appel à répondre au massacre éponyme qui s'est tenu au début de l'année en « repoussant les Anglais à la mer ». Sous des dehors plus doux de ballade irlandaise, The Luck of the Irish est en réalité beaucoup plus violent dans son propos, Lennon et Ono n'hésitant pas à accuser les Britanniques de génocide[22].

Parmi les autres chansons composées par le couple, Angela apporte son soutien à l'activiste afro-américaine Angela Davis, en pleins démêlés avec le gouvernement, tandis qu'Attica State condamne la répression de la mutinerie de la prison d'Attica[n 1],[12].

Lennon signe seul une autre chanson engagée, John Sinclair, pour appeler à la libération de ce poète arrêté dans une affaire de drogue[23]. Il signe également New York City, souvent considérée comme un de ses meilleurs rocks. Dans l'esprit de The Ballad of John and Yoko chantée du temps des Beatles, la chanson raconte cette fois-ci la vie du couple à New York, non sans critiquer la société[24].

Yoko Ono signe pour sa part deux autres chansons engagées, Born in a Prison, sur le manque de liberté dans les sociétés modernes, thème que Lennon avait déjà abordé dans Working Class Hero[25]. We're All Water, qui clôt l'album, est une longue chanson sur le fait qu'au-delà des différences culturelles, tous les hommes sont semblables[26].

À ce premier disque enregistré en studio s'ajoute un deuxième enregistré lors de deux concerts distinct. La face 1 contient de longues versions du single Cold Turkey et de sa face B Don't Worry Kyoko. La face 2 s'ouvre par Well! (Baby Please Don't Go), créé par le groupe The Olympics (en) en 1957 et déjà repris par les Beatles à l'époque de la Cavern à Liverpool[n 2]. Les autres titres sont partiellement improvisés, toujours avec Frank Zappa[14].

L'illustration de l'album répond à une envie de Lennon, qui souhaitait créer un disque « jetable » et traitant d'actualité, comme le ferait un journal. Ainsi, la pochette présente les paroles des chansons à la façon d'articles en colonnes verticales, inspirée de la une du New York Times[12]. Le groupe Jethro Tull avait, seulement quelques mois plus tôt, sorti l'album Thick as a Brick, dont la pochette représente un journal fictif, le The St. Cleve Chronicle & Linwell Advertiser.

À ses paroles s'ajoutent, comme dans un quotidien, des photographies d'illustration. L'une d'elles fait scandale : celle liée à We're all Water est en effet un photomontage montrant Richard Nixon et Mao Zedong souriants en train de danser, nus. Rapidement, la censure fait placer un sceau indécollable sur la photographie. Huit ans plus tard, dans son interview à David Sheff pour Playboy, Lennon s'en insurge : « chaque fois qu'on essayait de s'exprimer, ils le bannissaient, le couvraient, le censuraient »[26].

Liste des chansons

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Disque 1 : Some Time in New York City

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Face 1 : John & Yoko / Plastic Ono Band with Elephants Memory and Invisible Strings
NoTitreAuteurDurée
1.Woman Is the Nigger of the WorldJohn Lennon, Yoko Ono5:15
2.Sisters O'SistersYoko Ono3:46
3.Attica StateJohn Lennon, Yoko Ono2:54
4.Born in a PrisonYoko Ono4:03
5.New York CityJohn Lennon4:30
Face 2 : John & Yoko / Plastic Ono Band with Elephants Memory and Invisible Strings
NoTitreAuteurDurée
6.Sunday Bloody SundayJohn Lennon, Yoko Ono5:05
7.The Luck of the IrishJohn Lennon, Yoko Ono2:56
8.John SinclairJohn Lennon3:28
9.AngelaJohn Lennon, Yoko Ono4:06
10.We're All WaterYoko Ono7:11[n 3]

Disque 2 : Live Jam

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Face 1 : John & Yoko / Plastic Ono Band with a cast of 1000s
NoTitreAuteurDurée
1.Cold TurkeyJohn Lennon8:35
2.Don't Worry KyokoYoko Ono16:01
Face 2 : John & Yoko / Plastic Ono Band with Frank Zappa and The Mothers of Invention
NoTitreAuteurDurée
3.Well (Baby Please Don't Go)Walter Ward (en)4:41
4.JamragJohn Lennon, Yoko Ono5:36
5.ScumbagJohn Lennon, Yoko Ono, Frank Zappa4:08
6.John Lennon, Yoko Ono6:23
Classement (1975) Meilleure
position
Drapeau du Royaume-Uni Royaume-Uni (UK Albums Chart)[27] 11
Drapeau des États-Unis États-Unis (Billboard)[28] 48

Fiche de production

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Interprètes

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Disque 1

Plastic Ono Band
Elephant's Memory
  • Stan Bronstein : flûte, saxophone
  • Wayne « Tex » Gabriel : guitare
  • Gary Van Scyoc : basse
  • Adam Ippolito : claviers, piano
  • Richard Frank Jr. : batterie, percussions
  • John la Bosca  : piano (sur Born in a Prison)
Invisible Strings
  • Ron Frangipane : orchestrations

Disque 2, face 1 (concert de 1969)

Plastic Ono Band
  • John Lennon : guitare, chant
  • Yoko Ono : chant
  • Eric Clapton : guitare
  • Klaus Voormann : basse
  • Alan White : batterie
Delaney & Bonnie & Friends

Disque 2, face 2 (concert de )

Plastic Ono Band
  • John Lennon : guitare, chant
  • Yoko Ono : sac, chant
  • Klaus Voormann : basse, chœurs
The Mothers of Invention

Notes et références

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  1. Par une certaine ironie du sort, l'assassin de Lennon, Mark David Chapman, est détenu dans cette même prison.
  2. Cet enregistrement de Well (Baby Please Don't Go) sera inclus sur le troisième disque de la compilation Instant Karma: All-Time Greatest Hits publié en 2002. Source : https://www.allmusic.com/album/instant-karma-all-time-greatest-hits-mw0001349614, consulté le 1er juillet 2020.
  3. La version originale (7:11) a été raccourcie à 5:19 pour la réédition CD en 2005.

Références

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  1. Philip Norman 2010, p. 693
  2. Philip Norman 2010, p. 698 - 699
  3. (en) « John Lennon: Happy Xmas (War Is Over) », The Beatles Bible. Consulté le 7 août 2011
  4. Philip Norman 2010, p. 700-702
  5. Philip Norman 2010, p. 705
  6. (en) « John Lennon: Some Time in New York City », The Beatles Bible. Consulté le 7 août 2011
  7. (en) Joe Goodden, « Some Time In New York City », sur The Beatles Bible (consulté le )
  8. Philip Norman 2010, p. 710
  9. (en) Joe Goodden, « Plastic Ono Band live at Lyceum Ballroom, London », sur The Beatles Bible (consulté le )
  10. (en) Joe Goodden, « Well (Baby Please Don’t Go) », sur The Beatles Bible (consulté le )
  11. (en) Joe Goodden, « Scumbag », sur The Beatles Bible (consulté le )
  12. a b et c Philip Norman 2010, p. 711
  13. (en) « John Lennon - Woman Is the Nigger of the World », Graham Calkin Beatles Pages. Consulté le 9 août 2011
  14. a b et c Philip Norman 2010, p. 712
  15. (en) Some Time In New York City, Robert Christgau. Consulté le 9 août 2011
  16. Philip Norman 2010, p. 713
  17. (en) « Some Time In New York City », Graham Calkin's Beatles Pages. Consulté le 9 août 2011
  18. (en) Some Time In New York City, AllMusic. Consulté le 9 août 2011
  19. François Plassat 2010, p. 120
  20. François Plassat 2010, p. 121
  21. (en) « John Lennon : Sisters O' Sisters », The Beatles Bible. Consulté le 4 août 2011
  22. Philip Norman 2010, p. 708
  23. (en) « John Lennon: John Sinclair », The Beatles Bible. Consulté le 4 août 2011
  24. (en) « John Lennon: New York City », The Beatles Bible. Consulté le 4 août 2011
  25. (en) « John Lennon: Born in a Prison », The Beatles Bible. Consulté le 4 août 2010
  26. a et b (en) « John Lennon: We're All Water », The Beatles Bible. Consulté le 4 août 2011
  27. (en) « JOHN LENNON », sur Official Charts (consulté le ).
  28. https://www.billboard.com/music/john-lennon/chart-history/TLP/song/316999

Articles connexes

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Bibliographie

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  • Philip Norman (trad. de l'anglais par Philippe Paringaux), John Lennon : une vie, Paris, Robert Laffont, (1re éd. 2008), 862 p. (ISBN 978-2-221-11516-9)
  • François Plassat, Paul McCartney : l'empreinte d'un géant, Paris, JBz & Cie, , 544 p. (ISBN 978-2-7556-0651-5)