Château Marmont

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Château Marmont
ChateauMarmont 01.jpg

Château Marmont, sur Sunset Boulevard.

Présentation
Type
Hôtel
Style
Début du XXe siècle
Architecte
Construction
Statut patrimonial
Monument historique-culturel de Los Angeles (24/03/1976)
Site web
Géographie
Pays
État
Commune
Localisation
Coordonnées
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Le château Marmont est un hôtel de Los Angeles, en Californie, construit en 1929. Il est situé au 8221 Sunset Boulevard, à West Hollywood.

Histoire[modifier | modifier le code]

Résidence d'appartements[modifier | modifier le code]

En 1926, Fred Horowitz, un éminent avocat de Los Angeles, choisit le site de Marmont Lane, le long de Sunset Boulevard, pour construire un immeuble d'appartements de luxe. Il avait récemment voyagé en Europe pour chercher l'inspiration et revient en Californie avec des photos d'un château français situé le long de la Loire (le château d'Amboise). En 1927, il commande à son beau-frère, l'architecte Arnold A. Weitzman, la conception d'un bâtiment en forme de L sur sept étages, à partir des photos qu'il a prises. William Douglas Lee (en) devient l'architecte principal. Au moment de choisir un nom pour la résidence, château Sunset et château Hollywood sont rejetés en faveur de château Marmont, un nom faisant référence à la petite rue qui traverse le devant de la propriété.

L'ensemble est inauguré le 1er février 1929. Les journaux locaux décrivent le château Marmont comme « le plus récent, le plus beau et le plus exclusif immeuble de Los Angeles [...] superbement situé, assez proche des commerces pour être accessible et assez loin pour assurer calme et intimité ». Pour la réception inaugurale, plus de 300 personnes sont conviées, dont la presse. En raison des loyers élevés et de l'incapacité à garder des locataires sur le long terme au cours à cause de la crise suivant le krach boursier de 1929 et la Grande Dépression, Fred Horowitz vend l'immeuble à Albert E. Smith pour 750 000 $.

Hôtel[modifier | modifier le code]

En 1931, le château Marmont est transformé en un hôtel. Les appartements deviennent des suites avec cuisine et salle de séjour (le fait qu'il ne s'agisse pas originellement d'un hôtel explique leur taille et leur style variables). La propriété a également été rénovée et remeublée par Albert E. Smith en chinant dans les propriétés des riches personnalités ruinées par la crise économique. Il participe donc à créer le « Marmont look », une décoration originale avec de grands lustres, du bois torsadé et de larges fauteuils en velours. L'hôtel est un temps dirigé par Anna Little, une actrice du muet à la retraite[1].

Dans les années 1920-1930, l'hôtel est situé sur une partie du boulevard qui ne dépendait pas de la police de Los Angeles mais d'un autre shérif, plus accommodant. Alors que le code Hays censure la violence et le sexe dans les films et invite les artistes à avoir une vie moins dissolue, le château Marmont devient un lieu à part, notamment grâce aux fêtes qu'organisent les deux jeunes acteurs Glenn Ford et William Holden dans le penthouse 54 ; Harry Cohn, le patron de la Columbia, leur aurait ainsi intimé l'ordre « If you must get intro trouble, do it at the Château Marmont », phrase qui orne désormais des boîtes de bougies vendues à l'hôtel[1].

L'hôtel compte également des bungalows, dont un de style moderniste conçu par l'architecte Craig Ellwood dans les années 1950[1].

Le château Marmont est classé monument historique-culturel de Los Angeles (Los Angeles Historic-Cultural Monument) le 24 mars 1976 par le conseil municipal de Los Angeles[2].

Dans les années 1980, le réalisateur Francis Ford Coppola faillit racheter le château Marmont mais une histoire de termites le fait renoncer. André Balazs (groupe Hôtels AB) rachète l'hôtel en 1990 et le rénove en essayant de lui redonner la patine de ses débuts tout en conservant une grande partie de l'esprit du lieu (inspiré d'anciennes photos, il réinstalle dans le lobby des meubles chinés), l'identité de l'hôtel étant liée à un esprit de « bric à brac », loin du style généralement épuré des palaces. Le propriétaire explique cependant qu'« à part la disposition des chambres et les salles de bains qui sont authentiques, il n'y a pas un centimètre carré de l'hôtel qui soit d'origine », André Balazs continuant à chercher des meubles à travers le monde pour aménager l'hôtel, ayant installé des cuisines au style rétro à la place des installations en plastique des années 1970 ainsi qu'un ascenseur au style années 1930 mais qui est en réalité récent, fabriqué par d'anciens décorateurs de Hollywood qui ont l'habitude de concevoir des choses inspirées du passé. Cela fait dire à Vanity Fair que le château Marmont est « un décor de cinéma ». L'hôtel compte également une piscine et un jardin-restaurant[1].

Personnalités[modifier | modifier le code]

L'hôtel a accueilli au cours de son histoire de nombreuses personnalités, en particulier du monde du cinéma et de la musique qui y séjournent ou y répètent leurs textes, cela s'expliquant par le fait que les studios hollywoodiens se trouvent dans la même ville. Il a la réputation de protéger ses clients, le personnel interdisant l'usage d'appareils photos. On peut citer comme stars y ayant séjourné Barbra Streisand, Lana del Rey, Warren Beatty, James Franco, Robert Mitchum, Grace Kelly, Lady Gaga, Howard Hughes, Greta Garbo, Leonardo DiCaprio ou encore Jean Harlow et Clark Gable[1].

De part leurs habitudes ou leur comportement, ces personnalités ont participé à forger l'histoire du lieu. En 1934, après avoir quitté l'Allemagne nazie, le réalisateur Billy Wilder s'installe à château Marmont. D'abord sans le sou et enchaînant les échecs, il continue à y vivre, mais dans des suites plus grandes, à mesure que les succès cinématographiques arrivent ; il y aurait notamment eu l'idée du film Boulevard du crépuscule, s'inspirant du lobby encombré de l'hôtel pour élaborer le salon de l'héroïne Norma Desmond[1]. En 1955, l'acteur James Dean grimpe à une fenêtre lors de son audition pour le film La Fureur de vivre, le réalisateur Nicholas Ray ayant travaillé le scénario dans le bungalow n°2, y consommant également secrètement sa liaison avec l'actrice Natalie Wood, alors âgée de 17 ans alors qu'il en a 43[1]. Les membres du groupe musical Led Zeppelin entrent à moto dans le hall de l'hôtel. Ils épatent les clients mais causèrent aussi quelques dégâts. En 2012, Lindsay Lohan est expulsée de l'hôtel pour une note non payée de 46 000 dollars[1].

Plusieurs accidents s'y sont aussi déroulé. En 1956, quand l'acteur Montgomery Clift est grièvement blessé dans un accident de voiture près de sa maison, Elizabeth Taylor l'emmène au château Marmont. Elle loue la penthouse, pour qu'il s'y rétablisse. Elle lui a sauvé la vie au moment de l'accident en lui ôtant deux de ses dents qui s'étaient coincées dans sa trachée. Jim Morrison, leader du groupe musical The Doors, s'y blesse au dos lors d'une acrobatie, immortalisée dans le film d'Oliver Stone. Son but était d'atteindre la fenêtre de sa chambre en sautant du toit de l'hôtel et en s'accrochant à un tuyau d'évacuation. Le photographe de mode Helmut Newton meurt, en janvier 2004, lorsque sa voiture percute un mur de l'allée d'accès de l'hôtel[1]. Robert De Niro a l'habitude de se retirer à l'hôtel, où il loue le penthouse. Il était présent avec Robin Williams lors de la mort de John Belushi, l'un des Blues Brothers, d'une overdose le 5 mars 1982 dans le bungalow no 3 situés dans les jardins de l'hôtel[1].

Dans la culture populaire[modifier | modifier le code]

  • En 1973, le premier album du chanteur Gram Parsons, GP, figure une photo de l'artiste dans le lobby de l'hôtel sur la pochette. Il y avait plusieurs fois répété[1].
  • En 1989, le Château Marmont est cité dans le roman Hollywood de Charles Bukowski.
  • En 1996, le clip California avec Mylène Farmer et Abel Ferrara y est tourné.
  • En 2002, Anthony Kiedis des Red Hot Chili Peppers enregistre la partie vocale de By The Way dans cet hôtel.
  • En juin 2009, Sofia Coppola, habituée des lieux, y tourne Somewhere[1].
  • En 2012, la chanteuse Avril Lavigne y tourne le clip de sa chanson Goodbye.
  • En 2012, la chanteuse Lana Del Rey y fait un concert privé. Les photos promotionnelles de son album Born To Die et la couverture de son EP Paradise se sont faites à l'hôtel ainsi que le clip Blue Jeans (et ses photos promotionnelles). Elle a aussi fait un photoshoot pour l'Uomo Vogue sur la terrasse de la chambre 64 de l'hôtel.

Sources[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a, b, c, d, e, f, g, h, i, j, k et l Clélia Cohen, « Hôtel California », Vanity Fair n°26, août 2015, pages 96-105 et 152-154.
  2. (en) www.preservation.lacity.org, n°151

Liens externes[modifier | modifier le code]