Abdelkader (émir)
| Abdelkader ibn Muhieddine Émir Abdelkader عبد القادر بن محي الدين | |
Portrait de l’émir Abdelkader peint lors de sa détention au château d'Amboise en 1852 | |
| Titre | |
|---|---|
| Émir d’Algérie | |
| – (15 ans et 26 jours) |
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| Élection | |
| Biographie | |
| Nom de naissance | Abdelkader ibn Muhieddine |
| Date de naissance | entre 1806 et 1808, peut-être le |
| Lieu de naissance | El Guettana, beylik de l'Ouest (régence d'Alger) |
| Date de décès | |
| Lieu de décès | Damas, vilayet de Syrie (Empire ottoman) |
| Sépulture | Damas puis cimetière d'El Alia à Alger |
| Nationalité | Algérien |
| Père | Muhieddine al-Hassani |
| Mère | Al Zahra bint al-Sheikh Sidi Boudouma |
| Fratrie | Mustapha ibn Muhieddine Ahmed ibn Muhieddine |
| Conjoint | Kheira bent Boutaleb
Lalla Khira |
| Enfants | 9 fils et 5 filles |
| Profession | Chef d’État et chef militaire |
| Religion | Islam sunnite malikite |
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| Émir d’Algérie | |
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| Abdelkader El-Djezairi عـبـد الـقـادر الـجـزائـري | |
| Grade | Émir |
|---|---|
| Années de service | 1832 – 1847 |
| Conflits | Conquête de l'Algérie par la France |
| Faits d'armes | Bataille de la Macta Bataille du Sig Bataille de Sidi-Brahim Bataille du Oued Aslaf Bataille d'Agueddin Bataille de la Sikkak Bataille de Mascara Bataille de l'Habrah Bataille d'Isly Bataille de Ammal |
| Distinctions | Grand-croix de la Légion d’honneur Grand-croix du Sauveur Grand-croix de l’ordre des Saints-Maurice-et-Lazare Grand-croix du Médjidié Grand-croix de l'Aigle noir Grand-croix de l’Aigle blanc Grand-croix de l’ordre de Pie IX |
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Abdelkader Ben Mahieddine (en arabe : عبد القادر بن محي الدين (ʿAbd al-Qādir ben Maḥyiddīn)), connu comme l'émir Abd el-Kader ou Abdelkader El Djezairi (Abdelkader l'Algérien), né entre 1806 et 1808, peut-être le , à El Guettana, près de Mascara, dans la régence d'Alger, et mort le à Damas, capitale du vilayet de Syrie, est un chef religieux et militaire algérien, qui lutte de 1831 à 1847 contre la conquête de l'Algérie par la France.
Savant musulman, il se retrouve de façon inattendue à mener une campagne militaire. Il constitue un groupement de populations de l'ouest algérien qui, pendant de nombreuses années, résiste avec succès à l'une des armées les plus puissantes d'Europe. Son respect pour ce qu'on appelle désormais les droits de l'homme a souvent été relevé, notamment par ses opposants chrétiens.
Après sa reddition en 1847, il est détenu pendant presque cinq ans en France avant d'être libéré par Louis-Napoléon Bonaparte et conduit à Bursa. Deux ans plus tard (1855), il s'installe à Damas. En 1860, son intervention pour arrêter le massacre de la communauté chrétienne de Damas lui vaut honneurs et récompenses d'une multitude de pays. C'est aussi à Damas qu'il rédige son ouvrage majeur, le Kitâb al-mawâqif (le « Livre des haltes »).
Nom
[modifier | modifier le code]Son nom complet est Abdelkader Ibn Mahieddine El-Hassani.
- « Abdelkader » — qui se translittère « `Abd al-Qādir » (« serviteur du Tout-Puissant ») — peut aussi s'écrire « Abd el-Kader », « Abd al-Kader », « Abdul Kader », « Abdel Kader », etc.
- « Ibn Mahieddine » signifie « fils de Mahieddine » (ou « Muhyî ed-Dîn »), le nom de son père.
- « El-Hassani » évoque sa descendance d'Al-Hassan ibn Ali, petit-fils de Mahomet, d'où sa qualité de chérif.
- Durant son exil syrien lui fut attribué le nom « El-Djazaïri » (« l'Algérien »), qui a été transmis à ses descendants, notamment Driss Djazaïri (1936-2020), un de ses arrière-petits-fils, qui fut ambassadeur d'Algérie aux États-Unis.
- Il est nommé émir (amîr al-Muminîn, « commandeur des croyants ») en 1932[1],[2].
Le choix du nom Abdelkader, fréquent dans l'arbre généalogique de l'émir, est un hommage à Abdelkader el-Jîlânî, le fondateur de la confrérie soufie Qadiriyya au XIe siècle à Bagdad, à laquelle appartient la famille d'Abdelkader. La notoriété de l'émir repose non seulement sur sa lignée chérifienne mais également sur une filiation revendiquée au fondateur de cette confrérie ; une généalogie alternative possédée par sa famille le fait en effet descendre directement d'el-Jîlânî[3].
Biographie
[modifier | modifier le code]Origines familiales
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(en rouge, la régence d’Alger)
Abdelkader naît en Algérie ottomane entre 1806 et 1808[Note 1] dans le hameau d'El Guettana (situé sur l'oued El-Hammam à une vingtaine de kilomètres à l'ouest de Mascara), d'une famille de l'aristocratie religieuse, maraboutique et chérifienne, c'est-à-dire descendante du prophète Mahomet par sa fille Fatima[4]. Selon les sources familiales, il tient cette dignité de par ses origines situées dans la Seguia el-Hamra, région d'où proviennent l'essentiel des familles de shurafâ. Cette parenté fait de lui un descendant de la dynastie des Idrissides, fondée par Idris Ier, arrière-petit-fils d'Al-Hassan ibn Ali[5]. La filiation chérifienne d'Abdelkader passe aussi par Mohammed ben Abd el Kaoui (XIIIe siècle), natif de Tagdemt en Algérie, chérif idrisside et émir des Beni Toudjine, qui vécut dans le nord marocain où il a contribué, avec sa famille, à la formation de la dynastie des Mérinides[6],[7].
Le père d'Abdelkader, Mahieddine al-Hassani, est le moqaddem (délégué d'un « cheikh tarîqa ») de la zaouïa Qadiriyya d'oued El-Hammam[3]. Ses connaissances en matière religieuse et sa droiture en font un intermédiaire entre le pouvoir du bey et la population[8]. Il est en bons termes avec le sultan du Maroc, Abderrahmane ben Hicham, qui ouvrira ses frontières dès 1830 aux populations de l'Ouest[9]. La mère d'Abdelkader, Lalla Zohra, lettrée et versée en religion, est la fille d'Omar Bendoukha, moqaddem d'une zaouïa de Hammam Bou Hadjar. Cette famille vit dans la plaine de Ghriss depuis qu'Abd el-Kadr ben Ahmed, figure érudite connue sous le nom de Sidi Kada, s'y est installé vers 1640 ; son mausolée demeure l'un des sites religieux les plus fréquentés de la région[10],[11]. Dès son plus jeune âge, Abdelkader est imprégné de récits sur ses ancêtres, dont la piété et la science constituent pour lui autant d'exemples édifiants[12].
Jeunesse
[modifier | modifier le code]Il grandit dans la zaouïa de son père qui, au début du XIXe siècle, est le centre d'une communauté florissante sur les bords du oued El-Hammam. Tout comme les centaines d'étudiants pris en charge par la zaouïa, il reçoit une éducation traditionnelle qui embrasse les principes et la pratique de l'islam, les règles de convenance (adab), l'exercice des vertus, la lecture et l'écriture, la grammaire, l'exégèse coranique (tafsir), le hadith et la jurisprudence (fiqh). Il est dit qu'il savait lire et écrire à l'âge de 5 ans. A 12 ans il reçoit l’autorisation de commenter le Coran et les hadiths. Il récite l'entièreté du Coran par cœur dès l'âge de 14 ans, recevant ainsi le titre de hafiz. Un an plus tard il se rend à Oran, siège de l’administration turque, pour poursuivre ses études[13]. Il rejoint l’école de renom du beylik de l'Ouest tenue par Ahmed ben Khodja el Mostaghanmi[8]. Bon orateur, il capte l'attention de ses pairs par ses poésies et ses diatribes religieuses[14].
À l'age de 15 ans, il revient à El Guettana pour épouser sa cousine Kheira bent Boutaleb. Son père le prépare ensuite au grand pèlerinage (hajj), mais le bey, méfiant, leur interdit de quitter son beylik. Abdelkader en profite, durant deux années, pour poursuivre ses études avec son cousin Mustapha ben Thami, fils du mufti d'Oran. Ce dernier, avec l'appui de Badra, la femme du bey, et de certains fonctionnaires, réussit finalement à infléchir la position du bey[8].
En 1825, Abdelkader part avec son père en pèlerinage à La Mecque, puis séjourne à Médine. Il se rend ensuite à Damas et à Bagdad, visite les tombes de musulmans notables, tels que Ibn Arabi et Abdelkader el-Jilani, appelé El-Djilali en Algérie. Cette expérience structure sa conscience religieuse. C'est à Bagdad qu’il répond à une question sur la valeur d'une généalogie honorable : « Ne demandez jamais quelle est l’origine d’un homme ; interrogez plutôt sa vie, son courage, ses qualités et vous saurez qui il est ». De retour à La Mecque un an après son premier séjour, il entreprend un second pèlerinage. Sur le chemin du retour, il est impressionné par les réformes menées par Méhémet Ali en Égypte. Il revient dans sa patrie en 1827[8].
Invasion française et résistance
[modifier | modifier le code]De 1830 à 1837
[modifier | modifier le code]Au début du XIXe siècle, la régence ottomane d'Alger est un pays affaibli. De nombreuses rébellions sont réprimées dans le sang. Les relations avec la France, qui repousse depuis une quarantaine d'années le remboursement d'une dette substantielle envers la régence, sont conflictuelles, et l'affaire du « coup d'éventail » (avril 1827) sert de prétexte au blocus du port d'Alger par la marine française. Il durera jusqu'en juin 1830, suivi de la prise d'Alger et de l'exil de Hussein Dey (10 juillet 1830), préludes à l'offensive colonisatrice[15],[16]. En France, la révolution des « Trois Glorieuses » (27-29 juillet 1830) met fin à la Restauration (Charles X), remplacée par la monarchie de Juillet (Louis-Philippe Ier)[17].
En , l'armée française prend Oran, capitale de la province de l'Ouest. En avril 1832, le père d'Abdelkader est chargé de mener une campagne de harcèlement contre les occupants. Mahieddine appelle au jihad, et son fils et lui participent aux premières attaques sous les murs de la ville, mais sans succès, ce qui détermine les chefs des différentes tribus de l'Oranie à s'unir[9].
Le , les tribus se réunissent à Khassibia, près de Mascara, pour élire un chef. À la suite du refus de son père d'occuper ce poste au motif qu'il est trop vieux (il mourra 7 mois plus tard), Abdelkader, âgé de 24 ans, est élu Amîr al-Muminîn (« commandeur des croyants »), donc chef de la résistance. Malgré la réticence de certaines tribus, le titre et la fonction sont confirmés cinq jours plus tard à la grande mosquée de Mascara, puis par le sultan du Maroc, dont Abdelkader prend soin de reconnaître la prééminence[18],[19].
Les tribus de l'Ouest répondent de manière contrastée à l'appel au jihad : le vide laissé par la prise d'Alger fait que certaines tribus makhzen et les Kouloughli lui demandent de reconnaître l'autorité des Turcs du Constantinois ; les Maures de Tlemcen, privés du Mechouar, où sont enfermés les Kouloughli, lui demandent de reconnaître l'autorité du sultan du Maroc, alors que les tribus makhzen Douair et Smala, commandées par Moustapha Ben Ismaïl, lui demandent de reconnaître leur convention passée avec la France. Abdelkader accepte toutes les propositions pour se donner le temps de constituer son État mais réprime rapidement les velléités de scission : dès son entrée dans Tlemcen (été 1833), il assaille les Maures, les Turcs et les Kouloughli et y assoit son autorité[20],[21].
En un an, grâce à une combinaison de raids punitifs contre les insoumis et de politique prudente, Abdelkader réussit à unir les tribus de la région et à rétablir la sécurité. Sa zone d'influence couvre désormais toute la province d'Oran et l'Armée d'Afrique le considère désormais comme son principal interlocuteur[22].

Le 26 février 1834, le général français Desmichels, commandant de l'Ouest algérien, propose à Abdelkader, qui accepte, un traité de paix qui reconnaît sa souveraineté sur les territoires de l'Ouest à l'exception des villes portuaires d'Oran, Mostaganem et Arzew, qui appelle à la bonne entente entre Français et indigènes et au respect des religions, qui ordonne l'échange immédiat de tous les prisonniers, etc. Pour les Français, cela permet d'établir la paix avec les tribus occidentales, tout en confinant Abdelkader dans les limites de ce territoire. Son statut de co-signataire contribue beaucoup à son prestige aux yeux de la population et même des Français[22].
S'appuyant sur ce traité, Abdelkader soumet les tribus du Chelif, de Miliana et de Médéa[14]. Au fil des mois, l'opinion et la classe politique françaises s'élèvent de plus en plus contre la teneur du traité, qu'elles jugent trop favorables à l'émir. Et lorsqu'une année après sa signature, un appendice secret au traité est découvert et considéré encore plus avantageux pour Abdelkader, le général Desmischels est rappelé en France et remplacé par le général Trézel (). Celui-ci décide d'appuyer les tribus hostiles à Abdelkader et c'est ainsi qu'en les forces françaises prêtent main forte aux tribus des Douair et des Smela, qui se sentent menacées par les alliés de l'émir. L'affrontement, qui a lieu dans les marais de la Macta, voit la victoire d'Abdelkader et des siens. La France réagit en intensifiant les hostilités, et sous de nouveaux commandants elle remporte plusieurs batailles (Mascara en décembre 1935, Tlemcen en janvier 1936)[23].
Au printemps 1936, de nouveaux contingents viennent renforcer l'Armée d'Afrique avec, à leur tête, le général Bugeaud. La première confrontation entre les deux armées a lieu en juillet 1936 sur les bords de la Sikkak ; elle se solde par une nette victoire française. Mis à rude épreuve par cette succession d'échecs, Abdelkader souhaite entamer des pourparlers avec Bugeaud qui, lui-même, se voit « autorisé à utiliser tous les moyens qu'il aura pour amener Abd el-Kader à faire des ouvertures de paix. »[24]. Le traité de la Tafna est signé le [Note 2]. Ce traité, tout en assurant davantage la domination d'Abdelkader sur les parties intérieures de l'Algérie, confirme la souveraineté de la France sur le pays. Tout en étant soumis à la France, Abdelkader prend ainsi le contrôle de la province d'Oran et étend son influence à la province voisine de Titteri et au-delà jusqu'aux limites de Constantine[25].
Autant sa stratégie guerrière que les traités de paix feront sa renommée, et ses titres d'amîr al-Muminîn et de sultan — malgré lui — seront confirmés par les traités qui en feront un souverain incontesté d'une grande partie de l'Algérie, sans même devoir verser de tribut aux Français[20]. Dans sa correspondance avec le sultan du Maroc, il n'utilise que le titre d'émir pour ne pas contrarier le monarque, qui le soutient[26].
Alliés et ennemis de l'époque, tous relèvent l'érudition philosophique et théologique d'Abdelkader, qui ne se sépare jamais de sa bibliothèque[27]. Il est connu pour son esprit chevaleresque. Il fait preuve de leadership politique et militaire et agit comme un administrateur compétent et un orateur persuasif. Sa foi fervente dans les doctrines de l'islam est incontestée[28].
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Infanterie régulière d'Abdelkader -
Cavaliers rouges d'Abdelkader -
Réguliers d'Abdelkader (1852-58)
Nouvel État
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La période de paix qui suit le traité de la Tafna profite aux deux parties et l'émir Abdelkader en tire parti pour consolider un nouvel État fonctionnel, avec pour capitale Tagdemt. Son pouvoir politique est subordonné à son autorité spirituelle ; il refuse à plusieurs reprises le titre de sultan[29]. L'État qu'il crée est largement théocratique : la plupart des postes d'autorité sont occupés par des membres de l'aristocratie religieuse et le système juridique et administratif qu'il institue s'inspire fortement de la loi coranique[30]. Il fait battre sa propre monnaie, le muhammadiyya (dit « boudjou d'Abdelkader »), en référence au prophète de l'islam[31]

En 1838 il étend son territoire vers le Sahara et Tijini. Il se déplace ensuite vers l'est jusqu'à la vallée du Chelif et du Titteri mais le bey de Constantine, Hadj Ahmed, lui oppose résistance[32]. À la fin de la même année, son état s'étend à l'est jusqu'à la Kabylie et Biskra, et à l'ouest jusqu'à la frontière marocaine[14]. Il continue à se battre à Tijini et, après un siège de six mois, s'empare de sa capitale Aïn Madhi, fief de la tariqa Tijaniyya[33].
Pour construire son nouvel État, Abdelkader s’entoure des meilleurs talents, quelles que soient leurs nationalités ou leurs religions ; Juifs et chrétiens sont parties prenantes à la construction de sa nation ; le diplomate français Léon Roches deviendra son secrétaire et traducteur[14],[Note 3]. Sur le plan militaire, il compte sur une troupe permanente de 2 000 hommes soutenue par des volontaires des tribus locales. Il érige dans plusieurs villes des arsenaux, des entrepôts et des ateliers où il stocke des objets qu'il fait vendre dans le but de s'approvisionner en armes en provenance de l'Angleterre. Modèle de vie frugale (il vit dans une tente), il enseigne à son peuple les bienfaits de l'austérité et développe des concepts tels que la nationalité et l'indépendance[14].
Fin de la nation
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La paix prend fin lorsque le duc d'Orléans, héritier du trône, ignorant les termes du traité de la Tafna, dirige une force expéditionnaire qui franchit les Portes de Fer et s'engage dans un territoire sous administration de l'émir. En conséquence, le , Abdelkader attaque les Français alors qu'ils colonisent les plaines de la Mitidja et les met en déroute. En réponse, les Français lui déclarent officiellement la guerre le [34]. Les combats s'embourbent jusqu'à ce que le général Thomas Robert Bugeaud retourne en Algérie, cette fois en tant que gouverneur général, en . Abdelkader est, dans un premier temps, encouragé en entendant que Bugeaud, le promoteur du Traité de la Tafna, revient. Mais cette fois, la tactique de Bugeaud est radicalement différente ; son approche est celle de la politique de la terre brûlée, avec la conquête de l'Algérie comme finalité[14]. Cette même année, l'émir perd ses principales villes: Boughar, Thaza, Tagdempt et Mascara[35].
En 1842, il perd le contrôle de Tlemcen et ses lignes de communication avec le Maroc se resserrent. En son absence, sa capitale ambulante — sa smalah, composée de plusieurs milliers de tentes abritant des dizaines de milliers d’habitants — est découverte par hasard le 16 mai 1843 à Taguin et dévastée par les troupes du duc d'Aumale, un des fils du roi Louis-Philippe[36]. Il se replie alors avec ses troupes au Maroc, gouverné par le sultan Abderrahmane, qui soutient l'émir dans son combat contre l'occupant. Courroucés notamment par l'appui marocain à l'émir, les Français bombardent Tanger, puis Mogador, et battent les Marocains à la bataille d'Isly, obligeant Abderrahmane à bannir l'émir de son territoire[37].

Abdelkader quitte le Maroc et continue le combat contre les Français. En il prend Sidi Brahim à la bataille éponyme. En 1846, il opère une jonction avec les Kabyles, pour être finalement repoussé près de la frontière marocaine[35].
Capitulation
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peinture d'Augustin Regis.

Affaiblies et harcelées sans répit par le maréchal Bugeaud, plusieurs tribus se rendent aux autorités françaises, suivies par une partie des compagnons d'arme de l'émir, ainsi que son propre frère, qui jugent la situation intenable. Abdelkader, n'entrevoyant aucune autre issue, décide le de se rendre au général Louis de Lamoricière en échange d'un sauf-conduit pour Alexandrie ou Acre[38]. Sa demande est acceptée et, deux jours plus tard, sa reddition et sa contrepartie sont officialisées par le gouverneur général Henri d'Orléans, duc d'Aumale, auquel Abdelkader remet symboliquement son cheval de bataille[39]. Son biographe anglais écrira quelques années plus tard : « Sa carrière venait de prendre fin. Jusque-là, sa vie avait été consacrée à Dieu et à sa patrie. Elle ne devait, désormais, être consacrée qu’à Dieu »[40].
Emprisonnement et exil
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Paris refuse d'honorer la promesse du général de Lamoricière et du duc d'Aumale : le bateau qui transporte Abdelkader et ses proches — presque une centaine — met le cap sur Toulon. Les Algériens sont détenus quatre mois au fort Lamalgue, puis six mois au château de Pau, avant d'être transférés au château d'Amboise en [35].
L'enfermement et aussi l'humidité du château conduisent à la détérioration de la santé et du moral de l'émir et de ses proches. Sa vie devient une cause célèbre dans certains cercles littéraires. Plusieurs personnalités, dont Émile de Girardin et Victor Hugo, demandent au gouvernement plus de précisions sur la situation de l'émir. Le futur Premier ministre, Émile Ollivier, mène une campagne d'opinion publique pour sensibiliser la population à son sort. Une pression internationale se fait jour. George Vane-Tempest, 5e marquis de Londonderry, rend visite à Abdelkader à Amboise et écrit au président de l'époque, Louis Napoléon Bonaparte, qu'il a connu lors de son exil en Angleterre, pour solliciter la libération de l'émir[41].

peinture d'Ange Tissier, 1861.
Louis-Napoléon Bonaparte, le premier président de la Seconde République française, est arrivé au pouvoir à la suite de la révolution de 1848 alors qu'Abdelkader était déjà emprisonné. Il tient à rompre avec plusieurs décrets politiques du régime précédent et la cause de l'émir en fait partie[42]. Finalement, le , l'émir et les siens sont libérés par le prince-président. Il reçoit une pension annuelle de 100 000 francs et prête serment de ne plus jamais fomenter de troubles en Algérie. Quelques semaines plus tard, Louis-Napoléon est proclamé empereur sous le nom de Napoléon III[43]. Après sa libération, Abdelkader reste deux mois en France, visite régulièrement Paris, où il est présenté à de nombreuses personnalités. Il est alors transporté, avec sa suite, à Bursa, aujourd'hui en Turquie[44].

Au début de 1855, un tremblement de terre ravage Bursa. Avec l'autorisation de Napoléon III, l'émir et les siens s'installent à Damas, dans le district d'Amara. En septembre de la même année, il retourne à Paris, visite l'Exposition universelle et remet au président de la Société asiatique le manuscrit de son Rappel à l’intelligent, avis à l’indifférent dans lequel il déclare que « les habitants de la France sont devenus un modèle pour tous les hommes dans le domaine des sciences et du savoir »[44]. Ce manuscrit sera traduit en français et publié en 1858, puis retraduit en 1977 sous le titre de Lettre aux Français. Il écrit aussi un article sur le cheval barbe, dans lequel il traite également de l'origine des Berbères[45].
Émeutes anti-chrétiennes de 1860
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En , le conflit entre les Druzes et les maronites du mont Liban s'étend à Damas. Abdelkader prévient le consul de France que la violence est imminente. Les Druzes locaux et un groupe de musulmans attaquent le quartier chrétien, tuant des milliers d'habitants (selon les sources, entre 3000 et 15000). Abdelkader et une quarantaine d'Algériens vont au devant des survivants pour les presser à se réfugier dans leur quartier et leurs maisons, sauvant ainsi des milliers de chrétiens[46]. Un médecin français témoigne :
« ... nous demeurâmes consternés, tous bien convaincus que notre dernière heure avait sonné. […] Dans cette attente de la mort, dans ces moments d'angoisse indescriptibles, le ciel nous envoya pourtant un sauveur ! Abd el-Kader paru, entouré de ses Algériens, au nombre d'une quarantaine. Il était à cheval et sans armes : sa belle figure calme et imposante offrait un étrange contraste avec le bruit et le désordre qui régnaient de toutes parts. »

Les rapports publiés en Syrie, alors que les émeutes se sont calmées, soulignent le rôle prééminent d'Abdelkader, suivi d'une reconnaissance internationale considérable. Le gouvernement français augmente sa pension à 150 000 francs et lui confère la grand-croix de la légion d'honneur[48]. Il reçoit également la grand-croix du Sauveur du royaume de Grèce, la grand-croix de l’ordre des Saints-Maurice-et-Lazare du royaume d'Italie, la grand-croix du Médjidié de l’Empire ottoman, la grand-croix de l'Aigle noir de la Prusse, la grand-croix de l’Aigle blanc de la Russie impériale et la grand-croix de l’ordre de Pie IX du Vatican[49]. Abraham Lincoln lui envoie une paire de revolvers incrustés (maintenant exposés dans le musée d'Alger) et la Grande-Bretagne, un fusil de chasse incrusté d'or.
En France, l'épisode représente l'aboutissement d'un revirement remarquable : être considéré comme un ennemi de la France durant la première moitié du XIXe siècle et devenir un « ami de la France » après être intervenu en faveur des chrétiens persécutés[50],[51],[52],[53]
Dernières décennies
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Lorsqu'il n'a pas d'autres engagements, la journée d'Abdelkader est vouée à sa vocation religieuse et spirituelle. Selon son biographe anglais, Ch. H. Churchill, qui l'a bien connu à Brousse et à Damas, l'émir se lève deux heures avant le lever du soleil pour méditer et prier chez lui et à la mosquée, déjeune, puis travaille dans son bureau jusqu'à midi. Il rejoint ensuite la mosquée pour la prière de la mi-journée (dhuhr), suivie de trois heures d'enseignement religieux à son groupe d'élèves. Après la prière de l'après-midi (asr), il rentre au foyer et passe une bonne heure avec ses huit fils. Il dîne puis retourne à la mosquée pour les deux dernières prières de la journée, entre lesquelles il enseigne à nouveau. Il passe ensuite environ deux heures dans son bureau, puis se couche[54].
En janvier 1863, Abdelkader quitte Damas pour le Hedjaz. Il accomplit le pèlerinage à La Mecque, passe trois mois à Taïf et retourne à La Mecque où il se rattache au cheikh darqawi Muhammad al Fâsî al-Shâdhilî. Il y reste huit mois puis séjourne trois mois à Médine, avant de rentrer à Damas[55].
Le 18 juin 1864, Abdelkader est initié à la franc-maçonnerie par la loge « Les pyramides d'Égypte » d'Alexandrie, par délégation de la loge parisienne « Henri IV »[56],[57],[58]. Ses premiers rapports avec la franc-maçonnerie datent de septembre 1860, après le sauvetage des Chrétiens de Damas, lorsqu'il est contacté par des maçons de la loge « Henri IV », affiliée au Grand Orient de France. Intéressé à tisser des liens humanitaires, l'émir juge favorablement les principes et les idéaux du GOF : l’existence de Dieu (« Grand Architecte de l'Univers »), l’immortalité de l’âme, l’amour de l’humanité, la pratique de la tolérance et la fraternité universelle. Mais déjà un an après son initiation — qui sera confirmée dans la loge « Henri IV » à Paris en 1865 —, il observe chez ses « frères » maçons un effritement progressif de la croyance en l'existence de Dieu et en l'immortalité de l'âme. Ne pouvant accepter cette relativisation de ce qui pour lui est immuable, il quitte la franc-maçonnerie[Note 4],[59].

Étienne Carjat en 1865
En 1865, il se rend à Constantinople, Londres et Paris[60]. En 1867, à l’occasion de l’Exposition universelle, il retourne à Paris, invité par Napoléon III[61].
Il est invité à l'inauguration du canal de Suez le du fait de ses liens avec le vice-roi d'Égypte, Ismaïl Pacha, et avec Ferdinand de Lesseps, le promoteur et directeur du percement du canal, dont il avait été l'un des soutiens les plus actifs[62],[63]. Cette même année il rencontre, toujours en Égypte, l'Imam Chamil, dont le parcours de vie — dans le Caucase du nord convoité puis annexé par les Russes — converge avec celui de l'émir (soufi, élection à la tête du jihad, reddition après des années de lutte, détention en Russie)[64].
En 1871, lors de la révolte de Mokrani en Algérie, il renie un de ses fils qui a tenté de soulever les tribus autour de Constantine[14].
Abdelkader meurt à Damas le . Après avoir reçu les honneurs militaires, en présence de ses « frères en Dieu », des autorités de la ville, des représentants consulaires et d'une foule innombrable, il est inhumé, selon sa demande, dans le mausolée d'Ibn Arabi, dont il incarne l'enseignement six siècles plus tard[65]. Cette filiation spirituelle entre Ibn Arabi et Abdelkader se révèle tant dans les commentaires consignés par ses auditeurs damascènes, que dans ceux écrits de sa propre main, et qui forment le volumineux Kitâb al-mawâqif, le « Livre des haltes », ouvrage majeur de l'émir, qui témoigne de sa science spirituelle[66],[Note 5]
En 1965, afin de cimenter la cohésion nationale, les autorités algériennes demandent aux descendants de l'émir l'autorisation de rapatrier ses restes. La famille accepte à la condition que l'arrière-petit-fils de l'émir, Abder Razak Abdelkader, détenu par le gouvernement algérien, soit libéré. À la suite de sa libération et de son expulsion vers la France, les restes de l'émir sont transférés de Damas au cimetière d'El Alia dans la banlieue d'Alger[67].
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Frères d'Abdelkader dans les années 1850 -
L'Empire ottoman en 1875 sous le sultanat d'Abdulaziz -
Les restes de l'émir, transférés de Damas, arrivent le 4 juillet 1966 à Alger
Héritage et image
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Dès le début de sa carrière, Abdelkader inspire de l'admiration, non seulement de l'intérieur de l'Algérie, mais aussi des Européens, tout en combattant contre les forces françaises. La « généreuse préoccupation, la tendre sympathie » qu'il montre à ses prisonniers de guerre est « presque sans parallèle dans les annales de la guerre »[68], et il prend soin de respecter la religion privée des captifs. En 1843, le maréchal Soult déclare qu'Abdelkader est l'un des trois grands hommes vivants sur terre ; les deux autres, l'Imam Shamil et Méhémet Ali d'Égypte, sont aussi musulmans[69]. Il est respecté comme l'un des plus grands de son peuple[14].
Abd el-Kader fait l’objet d’une véritable construction mythologique au cours du XIXe siècle, en particulier en France. Celle-ci s’observe dans les représentations des artistes au cours de ce siècle. Même si les significations attribuées à Abd el-Kader évoluent en fonction de l’époque, il est le seul chef indigène ainsi valorisé[70].
Iconographie et représentations
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À partir de 1843, les représentations et descriptions d'Abd el-Kader sont moins fantaisistes et insistent sur la noblesse du personnage, dont les valeurs (distinction, sobriété, piété…) participent à la mise en place d'un portrait valorisant qui s’inscrit dans la tradition ancienne de reconnaître un caractère chevaleresque à l’adversaire oriental[70]. Ainsi, Abd el-Kader est déjà une « légende » lors de sa reddition en 1847. Les représentations de l'épisode louent donc conjointement la victoire de la France et la dignité du vaincu. À la fin de la monarchie de Juillet, l’émir possède une grande renommée et une « extrême popularité »[70].
Popularité qui se conservera après la chute de la monarchie. Lorsque le prince président le libère en 1852 lors de sa rencontre à St Cloud, il est « l’idole de Paris »[70]. C’est à ce contexte qu’appartiennent le tableau Napoléon, prince-président, recevant l'émir Abd-el-Kader au palais de Saint-Cloud de Gide[71] et le relief L’empereur reçoit Abd el-Kader au palais de Saint Cloud de Carpeaux, inspiré de la Mort du Général Marceau par Lemaire[72]. Cette œuvre a pour but de montrer qu’à la différence de la monarchie qui emprisonne, Napoléon III libère. L’œuvre rappelle Les Pestiférés de Jaffa et l’attitude des personnages inscrit cette scène dans la tradition du roi thaumaturge[73].
L’épisode de la protection des chrétiens de Damas renforce son image[74],[75] et il est présenté comme un parallèle de Napoléon, deux empereurs vaincus. Son image a une dimension religieuse à l'époque. Si sa renommée baisse à la fin du XIXe siècle, la IIIe République reprendra ce symbole en l’incluant dans un discours colonial, faisant de sa personne un « chantre du patriotisme français »[70]. Comparé à Jugurtha ou Vercingétorix, Il se présenta ainsi comme l’ennemi héroïque vaincu mais justifiant et acceptant la conquête française[75].
Dans l’Algérie post-coloniale, Abdelkader va aussi connaître une réutilisation de son image. Alors qu'il est absent des premiers discours des Algériens luttant contre la colonisation (son lien avec la France l’ayant discrédité), il devient une figure nationale à partir de 1964 et sert à justifier l’abandon du système des tribus au bénéfice d’une unité centrale[75]. François Pouillon remarque que dans un ouvrage publié en 1974 par le ministère de l’Information et de la Culture, aucune photographie n’est reproduite. Cela permet de ne conserver que l’image du résistant en omettant la possibilité de connivence avec la France. En effet, les photographies le montrent généralement portant sa Légion d’Honneur, ce qui ne correspond pas à la lecture nationaliste. De même, son appartenance au soufisme était cachée[76],[77].
Portrait
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Musée Condé, Chantilly.
Dès les années 1836-1837, des représentations d’Abd el-Kader apparaissent dans des éditions françaises qui sont majoritairement fantaisistes, donnant un aspect rude au personnage. À partir de 1843, un souci d’exactitude dans la représentation apparaît[70].
Une médaille à l'effigie d'Abdelkader est gravée par Antoine Bovy en 1862. L'effigie du droit est inspirée du portrait peint par Ange Tissier en 1852. Elle porte l'inscription suivante au pourtour :
« Émir de l'Afrique du Nord. Défenseur de la nationalité Arabe. Protecteur des chrétiens opprimés * 1862 »
et dans le champ :
« Jugurtha moderne / Il a tenu en échec / L'une des plus puissantes nations / De la Terre / Pendant 14 ans son histoire / Est celle de nos revers et de nos succès / En Afrique / Il fait sa soumission le 23 décembre 1847 / Un décret magnanime de Napoléon III / Lui rend la liberté le 2 décembre 1852 / En 1860 il s'acquitte envers l'Empereur / En devenant la providence / Des chrétiens de Syrie / La France / Qu'il a combattue / L'aime et l'admire »
.
Un exemplaire de cette médaille est conservé au musée Carnavalet (ND 0144)[78].
Au Mexique, une statue de l'émir Abdelkader est réalisée par l'architecte Luis Aguilar en [79].
Un buste d'Abdelkader est inauguré au siège de la Croix-Rouge, à Genève, en 2013[80].
Noms de lieux ou d'institutions
[modifier | modifier le code]En Algérie, le nom de l'émir Abdelkader est donné à une commune de la wilaya de Aïn Témouchent, et une dans la wilaya de Jijel, une université de Constantine (l'université des sciences islamiques Émir Abdelkader), la mosquée Émir Abdelkader, sa zaouïa, à El Guettana, dans la ville de Mascara, deux places portent le nom Émir-Abdelkader, et à Alger, la place de l'Émir-Abdelkader.
Au Maroc, à la gare de Meknès-Amir Abdelkader, à Meknès ainsi qu'à une rue de Casablanca et une avenue de Rabat.
En Tunisie, une rue Abdel Kader porte son nom à Sfax.

En France, une loge de la Grande Loge de France porte le titre distinctif « L'Émir Abd El Kader »[81],[82], un paquebot de la Compagnie générale transatlantique, ainsi qu'à Paris, une place de l'Émir-Abdelkader (5e arrondissement)[58], aussi à Lyon (7e arrondissement), à Toulon, et à Amboise. Dans cette même ville, une sculpture de l'artiste Michel Audiard, le représentant, est inaugurée en février 2022[83].
La ville d'Elkader dans l'Iowa aux États-Unis porte le nom d'Abdelkader. Les fondateurs de la ville Timothy Davis, John Thompson et Chester Sage ont été impressionnés par son combat contre le pouvoir colonial français, et ont décidé de choisir son nom, pour le nom de leur nouvelle colonie en 1846[84].
Mémoire
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L'émir est considéré par le FLN depuis 1962, comme le fondateur de l’État algérien moderne[85].
Une « Maison de l’émir » sera construite à Alger[86].
Un film : À la recherche de l'Émir Abd El-Kader est réalisé par Mohamed Latreche, en 2004[87].
En 2013, le cinéaste américain Oliver Stone annonce la production prochaine d'un film biographique intitulé The Emir Abd el-Kader, qui serait réalisé par Charles Burnett[88], cependant, le projet de réalisation est gelé en 2017[89]
La bourse « Abdelkader » est une bourse post-doctorale de l'Institut des hautes études en culture de l'Université de Virginie[90].
L’Algérie demande à la France de restituer un sabre, un burnous et d’autres « biens symboliques » de l’émir conservés au château d’Amboise où il a été prisonnier. Cette restitution est présentée par l'Algérie comme une des conditions de la visite en France du président Abdelmadjid Tebboune[91].
Descendance
[modifier | modifier le code]Au début du XXe siècle, les fils d'Abdelkader exilés en Syrie étaient au nombre de neuf, les filles de cinq, mariées à des cousins. Son fils Hachem rentre en Algérie en 1892 et meurt à Bou Saâda en 1900, laissant deux fils dont l’un, Khaled, qui jouera un rôle politique important en Algérie[92].
Des huit autres fils de l'émir, deux seulement demeurent sujets français, dont Omar Abdelkader ben Abdelmalek El-Djazairi qui sera pendu par les Turcs à Damas le 6 mai 1916, officiellement pour trahison envers l’islam de la Sublime Porte (en fait, il avait combattu la colonisation ottomane au Levant)[35]. Les autres fils prirent la nationalité turque. L’aîné Mohamed et son frère Mahieddine deviennent des sénateurs de l’Empire ottoman[92].
Son autre fils, Abdelmalek, a eu une carrière mouvementée ; il intègre l’armée ottomane, puis gagne Tanger en 1902. Il rejoint la rébellion de Bouamama en Algérie puis il devient inspecteur général de la police chérifienne à Tanger. Avant de rejoindre, en 1915, Raissouli, le chef rebelle, dans le Rif, au milieu des populations hostiles à la France[92].
Le sixième fils d’Abdelkader, Abdallah, est arrêté en 1909 pour complot contre la Constitution ; il échappe à la pendaison grâce à l’intervention de l’ambassade de France et retourne à Damas[92].
L'émir Ali, chef du clan ottoman de la famille est le seul à avoir eu un rôle politique de quelque importance en Syrie ; son influence est considérable à Damas et dans toute la Syrie. Il a épousé la sœur d'Ahmed Izzet Pacha. Il parvient à se rapprocher du gouvernement des Jeunes Turcs et devient Président du comité « Union et Progrès » de Damas. Quand les Italiens en 1911 entreprennent la conquête de la Tripolitaine, la Sublime Porte charge Ali Pacha d’organiser la résistance des tribus arabes. Ensuite, il devient député de Damas en 1913[92]. Son fils Saïd alimente une campagne de presse dans le Raî el Aâm et le Mouhadjir contre la politique française en Afrique du Nord[92].
Après sa mort, ses descendants continuent de percevoir une pension du gouvernement français. En 1979, la Cour des comptes relève que ses descendants perçoivent encore cette rente (1,3 million de francs par an), qui a été supprimée depuis[93].
L'émir Khaled commence par une carrière de soldat dans l'armée française, puis entame une carrière politique et milite activement pour l'indépendance de son pays. L'émir Khaled est considéré comme le premier fondateur du nationalisme algérien[94].
Un des descendants d'Abdelkader est par ailleurs confronté à Lawrence d'Arabie au cours de la révolte arabe de 1916-1918[95].
Son petit-fils Muhammad Saïd al-Jazaïri sera gouverneur de Damas pendant la période de transition entre l'armée ottomane et l'entrée des forces arabes à la fin de la Première Guerre mondiale en 1918, chef de gouvernement avant l'entrée des forces britanniques à Damas, et l'un des fondateurs du bloc national contre le mandat français[96]. En Palestine, il vend au double de leur prix de nombreuses propriétés au Fonds national juif[67].
Un de ses arrière-petits fils, Abderrazak Abdelkader (1914-1998), fils de Muhammad Saïd al-Jazaïri, un marxiste anti-nazi et résistant des FFL pendant la guerre, apporte son aide au Palmach en 1948, puis milite au FLN et au PC, et prenant fait et cause pour le sionisme perçu comme un socialisme démocratique porteur de germes de libération, et considérant que les Juifs sont un peuple qui a droit à un pays, il publie deux essais notables sur ce thème chez Maspero ; il épouse une juive israélienne, devient citoyen israélien en 1994[97] et sera enterré au kibboutz d’Afakim en Israël[98],[99],[100]. Ses frères ont fait Saint-Cyr et sont devenus officiers supérieurs dans l’Armée française ; l'un d’eux est tué en Indochine[67].
Œuvre écrite
[modifier | modifier le code]Éditions en arabe
[modifier | modifier le code]- Dhikrâ el-âqiI, Alger, Rahma.
- El-miqrâdh el-hadd, Alger, Rahma[101].
- El-Sayra el-dhâtiyya (autobiographie), Alger, Dar-al-Umma.
- Kitâb el-mawâqif (méditations mystiques), Damas et Alger, ENAG, 1996, 3 volumes.
- Chiʻr al-Chaykh al-Ḥādj ʻAbd al-Qādir wa ḥukm charʻī li-al-ʻAskar al-Muḥammadī, textes publiés par le capitaine Boissonnet, Paris/Alger, Hashit, 1848 (poèmes et textes d'Abdelkader, en arabe ; introduction en français[102]).
La correspondance d'Abdelkader n'a pas été éditée, selon El Mouradia.
Traductions en français
[modifier | modifier le code]- Le livre d'Abd-el-Kader intitulé : Rappel à l'intelligent, avis à l'indifférent : Considérations philosophiques, religieuses, historiques, etc. : traduites avec l’autorisation de l’auteur sur le manuscrit original de la Bibliothèque impériale (trad. Gustave Dugat), Paris, Librairie de l'Institut, (lire en ligne)
- Lettre aux Français (nouvelle traduction, avec changement de titre, de Rappel à l'intelligent, avis à l'indifférent) (introduction et traduction René R. Khawam, avant-propos Antoine Sfeir), Paris, Phébus, coll. « Libretto », (1re éd. 1977), 212 p. (ISBN 978-2-7529-0302-0)
- Écrits spirituels (présentation et traduction Michel Chodkiewicz), Seuil, (ISBN 2-02-006053-1, présentation en ligne) — Trente-neuf textes extraits du Livre des Haltes, le quarantième est un poème[103].
- Poèmes métaphysiques (trad. Charles-André Gilis), Éd. de l'Œuvre, coll. « Sagesse islamique », (ISBN 2-904011-04-8)
- L'émir Abdelkader : autobiographie écrite en prison (France) en 1849 (trad. Hacène Benmansour), Paris, Dialogues, , 180 p. (ISBN 2-911061-01-2) — traduction et fac similé de l’introduction et des chapitres 1 et 4 du manuscrit de Jacques Chevallier.
- Le Livre des haltes [Kitâb el-mawâqif] (présenté, traduit et annoté par Michel Lagarde), Brill, 2000-2002, 656 p., 3 vol. (ISBN 978-90-04-11568-2, lire en ligne) — vol. I DOI 10.1163/9789004453029, vol. II DOI 10.1163/9789004453227, vol. III DOI 10.1163/9789004453555. Les dix-neuf poèmes introductifs ne sont pas inclus dans cette traduction (voir la trad. de Gilis, 1983).
- Le Livre des haltes [Kitâb el-mawâqif] (trad. Abd Allāh Penot, préf. Bruno Étienne, glossaires et notices de Jean Annestay), Entrelacs, coll. « Hikma », (1re éd. 2008) (ISBN 979-10-90174-56-6) — 2008, Dervy (ISBN 978-2-84454-543-5); 1re éd. 1996, Alif (ISBN 2-908087-10-3) trad. sous le pseudonyme de Khûrshîd.
Décorations
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Grand-croix de la Légion d’honneur (Empire français)
Grand-croix du Sauveur (royaume de Grèce)
Grand-croix de l’ordre des Saints-Maurice-et-Lazare (royaume d'Italie)
Grand-croix du Médjidié (Empire ottoman)
Grand-croix de l'Aigle noir (Prusse)
Grand-croix de l’Aigle blanc (Russie impériale)
Grand-croix de l’ordre de Pie IX (Vatican)
Notes et références
[modifier | modifier le code]Notes
[modifier | modifier le code]- ↑ Les premières sources arabes notent sa naissance comme ayant eu lieu entre 1806 et 1808. Ses deux fils indiquent le 26 septembre 1807. La majorité des sources modernes donnent le 6 septembre 1808. Bouyerdene (2008, p. 233, note 25) souligne que « toutes les dates se basent sur une tradition orale approximative et sont donc sujettes à caution ».
- ↑ « Le traité de la Tafna s'accompagne d'un accord secret, comportant des concessions que Bugeaud n'avait pas pouvoir d'accorder. Tout le monde est trompé : la France, que le général a engagée au-delà des instructions reçues, mais surtout l'émir, qu'une rédaction ambiguë a induit en erreur sur les véritables intentions d'un adversaire qu'il croyait digne de foi. Les seuls intérêts bien défendus dans cette affaire sont ceux de Bugeaud lui-même. Toute honte bue, le général a obtenu de l'émir une commission de cent quatre-vingt mille francs « pour assurer l'entretien des chemins vicinaux dans sa circonscription » — il est aussi député de la Dordogne — et consentir quelques largesses à ses officiers. Finalement, il rendra cet argent, l'étrange marché ayant fait du bruit. » Michel Chodkiewicz, Introduction dans Abd el-Kader, Écrits spirituels, Le Seuil (Points Sagesses), 1982, p. 16.
- ↑ « Feignant de se convertir à l'Islam, Léon Roches devient l'un des proches de l'émir et sert en sous-main les intérêts français jusqu'au jour où, sa trahison avérée, il s'enfuit après une scène au cours de laquelle Abd el-Kader manifeste plus de tristesse et de mépris que de colère. Sur bien des points, les Mémoires de Roches (Trente-deux ans à travers l’Islam) sont loin d'être aussi dignes de foi qu'on le pensait jadis. Mais, confirmées d'ailleurs par de multiples témoignages, les notations sur la personne de l'émir, son caractère, son mode de vie méritent créance. […] Tout en affichant sa bonne conscience de patriote français, Roches — dont la France fera, après une longue carrière algérienne, un ministre plénipotentiaire au Japon — laisse percer dans ses Mémoires un remords qui le conduira à correspondre, bien des années plus tard, avec l'émir, et à tenter — sans succès — de le revoir. » Michel Chodkiewicz, Introduction dans Abd el-Kader, Écrits spirituels, Le Seuil (Points Sagesses), 1982, p. 16-17, 182.
- ↑ En 1877, le Grand Orient supprimera officiellement l'obligation de se référer à l'existence de Dieu et à l'immortalité de l'âme.
- ↑ « Il [Ibn `Arabî] est notre trésor d'où nous puisons ce que nous écrivons, le tirant soit de sa forme spirituelle (min ruhâniyyatihi), soit de ce qu'il a lui-même écrit dans ses ouvrages. » `Abd al-Qâdir al-Jazâ'irî, Kitâb al-mawâqif, 2e éd., Damas, 1966-1967, p. 1337.
Références
[modifier | modifier le code]- ↑ Ahmed Bouyerdene, Abd el-Kader : L'harmonie des contraires, Le Seuil, , p. 24-25, 232.
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- Ahmed Bouyerdene, Abd el-Kader : L'harmonie des contraires, Le Seuil, , p. 27.
- ↑ « Abdelkader Boutaleb, L'émir Abd-el-Kader et la formation de la nation algérienne - Recherche Google », sur www.google.com (consulté le ).
- ↑ Ahmed Bouyerdene, Abd el-Kader : L'harmonie des contraires, Le Seuil, (lire en ligne), p. 25
- ↑ Edouard Michaux-Bellaire, Archives Marocaines, vol. XXVII, 1927 : Confréries religieuses au Maroc, (lire en ligne), p. 188
- ↑ (en) David M. Hart, Tribe and Society in Rural Morocco, Routledge, (ISBN 978-1-135-30254-2, lire en ligne), p. 133
- Collectif coordonné par Hassan Ramaoun, Dictionnaire du passé de l’Algérie : de la préhistoire à 1962, Oran, CRASC Centre de recherche en anthropologie sociale et culturelle, , 630 p. (ISBN 978-9931-598-01-5), p. 39-41.
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- ↑ Abdelkader Boutaleb, L'émir Abd-El-Kader et la Formation de la Nation Algérienne : De L'emir Abd-El-Kader à la Guerre de Libération Nationale, Prose Publishing, , 410 p. (ISBN 978-0-9575177-2-1, lire en ligne), p. 55.
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- ↑ Ahmed Bouyerdene, Abd el-Kader : L'harmonie des contraires, Le Seuil, , p. 128.
- ↑ « [Les nationalistes] refusent de reconnaître le rôle d'ami de la France joué par l'émir à Damas sous le Second Empire. En 1860, en effet, Abd-el-Kader intervint pour protéger les chrétiens lors des massacres de Syrie, ce qui lui valut d'être fait grand-croix de la Légion d'honneur par Napoléon III », Jean-Charles Jauffret, La Guerre d'Algérie par les documents, Volume 2, Service historique de l'Armée de terre, 1998, p. 174.
- ↑ « Notre ancien adversaire en Algérie était devenu un loyal ami de la France, et personne n'ignore que son concours nous a été précieux dans les circonstances difficiles » dans Archives diplomatiques : recueil mensuel de diplomatie, d'histoire et de droit international, Numéros 3 à 4, Amyot, 1877, p. 384.
- ↑ N. Achrati, Following the Leader: A History and Evolution of the Amir ‘Abd al-Qadir al-Jazairi as Symbol,The Journal of North African Studies Volume 12, Issue 2, 2007 : « Les Français ont continué de payer sa pension et à surveiller ses activités, et 'Abd al-Qadir est resté un « ami de la France » autoproclamé jusqu'à sa mort en 1883. ».
- ↑ (en) Herbert Ingram Priestley, France Overseas : A Study Of Modern Imperialism, 1938, Octagon Books, (ISBN 9780714610245, lire en ligne), p. 40« [Abdelkader a été] transféré à Damas par Napoléon III. Là, il devint un ami de la France, sauvant douze mille chrétiens des Turcs lors des massacres de Damas, et refusa de s'allier aux insurgés d'Algérie en 1870. »
- ↑ Charles-Henry Churchill, Vie d'Abd el-Kader, SNED Alger, , p. 321.
- ↑ Michel Chodkiewicz, Introduction, Abd el-Kader : Écrits spirituels, Le Seuil (Points Sagesses), , p. 26.
- ↑ Loge Henri IV (Paris), Tenue solennelle du 1er septembre 1864 : initiation de l'Emir Abd-El-Kader, Paris, Editions du Grand Orient de France, , 42 p. (lire en ligne), p. 9.
- ↑ Mouloud Kebache, « Abd el-Kader et la franc-maçonnerie française : une relation controversée », dans Abd el-Kader, un spirituel dans la modernité, Presses de l’Ifpo, (ISBN 978-2-35159-327-1, lire en ligne), p. 83–98.
- Brahim Drici, « Le F∴ Abd el-Kader entendait concilier soufisme et franc-maçonnerie », La chaîne d'union, vol. 46, no 4, , p. 9–10 (ISSN 0292-8000, DOI 10.3917/cdu.046.0009, lire en ligne, consulté le ).
- ↑ Ahmed Bouyerdene, Abd el-Kader : L'harmonie des contraires, Le Seuil, , p. 129, 213-215.
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- ↑ Ahmed Bouyerdene, Abd el-Kader : L'harmonie des contraires, Le Seuil, , p. 328.
- ↑ Christelle Taraud, « Les quatre vies d'Abd el-Kader », LHistoire, N° 467, janvier 2020, p. 64-65.
- ↑ Miki Kilali, « Interroger le rôle d'Abd el-Kader dans le percement de l'isthme de Suez, ou comment sa métamorphose permet la construction d'un pont entre l'Orient et l'Occident », Enquêtes, N° 5, septembre 2020, lire en ligne.
- ↑ Marius Canard, Chamil et Abdelkader, Annales de l’Institut d’études orientales, Faculté des lettres d’Alger, , p. 231-256.
- ↑ Ahmed Bouyerdene, Abd el-Kader : L'harmonie des contraires, Le Seuil, , p. 16.
- ↑ Michel Chodkiewicz, Introduction, Abd el-Kader : Écrits spirituels, Le Seuil (Points Sagesses), , p. 26-28.
- Klod Frydman, « Razzak Abdelkader, prince arabe, sioniste et humaniste », sur mabatim.info, (consulté le ).
- ↑ Charles Henry Churchill, Life of Abd el-Kader : Ex-Sultan of the Arabs of Algeria, .
- ↑ Alexandre Bellemare, Abd-el-Kader sa vie politique et militaire, Hachette, , p. 4.
- Bernarsconi D., « Mythologie d'Abd el-Kader dans l'iconographie française au XIXe siècle », Gazette des Beaux-Arts, 1224, 1971, p. 51-62.
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- ↑ Polletti M., Jean-Baptiste Carpeaux, L’homme qui faisait danser les pierres, 2012, p. 38-42.
- ↑ Wagner A., Jean-Baptiste Carpeaux, 1986, p.187.
- ↑ Charles-Robert Ageron, « Abd el-Kader souverain d'un royaume arabe d'Orient », Revue des mondes musulmans et de la Méditerranée, vol. 8, no 1, , p. 15–30 (ISSN 0035-1474, DOI 10.3406/remmm.1970.1028, lire en ligne, consulté le ).
- Carole Boidin, « Le Jugurtha des Français ? Représentations d’Abd el-Kader dans la littérature et la culture de jeunesse françaises à l’époque coloniale », Strenæ. Recherches sur les livres et objets culturels de l’enfance, no 3, (ISSN 2109-9081, DOI 10.4000/strenae.474, lire en ligne, consulté le ).
- ↑ François Pouillon, « Images d’Abdelkader : pièces pour un bicentenaire », L’Année du Maghreb, no IV, , p. 27–44 (ISSN 1952-8108, DOI 10.4000/anneemaghreb.425, lire en ligne, consulté le ).
- ↑ François Pouillon, « Du témoignage : à propos de quelques portraits d’Abd el-Kader en Oriental », Revue des mondes musulmans et de la Méditerranée, no 132, , p. 199–228 (ISSN 0997-1327, DOI 10.4000/remmm.7892, lire en ligne, consulté le ).
- ↑ « Abd el-Kader (1808-1883), 1862 », sur parismuseescollections.paris.fr (consulté le ).
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- ↑ Salim Aggar, « Un buste de l'Émir Abdelkader à Genève », Tayeb Louh participe à la cérémonie officielle du siège du Cicr, (lire en ligne).
- ↑ Gauthier de Voland, « L’esprit de l’Émir Abd El Kader, le souffle du sacrifice algérien durant la Grande guerre et les conseillers de l’Elysée », Vu de Paris, (lire en ligne).
- ↑ Thierry Zarcone, Le croissant et le compas : Islam et franc-maçonnerie, de la fascination à la détestation., Éditions Dervy, , 373 p. (ISBN 9782844548627, lire en ligne).
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- ↑ « Elkader's First 100 Years », Elkader History, (lire en ligne).
- ↑ Marcel Amondji, Félix Houphouët et la Côte-d'Ivoire : l'envers d'une légende, Karthala Éditions, , 348 p. (ISBN 9782865371044, lire en ligne), p. 252.
- ↑ R.C., « L’émir Abd El Kader aura sa maison », Culture, (lire en ligne).
- ↑ « À la recherche de l'Émir Abd El-Lader - On the Trail of Emir Abd El-Kader », sur film-documentaire.fr, .
- ↑ Jeff Sneider, « Oliver Stone to Executive Produce Biopic of Algerian Leader Emir Abd el-Kader », Charles Burnett ("Killer of Sheep") will direct the film for Cinema Libre Studio, (lire en ligne).
- ↑ « Après avoir englouti plusieurs milliards / le projet du film sur l'émir Abdelkader est gelé », sur algerie-focus.com (consulté le ).
- ↑ « Abd el-Kader Fellowship », Postdoctoral fellowships, (lire en ligne).
- ↑ « L’émir Abdelkader, héros de la résistance algérienne, au cœur du jeu diplomatique entre Paris et Alger », sur La Voix du Nord, (consulté le ).
- Bardin Pierre, « Chapitre II. La famille d’Abdelkader », dans :, Algériens et tunisiens dans l'Empire ottoman de 1848 à 1914. sous la direction de Bardin Pierre. Paris, C.N.R.S. Editions, « Hors collection », 1980, p. 179-189. URL : https://www.cairn.info/algeriens-et-tunisiens-dans-l-empire-ottoman--9782222024392-page-179.htm.
- ↑ Cyril Guinet, « Le Temps de la conquête » dans GéoHistoire, no 2, avril-mai 2012, p. 31.
- ↑ Mahfoud Kaddache, Histoire du nationalisme algérien, t. 2, Paris, Paris-Méditerranée, , 982 p..
- ↑ « Les frères et enfants de l’Émir dans sa continuité », lesoirdalgerie.com.
- ↑ Jean-François Legrain, Transformations sociales et revendications nationales dans le Proche-Orient (1876-1945), (lire en ligne), p. 44.
- ↑ Le 16 février 1994, un nouveau citoyen nommé Dov Golan, né le 13 octobre 1914, est enregistré en Israël sous le numéro d’identification 309656478 avec les noms du père, tels qu’ils figurent sur le certificat, Said, et celui de la mère, Hosnia.
- ↑ « L’arrière petit-fils de l’Emir Abdelkader est enterré dans un kibboutz en Israël », sur elwatan.com (consulté le ).
- ↑ Karime Assouane, « Abderrazak Abdelkader : le dindon de la farce des "nationalistes" algériens », sur lematindalgerie.com, (consulté le ).
- ↑ Isabelle Vichniac, « Le conflit judéo-arabe (Juifs et Arabes face à l'avenir) », sur Le Monde diplomatique, (consulté le ).
- ↑ El Mouradia.
- ↑ Ouvrage disponible en France à la bibliothèque de l'université de Paris-BULAC ; à la BNU de Strasbourg.
- ↑ Jean-Paul Roux, « Emir Abd El-Kader. Ecrits spirituels, présentés et traduits de l’arabe par M. Chodkiewicz », Revue de l'histoire des religions, vol. 201, no 1, , p. 93–94 (lire en ligne, consulté le ).
Voir aussi
[modifier | modifier le code]Bibliographie
[modifier | modifier le code]Ouvrages généraux
[modifier | modifier le code]- Mahfoud Kaddache, L'Algérie des Algériens, Alger, EDIF2000, (1re éd. 1982), 786 p. (ISBN 978-9-961-96621-1).

Travaux universitaires
[modifier | modifier le code]- Colloque « Abdelkader : Homme de tous les temps », Tlemcen, .
- Colloque « Le legs de l’Émir Abd el-Kader entre particularisme et universalité : approches analytiques », université d'Oran, 29-.
- Colloque « L’Émir Abdelkader et les droits de l’homme, visions d’hier et d’aujourd’hui », Alger, Conseil de la Nation, 24 et . Les chercheurs lui attribuent une contribution à la conception des droits humains.
- Zakia Abdelraheem (Boutaba), La Personnalité de l'Émir Abd-el-Qader dans les écrits algériens et français : analyse critique de la bio-bibliographie, thèse de 3e cycle sous la direction de Bruno Étienne, université d'Aix-en-Provence, 1987 (inédite).
- (fr + ar) Ahmed Bouyerdene (dir.), Éric Geoffroy (dir.) et Setty G. Simon-Khedis (dir.), Abd el-Kader, un spirituel dans la modernité, Damas, Presses de l’Ifpo, , 300 p. (ISBN 978-2-351-59043-0, DOI 10.4000/books.ifpo.1772, lire en ligne).
- Muhammad Vâlsan, « L’Émir et le droit humanitaire », Colloque international « L’Émir Abdelkader et le droit humanitaire », Fondation Émir Abdelkader, Alger, .
- Amel Chaouati, Les Algériennes du château d'Amboise : la suite de l'émir Abd el-Kader, la Cheminante, coll. « Plein champ », (ISBN 978-2-917598-78-8).
Expositions
[modifier | modifier le code]- Camille Faucourt (dir.) et Florence Hudowicz (dir.), Abd el-Kader (catalogue d’exposition, Marseille, Mucem, 5 avril-22 août 2022), Errance/Mucem, (ISBN 978-2-87772-980-2, lire en ligne) — « Abd el-Kader », sur mucem.org
- Abd el-Kader et l'Algérie au XIXe siècle dans les collections du musée Condé à Chantilly (exposition, Jeu de Paume du Musée Condé, Chantilly, 22 février-21 avril 2003), Somogy/Paris-Méditerranée/Edif, (ISBN 2-85056-631-4)
- Un héros des deux rives, Abd el-Kader, l'homme et sa légende (exposition, 26 février-23 juin 2003, Hôtel de Soubise), Centre historique des archives nationales, (ISBN 2-86000-300-2)
- L’Émir Abd el-Kader : un homme, un destin, un message, exposition itinérante inaugurée en décembre 2002 à la bibliothèque de l’Institut du monde arabe — un cahier en couleur intitulé « L'Émir Abd el-Kader, itinéraire d'un homme d'action et de méditation » (31 p.) et basé sur l’exposition est publié conjointement aux textes des actes de la journée d’études du 14 décembre 2002 dans L’Émir Abd el-Kader, témoin et visionnaire, 2004.
- À propos d'Abdelkader : en hommage au plus illustre prisonnier du château de Pau (textes réunis par Paul Mironneau et Claude Menges), Pin à crochets, (ISBN 2-911715-05-5)
Biographies
[modifier | modifier le code]- Smaïl Aouli, Ramdane Redjala et Philippe Zoummeroff, Abd el-Kader, Fayard, (ISBN 9782213031927, OCLC 30897959).
- Alexandre Bellemare, Abd el-Kader : sa vie politique et militaire, Paris, Hachette, 1863 (réédition : Paris, éditions Bouchène, « Bibliothèque d’histoire du Maghreb », 2003 (ISBN 978-2-912946-51-5)).
- Cheikh Khaled Bentounès, Dr Boualem Bessaïh, Dr Cheikh Bouamrane et al., L'émir Abdelkader : l'épopée de la sagesse, Alger (Algérie), Z. Bouzid ed., , 311 p. (ISBN 9789961771075, OCLC 880975188).
- Ahmed Bouyerdene (préf. Cheikh Khaled Bentounès), Abd el-Kader par ses contemporains : fragments d'un portrait, Ibis Press, (ISBN 978-2-910728-72-4).
- Ahmed Bouyerdene, Abd el-Kader : l'harmonie des contraires, Seuil, (ISBN 9782020965910, OCLC 251890275, présentation en ligne).
- Ahmed Bouyerdene, La guerre et la paix : Abd el-Kader et la France, Vendémiaire, coll. « Bibliothèque du XIXe siècle », (ISBN 978-2-36358-257-7).
- Thérèse Charles-Vallin, Abd El-Kader : Aumale : Identités meurtries, Paris, Bisquine, , 238 p. (ISBN 979-10-92566-13-0).
- Mustapha Chérif, L'émir Abdelkader : apôtre de la fraternité, Odile Jacob, (ISBN 978-2-7381-3362-5, présentation en ligne).
- (en) Charles Henry Churchill (en), Life of Abd el-Kader, Londres, Chapman and Hall, (lire en ligne) [traduction en français : La Vie d'Abd el-Kader, Alger, SNED, 1971 (rééditions : 1974, 1981, 1991)].
- Bruno Étienne, Abdelkader : isthme des isthmes (barzakh al-barazikh), Hachette littératures, coll. « Pluriel », (1re éd. 1994) (ISBN 978-2-01-279117-6).
- Bruno Étienne et François Pouillon, Abd el-Kader, le magnanime, Gallimard/Institut du monde arabe, coll. « Découvertes Gallimard », (ISBN 2-07-076749-3).
- Bruno Étienne, Abd el-Kader et la franc-maçonnerie suivi de Soufisme et franc-maçonnerie, Éd. Dervy, (ISBN 978-2-84454-533-6).
- Ouvrage collectif, L'émir Abd el-Kader, témoin et visionnaire, Ibis Press, (ISBN 2-910728-31-5).
- Thierry Zarcone, Le mystère Abd el-Kader : la franc-maçonnerie, la France et l'islam, du Cerf, (ISBN 978-2-204-12396-9).
Notices biographiques
[modifier | modifier le code]- Notice biographique
, « Abdelkader (émir) », dans Charles Mullié, Biographie des célébrités militaires des armées de terre et de mer de 1789 à 1850, [détail de l’édition] (longue notice, qui s'arrête à l'arrivée à Toulon). - Marc Nadaux, « Notice biographique »(Archive.org • Wikiwix • Archive.is • Google • Que faire ?) (consulté le ) « Abd el-Kader (1808-1883) » sur le site Le XIXe siècle (1815-1914).
Articles
[modifier | modifier le code]- Jacques Frémeaux, « Abd el-Kader, chef de guerre (1832-1847) », dans Revue historique des armées, no 250, 2008, p. 100-107, [lire en ligne].
- « Abd el-Kader », numéro spécial de la revue Le Cheval de Troie, , 128 pp. [contributions de Houriyah Abdelouahed, Michel Chodkiewicz, Jean-François Clément, Claudette Dupraz, Bruno Étienne, Fathi Ghlamallah, Karima Hirt ; textes de l'émir].
Filmographie
[modifier | modifier le code]- L'Émir Abd el-Kader à Amboise le prisonnier tant aimé, documentaire historique présenté par Adyl Abdelhafidi (2013).
- Poussières de Juillet, court-métrage réalisé en 1967 par Chérif El Hachemi à l'occasion du transfert des restes de l'émir à Alger. Texte : poésie de Kateb Yacine. Illustrations : M'hamed Issiakhem.
Romans
[modifier | modifier le code]- Abdelkader Djemaï, La Dernière Nuit de l'émir (roman), Paris, Le Seuil, coll. « Cadre rouge », 2012, 154 p. (ISBN 9782021039276).
- Claude Diaz, L'espoir des vaincus Soldats perdus d'Abd el-Kader à Sète, L'Harmattan, Collection « Romans historiques XIXe siècle », 2013 (ISBN 978-2-343-02273-4).
- Waciny Laredj, Le Livre de l'émir, Actes Sud, 2006.
- Martine Le Coz, La Couronne de vent, Al Manar, 2009.
- Martine Le Coz, Le Jardin d'Orient, Michalon, 2008.
Articles connexes
[modifier | modifier le code]- Conquête de l'Algérie par la France
- Mohammed Ben Allel, figure centrale de la résistance à la conquête de l'Algérie par la France.
- Khaled el-Hassani ben el-Hachemi, dit « l'émir Khaled », petit-fils de l'émir Abd el Kader.
- État d'Abdelkader
Liens externes
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- Ressources relatives à la recherche :
- Ressource relative aux beaux-arts :
- Notices dans des dictionnaires ou encyclopédies généralistes :
- Abdelkader ibn Muhieddine
- Personnalité de l'histoire algérienne
- Religieux algérien
- Poète algérien du XIXe siècle
- Écrivain algérien arabophone
- Militaire algérien du XIXe siècle
- Chef de guerre musulman du XIXe siècle
- Soufi algérien
- Émir du XIXe siècle
- Personnalité de la religion musulmane au XIXe siècle
- Personnalité liée à la conquête de l'Algérie
- Résistance algérienne à la colonisation française
- Anticolonial algérien
- Dialogue entre chrétiens et musulmans
- Personnalité de la franc-maçonnerie française
- Relations entre l'Algérie et la France
- Grand-croix de la Légion d'honneur
- Récipiendaire de l'ordre du Médjidié
- Naissance en septembre 1808
- Naissance dans la wilaya de Mascara
- Décès en mai 1883
- Décès à Damas
- Décès à 74 ans
- Personnalité inhumée au cimetière d'El Alia
- Personnalité ayant donné son nom à une ville
- Personnalité de la liste Portraits de France
- Personnalité liée à la conquête du Maroc par la France