Palais El Mechouar

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El Mechouar
Mechouar Tlemcen.jpg

Les remparts et la mosquée d'El Mechouar

Présentation
Destination initiale
Citadelle, palais
Destination actuelle
Monument public
Style
Islamique
Construction
Hauteur
Muraille : 5 mètres de haut
Minaret : 25,22 mètres de haut[1]
Propriétaire
Ville de Tlemcen
Localisation
Pays
Région
Commune
Coordonnées
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Le palais El Mechouar (en arabe : قلعة المشور [2], prononcé Qal'at al-Mishwâr[1]) est un complexe palatial royal zianide, situé à Tlemcen en Algérie. Construit au Moyen Âge par les sultans zianides en 1248[3]. Mechouar — littéralement « aile du Conseil », « lieu de mouchawara »[4], soit « conseils consultatifs »[5],[6] — doit son nom à la salle où se réunissaient les ministres autour du sultan de Tlemcen[7]. L'usage du terme mechouar s'étend pour désigner en Andalousie et au Maghreb un palais-citadelle[8]. Le complexe du Mechouar est un exemple d'art mauresque et andalou, et plus particulièrement du style zianide.

Les travaux de restauration du palais ont commencé en 2010 à l'occasion de l'évènement culturel Tlemcen, capitale de la culture islamique 2011[9].

Histoire[modifier | modifier le code]

Mechouar de Tlemcen, Algérie. Lithographie d'après Genet, 1836

Le palais proprement dit fait partie de la citadelle éponyme édifiée en 1145 à l'emplacement où le roi almoravide Youssef Ibn Tachfin installe[Quand ?] sa tente lors du siège d'Agadir (ancien nom de Tlemcen). La citadelle, de forme rectangulaire, mesurant 200 m de long et 150 m de large, est transformée en palais par le sultanabdalwadide Yaghmoracen Ibn Zyan[10],[11]. Le palais-citadelle devient alors la résidence officielle des Zianides[12].

Après la prise de Tlemcen en 1337 , le sultan mérinide Abu al-Hasan ben Uthman fait du palais sa résidence et sa base opérationnelle dans sa tentative d'unification du Maghreb. C'est là et à cet effet qu'il signe en 1339 une alliance économique et militaire avec le vicomte de Narbonne, ambassadeur du roi Jacques III de Majorque[13]. Sa défaite à Kairouan en 1348 met fin à la présence de la dynastie mérinide au Mechouar et permet la restauration du royaume zianide de Tlemcen.

La citadelle et le palais sont agrandis et embellis au cours des siècles par les différentes dynasties qui l'ont occupé : almoravide, almohade, zianide et ottomane. Une mosquée est difiée au début du XIVe siècle par le prince zianide Abou Hammou Moussa Ier[14].

Le corsaire ottoman Arudj Barberousse s’empare de la citadelle en 1516 après que les habitants de Tlemcen lui demandent de l’aide pour chasser leur roi, Abu Hammu III, qui avait fait allégeance aux Espagnols. Arudj devient le nouveau souverain de Tlemcen jusqu’en 1518. L’ancien roi tlemcénien fait appel aux Espagnols qui assiègent Arudj dans la citadelle d’El Mechouar pendant six mois. Arudj réussit à s’enfuir mais les Espagnols le capturent et le décapitent[12]. Après la victoire de Hassan Agha, khalîfa de Khayr ad-Din Barberousse, sur les troupes de Charles Quint débarquées à Alger en 1541, le roi de Tlemcen, Moulay Mohammed, dénonce son allégeance aux Espagnols et livre El Mechouar aux Ottomans. C'est alors le déclin du royaume zianide[12].

L'article 9 du Traité de Tafna, signé en 1837, permet à l'émir Abdelkader d'occuper le Mechouar[15]. L'armée française reprend la citadelle en 1842[10].

Au début de la colonisation française, l'armée française transforme la citadelle en caserne[16]. Au cours de cette période, la mosquée est transformée en église[1] et le site est en partie altéré et dégradé par l'ajout de bâtiments militaires ou administratifs[17].

Le 1er décembre 1962, le capitaine Moine, de l'armée française, remet solennellement les clés du palais Mechouar à Fodil Sid Lakhdar, représentant alors la préfecture de Tlemcen[18] . À l'indépendance, la citadelle devient une école de cadets militaires. L'écrivain Yasmina Khadra y effectue sa scolarité à partir de 1964[19]. L'école est fermée en 1986 et le site est rendu à la ville.

Après des travaux de réhabilitation commencés en 2010, le site accueille le public et abrite des associations culturelles ou artisanales et des administrations.

La mosquée[modifier | modifier le code]

La mosquée d’El-Méchouar est construite en 1317 par le prince zianide Abû Hammû Mûsâ Ier[7]. Elle est entièrement remaniée à l’époque ottomane et transformée en église pendant la colonisation. Après l’Indépendance, le monument redevient une mosquée[1].

De la période zianide, la mosquée ne conserve aujourd'hui que son minaret. Le style de ce minaret se rapproche de l'art hammadide et du style almohade[1].

Sur le minaret, figurent deux inscriptions. La première : « al-yûmn wa'l-iqbâl » (« Le bonheur et le succès ») est une formule courante que l’on retrouve sur de nombreux monuments, comme sur le célèbre vase de l'Alhambra. La deuxième étant :« yâ Thiqatî yâ Amalî ! Anta Erradjâ, Anta al-Walî. Akhtim bi Khaïrin 'amalî »[20] (« Ô ma Confiance, Ô mon Espérance, c'est Toi l'Espoir, c'est Toi le Protecteur, scelle mes actions pour le Bien »)[1].

Fouilles archéologiques et restauration[modifier | modifier le code]

Dans le cadre de la préparation de l'évènement culturel Tlemcen, capitale de la culture islamique 2011, le ministère algérien de la culture a lancé en 2010 un projet de restauration du palais El Mechouar. Ce projet est précédé d'une phase de fouilles archéologiques dirigées par le centre national de recherches archéologiques d'Alger[21]. Ces fouilles permettent de mettre au jour des traces de constructions de différentes époques ainsi que du mobilier archéologique tels que des pierres tombales, des espaces d'eau ou des pièces de céramique.

Lors de fouilles aux alentours et dans la cour du palais royal, des silos, au nombre de seize, remontant à l'ère de la dynastie zianide sont découverts. Ils étaient utilisés pour la conservation et le stockage de provisions en prévision de toute calamité ou invasion étrangère[22].

Les fouilles ont également révélé des passages souterrains allant au-delà des limites connues du palais, jusqu'à l'actuel restaurant traditionnel Assila, près de la porte principale du Mechouar, et à l'est, jusqu'à l'école d'arts culinaires de Tlemcen. Des traces d'un des quatre palais d'El Mechouar ont été découvertes, sans démontrer lequel de ces palais il s'agit, à savoir : Dar El-Moulk, Dar Abi Fahr, Dar Essourour et Dar Erraha[23].

Galerie de photos[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a, b, c, d, e et f La mosquée et le minaret d’Al-Méchouar (al-Mishwâr), sur le site projet Qantara, Patrimoine Méditerranéen. Consulté le 08/10/2011.
  2. (ar) El Mechouar ancien château, accueille la cérémonie d'ouverture de Tlemcen, capitale de la culture islamique Consulté le 08/10/2011.
  3. Patrimoine : Le Méchouar en danger ? Article du site internet du journal El Watan du 08/04/2008. Consulté le 06/10/2011.
  4. Tlemcen, au passé retrouvé,Louis Abadie - 1994
  5. le Mechouar Consulté le 06/10/2011.
  6. La Citadelle El Mechouar de Tlemcen Consulté le 08/10/2011
  7. a et b Le Petit Futé Algérie Par Jean-Paul Labourdette,Marie-Hélène Martin
  8. William Marais, Les Monuments Arabes de Tlemcen  : L'enceinte DE TLEMCEN, réimprimée, 1909, page 129 Consulté le 13/10/2011
  9. Restitution du Palais Royal El Mechouar sur le site internet de "Tlemcen Capitale de la culture islamique pour l’année 2011". Consulté le 06/10/2011.
  10. a et b Dominique Auzias et Jean-Paul Labourdette, Algérie 2009-2010, Le Petit Futé, coll. « Country Guide », 4e éd. (ISBN 9782746921962, OCLC 716716987), p. 291
  11. Daniel Babo, Algérie, Éditions le Sureau, coll. « Des hommes et des lieux » (ISBN 978-2-911328-25-1), p. 65
  12. a, b et c Charles-André Julien, Histoire de l'Afrique du Nord : Des origines à 1830, Payot, coll. « Grande bibliothèque Payot », (ISBN 2-228-88789-7), p. 520,631-632,646
  13. Henri Bresc, Yūsuf Rāġib, Le sultan mérinide Abū l-Ḥasan ʻAlī et Jacques III de Majorque : du traité de paix au pacte secret. Institut français d’archéologie orientale, 2011 – 136 p. Voir Traité passé par le vicomte de Narbonne au nom du roi de Majorque avec le sultan Abou al-Hassan à Tlemcen en 1339
  14. Le Petit Futé Algérie Par Jean-Paul Labourdette,Marie-Hélène Martin Consulté le 15.10.2011
  15. Les articles du traité de Tafna dans le journal La Presse du 19 juillet 1837, sur le site Gallica de la Bibliothèque nationale de France. Consulté le 09/10/2011.
  16. L'histoire de Tlemcen regorge de souvenirs, d'anecdotes, d'exploits..., article du site internet El Watan du 25/12/2007. Consulté le 06/10/2011.
  17. El Mechouar et la Tachfiniya portent les stigmates de l'occupation, article du site internet du journal La Tribune du 06-11-2008. Consulté le 06/10/2011.
  18. Quand Fodil Sid Lakhdar recevait les clés du Mechouar... El Watan du 25.12.2007, Consulté le 13/10/2011
  19. Histoire d'un étonnant pseudonyme, site internet de Yasmina Khadra. Consulté le 06/10/2001.
  20. La nuit du Mouloud au Méchouar de Tlemcen Le Quotidien d'Oran du 03.03.2009, Consulté le 15.10.2011
  21. Intenses fouilles au « Palais royal » d'El Mechouar. Article du journal Le Maghreb - Le Quotidien de l'Economie du 2010-03-27. Consulté le 07/10/2011.
  22. Tlemcen : découverte archéologique. Article du journal Info Soir du 2010-02-09. Consulté le 09/10/2011.
  23. Tlemcen : Les secrets du palais d'El-Mechouar. Article du journal Info Soir du 2010/03/20. Consulté le 09/10/2011.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]