Hôtel de Soubise

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Hôtel de Soubise
Hôtel de Soubise et jardins, Paris 2010.jpg

L'hôtel de Soubise, siège des Archives nationales.

Présentation
Type
Construction
de 1371 à 1859
Destination initiale
Destination actuelle
Propriétaire
État français
Statut patrimonial
Site web
Géographie
Pays
Commune
Adresse
Localisation
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L'hôtel de Soubise, anciennement hôtel de Clisson puis hôtel de Guise, est un hôtel particulier parisien situé au coin de l'actuelle rue des Francs-Bourgeois et de la rue des Archives dans le 3e arrondissement de Paris (quartier du Marais). Il est affecté aux Archives nationales.

Histoire[modifier | modifier le code]

L'hôtel de Clisson et l'hôtel de Guise[modifier | modifier le code]

Façade de l'hôtel de Clisson avec l'ancienne porte en pan coupé et ses tourelles, depuis la rue des Archives.
Article détaillé : Hôtel de Clisson.

En 1371, Olivier de Clisson, Connétable de France, entreprend la construction d'un hôtel particulier sur les terrains qu'il vient d'acquérir à l'extérieur des remparts de Philippe Auguste. De ce premier hôtel n'est conservée aujourd'hui que la porte fortifiée avec ses tourelles en encorbellement coiffées en poivrières, donnant sur la rue des Archives, seul vestige encore visible de l'architecture privée du XIVe siècle à Paris.

Entre 1420 et 1435, l'hôtel est confisqué par les occupants anglais, et devient la résidence de Thomas de Lancastre (1388-1421), duc de Clarence, puis de Jean de Lancastre (1389-1435), duc de Bedford.

En 1553, propriété de la famille d'Albret, l'hôtel de Clisson est acquis par François de Lorraine, duc de Guise et sa femme Anne d'Este, petite fille de Louis XII. Ils s’empressent d’agrandir l'hôtel en achetant les terrains avoisinants. Très délabré, le bâtiment exige d'importants travaux de reconstruction. La famille de Guise confie les travaux au célèbre artiste italien, Francesco Primaticcio, dit Le Primatice. Malheureusement, les célèbres peintures de la chapelle, réalisées d'après ses dessins par Nicolò dell'Abbate, n'ont pas été conservées. Ce décor qui représentait Dieu le Père soutenu par les anges sous un pavillon flottant dont d’autres anges tiennent les extrémités a été détruit après 1803. Il en reste les dessins conservés au J. Paul Getty Museum à Los Angeles et au Musée du Louvre[1]. De l'édifice subsistent seulement aujourd'hui les baies en plein cintre ouvrant sur le côté nord de la chapelle, ainsi que les murs de l'ancienne salle des gardes, connus pour avoir accueilli les « ligueurs » du parti catholique pendant la guerre de religion.

Au XVIIe siècle, l'hôtel devient avec Marie de Guise une joyeuse place parisienne : des fêtes royales y sont données, que Corneille et Marc-Antoine Charpentier parmi d'autres honorent de leur présence. Marie de Guise meurt en 1688, sans enfant, elle-même étant la dernière héritière de la famille. La succession est épineuse, et l'héritage est attribué à deux proches parents, les filles de la princesse Palatine : la princesse de Condé et la duchesse de Hanovre.

L'hôtel de Soubise[modifier | modifier le code]

Hôtel de Soubise. Archives nationales (site de Paris)

Le , les deux princesses vendent l'hôtel de Guise à François de Rohan-Soubise et Anne de Rohan-Chabot, sa femme, pour la somme de 326 000 livres (soit 5,4 millions d'euros de 2007), les acquéreurs obtenant par adjudication une parcelle de 225 mètres de long et 170 mètres de large. Le prince tirait la majeure partie de son immense fortune des faveurs directes que Louis XIV prodigua à sa femme. En 1705, François de Rohan-Soubise et sa femme choisissent le jeune architecte Pierre-Alexis Delamair, sur les conseils de leur fils Armand Gaston, futur cardinal de Rohan, pour rénover l'hôtel. Sur le terrain adjacent à celui de ses parents, Armand-Gaston se fait construire son propre hôtel, l'hôtel de Rohan, par le même architecte[2].

L'hôtel de Soubise connaît alors une période de splendeur. Le prince Hercule Mériadec de Rohan-Soubise hérite en 1712 du palais et l'occupe jusqu'à son décès en 1749. Son petit-fils, Charles de Rohan-Soubise, lui succède et jouit des lieux jusqu'en 1787. Pourtant, depuis 1761, la seconde fille de Charles (Armande-Victoire Joseph de Guéménée) et son gendre (Henri-Louis Marie, prince de Guéménée) possèdent la nue-propriété du palais. L'hôtel de Soubise est alors saisi après l'émigration de la princesse de Guéménée.

Sous la Révolution, l'hôtel de Soubise est détourné de ses usages princiers, et utilisé pour mille tâches qui le mettent dans un triste état. Les créanciers souhaitant éviter la confiscation du domaine par l’État, parviennent à faire radier la princesse de Guéménée de la liste des émigrés le 16 prairial an VIII. Le 7 fructidor an XII, un arrêté préfectoral lui reconnaît formellement la propriété des hôtels de Soubise et de Rohan. Ces hôtels seront vendus par la suite à un spéculateur après la mort de la princesse.

En 1808, les deux hôtels sont acquis par l’État. Napoléon Ier affecte l'hôtel de Soubise aux Archives impériales et l'hôtel de Rohan à l'Imprimerie impériale. Les Archives nationales restent dans cet édifice malgré leur besoin en espace de plus en plus important, annexant, sous Louis-Philippe et Napoléon III, quatre hôtels, et en 1927, l'hôtel de Rohan. Les troisième, quatrième et cinquième république lui ajoutent de longs corps de bâtiments, coupant la parcelle en deux et détruisant une partie des jardins.

De 1846 à 1866, l'École des chartes s'y installe.

Les Archives nationales à l'hôtel de Soubise[modifier | modifier le code]

Entrée du site de Paris (hôtel de Soubise). Archives nationales (France).

Au cours du XIXe siècle, les Archives nationales font bâtir une série de dépôts pour répondre à l'accroissement des fonds. Ils sont édifiés en deux temps : de 1838 à 1848 par les architectes Édouard Dubois et Charles Lelong, et de 1859 à 1880 par Hubert Janniard puis Edmond Guillaume.

La première construction appelée aujourd'hui « dépôts Louis-Philippe » est bâtie dans le prolongement est de l'hôtel de Soubise. L'aménagement intérieur répond à un souci naissant de bonne conservation. La galerie du parlement constitue le point d'orgue du nouveau dépôt destiné à accueillir les archives judiciaires de l’État. Sur les rayonnages de bois, plus de 12 000 volumes sur parchemin reliés en peau rassemblent le fonds du Parlement de Paris.

À peine la construction de l'« aile Louis-Philippe » achevée, l'institution est à nouveau à l'étroit. Sous la direction de Léon de Laborde, une deuxième phase de travaux est lancée en 1859. Cette nouvelle construction prolonge le pavillon d'angle de l'aile Louis-Philippe et est appelée aujourd'hui « dépôt Napoléon III ». Ce nouveau bâtiment tente de répondre aux exigences des archivistes en termes de fonctionnalité et de conservation et est ainsi équipé de rayonnages du sol au plafond. Au centre de l'enfilade des magasins est installée la « salle du trésor des Chartes », rassemblant l'ensemble des titres relatifs aux intérêts domaniaux et diplomatiques de la Couronne.

En 1866, le caractère symbolique de la salle est renforcée par l'intégration de l'armoire de fer. La réalisation de ce coffre-fort avait été ordonnée par l'Assemblée nationale constituante en 1790 afin de mettre à l'abri du feu et du vol les documents les plus précieux. Au XIXe siècle, cette armoire devient le conservatoire des pièces jugées les plus emblématiques de l'histoire de France. Depuis 1996, l'armoire de fer accueille l'ensemble des textes constitutionnels de la France. Elle renferme également des pièces aussi inestimables que le mètre-étalon et le kilogramme-étalon de 1799, le journal de Louis XVI, le Serment du jeu de paume et le texte de la loi du 20 juin 1936 instituant les congés payés.

Au milieu du XIXe siècle, en parallèle à la construction des nouveaux bâtiments, sont entrepris des travaux de rénovation de l'hôtel. L'ancien escalier est détruit et remplacé par un escalier rectiligne destiné à relier le vestibule de l'hôtel aux Grands dépôts.

Le musée des Archives nationales occupe certaines salles de l'hôtel de Soubise depuis sa création, en 1867.

C’est ici qu’aurait dû voir le jour le projet de Maison de l'Histoire de France, voulu par le président Nicolas Sarkozy.

Architecture[modifier | modifier le code]

Témoignage de l'histoire architecturale de l'édifice, le passage couvert de la deuxième travée à gauche signale l'existence de l'ancienne cour et rappelle que la façade classique est plaquée sur le pignon de l'ancien hôtel.

En 1705, afin de donner au palais une entrée prestigieuse, Pierre-Alexis Delamair change l'orientation de l'hôtel de Soubise en plaquant une nouvelle façade de style classique contre l'ancienne aile sud qui abritait un manège où les chevaux arrivaient par une petite porte du à côté de la grande écurie bordant le long jardin. Cette façade est constituée d'un avant-corps central à colonnes superposées, constitué de trois travées espacées de 3,50 m et deux étages surmontés d'un fronton triangulaire placé sur l'attique, dont le tympan portait les armes des Rohan Soubise (dépouillées à la révolution) et dont les rampants sont ornés de deux statues couchées (allégories de la Gloire et la Magnificence) sculptées par Robert Le Lorrain, ce dernier figurant également deux groupes de Génies aux encoignures. Au rez-de-chaussée, les trois grandes portes cintrées, encadrées par des colonnes jumelées à chapiteaux composites, sont timbrées de mascarons. À l'étage, les fenêtres sont encadrées de colonnes à chapiteaux corinthiens, Delamair, en privilégiant l'unité de la colonnade du péristyle, crée ainsi un petit scandale en inversant la hiérarchie canonique[3]. Delamair construit une cour d'honneur (longue de 62 mètres entre le porche et le perron) entourée d'un péristyle[4] de 56 colonnes jumelées à chapiteaux composites orné d'une balustrade à jour, ouvrant par une demi-lune sur l'actuelle rue des Francs-Bourgeois. Il se charge également de la campagne de décors sculptés qui ornent encore aujourd'hui la façade et demande à Robert Le Lorrain de réaliser les statues représentant les quatre saisons sur la façade au premier étage. Enfin, il réorganise l'intérieur de l'hôtel en séparant appartements de parade et appartements privés en enfilade.

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L'ancienne porte en pan coupé de la demeure doit son existence à la présence initiale, à cet emplacement, d'une ruelle située perpendiculairement à la rue des Archives, porte qui formait autrefois le prolongement de la rue de Braque et qui est désormais supprimée. Au-dessus de l'arcature de la porte gothique ornée de deux écussons de la maison de Guise anciennement peints à l'huile[5], se trouvent deux médaillons sculptés[6] séparés par une banderole avec la devise de Clisson « Pour ce qui me plect » surmontée de la mystérieuse lettre M gothique couronnée[7]. L'historien Jules Quicherat y voit une allusion discrète à quelque aventure galante, infirmant la légende selon laquelle elle serait l'initiale du mot miséricorde dont Olivier de Clisson aurait fait preuve à l'égard des bourgeois parisiens insurgés de 1383 qui avaient baptisé la demeure « hôtel de la Miséricorde »[8].

En 1732, à l'occasion de son remariage avec Marie-Sophie de Courcillon, jeune veuve de 19 ans et fille de Philippe de Courcillon de Dangeau, Hercule Mériadec de Rohan-Soubise, fils héritier de François de Rohan-Soubise, entreprend de mettre au goût du jour les appartements de l'hôtel. Il fait appel au célèbre architecte Germain Boffrand qui complète l'enfilade de salon par un pavillon ovale permettant l'articulation avec les appartements privés de l'aile nord en retour. À partir de 1736, Boffrand porte tous ses efforts sur le décor intérieur de style rocaille, en faisant appel aux meilleurs artistes de son temps, tels de François Boucher, Charles Natoire ou Carle van Loo. Tandis que le rez-de-chaussée est dévolu à Hercule Mériadec et célèbre les vertus des princes de la lignée de Rohan, le premier étage chante quant à lui la beauté et la jeunesse de la princesse de Soubise.

Aujourd'hui, seule une partie des salons a pu être restituée dans sa splendeur, l'autre ayant été détruite et le mobilier d'origine ayant disparu.

Les appartements du prince[modifier | modifier le code]

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On entre dans l'hôtel par un vestibule. Il reste très peu d'éléments de décor original. Deux médaillons à l'antique d'empereurs romains entourés de trophées d'armes, casques et cuirasses se trouvent au-dessus des anciennes portes latérales. Celle de droite donnait au XVIIIe siècle accès aux appartements du prince. Ce corps de bâtiment comporte juste un vestibule, un escalier et la chapelle des Clisson.

Les appartements de réception étaient dans le corps de bâtiment perpendiculaire au premier. L'enfilade de la réception, qui faisait se commander les pièces principales, primait toute préoccupation de confort. La première pièce est une antichambre qui sert désormais de salle d'exposition et qui servait à l'époque de Boffrand de salle d'attente et de réception. En 1902, cette pièce devient la salle de lecture des Archives nationales jusqu'à l'ouverture du Centre d'accueil et de recherche des Archives nationales(CARAN) en 1988. Elle est garnie de boiseries inspirées des projets du sculpteur ornemaniste Jacques-Louis Herpin. Ces boiseries sont aujourd'hui dissimulées derrière des cimaises d'exposition.

On rejoint ensuite la chambre d'audience et la chambre d'apparat du prince dont les bas-reliefs des médaillons ornant les lambris sont attribués aux sculpteurs Lambert-Sigisbert Adam et Jean-Baptiste II Lemoyne. Des motifs héraldiques ornent la corniche. Aujourd'hui, cette pièce sert régulièrement pour des concerts et des journées d'études.

La porte disimulée sous tenture de l'alcôve de la chambre d'apparat du prince donne accès au « petit cabinet ». Au début du XVIIIe siècle, cette pièce servait plutôt de garde robe où dormait le valet de chambre du prince. Des camaïeux bleus de François Boucher La chasse et La pêche ornent les médaillons de chaque côté de trois grands placards. Au XIXe siècle, cette pièce sert de bureau aux archivistes puis aux professeurs de l'école des Chartes et enfin au conservateur du musée.

On entre ensuite dans le salon du prince, salon construit et aménagé par Boffrand à partir de 1735. Entre les arcades du salon se trouvent huit grands bas reliefs représentant des allégories des sciences et des arts. Conçu comme un salon « frais », il ouvrait sur les jardins et servait de salon de musique, art dont les Soubise se firent les promoteurs.

Le salon communique avec le grand cabinet du prince dont ne subsiste du décor original que la corniche.

Les appartements de la princesse[modifier | modifier le code]

L'hôtel de Soubise respecte la tradition des appartements privés de la maîtresse de maison situés à l'étage où ils disposent d'une plus belle vue sur le jardin et sont mieux chauffés l'hiver car plus bas de plafond ou mieux exposés au soleil[9].

Pour accéder aux appartements de la princesse au premier étage, il faut emprunter un grand escalier reconstruit en 1844.

En haut de l'escalier, on accède tout d'abord à la salle des gardes, pièce qui au XVIe siècle permettait aux Guise d'accueillir leur importante clientèle parisienne. Cette pièce fut également un des hauts lieux de rassemblement de la ligue catholique pendant les guerres de religion.

Au XVIIIe siècle, la salle conserve les mêmes proportions mais prend le nom de « grande antichambre », « galerie » ou « grande salle ». Entre 1808 et 1865, la salle des gardes héberge momentanément le Trésor des Chartes. Depuis 1970, cette vaste salle sert à accueillir les expositions temporaires des Archives nationales.

On entre ensuite dans la salle d'assemblée. Cette pièce a conservé un moulage de sa corniche décorée dans les angles de reliefs représentant les quatre parties du monde. La présentation actuelle de la pièce se veut une évocation de l’œuvre fondatrice des premiers directeurs des archives. Des vitrines furent spécialement conçues pour l'inauguration du musée en 1867. C'est dans ces vitrines que sont aujourd'hui présentés des fac-similés de grands documents de l'histoire de France.

La pièce suivante est la chambre d'apparat de la princesse présentée telle qu'elle fut conçue pour la seconde femme d'Hercule Mériadec, la jeune Marie-Sophie de Courcillon. C'est dans cette pièce que s’exerce la volonté de représentation des Soubise, calquée sur l'exemple versaillais. Le décor des boiseries est attribué au sculpteur ornemaniste Jacques Verbeckt. Les médaillons dorés des lambris représentent les amours de Jupiter avec Callisto, Sémélé, Europe et Lo tandis que ceux des angles de la corniche sont consacrées aux figures de Danaé, Léda, Ganymède et Hébé.

Sur les côtés, des groupes en stuc blanc sont sculptés par Nicolas Sébastien Adam. Les dessus-de-porte représentent Les Grâces présidant à l'éducation de l'amour (Boucher, 1738) et Minerve enseignant à une jeune fille l'art de la tapisserie (Trédières, 1737).

On entre ensuite dans la pièce la plus remarquable de l'hôtel, le salon de la princesse, chef-d’œuvre de Germain Boffrand et Charles Natoire. Cette pièce ovale en résonance avec celle du rez-de-chaussée a permis à l'architecte de façonner un joyau décoratif. Ses huit ouvertures, 4 fenêtres, 3 glaces et une porte déterminent autant de panneaux verticaux de boiseries blanc et or, surmontées de cartouches. Huit toiles de Natoire sont disposés sur la corniche. Elles sont toutes consacrées au mythe de Psyché dont les épisodes sont contés dans l'ordre chronologiques :  Psyché recueillie par Zéphir, les Nymphes accueillent Psyché avec des fleurs au seuil du palais de l'Amour, Psyché montre ses trésors à ses sœurs, Psyché contemple son époux endormi, Les Nymphes retirent de l'eau le corps inanimé de Psyché, Psyché chez les bergers, Psyché défaille de frayeur devant Vénus, et Psyché ravie au ciel par l'Amour.

La petite chambre à coucher de la princesse où celle-ci couchait effectivement est située dans le bâtiment ajouté par Boffrand. Elle communique avec le salon par une porte dissimulée dans la boiserie et avec la chambre de parade par une porte sous tenture. Les quatre dessus-de-porte proviennent d'une salle de compagnie dans les appartements des enfants du prince aujourd'hui détruits dans lesquels figurent par exemple l'amitié de Castor et Pollux (van Loo, 1738). Sont également placés sur les murs plusieurs autres dessus de porte de François Boucher, Carle van Loo et Jean Restout provenant d'appartements démolis[10].

Les deux dernières salles sont la salle du Dais et la salle Empire.

L'ancienne salle du Dais de la princesse a conservé sa corniche armoriée portant les initiales « RH » des Rohan-Soubise. Cette pièce est aujourd'hui consacrée à des présentations temporaires de documents d'archives.

La salle dite « Empire » à quant à elle été créée au XIXe siècle à l'emplacement de plusieurs pièces des appartements privées de la princesse. Meublée en 1882 de placards en chêne à l'instar des rayonnages des Grands dépôts, cette salle d'abord destinée à l'exposition de différents objets historiques, devient galerie permanente d'exposition en 1939 pour les documents du Premier Empire.

Des scènes du film Marie-Antoinette de Sofia Coppola y ont été tournées[11], afin de simuler les salons du Château de Versailles.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Dossier de presse de l'exposition L’Italie à la cour de France - Primatice, maître de Fontainebleau, 1504 -1570, Paris, musée du Louvre, 25 septembre 2004 - 3 janvier 2005.
  2. Philippe Béchu, Christian Taillard, Les hôtels de Soubise et de Rohan-Strasbourg, Centre historique des archives nationales, , p. 276
  3. Ordres croissants en importance et en majesté au fur et à mesure des étages.
  4. Ce péristyle est à cette époque surmonté d'une toiture plate (désormais remplacée par une en appentis, moins sujette aux infiltrations) qui servait de promenade en hauteur. Il forme deux volumes de part et d'autre du portail, servant de logements aux gardes.
  5. Les deux écussons « sont disposés l'un à côté de l'autre sur un manteau ducal qui se déploie lui-même sur un champ de couleur rouge, semé de croix de Lorraine et d'un chiffre où l'on distingue une H couronnée avec deux C en forme de croissants ». Source : Charles Victor Langlois, Les hôtels de Clisson, de Guise & de Rohan-Soubise au Marais, J. Schemit, , p. 5.
  6. Médaillons composées au XIXe siècle par Jean-Antoine Letronne, garde général des archives du royaume de 1840 à 1848, afin de commémorer l'origine de cet édifice. Celui de droite est l'armoirie du connétable, un lion vermeil au champ d'argent. Celui de gauche représente un heaume ailé.
  7. Lucien Lambeau, « Sur le portail gothique de l'ancien hôtel du connétable de Clisson aux Archives nationales », dans La Cité, octobre 1919, p. 310-315
  8. Yvonig Gicquel, Olivier de Clisson, connétable de France ou chef de parti breton ?, Jean Picollec, , p. 163
  9. Alexandre Gady, Les hôtels particuliers de Paris : du Moyen-Âge à la Belle Époque, Parigramme, , p. 75
  10. L'Hôtel de Soubise sur Structurae.
  11. « L’hôtel de Soubise - MARIE-ANTOINETTE », sur www.parisfaitsoncinema.com (consulté le 23 mai 2016)

Annexes[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Sabine Meuleau et Régis Lapasin, Les Archives nationales : le quadrilatère du Marais, Paris, Centre des monuments nationaux et Archives nationales (collection "Itinéraires du patrimoine"), 2013
  • Archives nationales, Hôtel de Soubise et grands dépôts, livret de visite, mai 2012, 35 p.
  • Claire Béchu (dir.), Les Archives nationales, des lieux pour l'histoire de France : bicentenaire d'une installation (1808-2008), Paris, Somogy & Archives nationales, 2008, 384 p. (ISBN 978-2-7572-0187-9)
  • Philippe Béchu & Christian Taillard, Les Hôtels de Soubise et de Rohan, Paris, Somogy, 2004, 488 p. (ISBN 2-85056-796-5)
  • Jean-Pierre Babelon, Du palais de Soubise au CARAN : le siège des Archives nationales, Paris, Archives nationales, 1988, 47 p. (ISBN 2-86000-139-5)
  • Jean-Pierre Babelon, Musée de l'Histoire de France, Histoire et description des bâtiments des Archives nationales, Paris, Imprimerie nationale, 1969, 101 p.
  • Charles-Victor Langlois, Les hôtels de Clisson, de Guise & de Rohan-Soubise au Marais, Librairie Jean Schemit, Paris, 1922, 314 p. Lire en ligne.

Liens externes[modifier | modifier le code]

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