Bataille d'Agueddin

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Bataille d'Agueddin

Informations générales
Date 10-12 décembre 1847
Lieu Agueddin, Maroc
Issue
  • Abd el-Kader quitte le Maroc
  • Échec de la tentative marocaine d'appréhender Abd el-Kader
Belligérants
Royaume du MarocFlag of the Emirate of Mascara.svg État d'Abdelkader
Commandants
Mouley Mohammed
Mouley-Soliman
Abdelkader ibn Muhieddine
Qaid Mohammed Ibn Yahya
Forces en présence
36,000[1]-50,000 soldats1200 Fantassins

800-1000 Infanterie

Totale : ~2200 Soldats
Pertes
inconnues~200 morts

Conquête de l'Algérie par la France

La bataille d'Agueddin, qui oppose, le 10 décembre 1847 les troupes du Sultan du Maroc Abderrahmane ben Hicham sous le commandement de ses deux fils Moulay-Mohammed et Moulay-Soliman face à l'armée d'Abd el-Kader, dans le contexte de la conquête de l'Algérie par la France.

Contexte historique[modifier | modifier le code]

À la suite du Traité de Tanger (1844), l'émir est déclaré hors la loi dans toute l'étendue de l'Empire du Maroc aussi bien qu'en Algérie. L'émir, voulant éviter une guerre avec le sultan du Maroc, envoie son khalifa le plus fiable; Bou Hamidi à Fès afin de pouvoir négocier. À ce temps-là, la plupart des khalifas d'Abdel-Kader avaient été tués ou capturés. Bou Hamedi arriva au palais du souverain marocain et réclama un accueil selon les rites sacrés de réception. Au nom de l'amitié et de la religion, il évoqua les souvenirs du passé. Moulay Abd-er-Rahman le fait jeter en prison, On dit qu'il a été forcé à boire du poison[2], il meurt peu de temps après son emprisonnement.

Après une première bataille contre les armées du sultan Marocain en juillet 1847, la smala d'Abdel-Kader se trouve à Agueddin sur la rive gauche de la Moulouya[3].

Déroulement des opérations[modifier | modifier le code]

Le 9 décembre 1847, l'émir entend des rumeurs qu'une armée marocaine avançait vers sa position à grande vitesse. Le 10 décembre Abdel-Kader obtient la confirmation que les deux fils du sultan Abd-er-Rahman étaient à la forteresse de Selouane[4], à seulement 3 heures de là où se trouvait la smala.

L'armée Marocaine est composée de 50,000 hommes repartis en 3 divisions, séparés de presque 1 km les unes des autres. Voyant cette force avancer vers son campement de 5000 personnes, Abdel-Kader savait que sa smala allait être inévitablement capturée s'il n'agissait pas. D'un côté, il ne disposait que d'une force légère, incapable de faire face à de telles nombres, mais un sentiment d'honneur et de vengeance le convint à tenter un effort désespéré.

Le 11 décembre il rassembla ces 1200 fantassins et 800 troupes d'infanterie et leur informa de se préparer à le suivre sur le champ de bataille durant la nuit. Abdel-Kader charge ces soldats de couvrir deux chameaux entièrement avec du halfa ayant été trompé préalablement dans du goudron[3]. Aussitôt qu'il y met feu, les deux bêtes se précipitent vers le campement marocain, suivi de coups de feu de l'infanterie algérienne. La cavalerie, avec à sa tête Abdel-Kader, charge le camp ennemi.

Pendant ce temps-là, Abdel-Kader et sa cavalerie poursuivent leur charge et s'apprêtent à rentrer en collision avec la deuxième division de l'armée marocaine, qui est aussi terrifié, vaincu et dispersé que la première. En moins de trente minutes, ils atteignent la troisième division marocaine. Avertie par les bruits venant du front de l'armée, les deux princes Marocains eurent le temps de préparer quelques réguliers afin de les défendre. Abdel-Kader avait l'intention d'attaquer leurs tentes et d'en faire des prisonniers.

À midi, 5 000 cavaliers Marocains avancèrent vers sa position. Abdel-Kader attend avec patience leur approche et, lorsqu'ils arrivent à une distance convenable, se met à la tête de son armée et mène l'attaque.

Suites et conséquences[modifier | modifier le code]

Jamais la smala d'Abdel-Kader n'a été dans un aussi grand danger, les munitions étaient épuisées - et les munitions récupérées des Marocains ne correspondaient pas à celles de leur fusil. Malgré le fait que ses ennemies continuent à harceler son armée après la traversée de la Moulouya, Abdel-Kader refuse de quitter ces rives jusqu'à ce que sa smala soit à une heure d'avance par rapport à lui, sur les plaines de la Triffa. Beaucoup d'hommes perdirent la vie ou se retrouvèrent blessés lors d'un accrochage sur les rives de la Moulouya. Parmi eux, le Qaid Mohammed Ibn Yahya, surnommé "El Sheitan" (Le Diable) après tant d'exploits et de nombreuses batailles, trouve la mort[3]. Vers minuit, la Smala atteint l'oued Kiss, et cesse d'être agacé par les troupes marocaines. Ils étaient sur le territoire français.

De tous les hommes, femmes, enfants et animaux, aucun n'a perdu la vie. C'est grâce au génie d'Abdel-Kader et de son courage que la smala n'a pas connu de pertes. De ces hommes dévoués, qui l'ont suivi sur le champ de bataille, environ 200 ont péri[3]. Le reste de ces soldats souffraient plus ou moins de quelques blessures. Abdel-Kader lui-même ayant perdu 3 chevaux.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Alexandre Bellemare, Abd-el-Kader, sa vie politique et militaire, Paris, Hachette, , 462 p. (lire en ligne), p. 307
  2. (en) Elsa Marston, The Compassionate Warrior : Abd El-Kader of Algeria, Indiana , USA, World Wisdom Inc, , 162 p. (lire en ligne), p. 63
  3. a b c et d (en) Charles Henry Churchill, The Life of Abdel Kader, Ex-sultan of the Arabs of Algeria : Written from His Own Dictation, and Comp. from Other Authentic Sources, Londres, Chapman and Hall, , 331 p. (lire en ligne), p. 261
  4. (ar) أمير معسكر محمد باشا الجزائري, كتاب تحفة الزائر في مآثر الامير عبد القادر واخبار الجزائر, Alexandrie,‎ , 333 p., p. 321