Warren Gamaliel Harding

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Warren G. Harding
Image illustrative de l'article Warren Gamaliel Harding
Fonctions
29e président des États-Unis

&&&&&&&&&&&&08812 ans, 4 mois et 28 jours
Élection
Vice-président Calvin Coolidge
Prédécesseur Woodrow Wilson
Successeur Calvin Coolidge
Biographie
Date de naissance
Lieu de naissance Blooming Grove, Ohio
Date de décès (à 57 ans)
Lieu de décès San Francisco, Californie
Nationalité Américain
Parti politique Parti républicain
Conjoint Florence Harding
Diplômé de Ohio Central College
Profession Éditeur
Religion Baptisme

Signature

Warren Gamaliel Harding
Présidents des États-Unis

Warren Gamaliel Harding, né le et mort le , est le vingt-neuvième président des États-Unis. Élu en novembre 1920 pour un mandat de quatre ans à partir de mars 1921, il meurt avant de pouvoir le terminer en 1923.

Élu sur un programme conservateur, il freine les réformes progressistes de ses prédécesseurs. Son mandat sera surtout marqué par une série de scandales qui impliqueront son gouvernement et ses amis.

Biographie[modifier | modifier le code]

Warren Gamaliel Harding naît le à Blooming Grove, dans l'État de l'Ohio. Ses parents, George Harding et Phoebe Dickerson sont tous deux médecins, sa mère ayant elle aussi obtenu le titre, rare à cette époque, grâce à son expérience de sage-femme. Il est l'aîné de six enfants et ses héros d'enfance sont Alexander Hamilton et Napoléon. Après ses études secondaires au « Central College » de l'Ohio, il commence à travailler et finit, à 19 ans, par racheter un journal local dont il est rédacteur pendant les cinq années suivantes.

À l’âge de 24 ans, Harding est sujet à une dépression nerveuse et il passe plusieurs semaines dans un hôpital psychiatrique. Deux ans plus tard, il épouse Florence « Flossie » Mabel Kling DeWolfe, âgée de trente ans, divorcée et mère d’un enfant. Florence avait hérité l’entêtement et le sens des affaires de son père et avait poursuivi Warren de ses ardeurs jusqu’à obtenir satisfaction. Son père était opposé au mariage et n’adressa pas la parole au couple pendant plusieurs années. Leur mariage n’est pas un exemple de passion amoureuse, Harding prêtant plus d’attention au poker et aux autres femmes qu’à la sienne.

Warren Harding est initié à la franc-maçonnerie en 1901, mais du fait de certaines inimitiés personnelles son avancement au sein de sa loge sera retardé jusqu'à sa nomination à la candidature présidentielle en 1920[1],[2].

Carrière politique[modifier | modifier le code]

Son influence en tant qu’éditeur de journal lui permet d’être élu au Sénat américain en 1899, puis lieutenant-gouverneur de l’Ohio (1903-1905). Dans les deux cas, ses états de service passent relativement inaperçus et il retourne à une vie normale en 1905.

Il se présente de nouveau au Sénat en 1914 et reste sénateur jusqu’en 1921, devenant ainsi le premier sénateur en fonction à être élu président des États-Unis.

Comme au cours de son premier mandat, il ne se distingue pratiquement que par ses absences lors des deux-tiers des votes à main levée dont celui du XIXe amendement donnant le droit de vote aux femmes.

L’élection de 1920[modifier | modifier le code]

W. Harding était quasiment inconnu hors de son État et il n’obtient la nomination en tant que candidat du Parti républicain que grâce aux manœuvres de ses amis, en particulier les magnats du pétrole Harry Ford Sinclair et Edward L. Doheny qui corrompent les délégués à la convention républicaine de juin 1920, « afin de leur faire désigner un improbable candidat, qui se traîne en queue de peloton parmi les candidats républicains »[3]. Questionné sur son passé pour s’assurer qu’il n’existait pas un épisode malencontreux que ses concurrents pourraient utiliser contre lui, Harding répond non à tout alors que ses études supérieures sont limitées, qu’il a souffert d’une dépression et passé plusieurs années en psychiatrie, que ses relations avec son épouse sont difficiles (il l’appelle « la duchesse »), qu’il était pendant longtemps l’amant de la femme d’un de ses amis et qu’il buvait de l’alcool pendant la Prohibition. L’opposition déterrera ces problèmes pendant sa présidence.

Le candidat démocrate aux élections de 1920, est le gouverneur de l’Ohio, James M. Cox (dont le colistier est Franklin Delano Roosevelt). En fait, ces élections sont un référendum sur la continuation ou non de la politique progressiste de Woodrow Wilson. Le programme d’Harding, de « retour à la normale », est isolationniste, centré sur les Américains de souche et sur la non-intervention de l’État fédéral dans les affaires intérieures.

Pendant la campagne électorale, la rumeur prétend que le trisaïeul de W. Harding est un noir des Caraïbes et que d’autres noirs se cachent dans son arbre généalogique. En réponse, le responsable de sa campagne annonce que « Aucune famille de l’État de l’Ohio n’a un passé aussi clair et honorable que les Harding, des pionniers aux yeux bleus et au sang pur issus de la Nouvelle-Angleterre et de la Pennsylvanie ». En privé, W. Harding admettra toutefois la possibilité qu’un de ses ancêtres ait pu franchir la barrière des couleurs.

W. Harding est élu très facilement. Dans l'ensemble, son programme, basé sur le "retour à la normale" (sous-entendu, à l'isolationnisme après les ingérences de Woodrow Wilson dans la politique européenne), recueille l'adhésion d'une opinion publique qui n'a pas apprécié l'interventionnisme américain durant la Première Guerre mondiale. Eugene V. Debs, le candidat du Parti socialiste, en prison pendant le vote, obtient quant à lui 3 % des suffrages.

Candidat Parti Vote populaire  % Collège électoral
Warren G. Harding Républicain 16 133 314 60,3 404
James M. Cox Démocrate 9 140 884 34,2 127

Présidence[modifier | modifier le code]

1921[modifier | modifier le code]

Première réunion du cabinet Harding en 1921.

4 mars : investiture de Warren G. Harding en tant que vingt-neuvième président des États-Unis.

19 mai : Harding signe une loi restreignant l’immigration annuelle en fonction de la nationalité. Cette loi gêne l’immigration en provenance des pays d’Europe du Sud et d’Europe centrale.

27 mai : Harding et le Congrès votent une loi pour augmenter les droits de douane afin de protéger l’économie.

31 mai : Harding nomme Albert Fall, sénateur du Nouveau-Mexique, au poste de secrétaire à l’Intérieur. Alors que l'administration démocrate du président Woodrow Wilson refusait toutes leurs demandes de concessions pétrolières[3], Fall transfère par décret le contrôle des réserves de pétrole de la Marine à l’Intérieur. L'exploitation de ces champs pétrolifères est sous-traitée à des compagnies pétrolières industriels dont Fall reçoit un prêt à taux zéro de 100 000 $. C’est le début du scandale du Teapot Dome, du nom d'un de ces champs pétrolifères, dans le Wyoming. Le scandale durera plus de deux ans.

2 juillet : Harding signe une résolution déclarant officiellement la fin de la guerre avec l’Allemagne. La question de la réparation des dommages de guerre n’est pas réglée.

23 novembre : Harding signe une loi interdisant aux médecins de prescrire de la bière ou des spiritueux pour soigner un malade ainsi qu’une loi finançant les soins prénataux.

11 novembre : le président Harding inaugure la Tombe du soldat inconnu au cimetière national d’Arlington. Elle contient le corps d’un soldat américain non identifié prélevé dans un cimetière français.

1922[modifier | modifier le code]

26 mai : Harding signe la loi créant le Bureau fédéral de contrôle des substances narcotiques.

14 juin : Harding est le premier président à prononcer un discours radiodiffusé.

1923[modifier | modifier le code]

10 janvier : Harding signe le décret mettant fin à l’occupation américaine en Allemagne.

20 juin : Harding entame avec son épouse un voyage à travers le pays pour expliquer sa politique et tenter de ramener la confiance malgré les scandales qui éclatent quasi quotidiennement dans la presse.

2 août : Harding est victime d’une pneumonie pendant le voyage de retour d’Alaska vers San Francisco. Il meurt dans sa chambre d’hôtel. Dans le climat de scandales à répétition qui entoure le président et son gouvernement, certains[Qui ?] pensent qu’il a été empoisonné, mais aucune preuve ne viendra étayer cette rumeur.

Politique étrangère[modifier | modifier le code]

En raison de la brièveté de son mandat et de son manque d’intérêt pour la politique étrangère, Harding n’a laissé aucune marque dans ce domaine. Il laisse la main à son ministre des affaires étrangères (Charles Evans Hughes) qui négocie, à la conférence navale de Washington de 1921-1922, une limitation des flottes militaires en vue de réduire les tensions existantes entre les États-Unis, la Grande-Bretagne et le Japon dans le Pacifique.

Politique intérieure[modifier | modifier le code]

La politique de son gouvernement est celle du laissez-faire et il reste peu de souvenirs de son action ; on lui doit toutefois la création du « Bureau du Budget », ce qui accroît les pouvoirs du président en lui donnant la responsabilité du budget fédéral global plutôt que ministère par ministère.

En fait, W. Harding préfère jouer au golf et au poker deux fois par semaine et, bien qu’ayant voté en faveur de la Prohibition quand il était sénateur de l’Ohio, il maintient à la Maison-Blanche un bon stock d’alcools de contrebande. Il assiste régulièrement aux matchs de baseball.

Politique concernant les droits civiques, les minorités et l’immigration[modifier | modifier le code]

Harding revient à une politique plus isolationniste et nationaliste. La loi instaurant des quotas d’immigration en fonction de la nationalité favorise les pays d’Europe anglo-saxonne au détriment de ceux de l’Est et du Sud.

L’économie de guerre a permis aux femmes d’acquérir des positions qui leur étaient jusque là interdites. Elles ont voté, pour la première fois, aux élections de 1920 et deviennent une force politique à qui il faut faire des concessions d’où le passage de lois sur les soins prénataux, par exemple.

La minorité Noire reste défavorisée. Au retour de la guerre les Noirs, en particulier au Sud, ne veulent pas reprendre « leur place ». Beaucoup d’entre eux émigrent vers le Nord qui, s’il n’est pas égalitaire, ne pratique pas ouvertement la discrimination.

Politique partisane[modifier | modifier le code]

Scandales Une fois élu, W. Harding nomme de nombreux alliés et amis aux plus hautes fonctions politiques. Connus sous le nom de « gang de l’Ohio », certains d’entre eux profitent de leurs pouvoirs pour voler le gouvernement. La corruption est endémique dans le gouvernement Harding sans qu’on sache exactement si ce dernier était réellement au courant des agissements illégaux de ses amis. L’un des plus célèbres scandales est celui du Teapot Dome qui choquera les Américains bien des années encore après la mort de Harding. Ce scandale impliquait le ministre de l’Intérieur (Albert B. Fall) qui fut finalement reconnu coupable d’avoir concédé des terres fédérales à des intérêts privés en échange de prêts personnels. En 1931, Fall devient le premier membre d’un gouvernement à être envoyé en prison. On compte aussi Charles R. Forbes, ami du président nommé à la tête du Bureau des anciens combattants, arrêté pour fraude et envoyé huit mois en prison.

Il n’existe pas de preuve démontrant l’implication de W. Harding dans ces affaires, mais il ne semble pas qu’il ait pu les en empêcher. Harding dira : « Mon Dieu, ce boulot est infernal ! Je n’ai pas de problèmes avec mes ennemis, mais ce sont mes fichus amis qui me rendent insomniaque ».

Décès[modifier | modifier le code]

En juin 1923, Harding parcourt les États-Unis pour un « voyage de compréhension » (de communication en d’autres termes) afin de rencontrer l’Américain moyen et lui expliquer sa politique. Il devient le premier président américain à visiter l’Alaska. À la fin de juillet, au retour d’Alaska, W. Harding développe une pneumonie en arrivant au Palace Hotel de San Francisco et meurt dans la matinée du , âgé de 57 ans. Les médecins militaires émirent l’hypothèse d’une crise cardiaque, mais Mme Harding refusa l’autopsie d’où les rumeurs d’attentat. Le vice-président Calvin Coolidge lui succède.

Le corps de W. Harding fut rapatrié à la Maison-Blanche en l’attente de funérailles nationales.

Un livre de 1931 appelé « La mort étrange du Président Harding » (d'après les souvenirs et le journal de Gaston B. Means et écrit par Dixon Thacker May) émit l’idée qu’il y avait de nombreuses personnes, y compris sa femme, qui auraient pu vouloir assassiner le président, mais rien ne fut jamais prouvé.

Anecdotes[modifier | modifier le code]

Relations extra-conjugales[modifier | modifier le code]

Pendant des années, la rumeur persiste sur les relations extra-conjugales du président, mais ce n’est qu’en 1963 qu’un auteur découvre les lettres d’amour qu’il a envoyées à la femme de son ami, sa maîtresse pendant quinze ans. Carrie Fulton Phillips avait dix ans de moins que W. Harding. À partir de 1915, elle tente de le convaincre de quitter sa femme et, devant son refus, elle quitte son mari et part vivre à Berlin avec sa fille. Comme les États-Unis s’apprêtent à participer à la Première Guerre mondiale, elle revient aux États-Unis où la liaison reprend de plus belle. Harding est alors sénateur de l’Ohio et le vote sur l’entrée en guerre contre l’Allemagne se profile.

Carrie le menace de révéler leur liaison à l’opinion publique s’il vote pour la déclaration de guerre. Il ne cède pas et elle ne dira rien. Lorsque W. Harding se présente à l’élection présidentielle de 1920, le parti républicain n’est pas au courant du problème. Il est trop tard pour changer de candidat et, afin d’éviter un scandale, le parti paye plus de 50 000 $ et envoie Carrie et sa famille en voyage au Japon. Elle recevra ensuite une allocation mensuelle, devenant ainsi la seule personne connue pour avoir réussi un chantage contre un des partis politiques majeurs.

En même temps que Carrie Phillips, il semble que W. Harding eût une autre liaison avec Nan Britton, une jeune femme de 30 ans de moins que lui. Selon Nan, ils auraient conçu leur fille dans son bureau du Sénat en janvier 1919. Harding ne rencontra jamais sa fille mais il versa de grosses sommes au titre de sa pension alimentaire. Selon la rumeur; Harding et Britton continuèrent leur liaison pendant sa présidence, utilisant une petite pièce près du bureau ovale pour être tranquilles. Après la mort de Harding, Britton tenta sans succès d’obtenir une part de l’héritage et elle publia un livre, La fille du Président (The President’s Daughter), qui dévoile tout.

Hommages[modifier | modifier le code]

Les historiens[Lesquels ?] ont l’habitude de considérer Harding comme le pire président de l’histoire américaine à cause de la corruption qui régnait dans son administration. Cependant, avec le temps, la vision qu'ont les historiens de Warren Harding évolue et son image paraît moins négative aujourd'hui. Il n'a aucune responsabilité juridique dans les scandales qui ont terni sa présidence. En fait, sa mort prématurée l'a empêché de donner la juste mesure de ses talents politiques[réf. souhaitée].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Grand Lodge of Minnesota, « Presidents of the United States who were masons » (consulté le 25 juillet 2011)
  2. « Warren Harding - Free mason », Short talk buletin,‎ Septembre 1923 (consulté le 25 juillet 2011)
  3. a et b « Le pétrole, le président et les voyous », Le Monde, 7 août 2013

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Liens externes[modifier | modifier le code]