Robert Taft

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Robert Taft
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Robert Alphonso Taft (8 septembre 1889 à Cincinnati - 31 juillet 1953 à New York) était un homme politique américain, membre du Parti républicain, sénateur de l'Ohio au Sénat des États-Unis de 1939 à 1953 et candidat aux primaires présidentielles du Parti républicain en 1940, 1948 et 1952.

Une illustre famille[modifier | modifier le code]

Robert Taft est le petit-fils de l'Attorney General et secrétaire à la guerre, Alphonso Taft, et le fils du président William H. Taft.

Il passa quatre ans aux Philippines pendant son enfance alors que son père y était gouverneur.

Diplômé en droit de Yale et de Harvard, il commence une carrière d'avocat à Cincinnati en Ohio.

Le 17 octobre 1914, Robert Taft épouse Martha Wheaton Bowers avecd laquelle il aura 4 enfants dont Robert Taft Jr (1917-1993), futur sénateur, Horace Dwight Taft, futur professeur en physiques à Yale et William Howard Taft III (1915-1991), futur ambassadeur américain. L'un de ses petits fils, Bob Taft, sera gouverneur de l'Ohio de 1999 à 2007.

Carrière publique[modifier | modifier le code]

Réformé de l'armée à cause de sa mauvaise vue, Robert Taft rejoint en 1917 l'équipe juridique de la Food and Drug Administration où il fait la connaissance de Herbert Hoover.

En 1918-1919, Robert Taft est à Paris comme conseiller juridique de l'administration chargé de la distribution de nourriture dans l'Europe d'après guerre. C'est à cette époque qu'il devient un inlassable détracteur de la bureaucratie dont il dénonce les lenteurs et les carences au détriment des droits individuels des citoyens. Il s'oppose ainsi à la SDN et aux hommes politiques européens dans lesquels il n'a aucune confiance. Il soutient par contre l'idée d'une cour de justice internationale.

En 1919, de retour en Ohio, Robert Taft ouvre un cabinet juridique avec son frère, Charles Phelps Taft II.

En 1920, Robert Taft est élu à la chambre des représentants de l'Ohio dont il devient le Speaker en 1926.

En 1930, il est élu au Sénat de l'État de l'Ohio puis est battu en 1932. Il est à l'époque considéré comme un progressite qui a réformé les lois fiscales de l'état, s'est opposé au Ku Klux Klan et à la prohibition.

En 1938, Taft est élu au Sénat des États-Unis. Il tisse des alliances avec les Démocrates du Sud pour batir une coalition conservatrice opposée au New Deal du président Franklin D. Roosevelt. Il perçoit le New Deal comme une idéologie socialiste, favorisant la bureaucratie et les déficits et entreprend de tenter de réduire de nouveau l'intervention de l'état dans l'économie. Son programme conservateur s'en prend aussi à la sécurité sociale, préconise une défense nationale forte mais s'oppose à la conscription tout en préconisant la non-intervention dans les conflits européens, notamment durant les années 1939-1941. Après Pearl Harbor, il prend position en faveur de la déclaration de guerre au Japon. Taft est réélu en 1944 et 1950 en étant devenu le symbole des paléoconservateurs du Parti républicain.

En 1940, il se présente aux primaires républicaines pour l'élection présidentielle mais est battu par le charismatique et modéré Wendell Willkie.

Portrait de Robert Taft au Congrès

Condamnation du procès de Nuremberg[modifier | modifier le code]

Taft condamna le procès de Nuremberg comme justice des vainqueurs (en) rétroactive, dans laquelle les gens qui avaient gagné la guerre étaient procureurs, juges et victimes présumées à la fois. Taft condamna le procès en tant que violation des principes les plus élémentaires de la justice américaine et des standards acceptés internationalement[réf. nécessaire] à la faveur d'une version politisée de la justice, dans laquelle les procédures judiciaires devenaient une excuse pour exercer une vengeance à l'encontre des vaincus[1]. Son opposition au procès fut fortement critiquée par les républicains et les démocrates à la fois et est parfois avancée comme étant la principale raison de son échec à obtenir la nomination républicaine pour l'élection présidentielle. D'autres observateurs, comme le sénateur John F. Kennedy dans son livre à succès Profiles in Courage (en)[2], applaudirent à la position de principe de Taft prise malgré l'importante adversité bipartisane.

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En 1946, le Congrès bascule du côté républicain et Taft prend la présidence de la commission sénatoriale sur le travail. Il est le coauteur de la loi Taft-Hartley, passée outre un veto présidentiel, qui demeure en 2006 la base des relations sociales entre employeurs et salariés, notamment vis-à-vis du droit de grève et de blocus.

En politique étrangère, Taft reprit ses positions isolationnistes, y compris face au danger communiste représenté par l'URSS de Joseph Staline dont il déclare ignorer la menace. Pour lui, le réel danger reste l'état omnipotent, bureaucrate, dépensier et interventionniste. Il soutint cependant la doctrine Truman, approuvant avec réserve le plan Marshall. Il s'oppose à la formation de l'OTAN qu'il considère comme inutilement provocateur et condamne l'engagement des États-Unis dans la guerre de Corée.

En 1948, Taft tente encore d'obtenir l'investiture des républicains à l'élection présidentielle mais le gouverneur Thomas Dewey lui est préféré. Il est de nouveau candidat en 1952 mais doit s'effacer devant Dwight Eisenhower.

En 1953, Taft devient le leader de la majorité républicaine au Sénat. En avril, on lui diagnostique un cancer et décède le 31 juillet 1953.

Il est enterré au cimetière épiscopal de la colline des indiens à Cincinnati.

En 1957, une commission sénatoriale dirigée par John F. Kennedy le sélectionne comme l'un des cinq sénateurs ayant l'honneur d'avoir leur portrait accroché dans la salle présidentielle du Sénat.

Mémorial[modifier | modifier le code]

Un mémorial dédié à Robert A. Taft est situé près du building du Capitole à Washington, D.C.. En 1959, le Sénat le distingua comme l'un des cinq plus grands sénateurs de l'histoire américaine.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Walter Ruch, « Taft Condemns Hanging for Nazis as Unjust Verdict », The New York Times,‎ 1946-10-06, p. 1 (lire en ligne)
  2. (en) John F. Kennedy, Profiles in Courage, « Chapter 9: Robert A. Taft »