Boulevard Saint-Laurent

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45° 31′ 28″ N 73° 35′ 46″ O / 45.5245477, -73.59613 ()

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Boulevard Saint-Laurent

Orientation Nord/sud[1]
Débutant Rue de la Commune
Finissant Avenue Somerville
Longueur 11 km
Désignation Vers 1720
Autrefois Rue Saint-Lambert
Entre la rue Prince-Arthur et la rue Duluth
Dès les premiers jours de l'été, le boulevard devient un grand marché à ciel ouvert[2]

Le boulevard Saint-Laurent, aussi connu sous le nom de « la Main » (rue principale), est une importante rue commerciale à Montréal (Canada) perpendiculaire au fleuve Saint-Laurent et qui coupe transversalement l'île de Montréal en deux.
Il fut le foyer d'accueil de nombreux immigrants qui s'y installèrent et y fondèrent de multiples petits commerces ainsi que des restaurants.

Toponyme[modifier | modifier le code]

La Commission de toponymie du Québec écrit à son propos : « Ouverte vers 1680 sur un fief concédé par Maisonneuve (1612-1676) à Lambert Closse (1618-1662) en 1658, cette rue fut nommée Saint-Lambert en mémoire du vaillant Lambert Closse, sergent-major, tué à 44 ans en défendant Montréal, en 1662. En 1720, le village de Saint-Laurent fut fondé; un chemin, connu comme le chemin Saint-Laurent, relia la ville par une porte percée dans les fortifications. Cette ouverture porte le même nom que celui du chemin. Le 7 mai 1792, une proclamation du gouvernement du Bas-Canada agrandit le territoire administratif de la ville et, par la même occasion, divisa la ville en deux quartiers, est et ouest, délimités par la rue Saint-Laurent. Le 3 octobre 1905, une résolution du conseil municipal officialisa le nom de boulevard Saint-Laurent pour la longue voie que forment la rue Saint-Lambert (de Notre-Dame à Saint-Jacques), la côte Saint-Lambert (de Saint-Jacques à Craig) et la rue Saint-Laurent, qui se rend jusqu'aux limites nord de la ville. À la même date, un règlement confirme que cette voie divise désormais le territoire de la ville en deux sections : l'est et l'ouest. Ce règlement est à l'origine de la numérotation actuelle. Enfin, en 1914, les religieuses de la congrégation de Notre-Dame, autorisèrent la ville de Montréal à prolonger le boulevard Saint-Laurent jusqu'au fleuve lorsqu'elles cédèrent une partie de leur terrain, au sud de la rue Notre-Dame, et que l'on démolit les bâtiments qui s'y trouvèrent encore, dont la chapelle Notre-Dame-de-Pitié. Dès lors, le boulevard Saint-Laurent traverse toute la largeur de l'île de Montréal, du quai King Edward, dans le port, au parc Nicolas-Viel, sur le bord de la rivière des Prairies[3]. »

Histoire[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Ancien quartier juif de Montréal.

Le boulevard Saint-Laurent est la plus vieille artère à avoir été développée vers le nord à partir des anciennes fortifications, et le plus important axe transversal de l'île de Montréal. Cette voie, créée à l'intérieur des murs de la ville en 1672 sous le nom de « rue Saint-Lambert », devient, au-delà de la porte Saint-Laurent et des murs d'enceinte, le chemin qui mène à la campagne. La rue se poursuit en direction nord par un chemin jusqu'à la paroisse de Saint-Laurent, fondée en 1720,

En 1792, pour des fins électorales, une ordonnance délimite pour la première fois la ville de façon précise. Le territoire englobe un vaste carré compris entre le fleuve et les actuelles rues Atwater, Duluth et Frontenac. À cette époque déjà, les deux tiers de la population résident hors de la ville fortifiée, dans les faubourgs, et ceux-ci sont intégrés dans le nouveau territoire de la ville. Le faubourg Saint-Laurent, au nord, est le quartier le plus populeux et celui qui croît le plus rapidement.

On en profite alors pour diviser Montréal en ses deux quartiers Est et Ouest séparés par la rue Saint-Laurent, et dès cette époque les habitants commencent à s’identifier à l’un ou à l’autre quartier. Il n’y a pas encore de séparation ethnique; elle commencera avec le quartier irlandais de Sainte-Anne, après 1825.

Tout au long du XIXe siècle, la bourgeoisie anglophone migre vers le nord-ouest de la vieille ville, la petite bourgeoisie francophone vers le nord, les ouvriers vers l’est et le sud-ouest, alors que les nouveaux arrivants s'installent dans le corridor central, dans l'axe de la rue Saint-Laurent. Les quelques rues à l'est accueillent les nouveaux arrivants francophones et les quelques rues à l'ouest, les immigrants anglophones. À la même époque, l'industrie du textile se déplace lentement vers le nord, le long de cette rue.

C'est en 1905 que le Conseil municipal de la Ville de Montréal donne officiellement le nom de « boulevard Saint-Laurent » à l'ensemble de cette voie. On confirme à cette époque que le nouveau boulevard sert de frontière entre l’est et l’ouest de la ville, décision qui sera à l’origine de la numérotation civique actuelle. En effet, les numéros civiques commencent avec ce boulevard et augmentent vers l'Est et vers l'Ouest. Les noms des rues prennent le suffixe Est ou Ouest selon leur orientation.

En 1908, la Congrégation Notre-Dame déménage à l’angle Sherbrooke et Atwater. Son couvent de la rue Notre-Dame qui bloquait la rue Saint-Laurent vers le sud sera démoli en 1911 pour permettre le prolongement de la rue jusqu’au fleuve.

Entre les rues de la Commune et Saint-Paul du côté ouest, le mur mitoyen de la maison Elizabeth-Mittleberger-Platt témoigne du sectionnement du pâté de maisons[4]. À gauche, une photo prise en 1934. Entre les rues de la Commune et Saint-Paul du côté ouest, le mur mitoyen de la maison Elizabeth-Mittleberger-Platt témoigne du sectionnement du pâté de maisons[4]. À gauche, une photo prise en 1934.
Entre les rues de la Commune et Saint-Paul du côté ouest, le mur mitoyen de la maison Elizabeth-Mittleberger-Platt témoigne du sectionnement du pâté de maisons[4]. À gauche, une photo prise en 1934.


À partir du milieu des années 1920 et jusqu'au début des années 1960, le boulevard Saint-Laurent abritera plusieurs cabarets montréalais de variétés dont le plus célèbre demeure Au Faisan Doré.

Le boulevard Saint-Laurent reste aujourd'hui une division symbolique entre les communautés anglophone et allophone, à l'Ouest, et la francophone, à l'est. Dans les faits cependant, cette séparation n'existe pratiquement plus ; des gens de tous les groupes linguistiques habitent maintenant des deux côtés, bien que les principaux quartiers anglophones soient toujours situés à l'ouest.

Le boulevard Saint-Laurent est reconnu comme un lieu historique national du Canada en 1996[5].

Quartiers contemporains traversés[modifier | modifier le code]

Le boulevard Saint-Laurent est une artère commerciale qui donne dans tous les styles, du très branché aux commerces ethniques spécialisés.

Le boulevard Saint-Laurent commence au sud à la rue de la Commune qui longe le fleuve Saint-Laurent dans le Vieux-Montréal. En remontant vers le nord et l'avenue Somerville, il traverse :

Quartier à la mode[modifier | modifier le code]

Autour du boulevard Saint-Joseph, se trouvent des boutiques spécialisées et des salles de spectacle indépendantes où s'est développé au début des années 2000 une scène musicale florissante, comme la Casa del Popolo, la Sala Rossa, le Barfly, le El Salon, le Salon Vert (ou Green Room), le Main Hall. Plusieurs cafés, tels le Cafe Esperanza, et restaurants s'y trouvent aussi, tel Schwartz's.

Édifices notables :

Coin du boulevard Saint-Joseph (à gauche) et du boulevard Saint-Laurent

Environs[modifier | modifier le code]

Un vendredi soir d'hiver

La rue Prince-Arthur croise le boulevard, un peu au nord de la rue Sherbrooke. La section de la rue Prince-Arthur à l'est du boulevard et jusqu'au parc du carré Saint-Louis est piétonne. Il s'y trouve beaucoup de restaurants et quelques boutiques, bars et cafés. Sa vocation est touristique durant la saison chaude.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Au Québec, par convention, on entend par orientation est/ouest ce qui est parallèle au fleuve Saint-Laurent, même si, en réalité, le fleuve coule du sud-ouest vers le nord-est. À Montréal, le boulevard Saint-Laurent d'orientation nord/sud sépare l'est et l'ouest dans la numérotation des adresses.
  2. boulevardsaintlaurent.com
  3. Commission de toponymie du Québec
  4. Grand répertoire du patrimoine bâti de Montréal
  5. Parcs Canada, Montréal, une ville d'histoire, 2004, p.42