Petite-Bourgogne

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Petite-Bourgogne
Édifice Georges-Vanier
Édifice Georges-Vanier
Administration
Pays Drapeau du Canada Canada
Province Drapeau : Québec Québec
Municipalité Montréal
Statut Quartier
Arrondissement Le Sud-Ouest
Fondateur
Date de fondation

Constitution

1864

1908
Démographie
Langue(s) parlée(s) Français
Géographie
Divers
Site(s) touristique(s) Parc des Meubliers, canal de Lachine
Liens
Site web Petite-Bourgogne (site de Montréal)

La Petite-Bourgogne (anciennement la ville de Sainte-Cunégonde) est un quartier de l'arrondissement Le Sud-Ouest de la ville de Montréal. Il est situé au nord du canal de Lachine, voisin de Saint-Henri.

Géographie[modifier | modifier le code]

Le quartier se définit approximativement comme suit : jusqu'à l'avenue Atwater à l'ouest, la rue Saint-Antoine au nord, la rue Guy à l'est et le canal de Lachine au sud.

Les quartiers limitrophes sont l'arrondissement de Ville-Marie au nord et au nord-est, Griffintown au sud-est, Pointe-Saint-Charles au sud et Saint-Henri à l'ouest.

Historique[modifier | modifier le code]

À vocation essentiellement agricole jusqu'en 1810, le quartier connaissait les débuts de son urbanisation sous le nom de faubourg Saint-Joseph, une expansion de la ville de Montréal en dehors des murs de la cité. Le secteur de la place Richmond fut bâti en 1819[1].

Le développement connaît un élan au milieu du 19e siècle : la construction du canal de Lachine attire de nombreuses industries Lourdes, notamment les ateliers du chemin de fer Canadien Pacifique et l’usine de la Steel Company of Canada (Stelco). Un quartier résidentiel s’érige au nord des usines entre 1857 et 1864; d’abord partie de la paroisse de Saint-Henri-des-Tanneries, il se constitue comme le village de Delisle en 1864[2]. Le village prend le nom de Sainte-Cunégonde en 1876 et deviant une ville en 1884[3]. Le nom commémore sainte Cunégonde de Luxembourg, épouse de l’empereur romain germanique saint Henri II, en référence à la paroisse avoisinante de Saint-Henri[4].

Le développement industriel du canal de Lachine attire de nombreuses commerces de prestige au quartier de Saint-Joseph au long de la rue Notre-Dame. Plusieurs des somptueux édifices construits pour les accueillir subsistent aujourd’hui et logent le Quartier des antiquaires[5].

Les limites de la ville de Sainte-Cunégonde sont définies par le canal de Lachine, l’avenue Atwater, le boulevard Dorchester (aujourd’hui René-Lévesque) et une ligne droite tracée entre l’angle de l’avenue Atwater et de la rue Tupper jusqu’au bassin du canal à l’ouest de l’écluse Saint-Gabriel, la limite de la ville de Montréal. Le quartier Saint-Joseph est défini par cette limite, la rue Saint-Antoine, le square Victoria, la rue McGill et la rue Notre-Dame. À cette époque, le chemin de fer Grand Trunk traverse le secteur et termine à la gare Saint-Bonaventure, à l’emplacement présent du Planétarium de Montréal[6]. L’ancien hôtel de ville de Sainte-Cunégonde subsiste toujours rue Vinet; il a été converti en bibliothèque et centre communautaire.

À partir de 1887, la Petite-Bourgogne acquiert son caractère unique de foyer de la communauté noire anglophone de classe ouvrière à Montréal. Sainte-Cunégonde, sise près des gares principales de Montréal et plaque tournante de l’industrie ferroviaire pan-canadienne, accueille de nombreux travailleurs ferroviaires afro-américains, afro-canadiens d’autres provinces et caribéens britanniques. Ces derniers constitueront finalement 40 % de la population noire de Montréal.

Pour combattre la pauvreté et l’exclusion sociale, la communauté noire naissante se dote de nombreux organismes sociaux : le Women’s Coloured Club of Montreal en 1902, la Union United Congregational Church (aujourd’hui l’Église unie Union) en 1907, et le Negro Community Centre (Centre communautaire des Noirs) en 1927[7].

Sainte-Cunégonde fusionne avec la ville de Montréal en 1906. Le quartier de la Petite-Bourgogne devient fameux comme origine de nombreux musiciens important du jazz. Durant la Prohibition aux États-Unis et la période de Montréal comme ville ouverte avant le règne du maire Jean Drapeau, la Petite-Bourgogne accueille de nombreuses boîtes de nuit très appréciées mettant en vedette des interprètes locaux et internationaux. On se rappelle particulièrement du Rockhead’s Paradise, dont le propriétaire Rufus Rockhead est commémoré par un nom de rue. Oscar Peterson et Oliver Jones sont les musiciens les plus connus issus de la Petite-Bourgogne de l’ère bebop et post-bop[7].

Or, déjà déstabilisé par la Grande Dépression de l’entre-deux-guerres[5], la Petite-Bourgogne est lourdement touché, comme tout le secteur du canal de Lachine, par le parachèvement de la voie maritime du Saint-Laurent en 1956 et la fermeture du canal en 1970. De nombreuses industries abandonnent le quartier pour les banlieues, laissant le secteur à son sort. En 1966, la ville de Montréal cible la Petite-Bourgogne d’un programme de renouvellement urbain; elle démolit de nombreux logements délabrés et construit des logements sociaux [2] et revitalise d’autres secteurs[3]. Les secteurs au nord de la rue Saint-Antoine sont démolis en 1970 pour faire place à l’autoroute Ville-Marie[1].

Le profil du quartier a subi des changements significatifs au cours des dernières années. Lors du recensement de 2006, les Canadiens noirs constituaient encore la minorité visible principale de la Petite-Bourgogne à l’ouest de la rue Guy; toutefois ils ne représentaient que 19 % de la population, alors que 49 % des résidents ne faisaient pas partie d’une minorité visible[8].

Récemment, le secteur a connu plusieurs phases de gentrification, avec la construction de logements sur les anciennes cours de triage au cours des années 1980, et aux années 2000, la réouverture du canal de Lachine, la revitalisation du marché Atwater et l’expansion de l’École de technologie supérieure.

Espaces verts[modifier | modifier le code]

Établissements religieux[modifier | modifier le code]

Église Sainte-Cunégonde (2012)

La paroisse catholique de Sainte-Cunégonde se trouve ici[9].

L'église Sainte-Cunégonde se trouve au 2461 rue Saint-Jacques.

L'hospice Sainte-Cunégonde fut fondé par les Sœurs Grises en 1889, mais fut détruit en 1951 par un incendie[10].

Économie[modifier | modifier le code]

Vers 1898, parmi les plus grandes entreprises de Sainte-Cunégonde se trouvaient :

Personnalités[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]

  1. a et b "Fiche de secteur: Place Richmond." Grand répertoire du patrimoine bâti de Montréal. Consulté le 4 juillet 2011.
  2. a et b « De Sainte-Cunégonde à la Petite Bourgogne. » iMTL. Consulté le 4 juillet 2011.
  3. a et b "Fiche de secteur: Coursol." Grand répertoire du patrimoine bâti de Montréal. Consulté le 4 juillet 2011.
  4. "Rue Sainte-Cunégonde." Commission de toponymie du Québec. Consulté le 4 juillet 2011.
  5. a et b "Fiche de secteur: Notre Dame et Des Seigneurs." Grand répertoire du patrimoine bâti de Montréal. Consulté le 4 juillet 2011.
  6. Pinsoneault, Adolphe Rodrigue. Atlas of the island and city of Montreal and Ile Bizard : a compilation of the most recent cadastral plans from the book of reference. Atlas Publishing Co. Ltd: 1907. Disponible en ligne sur le site de Bibliothèque et Archives nationales du Québec; consulté le 5 juillet 2011.
  7. a et b "Little Burgundy." McGill University Faculty of Architecture. Consulté le 4 juillet 2011.
  8. Statistique Canada, profils des secteurs de recensement de 2006 : secteurs 4620067.00, 4620068.00,4620077.00 et 4620078.00. Consultés le 4 juillet 2011.
  9. « Fiche descriptive - Sainte-Cunégonde », Commission de Toponymie du Québec (consulté le 3 janvier 2011)
  10. (en) Richard Labrosse, « L’hospice de Sainte-Cunégonde », Avant l'autoroute,‎ 2011-03-21 (consulté en 2012-01-23)
  11. Chas. E. Goad, Map of the City of Montreal Prepared Expressly for Lovell's Montreal Directory for 1898-9, John Lovell & Son,‎ 1898

Liens externes[modifier | modifier le code]