Mile End (Montréal)

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Mile End
Église St. Michael
Église St. Michael
Administration
Pays Drapeau du Canada Canada
Province Drapeau : Québec Québec
Municipalité Montréal
Statut Quartier
Arrondissement Le Plateau-Mont-Royal
Démographie
Population 23 977 hab. (2011)
Densité 14 986 hab./km2
Langue(s) parlée(s) Français
Géographie
Superficie 160 ha = 1,6 km2
Divers
Site(s) touristique(s) Ubisoft, indie rock, Sala Rossa, Casa del Popolo, Salon Vert, Église Saint-Enfant-Jésus, Bagel

Le Mile End[1] est un quartier de la ville de Montréal, Québec, Canada.

Vue du Mile End, Montréal
James Duncan, 1831

Toponyme[modifier | modifier le code]

La Commission de toponymie du Québec écrit à son propos : « Le nom de Mile End tire son origine d'un champ de course qui occupa au siècle dernier à peu près l'espace aujourd'hui compris entre le boulevard Saint-Joseph, la rue de Mentana, l'avenue du Mont-Royal et la rue Berri. Or, entre cette piste et la limite du Montréal d'alors, qui est à la hauteur de la rue Bagg actuelle, il y a exactement un mille, d'où le nom de Mile End ou « fin du mille », qu'on donna à ce champ de course et, plus tard, à la municipalité de Saint-Louis-du-Mile-End[2]. »

Description[modifier | modifier le code]

Carte, 1879

Le Mile End fait officiellement partie de l'arrondissement de Plateau-Mont-Royal, mais les Montréalais différencient habituellement les deux quartiers, du fait que le Mile End, un des secteurs les plus bilingues de Montréal, est situé quelques rues à l'ouest du cœur du Plateau, majoritairement francophone.

Son territoire est délimité par la rue Hutchison à l'ouest, la rue Henri Julien et la rue de Bullion à l'est, le Chemin de fer Canadien Pacifique au nord et l'avenue du Mont-Royal au sud[3].

Les principales artères du Mile End sont le boulevard Saint-Laurent, la rue Saint-Urbain et l'avenue du Parc en direction nord-sud, et l'avenue Laurier, l'avenue Fairmount, la rue Saint-Viateur et la rue Bernard en direction est-ouest.

Les boulangeries Fairmount et St-Viateur, spécialisées dans les bagels, sont emblématiques du quartier.

Un quartier d'artistes[modifier | modifier le code]

Depuis les années 1980, le Mile End est connu comme un quartier à vocation largement artistique, peuplé par des artistes, des musiciens, des écrivains et des cinéastes. On y retrouve de nombreuses galeries d'art, des ateliers de designers, des boutiques et des cafés. L'entreprise de logiciels d'infographie 3D Discreet Logic a marqué le quartier en rénovant un étage d'une ancienne usine de textiles au début des années 1990. En 1997, cet espace devient les nouveaux studios montréalais du développeur de jeux vidéo Ubisoft, agrandis par la suite pour occuper la majeure partie de l'immeuble. Le Mile End est nettement plus fortuné et plus populaire depuis le milieu des années 1990 : l'augmentation des loyers et l'apparition de nouvelles boutiques haut de gamme en témoignent.

Caserne 30, ancien hôtel de ville
de Saint-Louis du Mile End

Récemment, le Mile End fut considéré par plusieurs magazines musicaux spécialisés, notamment Spin et Pitchfork, comme le cœur de la scène musicale indépendante de Montréal. Plusieurs salles de spectacles du boulevard Saint-Laurent ont en effet contribué à l'émergence de la scène indie rock, comme la Sala Rossa, la Casa del Popolo, Le Cabaret du Mile End, El Salon (aujourd'hui fermé) ou le Salon Vert-Green room (également fermé à cause d'un incendie). La forte présence de label indépendants, notamment Bonsound, Dare to Care/Grosse Boîte, Indica Records, Mindique et Constellation Records y contribue aussi.

Des artistes de disciplines multiples (musiciens, peintres, auteurs, cinéastes) y vivent et l'appellent couramment le Rez (sans doute une déformation ou apocope du mot «réseau» ou «résidence»), en raison de sa forte population artistique, et du fait qu'il agisse, depuis les deux dernières décennies, en tant que noyau culturel montréalais. Diverses idéologies artistiques y foisonnent, notamment celle de l'Autre Vague, une appellation familière désignant un mouvement librement inspiré par l'ère de la Nouvelle Vague, et dont les artistes et artisans se distinguent par une approche référentielle mais non-plagiaire, à la fois post-moderne et classique.

L'écrivain Mordecai Richler, qui a grandi rue Saint-Urbain pendant les années 1930 et 40, a immortalisé le Mile End dans plusieurs de ses ouvrages. L'acteur William Shatner a également grandi dans ce quartier.

Fictions situées dans le Mile-End[modifier | modifier le code]

Livres[modifier | modifier le code]

Cinéma[modifier | modifier le code]

Histoire[modifier | modifier le code]

Origines[modifier | modifier le code]

Chemin Mile End, 1859

Les plans du XIXe siècle situent le toponyme Mile End au carrefour du chemin (maintenant boulevard) Saint-Laurent et de l'actuelle avenue du Mont-Royal. À l'époque, il s'agissait du chemin de la Côte-Sainte-Catherine vers l'ouest et le chemin de la Côte-Saint-Louis vers l'est. Plus tard, un tronçon du chemin est devenu le chemin Mile-End[4]. Le nom Mile End tire son origine vraisemblablement de la banlieue éponyme de l'est de Londres. Contrairement à la croyance populaire, le Mile End montréalais ne se trouve à un mille près d'aucune limite officielle. Néanmoins, en suivant le chemin Saint-Laurent vers le nord, il est à un mille de la rue Sherbrooke, qui marquait la limite nord de l'urbanisation au début du XIXe siècle.

Le Mile End était en plus le premier carrefour important au nord de la barrière de péage installée à la limite municipale de 1792. La distance entre le carrefour et la barrière était de 0,4 mille ou environ 0,6 km. La limite de la ville avait été établie à 100 chaînes anglaises (1,25 mille ou environ 2 km) au nord des fortifications. Elle croisait le chemin Saint-Laurent un peu au sud de l'actuelle avenue Duluth.

Déjà en 1815, il existait une auberge de Mile-End, fréquentée par des gens notables tels Stanley Bagg, un entrepreneur anglais et propriétaire terrien[5]. Les plus anciennes citations écrites du nom Mile End se trouvent dans des annonces publiées en anglais et en français dans la Gazette durant l'été 1815. En juillet, Stanley Bagg a annoncé la vente de sa ferme à (Côte) Sainte-Catherine, c.-à-d. Outremont, près de l'auberge de Mile-End. Le 7 août, le texte suivant a paru (les fautes d'orthographe dans le texte):

ECARTÉE ou VOLÉE sur le Pacage de Stanley Bagg, à l'auberge de Mile-End, vers la fin de Juin dernier, un CHEVAL BAI, âgé d'environ 10 ans, ayant le front blanc, et des taches blances aux pieds. Quiconque informera où l'on pourra trouver le Cheval ou le Voleur, recevra une récompense de DIX PIASTRES, et ses dépenses raisonnables lui seront payées. STANLEY BAGG. Montréal, Mile-End, le 4 d'Août, 1815.

Le Montreal Hunt Club au chemin Mile End, 1859

Une photo de Notman prise en 1859[6] montre des membres du Montreal Hunt Club qui se mettent en route sur le chemin Mile-End.

Le chemin de la Côte-Saint-Louis prend les noms de Chemin des tanneries et Chemin des carrières, car il mène d'abord à une tannerie, ensuite à des carrières où on puise la pierre calcaire caractéristique de l'architecture montréalaise. Le village de la Côte Saint-Louis (établi en 1846) est apparu près des carrières, à l'est du Mile-End moderne, son noyau villageois étant situé autour de l'actuelle intersection de la rue Berri et de l'avenue Laurier. Par la suite, une chapelle de l'enfant Jésus est construite en 1848 près du chemin Saint-Laurent. En 1857-8, la chapelle fut remplacée par l'église Saint-Enfant-Jésus du Mile-End[7]. Cette église, œuvre de l'architecte Victor Bourgeau, fut «modernisée», en 1898, par l'ajout d'une nouvelle façade par l'architecte Alphonse Venne et représente le premier bâtiment important du futur quartier Mile End. Il amorce le noyau civique qui sera constitué par l'hôtel-de-ville, caserne, bureau de poste, ainsi que par l'aménagement majestueux du futur boulevard Saint-Joseph et par la banque «Mercantile» angle Laurier et Saint-Laurent.

Notes[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Liens externes[modifier | modifier le code]