Pilat

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45° 23′ 00″ N 4° 34′ 20″ E / 45.3833, 4.5722

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Pilat
Carte de localisation du Pilat.
Carte de localisation du Pilat.
Géographie
Altitude 1 432 m, Crêt de la Perdrix
Massif Massif central
Superficie 700 km2
Administration
Pays Drapeau de la France France
Région Rhône-Alpes
Département Loire
Géologie
Roches Granites

Le Pilat est un massif montagneux sur les contreforts du Massif central, qui culmine au crêt de la Perdrix à 1 432 mètres d'altitude.

Toponymie[modifier | modifier le code]

Au fil du temps et selon les habitudes, le terme Pilat caractérise plusieurs choses.

Sous le terme mont Pilat, il a longtemps servi à désigner la principale montagne du massif, culminant en double pic avec le crêt de la Perdrix et le crêt de l'Œillon[1]. Si, aujourd'hui, les cartes désignent généralement cette zone sous le terme Les Crêts, le CSA continue d'utiliser le terme mont Pilat lorsqu'il est fait mention de l’émetteur de télévision du crêt de l'Œillon[2].

Enfin, alors que la zone de moyenne montagne est désignée sous le terme monts du Pilat (ainsi la communauté de communes des Monts du Pilat), le terme générique Pilat sert à désigner l'ensemble du massif montagneux, ou implicitement la zone devenue parc naturel régional en 1974 (et le cas échéant l'organisme du parc naturel lui-même).

L'origine du nom Pilat n'est pas certaine, le mot pourrait avoir une origine latine (Mons Pileatus)[3]. Une légende tend à dire que Ponce Pilate, à la fin de sa vie aurait vécu ou serait mort à proximité[4].

Géographie[modifier | modifier le code]

Carte du Pilat

Le massif du Pilat est situé dans le département de la Loire au sud-est de la ville de Saint-Étienne et au sud-ouest des villes de Vienne et de Givors. Il domine la vallée du Rhône (située au Sud-Est) et la vallée du Gier (situé au Nord).

Le massif est frontalier avec 4 départements : le Rhône, l'Isère, l'Ardèche et la Haute-Loire.

Quatre communes du massif sont jumelées avec des communes de ces départements limitrophes :

Géologie[modifier | modifier le code]

Lors de la dernière glaciation, les versants nord au-dessus de 900 mètres ont vu se former des éboulis rocheux appelés localement chirats et qui peuvent recouvrir plus d'un kilomètre de versant.

Climat[modifier | modifier le code]

Les climats du Pilat

L'une des particularités du Pilat est que l'on retrouve sur un territoire relativement petit une grande variété de végétaux liées à l'influence de plusieurs climats : méditerranéen, montagnard et continental.

On peut donc distinguer plusieurs paysages :

  • La vallée du Rhône : sur son versant sud, plus chaud, le Pilat est très influencé par le climat méditerranéen. On y retrouve des arbres fruitiers, des vignes...
  • Le plateau du Grand-Bois : sur le plateau de Saint-Genest-Malifaux et sur son versant nord, l'influence du climat continental y est très marqué. Le climat est beaucoup plus froid. Conifère, genêt, fougères... La végétation se rapproche des Vosges. L'hiver y est froid, et la neige abondante.
  • Sur les crêts, l'altitude, la neige, les vents empêchent la forêt de progresser : c'est l'influence d'un climat montagnard. La végétation se compose de plantes d'altitude. Landes à bruyères côtoient la callune et les myrtilles.
Les crêtes du Pilat vues de Saint-Chamond

L'eau, ressource du Pilat[modifier | modifier le code]

L'eau est depuis l'Antiquité une ressource importante du Pilat. Les Romains captaient l'eau du Gier vers Saint-Chamond, un aqueduc la transportait jusqu'à Lyon. Au XIXe siècle, de nombreux barrages et aqueducs (aqueduc des fontaines, aqueduc des sources) sont construits sur les cours d'eau (Gier, Furan, Ternay, Dorlay…) pour alimenter les villes voisines et permettre le développement des industries textile et métallurgique.

Histoire[modifier | modifier le code]

À l'époque préhistorique, la découverte de silex et de poteries sur la commune de Saint-Genest-Malifaux atteste d'une présence humaine.

À l'époque celtique deux peuples celtiques se partageaient le Pilat : les Ségusiaves et les Allobroges. Ils nous ont laissé de nombreux lieux de culte dont il reste surtout des amas de pierres ordonnées comme le château de Belize au-dessus de Chuyer, l'autel de la Roche entre Roisey et La Garde, les enceintes sacrées de Saint-Sabin et du pic des Trois Dents et surtout le menhir du Flat à côté de Colombier[réf. nécessaire].

À l'époque romaine, les eaux du Gier servaient à alimenter Lyon grâce à l'aqueduc du Gier. Les eaux étaient captées au-dessus de Saint-Chamond, puis acheminées à l'aide de tunnels (des vestiges existent encore à Chagnon, à Saint-Martin-la-Plaine) ou à l'aide de viaducs (celui de Chaponost est exemplaire). À l'époque romaine, le Pilat servait de frontière entre deux provinces (Gaule narbonnaise et la Gaule lyonnaise). De cette époque on retrouve les vestiges de nombreuses « voies romaines », (Pélussin, Saint-Régis-du-Coin...).

Le 1er novembre 1944, un Dakota C-47 de l'armée américaine s'est crashé à cause du mauvais temps en début d'après-midi avec cinq membres d'équipage, une infirmière militaire le lieutenant Adéla Lutz ainsi que 15 blessés dont quelques prisonniers allemands. Il n'y a aucun survivant. Les secours mettent plusieurs heures pour arriver. Le crash a eu lieu au creux de la Botte non loin de la Jasserie où une stèle posée en 2002 rappelle cet accident. L'infirmière a été la première militaire américaine tombée en opération lors de la Seconde Guerre mondiale. Ce Dakota faisait une liaison de Luxeuil à Montélimar. Une plaque commémorative se trouve également sur le lieu exact de l'accident sur le Chirat de la Botte. Le 28 décembre 1944, la Distinguished Flying Cross a été décernée à titre posthume au 1er lieutenant Aleda E. Lutz.

Le 20 mai 1987, trois Mirage F1 français de la 30e escadre de chasse (affectée à la base aérienne 112 Reims-Champagne) s'écrasent dans le massif du Pilat. Volant en formation à basse altitude, par mauvais temps, les avions ont percuté une montagne à quelques kilomètres au nord de Pélussin. Les trois pilotes sont morts.

Lieux remarquables[modifier | modifier le code]

Points hauts et cols[modifier | modifier le code]

Une table d'orientation y est implantée d'où l'on peut voir à l'est le massif des Alpes et la vallée du Rhône. À l'ouest on distingue les massifs de la Haute-Loire.
En contrebas du crêt de la Perdrix se situe La Jasserie, où se trouvent les restes d'un des premiers téléskis français et d'un tremplin. L'histoire du ski est en effet très ancienne, des Jeux internationaux d'hiver ont été organisés dans le Pilat dès 1910[5].
Le Crêt de l'Œillon et le relais de télévision
Le Crêt de la Botte
Les trois dents, avec les Alpes en arrière-plan.
L'émetteur du mont Pilat y est implanté. Le lieu sert également de piste d'envol pour parapentes.
  • Le Crêt de la Botte à 1 387 mètres d'altitude, très proche du Crêt de l'Œillon.
  • Croix de Montvieux (811 mètres) et collet de Doizieu (946 mètres).
Cols situés entre le crêt de l'Œillon et le crêt de Monthivert. À proximité se trouvait le grand-hôtel du pilat. Établissement luxueux construit à la Belle Époque afin de profiter du climat, il brûla dans un incendie en 1931.
  • Les Trois Dents.
Culminant à 1 213 mètres, et formant une crête de quatre à cinq pics (dont trois principaux d'où leur appellation) les Trois Dents forment un ensemble magnifique au sud-est du crêt de l'Œillon.
Le terme République provient d'une secte religieuse les béguins qui s'est implantée au hameau de la République en 1794. Ils y fondent la république de Jésus-Christ, une sorte de mini-État qui a pour vocation d'attendre la venue du prophète Élie. La république de Jésus-Christ sera ensuite dissoute de force et ses fidèles finiront emprisonnés.
L'inauguration en 1832 de la RN82 allant de Roanne à la vallée du Rhône, passant par le col de la République permit de rejoindre plus directement la vallée du Rhône sans passer par Lyon. Haut-lieux des épreuves cyclistes de la Loire, un monument à la gloire de Paul de Vivie (Vélocio) y fut inauguré en 1931. Chaque mois de juin, la montée chronométrée Vélocio s'y déroule en mémoire de de Vivie. La construction de cette route ne fut pas simple, son passage dans le Pilat posait de nombreux problèmes techniques et politiques, le financement des travaux fut beaucoup plus important que prévu. Mais cette route permit le désenclavement du Pilat et le futur développement des sports d'hiver dans cette région.
  • Mont Chaussitre (1 240 mètres)
Il culmine entre Saint-Genest-Malifaux et Saint-Régis-du-Coin, le mont Chaussitre abrite quelques curiosités : source de la Semène, Pierre Saint-Martin, table d'orientation avec une magnifique vue sur le Mézenc, le Lizieux et les montagnes de Haute-Loire.

Curiosités[modifier | modifier le code]

  • Chapelle et légende de Saint Sabin[6].
  • Les chirats :
Ce sont des coulées rocailleuses, qui peuvent parfois atteindre plus d'un kilomètre de longueur qui couvrent les versants pentus du Pilat. Il y a trois grands sites :
  • Le chirat du crêt de l'Œillon
  • Le chirat de Maupas dans un vallon affluent du Dorlay, au-dessus de Doizieux.
  • Le grand chirat proche du Saut du Gier
Le saut du Gier
  • Le saut du Gier :
En contrebas de la Ferme de la Jasserie où il prend sa source, le Gier forme une cascade à proximité d'un grand chirat. Mince filet d'eau en été, à l'automne et au printemps il forme une cascade et une curiosité pour les marcheurs rejoignant la scie du Bosc à la Jasserie.
  • Pierre des Trois évêques :
Située sur la commune de Saint-Régis-du-Coin, cette pierre semble toujours avoir été utilisée comme limite entre plusieurs territoires. Elle marquait à l'époque gallo-romaine la frontière entre trois grandes provinces : Gaule lyonnaise, Gaule Narbonnaise et Gaule Aquitaine. Sous Charlemagne, elle servait de frontière entre l'Aquitaine, la Provence et la Bourgogne, elle a ainsi servi de démarcation lors du partage de l'Empire en 843. Au Moyen Âge, elle délimitait les archidiocèses de Lyon, Vienne et du Puys. C'est vraisemblablement de cette particularité que vient son nom, les évêques pouvaient ainsi se rassembler sur cette pierre sans quitter leur évêché. Il est cependant peu probable que de telles réunions aient eu lieu.
  • Sapins géants :
L'un situé à proximité du pont Sauvignet entre le village de Tarentaise et le hameau de la République, date du XVIIe siècle. L'autre situé dans la forêt de Taillard surplombant le village de Saint-Sauveur-en-Rue est âgé d'environ 200 ans, un sentier d'interprétation au départ du village permet de le rejoindre.
  • Pierre Saint-Martin :
Située à proximité du mont Chaussitre cette vaste pierre est entourée d'une légende. Saint Martin en se déplaçant aurait laissé sa trace ici. Depuis, selon une croyance locale, cette pierre aurait la faculté d'aider les jeunes enfants à marcher.
  • Tourbières :
On trouve, comme souvent dans le Massif central, de petites tourbières, constituées sur les traces d'anciens lacs que des végétaux ont fini par coloniser. La tourbière de Gimel (sur la commune de Saint-Régis-du-Coin) peut se visiter. Les tourbières du Pilat font l'objet de mesures de protection.
  • Les barrages:
Le massif du Pilat est composé de multitudes de barrages permettant l'alimentation des grandes agglomérations situées en contrebas.
Comme les barrages : du Gouffre d'Enfer, du Pas-du-Riot ou du Piney (qui est actuellement inutilisé pour cause de malfaçon)

Villages[modifier | modifier le code]

Activités[modifier | modifier le code]

Agriculture et économie locale[modifier | modifier le code]

L'activité agricole principale est l'élevage de laitières bovines avec plus de 6 200 vaches, suivie par l’élevage caprin[7]. La sylviculture est un autre secteur important de l’économie locale.

Sur la partie rhodanienne, la production viticole est prépondérante avec des vignobles des côtes-du-rhône septentrionales (Château-grillet (AOC), Condrieu (AOC), Saint-joseph (AOC)).

Tourisme[modifier | modifier le code]

L'été la randonnée permet une découverte du parc. Il dispose de nombreux chemins, le balisage y est régulier, des panneaux indiquent régulièrement les temps de parcours sur les 1 500 km de sentiers balisés. L'hiver, la pratique du ski de fond est possible sur les pistes de l'Espace nordique des monts du Pilat. En dehors des périodes d'enneigement, le Pilat est un espace privilégié pour la pratique du VTT. De nombreux tours de cross-country et d'enduro, adaptés à tous les niveaux, existent[8].

Le Pilat parc naturel[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Parc naturel régional du Pilat.

Le Pilat est aussi le nom donné au parc naturel régional qui couvre un territoire de 700 km2. Créé en 1974, ce parc regroupe 47 communes de la Loire et du Rhône.

Personnalités du Pilat[modifier | modifier le code]

Citations[modifier | modifier le code]

« De tous temps, le Pilat a eu le privilège d'attirer les amis de la nature, les touristes et les curieux »

— Étienne Mulsant dans Souvenirs du mont Pilat, 1970

Références[modifier | modifier le code]

  1. Eugène Masson, La Jasserie et le mont Pilat, Marc Ollagnier, La Terrasse, Saint-Étienne, 1955.
  2. Site officiel du CSA, section Rhône-Alpes (consulté le 22/10/2010)
  3. Dictionnaire étymologique des noms de rivières et de montagnes en France d’A. Dauzat[réf. incomplète]
  4. Site du parc naturel régional du Pilat[réf. nécessaire]
  5. Mairie de Saint-Genest Malifaux
  6. « Le Pilat » (sur l'Internet Archive)
  7. Communauté de communes des Monts du Pilat - Agriculture et environnement
  8. Site du VTT enduro et cross-country dans le massif du Pilat

Annexes[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Jérôme Sagnard, Jean-Claude Caira, Le Pilat, éditions Alan Sutton, avril 2009, 128 p.
  • Jean-Baptiste Martin, Dictionnaire du français régional du Pilat, coéditions Bonneton et Visages de notre Pilat, 1989

Liens externes[modifier | modifier le code]

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