Câble de traction

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Câble du treuil de la mine de charbon de Zeche Zollern en Allemagne (nord–ouest de Dortmund).

Un câble de traction est un câble qui sert à tirer un fardeau.

Les câbles de traction sont composés de fibres végétales ou de fils d'acier très fins tressés en torons de plusieurs fils. Ces torons peuvent eux-mêmes être tressés ensemble pour former des câbles encore plus épais et donc plus résistants. Bien que la grande majorité des câbles de traction soient de forme ronde, il en existe de forme plate.

Histoire[modifier | modifier le code]

L'ancêtre du câble est la corde, employée de temps immémoriaux, et mise à profit dans les engins et machines depuis l'antiquité. En termes de maçonnerie, câble désignait un cordage très-gros et très-fort dont on se servait pour enlever les pierres avec une grue, une chèvre, etc.[1].

Un câble désigne à l'origine un gros cordage, le terme cableau (ou chableau), inusité maintenant, désignant lui un cordage de moindre section[2]. C'est donc comme la corde, un corps long, flexible, résistant, généralement rond, composé de fils tortillés et/ou tressés ensemble appelés toron. Techniquement, le câble pourrait être aussi la réunion de plusieurs cordes ou aussières[3] Les câbles sont constitués de fibres végétales (Coco, chanvre, chanvre de manilleetc.) et de plus en plus de fils d'acier.

Exemple de câbles de mine en acier, Allemagne

Dans les mines, les câbles d'extraction se faisaient en aloès ou chanvre de manille[3] Ils étaient à section rectangulaire plate. Les fibres étaient réunies entre elles par torsion, constituant le fil de caret, qui réunis eux-mêmes par torsion constituaient un toron. Plusieurs torons réunis formaient une corde ronde ou aussière. Plusieurs aussières juxtaposées, aplaties, réunies entre elles par une couture transversale, formaient un câble plat. Les câbles d'extraction étant longs de 100 à 1000 mètres, on les fabrique d'une seule pièce de section décroissante, ou en section de 100 mètres de long.

On fabrique aussi des câbles en acier dans lesquels l'unité n'est plus le fil de chanvre mais un fil d'acier. Si les câbles à fils parallèles en acier sont connus depuis l'utilisation qu'en fit Marc Seguin pour un pont suspendu, la passerelle de Saint-Antoine, en 1823, c'est à l'Inspecteur des Mines allemand Wilhelm Albert (Clausthal, 1834) que l'on doit le câble toronné moderne. Hormis les câbles en chanvre de Manille, les chaînes que l'on employait pour le levage dans les mines du Haut-Hartz se déformaient rapidement au fil des cycles et nécessitaient des réparations fréquentes, leur rupture accidentelle entraînant parfois des conséquences dramatiques. Ainsi, c'est pour remédier à la rupture localisée des chaînes que l'ingénieur Albert entreprit ses expériences sur un câble toronné pour l'exploitation minière de Caroline à Clausthal-Zellerfeld [4]. Ce premier câble comportait trois torons faits chacun de de quatre fils en fer puddlé de 3,5 mm de diamètre. Le câble d’Albert reste cependant toronné à la main[5]. Ce câble équipa d'abord en 1834 la Fosse Elisabeth de Clausthal. La machine à toronner est inventée par l'Autrichien Wurm en 1837 et développée à une échelle industrielle dès la décennie suivante par Felten & Guilleaume[5].

De nos jours, on parle plus volontiers de câble métallique, par opposition à la corde textile. L'usine ou l'endroit où on le fabrique s’appelle câblerie.

Emploi[modifier | modifier le code]

Leurs utilisations sont très variées et très courantes dans l'industrie, la manutention, etc. C'est ainsi qu'on peut les retrouver par exemple dans les remontées mécaniques, les ascenseurs, les treuils et cabestans ou les grues, dans le domaine de la manutention. Ce sont également des câbles de traction qui sont utilisés dans les ponts suspendus pour maintenir le tablier.

Références[modifier | modifier le code]

  1. D'après J.-M. Morisot, Tableaux détaillés des prix de tous les ouvrages du bâtiment, Paris, Carilian,‎ 1814
  2. Morisot J.M., Tableaux détaillés des prix de tous les ouvrages du bâtiment, Carilian, 1814
  3. a et b H.J.Jacquemin. Traité pratique des constructions métalliques. 1947. Aumôniers du travail. Institut Industriel professionnel. Charleroi-Nord.
  4. (de) Wilhelm Albert, Über teibseile am harz, Archive für mineralogie geognosie bergbau und hüttenkunde vol. 10, WAJ,‎ 1838, p. 215-34
  5. a et b Pierre-Louis Roy, L'Aiguille du Midi et l'invention du téléphérique, Glénat,‎ 2004, p. 11