Terraformation

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Vue d'artiste des différentes étapes de la terraformation de Mars.

La terraformation est un thème classique de la science-fiction, popularisé par l'auteur américain Jack Williamson[1]. Il s'agit d'une science qui étudie la transformation de l'environnement naturel d'une planète, d'un satellite naturel ou d'un autre corps céleste, afin de la rendre habitable en réunissant les conditions d'une vie de type terrestre.

Le terme officiel en France a été dans un premier temps « écogenèse », préconisé en 1995[2] puis en 2000[3]. En 2008, il a été remplacé par le terme « biosphérisation », défini comme la « transformation de tout ou partie d'une planète, consistant à créer des conditions de vie semblables à celles de la biosphère terrestre en vue de reconstituer un environnement où l'être humain puisse habiter durablement »[4].

L'action primordiale pour y arriver est la modification ou la création d'une atmosphère de composition proche de celle de la Terre, composante essentielle au développement de la vie. On parle aussi d'ingénierie planétaire si l'objectif n'est pas de faire ressembler la planète en question à la Terre.

Chaque candidat à la terraformation présente des conditions qui lui sont propres, rendant le processus spécifique pour chacun d'eux. Les principales études menées concernent la planète Mars. D'autres concernent Vénus, Europe (satellite de Jupiter) et Titan (satellite de Saturne), voire d'autres corps, mais les conditions semblent beaucoup plus difficiles à modifier.

De la fiction à la science[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Terraformation en fiction.

Progressivement, les scientifiques se sont intéressés à la terraformation, à commencer par l'américain Carl Sagan qui proposa de terraformer Vénus en 1961, à l'aide d'algues injectées dans son atmosphère. L'environnement vénusien est cependant assez infernal, avec une température de l'ordre de 460 °C. Ces conditions sont liées à la présence de dioxyde de carbone (CO2) et de vapeur d'eau, deux gaz à effet de serre.

Les algues devaient générer du dioxygène par photosynthèse et du carbone minéral en se décomposant. La baisse du taux de CO2 entraînait alors le refroidissement et la condensation de la vapeur d'eau. Néanmoins, le carbone a tendance à reformer du CO2 sous forte température ; l'objectif ne semble donc pas accessible.

Suite à ce premier développement, la terraformation s'est petit à petit imposée comme une réelle possibilité et aujourd'hui la terraformation de Mars est un sujet sérieusement envisagé par de nombreux scientifiques.

Mars[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Terraformation de Mars.
Mars

Les images évoquées par Mars sont celles d'une planète rouge, sèche, rocailleuse… et (du moins actuellement) surtout sans vie. Cependant, on y distingue parfois des vallées d'apparence érodée et les recherches in situ semblent indiquer la présence d'anciens fleuves et d'anciennes mers. Or si l'eau, élément essentiel à la vie telle que nous la connaissons, a coulé sur Mars, où se trouve-t-elle aujourd'hui et peut-on la faire resurgir ? Ce sont les principales questions qui animent les débats autour de la terraformation de la planète. L'objectif est donc de redonner à Mars cet environnement qu'elle semble avoir perdu et y ajouter le nécessaire pour l'Homme.

État des lieux[modifier | modifier le code]

Mars possède plusieurs points communs avec la Terre. Sa vitesse de rotation, l'inclinaison de son orbite ou l'aspect de sa surface laissent entrevoir des paysages modelés par des saisons proches de celles que connait la Terre. Le sol (régolithe) martien est composé de nombreux oxydes (SiO2 à 45 % et Fe2O3 à 15 % environ). Cependant le climat actuel n'est pas tout à fait favorable : du fait de son éloignement du Soleil, la température moyenne avoisine les −60 °C et la pression atmosphérique est 160 fois inférieure à celle que l'on trouve sur Terre. De plus, Mars a une gravité équivalente à environ un tiers seulement de celle de la Terre : une si faible gravité provoquerait à moyen terme un relâchement et une perte de contrôle musculaires. Seule une activité physique importante permettrait d'éviter cette atrophie. En l'absence de champ magnétique et d'une atmosphère consistante, la surface de Mars est constamment bombardée par des rayons cosmiques et ultraviolets qui ont un effet létal sur l'homme à court/moyen terme. Le régolite martien très fin et abrasif aurait des effets particulièrement néfastes sur la physiologie humaine.

Vénus[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Terraformation de Vénus.

Diminuer la température[modifier | modifier le code]

Deux pistes sont explorées pour diminuer la température à la surface de Vénus:

Diminuer la pression atmosphérique[modifier | modifier le code]

Expulser du gaz hors de la planète semble très difficile. La meilleure solution semble être de transformer le gaz en composés solides ou liquides. Plusieurs méthodes sont envisageables : soit en envoyant de la poussière de magnésium ou de calcium (que l'on pourrait prélever sur Mercure), ce qui conduirait à la formation de carbonates, soit en injectant de l'hydrogène qui conduirait à la production de graphite et d'eau via la réaction de Bosch. Une autre solution serait d'introduire des organismes vivants, comme des bactéries extrêmophiles, mais si la température au sol reste la même, la matière organique redeviendrait immédiatement du gaz carbonique. Transformer une quantité importante de gaz carbonique en carbone et eau comme expliqué plus haut permettrait à ces organismes de survivre en haute atmosphère et de faire croître le taux d'oxygène à une vitesse honorable.

Des cités flottantes dans les nuages[modifier | modifier le code]

Une idée originale pour permettre une colonisation rapide de Vénus, proposée par Geoffrey A. Landis, est de faire flotter d'immenses sacs de gaz à environ 50 km d'altitude, à condition de veiller à ce que lesdits sacs résistent aux pluies d'acide sulfurique courantes à cette altitude, là où la pression atmosphérique et la température sont proches des conditions terrestres. On pourrait construire des villes à l'intérieur des sacs, qui flotteraient sur l'atmosphère dense de Vénus comme des montgolfières dont l'habitacle serait à l'intérieur du ballon. Le gaz à l'intérieur serait un mélange respirable.

De telles cités pourraient être comme une tête de pont d'où assurer les interventions lourdes pour une terraformation complète de Vénus.

Autres modifications envisageables[modifier | modifier le code]

La rotation de Vénus est très lente, ce qui fait qu'un jour vénusien dure quasiment une année. Accélérer la rotation demanderait trop d'énergie, mais un système de miroirs en rotation pourrait permettre de produire des successions de jours et de nuits plus habituelles pour les Terriens.

Dans la culture[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Jack Williamson utilisa le premier ce terme dans sa nouvelle Collision Orbit publiée en 1942 dans la revue américaine Astounding Science Fiction.
  2. Arrêté du 20 février 1995 relatif à la terminologie des sciences et techniques spatiales, JORF no 75 du 29 mars 1995, p. 5001, NOR INDD9500269A, sur Légifrance.
  3. Répertoire terminologique (révision des listes antérieurement publiées), JORF no 220 du 22 septembre 2000, p. 14932 et annexe p. 42001–42192 RT, NOR CNTX0004228X, sur Légifrance.
  4. Vocabulaire des sciences et techniques spatiales, JORF no 91 du 17 avril 2008, p. 6413, texte no 138, NOR CTNX0807781X, sur Légifrance.
  5. (en) Robert Zubrin, Entering Space : Creating a Spacefaring Civilization,‎ 1999 (présentation en ligne), ?

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]