Châteauneuf-de-Randon

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Châteauneuf-de-Randon
Vue générale de Châteauneuf-de-Randon
Vue générale de Châteauneuf-de-Randon
Blason de Châteauneuf-de-Randon
Héraldique
Administration
Pays Drapeau de la France France
Région Languedoc-Roussillon
Département Lozère
Arrondissement Mende
Canton Châteauneuf-de-Randon
(chef-lieu)
Intercommunalité Communauté de communes du canton de Châteauneuf-de-Randon
Maire
Mandat
Bruno Durand
2014-2020
Code postal 48170
Code commune 48043
Démographie
Population
municipale
538 hab. (2011)
Densité 22 hab./km2
Géographie
Coordonnées 44° 38′ 29″ N 3° 40′ 34″ E / 44.64139, 3.67611 ()44° 38′ 29″ Nord 3° 40′ 34″ Est / 44.64139, 3.67611 ()  
Altitude Min. 1 116 m – Max. 1 339 m
Superficie 24,49 km2
Localisation

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Châteauneuf-de-Randon

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Châteauneuf-de-Randon

Châteauneuf-de-Randon est une commune française située dans le département de la Lozère en région Languedoc-Roussillon. Ses habitants sont appelés les Castelrandonnais.

Géographie[modifier | modifier le code]

Chateauneuf-de-Randon est une commune située à l'entrée de la montagne de la Margeride, en Haut- Gévaudan, à 20 km de Langogne, 29 km de Mende et environ 220 km de Montpellier. Le village est traversé plus au nord par la rivière du Chapeauroux.

Histoire[modifier | modifier le code]

Village gallo-romain[modifier | modifier le code]

Bien avant de devenir un château, le promontoire abritait un village gallo-romain.

Création de Châteauneuf[modifier | modifier le code]

Place forte médiévale bâtie par les Randon sur la route de Mende vers 1150, elle est la seconde résidence des barons de Randon après avoir déménagé du château de Puech David (près d'Estables). La baronnie dominait toute cette partie de la Margeride, barrée au nord-est par les Peyres, avec qui les querelles ont été fréquentes, et par les Mercœur et au sud par les barons du Tournel. Sous la protection des Randon se trouvait donc toute la plaine de Montbel et la forêt de Mercoire qui sont visibles depuis le promontoire.

La guerre de Cent Ans[modifier | modifier le code]

Les Anglais rendent les clés sur le cercueil du connétable
autre vision artistique de la bataille de Châteauneuf-Randon

Alors que la guerre de Cent Ans (1337-1453) fait rage dans tout le pays, le pape gévaudanais Urbain V tente de faire défendre son pays assailli depuis août 1365. Le grand connétable de France Bertrand Du Guesclin, chargé par le roi Charles V de libérer le pays, est fait prisonnier en Aragon. Vers 1379, les États du Gévaudan tentent de négocier avec les Anglais qui détiennent l'Auvergne, le Rouergue et donc le Gévaudan. Ces négociations se révélant infructueuses, le roi demande à Du Guesclin, depuis libéré, de se rendre dans le Massif central pour le délivrer de l'envahisseur anglais. Châteauneuf-de-Randon était alors l'un des nombreux châteaux de la région détenus par les Anglais et le refuge de nombreux pilleurs qui s'attaquaient aux pays du Velay. En arrivant au Puy, en mai 1380[1], la population demande alors à Du Guesclin de s'attaquer à Châteauneuf.

Il commence alors par l'Auvergne, libérant le château de Ruines (proche de Saint-Flour et propriété de la baronnie d'Apcher). Recrutant alors des soldats, et relayé par ceux envoyés par Le Puy, il fait route vers Châteauneuf. On estime que c'est vers fin juin qu'il arrive vers le château[1]. Commence alors le siège devant la forteresse de Châteauneuf. Vraisemblablement, les troupes de Du Guesclin étaient parvenues à encercler la citadelle, le camp principal se situant vers le lieu-dit de l'Habitarelle. Le blocus et les batailles y sont terribles sous la chaleur de ce mois de juillet 1380, et une trêve est accordée aux assiégés, en échange de quoi ils promettent de se rendre s'ils ne sont pas secourus[1].

Le blason de du Guesclin

Les secours ne semblent pas arriver et Du Guesclin est proche de conquérir Châteauneuf quand il tombe malade. La légende veut qu'en rentrant d'un combat en direction du camp de l'Habitarelle, il se soit désaltéré à la fontaine de la Clauze. La chaleur et la rudesse du combat associées à une eau trop froide auraient provoqué une congestion. Le connétable reçoit les derniers sacrements vers le 10 juillet, alors que pendant ce temps les Anglais s'apprêtent à rendre les clés de la citadelle. Il meurt le 13 ou le 14 juillet 1380, avec pour dernier fait d'armes d'avoir libéré Châteauneuf. Des divergences existent cependant sur la date à laquelle les Anglais ont rendu les armes, en effet ceux-ci avaient promis de les rendre à Du Guesclin et sa mort aurait pu provoquer un sursaut d'orgueil. Mais les troupes françaises, pleurant leur connétable, jurent de passer à trépas quiconque tenterait un acte héroïque, exécutant également les otages. Les Anglais auraient ainsi préféré se rendre plutôt que de perdre des hommes[1].

L'expansion du village, la disparition du château[modifier | modifier le code]

La citadelle de Châteauneuf était vraisemblablement en forme de losange, les angles étant situés pour l'un au niveau du calvaire, un autre étant le donjon de la Tour des Anglais, au sud vers l'entrée de la citadelle et à l'est en opposition avec la tour. Elle servit aux XVe et XVIe siècles de refuge pour les habitants alentour en cas de mauvaise période. C'est à ce moment-là que Châteauneuf a alors englobé les lieux-dits à ses pieds : l'Habitarelle et les Combettes Planes entre autres. Vers 1632, le roi Louis XIII ordonne que l'on démantèle les châteaux de Luc, Grèzes et Châteauneuf. On utilisera les restes du château pour construire l'église du village et une partie des habitations.

Héraldique[modifier | modifier le code]

Châteauneuf-de-Randon

Le blasonnement de Châteauneuf-de-Randon est : d'or à trois pals d'azur, au chef de gueules ; à l'écusson d'argent en abîme, chargé d'une aigle bicéphale de sable, becquée et membrée de gueules, et d'une cotice du même brochant.

Sans l'écusson, il s'agit du blasonnement de la baronnie de Randon. L'écusson étant le blason de Du Guesclin.

Politique et administration[modifier | modifier le code]

Liste des maires[modifier | modifier le code]

Liste des maires de Châteauneuf-de-Randon
Période Identité Étiquette Qualité
1962 octobre 2000 (décès) Adrien Durand UDF Député (1981-93)[2]
2001   Pierre Bessière UMP  

Intercommunalités[modifier | modifier le code]

Châteauneuf-de-Randon est le siège de la communauté de communes du canton de Châteauneuf-de-Randon qui regroupe les huit communes du canton. Créée le 31 décembre 1996, elle est actuellement présidée par Hubert Libourel, maire de Chaudeyrac.

Découpage administratif[modifier | modifier le code]

La ville est le chef-lieu du Canton de Châteauneuf-de-Randon qui appartient à l'arrondissement de Mende.

Conseiller général Canton Code cantonal Population (1999) Communes
Michel Pironon Châteauneuf-de-Randon 48 06 1 632 hab. 8
Châteauneuf-de-Randon
Châteauneuf-de-Randon

Démographie[modifier | modifier le code]

En 2011, la commune comptait 538 habitants. L'évolution du nombre d'habitants est connue à travers les recensements de la population effectués dans la commune depuis 1793. À partir du XXIe siècle, les recensements réels des communes de moins de 10 000 habitants ont lieu tous les cinq ans, contrairement aux autres communes qui ont une enquête par sondage chaque année[Note 1],[Note 2].

           Évolution de la population  [modifier]
1793 1800 1806 1821 1831 1836 1841 1846 1851
450 498 602 538 607 590 608 629 658
1856 1861 1866 1872 1876 1881 1886 1891 1896
1 502 1 465 1 391 896 708 733 768 733 731
1901 1906 1911 1921 1926 1931 1936 1946 1954
844 794 703 643 647 587 553 508 427
1962 1968 1975 1982 1990 1999 2004 2006 2009
405 403 504 541 536 532 504 523 520
2011 - - - - - - - -
538 - - - - - - - -
De 1962 à 1999 : population sans doubles comptes ; pour les dates suivantes : population municipale.
(Sources : Ldh/EHESS/Cassini jusqu'en 1999[3] puis Insee à partir de 2004[4].)
Histogramme de l'évolution démographique


Économie[modifier | modifier le code]

Lieux et monuments[modifier | modifier le code]

Bâtiments et lieux publics remarquables[modifier | modifier le code]

La « Tour des Anglais »
  • La tour dite « Tour des Anglais », vestige de la citadelle de Châteauneuf-de-Randon.

Bâtiments religieux[modifier | modifier le code]

L'église
  • Église Saint-Étienne du XIXe siècle.
  • Calvaire situé à l'emplacement du donjon principal et tour de guet de la citadelle (au nord), avec une vue magnifique et panoramique.

Musées[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Musée du Guesclin.
  • Le musée Du Guesclin, sur la place du village, retraçant la vie de ce grand guerrier au service Charles V.
  • À proximité, « la Toison d'or », ferme découverte et musée vivant sur les animaux à fourrure.

Autres[modifier | modifier le code]

  • Le cénotaphe de Bertrand du Guesclin à l'Habitarelle, classé monument historique.
  • Statue en bronze de Du Guesclin sur la place du village, inaugurée le 19 août 1894[5]
  • À proximité, source de la Clauze.
  • La « pierre branlante », associé à une légende sur le chevalier de Roland et une autre à Gargantua.

Personnalités liées à la commune[modifier | modifier le code]

  • Bertrand Du Guesclin mourut le 13 ou 14 juillet 1380 devant Châteauneuf-de-Randon qu'il assiégeait, selon la légende, d'avoir bu de l'eau trop fraîche de la fontaine du pré de la Glauze.

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Au début du XXIe siècle, les modalités de recensement ont été modifiées par la loi no 2002-276 du 27 février 2002, dite « loi de démocratie de proximité » relative à la démocratie de proximité et notamment le titre V « des opérations de recensement », afin de permettre, après une période transitoire courant de 2004 à 2008, la publication annuelle de la population légale des différentes circonscriptions administratives françaises. Pour les communes dont la population est supérieure à 10 000 habitants, une enquête par sondage est effectuée chaque année, la totalité du territoire de ces communes est prise en compte au terme de la même période de cinq ans. La première population légale postérieure à celle de 1999 et s’inscrivant dans ce nouveau dispositif est entrée en vigueur au 1er janvier 2009 et correspond au recensement de l’année 2006.
  2. Dans le tableau des recensements et le graphique, par convention dans Wikipédia, et afin de permettre une comparaison correcte entre des recensements espacés d’une période de cinq ans, le principe a été retenu, pour les populations légales postérieures à 1999 de n’afficher dans le tableau des recensements et le graphique que les populations correspondant aux années 2006, 2011, 2016, etc., ainsi que la dernière population légale publiée par l’Insee.

Références[modifier | modifier le code]

  1. a, b, c et d Félix Buffière, Ce tant rude Gévaudan [détail des éditions], tome I, p. 792-795
  2. Fiche d'Adrien Durand sur le site de l'Assemblée nationale
  3. Des villages de Cassini aux communes d'aujourd'hui sur le site de l'École des hautes études en sciences sociales.
  4. Fiches Insee - Populations légales de la commune pour les années 2004, 2006, 2009, 2011
  5. carte postale

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Liens externes[modifier | modifier le code]