Orgosolo

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Orgosolo
Administration
Pays Drapeau de l'Italie Italie
Région Flag of the Italian region Sardinia.svg Sardaigne 
Province Nuoro 
Code postal 08027
Code ISTAT 091062
Code cadastral G097
Préfixe tel. 0784
Démographie
Gentilé orgolesi
Population 4 418 hab. (31-12-2010[1])
Densité 20 hab./km2
Géographie
Coordonnées 40° 12′ 00″ N 9° 21′ 00″ E / 40.2, 9.35 ()40° 12′ 00″ Nord 9° 21′ 00″ Est / 40.2, 9.35 ()  
Altitude Min. 620 m – Max. 620 m
Superficie 22 366 ha = 223,66 km2
Divers
Saint patron San Pietro
Fête patronale 29 juin
Localisation

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Liens
Site web http://www.comune.orgosolo.nu.it

Orgosolo est une commune de la province de Nuoro en Sardaigne.

Orgosolo est connu pour son abondance de peintures murales pour la plupart très ancrées à gauche.

Histoire[modifier | modifier le code]

Des vestiges nuragiques sont présents aux alentours de la commune : village de pierre, dolmens, tombes troglodytiques et tombes dites « de géant ».

Pays pauvre, de pâturages et de reliefs peu habités, Orgosolo fut le théâtre de vols de bétail (moutons, cochons) et de séquestrations contre rançons qui alimentèrent le mythe du bandit sarde. On connaît l'histoire de Giovanni Corbeddu Salis, qui, au XIXe siècle prit le maquis pendant 18 ans, avant d'être abattu par les carabinieri, auquel Louis Van Gasteren consacra un film en 1975. Dans un film d'inspiration néo-réaliste sorti en 1961, Bandits à Orgosolo, tourné dans le Supramonte (it), dans le village et les environs d'Orgosolo, avec des bergers du lieu, Vittorio de Seta s'intéresse au mythe du bandit sarde et cherche à comprendre quelle réalité il recouvre.

Ce dernier, largement fantasmé, fut d'abord construit sur la tradition de résistance aux occupations coloniales (phénicienne, carthaginoise, romaine, espagnole...) ou militaires (OTAN, bases américaines) ainsi qu'à l'État italien, particulièrement forte dans la Barbagia.

Cet « atavisme rebelle » donna lieu à des études pseudocriminologiques au XIXe siècle : Alfredo Niceforo, disciple de Cesare Lombroso, décréta ainsi dans un livre intitulé La criminalità in Sardegna que la forme du crâne des sardes les prédisposait au crime - un extrait de son étude fait l'objet d'une peinture murale ironique.

Géographie[modifier | modifier le code]

Orgosolo se situe au cœur de la Barbagia, dans le massif du Supramonte (it), au pied du Mont Lisorgoni (978 mètres). Il se situe à 620 mètres d'altitude et couvre 224 km².

L'économie est essentiellement pastorale, mais l'industrie du bâtiment et le tertiaire (services, tourisme) y tiennent une place grandissante.

Démographie[modifier | modifier le code]

Nombre d'habitants recensés

Administration[modifier | modifier le code]

Les maires successifs
Période Identité Étiquette Qualité
10 mai 2005 en cours Francesco Meloni Lista Civica  
Les données manquantes sont à compléter.

Communes limitrophes[modifier | modifier le code]

Dorgali, Fonni, Mamoiada, Nuoro, Oliena, Talana (OG), Urzulei (OG), Villagrande Strisaili (OG)

Culture[modifier | modifier le code]

Peintures murales[modifier | modifier le code]

Peinture murale à Orgosolo.

Orgosolo compte 400 peintures murales. Pour beaucoup politiques, elles portent la mémoire des luttes locales (celle de Pratobello contre l'installation d'un camp de l'OTAN, celles des bergers contre les industriels et les patrons), des combats internationaux (contre la Guerre du Viêt Nam, pour la paix en Palestine...), des personnes tuées à l'usine (celle, locale, d'Otana, ou bien une usine new-yorkaise) ou dans des conflits avec l'État (par exemple, hommage à Carlo Giuliani, tué par la police lors du contre-G8 à Gênes en 2001). D'autres murales évoquent le quotidien du village : bergers, femmes avec enfants, anciens qui discutent.

La toute première peinture a été effectuée en 1968 par un collectif anarchiste de Milan, le groupe Dioniso. En 1975, Francesco del Casino, un professeur de dessin siennois, proche du Parti Communiste, s'installe dans le village après avoir vu le film Banditi a Orgosolo. Il réalise, souvent dans un style inspiré de Picasso, de très nombreuses peintures pendant deux décennies, associant ses élèves à leur réalisation et parlant avec les habitants du village. Les Api (« les Abeilles »), un groupe d'anciens élèves de del Casino, essentiellement constitué de femmes, a ensuite pris la relève, toujours avec cette intention politique de faire des peintures des supports à discussion.

Aujourd'hui, des artistes du village, d'Italie, d'Allemagne, de France ou d'ailleurs continuent à peindre sur les murs - certains respectant le caractère spontané, collectif et éphémère des fresques initiales, d'autres jouant davantage sur l'institutionnalisation du phénomène (organisation de concours par des particuliers ou par la mairie, velléités de développer le tourisme).

Chants polyphoniques[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Chant A Tenore.

Le chant guttural a tenore est notamment pratiqué dans le village par le Gruppo Rubanu, le Gruppo Murales, Tenores Untana Vona, Tenores Antonia Mesina, Tenores Sirilò et Tenores Santu Juvanne. Un improvisateur ténor (parfois plusieurs, qui se relayent à mesure que le chant évolue) chante en sarde les phrases d'un poème et trois choristes (une basse, un baryton, un contralto) lui répondent par des syllabes qui scandent chacune de ses interventions. Les hommes (car les femmes ne pratiquent pas ce chant) se placent généralement en cercle fermé, debout, chacun portant la main à son oreille pour mieux entendre et maîtriser sa voix.

On retrouve dans ces chants ancestraux des motifs similaires à ceux portés plus récemment sur les peintures murales : les poèmes parlent de la vie des bergers et du village, des luttes collectives (de nouveau celle de Pratobello), des ouvriers tués à l'usine, de la Barbagia.

Cinéma[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Banditi a Orgosolo.

Vittorio de Seta a tourné en 1961 dans la commune et avec des habitants du village le film Banditi a Orgosolo. Dans un style néo-réaliste, il filme l'histoire d'un berger impliqué malgré lui dans un vol de bétail et accusé à tort du meurtre d'un carabinieri.

Annexes[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. (it) Popolazione residente e bilancio demografico sur le site de l'ISTAT.

Liens externes[modifier | modifier le code]