L'Année dernière à Marienbad

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L'Année dernière à Marienbad

Réalisation Alain Resnais
Scénario Alain Robbe-Grillet
Acteurs principaux
Pays d’origine Drapeau de la France France
Drapeau de l'Italie Italie
Allemagne de l'Ouest Allemagne de l’Ouest
Drapeau de l'Autriche Autriche
Sortie 1961
Durée 94 min

Pour plus de détails, voir Fiche technique et Distribution

L'Année dernière à Marienbad est un film en noir et blanc de langue française réalisé par Alain Resnais et sorti en 1961. Il reçoit le Lion d'or à la Mostra de Venise la même année. Le scénario et le découpage sont d'Alain Robbe-Grillet, lui-même inspiré du roman fantastique L’Invention de Morel de l'écrivain argentin Adolfo Bioy Casares.

Le film est célèbre pour l'ambiguïté de sa structure narrative, qui a beaucoup dérouté et divisé les critiques. La dimension onirique et la confusion entre réalité et illusion ont par la suite inspiré bien des réalisateurs.

Synopsis[modifier | modifier le code]

Dans un grand hôtel de luxe, un homme tente de convaincre une femme qu'ils ont eu une liaison l'année précédente à Marienbad.

Fiche technique[modifier | modifier le code]

Distribution[modifier | modifier le code]

Récompenses[modifier | modifier le code]

Genèse du film[modifier | modifier le code]

Tournage[modifier | modifier le code]

Le film a principalement été tourné en Bavière, à l'Antiquarium de Munich, dans les châteaux de Nymphenburg et d'Amalienburg et dans le parc du château de Schleissheim, ainsi qu'en studio à Paris[1].

Réception critique[modifier | modifier le code]

S'il est considéré par beaucoup comme un chef-d’œuvre, L'Année dernière à Marienbad a également suscité des réactions négatives extrêmement fortes[2],[1].

Le critique Michel Mourlet, par exemple, a vivement critiqué le film et plus généralement l'œuvre d'Alain Robbe-Grillet. Il dénonce le fait que « l'objet le plus anecdotique se trouve sur le même plan que le plus important ». Il y voit un « esthétisme académique et vide[3] ». À propos de L'Année dernière à Marienbad et d'Hiroshima mon amour, il écrit : « Aucune connaissance de l'acteur, aucun empire sur le décor, les éléments, aucun sens du récit, rien que de pauvres petits essais d'intellectuels qui jouent gravement à faire du cinéma[4]. » Mourlet précise encore: « que pour s'ennuyer une heure trente, d'un ennui noir, dense, irrémédiable, des foules puissent piétiner devant la porte et payer... C'est par des considérations de cet ordre que l'intérêt de L'Année dernière à Marienbad apparaît considérable. »[3].

Jacques Lourcelles, dans son célèbre Dictionnaire des films, considère le film de Resnais comme « l'un des plus insanes que le cinéma ait produits »[5].

« Seule compte la beauté baroque de l'oeuvre, délibérément répétitive, sans équivalent dans le cinéma. Succès de snobisme typiquement sixties? Le snobisme, parfois, a du bon. »

— Michel Grisolia, L'Express[6]

Autour du film[modifier | modifier le code]

L'actrice Françoise Spira avait filmé le tournage du film avec une caméra 8mm. Volker Schlöndorff a repris ses images pour en faire un documentaire intitulé Souvenirs d’une année à Marienbad[7],[8]. Le film a été mis en ligne sur le site de la revue La Règle du jeu en février 2010[9].

Influence[modifier | modifier le code]

L'impact de L'Année dernière à Marienbad a été perceptible dans les œuvres de cinéastes français tels qu'Agnès Varda, Marguerite Duras et Jacques Rivette, ou de figures internationales comme Ingmar Bergman et Federico Fellini[10].

Parmi les films qui doivent le plus à l'influence de Marienbad reviennent souvent les noms de The Shining[11], de Stanley Kubrick, et Inland Empire[12], de David Lynch.

Terence Young a raconté qu'il avait élaboré les crédits d'ouverture du film James Bond Bons baisers de Russie sur L'Année dernière à Marienbad[13].

Peter Greenaway a raconté que le film constitue l'influence la plus importante sur son travail (et que lui-même est devenu un proche collaborateur du directeur de la photographie Sacha Vierny)[14].

Après que le film Inception fut sorti en salles, à l'été 2010, beaucoup firent remarquer au réalisateur Christopher Nolan des similitudes avec L'Année dernière à Marienbad. Inception présentait en effet une structure narrative jouant avec la perception du spectateur de la réalité. Dans une interview, Nolan reconnut l'influence du film, qu'il n'avait pourtant jamais vu avant la réalisation d'Inception, en tenant ces propos :

« Tout le monde m'accusait d'avoir copié le film, mais je n'avais en fait jamais eu l'occasion de le voir. Je l'ai vu et je me suis dit "Oh, wow. Les gens vont penser qu'il y des passages d'Inception que j'ai copiés directement de L'année dernière à Marienbad." (…) [Ce que ça veut dire, c'est que] j'ai copié les films qui ont copié L'Année dernière à Marienbad, sans avoir vu l'original. C'est vraiment à ce point une source d'idées sur les relations entre le rêve, la mémoire et ainsi de suite, et c'est vraiment ce de quoi traite Inception. Mais notre film a bien plus d'explosions[15]. »

Le style visuel du film a également été imité dans de nombreuses publicités[16].

Références au film[modifier | modifier le code]

Dans la chanson
  • 1973 : Barbara intitule l'une de ses chansons Marienbad
  • 1985 : Viktor Lazlo débute sa chanson Canoë rose par « C'était pas l'année dernière — C'était pas à Marienbad ».
  • 1986 : Patricia Lavila débute sa chanson Le Cœur au fond des yeux par « C'était l'année dernière à Marienbad ».
Clip
  • Le clip de To The End du groupe de rock anglais Blur, tourné en 1994 est un pastiche du film.
Jeu
  • Le Jeu de Marienbad tire son nom du jeu avec des allumettes qui est joué de multiples fois au cours du film, et auquel le héros gagne à chaque fois.
Dans la mode

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a et b Antoine de Baecque, « Ce lieu réel n'existe pas, ou si peu... », Libération,‎ 27 août 2004 (lire en ligne)
  2. Édouard Launet, « L'Année dernière à Marienbad », Libération,‎ 23 septembre 2000 (lire en ligne)
  3. a et b Michel Mourlet, « Il y a trente ans à Marienbad », dans Michel Mourlet, Sur un art ignoré : La mise en scène comme langage, Ramsay, coll. « Ramsay Poche Cinéma »,‎ 2008, p. 225-230
  4. Michel Mourlet, « Réponse à une enquête sur Hollywood », dans Michel Mourlet, Sur un art ignoré : La mise en scène comme langage, Ramsay, coll. « Ramsay Poche Cinéma »,‎ 2008, p. 78
  5. Jacques Lourcelles, Dictionnaire du cinéma , tome 3, « Les Films », coll. Bouquin, éd. Robert Laffont, p.1617, 1992
  6. « Succes de snobisme typiquement sixties », sur Lexpress.fr,‎ 1 février 2010
  7. Édouard Launet, « Dernière escapade à «Marienbad» », Libération,‎ 4 mars 2010 (lire en ligne)
  8. Jean-Michel Frodon, « Les herbes folles de Marienbad », Slate.fr,‎ 23 février 2010 (lire en ligne)
  9. Olivier Corpet, « Projection d’un making of inédit de L’Année dernière à Marienbad », La Règle du jeu,‎ 16 février 2010 (lire en ligne)
  10. Robert Benayoun, Alain Resnais : arpenteur de l'imaginaire. Paris : Ramsay, 2008. p. 106.
  11. E.g. L'année dernière à Marienbad : quelle année et où ça ?, de Mark Polizzotti (un essai pour la Criterion Collection). [Consulté le 27 mai 2014]
  12. E.g. "Marienbad revient, toujours aussi perturbant", de Mark Harris, dans The New York Times, 13 janvier 2008. [Consulté le 27 mai 2014]
  13. Stephen Jay, James Bond Films, p.27, Random House Value Publishing, 1er mars 1982
  14. (en) « Les cinéastes parlent de films : Peter Greenaway, une interview avec John Whitley », sur The Daily Telegraph,‎ 14 juin 2004 (consulté le 27 mai 2014)
  15. (en) « Un homme et son rêve : Christopher Nolan et Inception », sur The New York Times,‎ 30 juin 2010 (consulté le 27 mai 2014).
  16. Philip French, « L'Année dernière à Marienbad », sur The Observer,‎ 22 avril 2007 (consulté le 27 mai 2014).
  17. (en) Suzy Menkes, « L'Année à Marienbad de Chanel », sur The New York Times,‎ 5 octobre 2010 (consulté le 27 mai 2014).

Annexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]