Célestine

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Célestine
Catégorie VII : sulfates, sélénates tellurates, chromates, molybdates, tungstates[1]
Célestine - Sakoany, Madagascar (22x15 cm XX 10.1 cm)

Célestine - Sakoany, Madagascar
(22x15 cm XX 10.1 cm)
Général
Numéro CAS 14291-02-2
Classe de Strunz
Classe de Dana
Formule brute O4SSrSr[SO4]
Identification
Masse formulaire[2] 183,68 ± 0,02 uma
O 34,84 %, S 17,46 %, Sr 47,7 %,
Couleur incolore, bleu ciel ou pâle, jaunâtre, rougeâtre
Classe cristalline et groupe d'espace dipyramidale - Pbnm
Système cristallin orthorhombique
Réseau de Bravais primitif P
Macle sur {210}, et {110}
Clivage parfait sur {001}, bon sur {201}
Cassure irrégulière
Habitus tabulaire, pyramidal, fibreux, massif, prismatique, globulaire, éeode
Échelle de Mohs 3 - 3,5
Trait blanc
Éclat vitreux, nacré
Propriétés optiques
Indice de réfraction α=1,621-1,622 β=1,623-1,624 γ=1,630-1,632
Pléochroïsme incolore
Biréfringence Δ=0,009-0,010 ; biaxe positif
Dispersion 2vz ~ 50°
Fluorescence ultraviolet fluorescence et thermoluminescence, souvent par inclusions organiques
Transparence transparent à translucide
Propriétés chimiques
Densité 3,9
Fusibilité fond difficilement en colorant la flamme en rouge
Solubilité très faiblement soluble dans l'eau, et les acides
Propriétés physiques
Magnétisme aucun
Radioactivité aucune
Unités du SI & CNTP, sauf indication contraire.

La célestine est une espèce minérale composée de sulfate naturel de strontium de formule SrSO4 avec des traces de Ba, Ca. La célestine (pôle strontium) donne un isomorphisme complet avec la baryte (pôle baryum). Elle fait partie du groupe de la Baryte. Paradoxalement la couleur bleu pâle qui semble la caractériser n'est pas la plus couramment rencontrée.

Inventeur et étymologie[modifier | modifier le code]

L'étude chimique a été faite par Martin Heinrich Klaproth en 1797, mais elle fut décrite par Abraham Gottlob Werner en 1798. Le nom est inspiré du latin caelestis = céleste, en allusion à la couleur de ses premiers échantillons[3].

Topotype[modifier | modifier le code]

Bell's Mill, Bellwood, Blair Co., Pennsylvanie, USA[4].

Cristallographie[modifier | modifier le code]

Cristallochimie[modifier | modifier le code]

Isostructurelle avec la baryte et l'anglésite, elle appartient au groupe de la baryte.

Groupe de la baryte[modifier | modifier le code]

Ces minéraux ont une structure orthorhombique et une formule chimique qui répond au terme général A(SO4) où A peut être le plomb, le baryum, le strontium ou le chrome…

Gîtologie[modifier | modifier le code]

Minéral d'origine sédimentaire, typique des dépôts évaporitiques lagunaires, elle est fréquente dans les calcaires et les grès, où elle est associée avec calcite, dolomite, gypse, halite, soufre, fluorine.

Synonymie[modifier | modifier le code]

Il existe pour ce minéral de nombreux synonymes[5] :

  • celestite - célestite ;
  • cliftonite (Thomson) ;
  • Coelestine (A.H. Chester 1896) ;
  • colestine ;
  • dioxynite ;
  • eschwegite (Lévy 1837)[6] ;
  • schutzite ;
  • sicilianite (D.G. Lenz 1800)[7] ;
  • strontiane sulfatée (René Just Haüy 1798).

Variétés[modifier | modifier le code]

  • Barian Celestine (synonyme : barytocélestine, barytocélestite, célestobarite pour les francophones ; barytocölestin (Ernst Friedrich Glocker 1839) pour les allemands[8] ; barytosulfate of Strontian (T. Thomson, 1836), pour les anglo-saxons[9]) de formule (Sr,Ba)SO4, elle est le terme intermédiaire entre la célestine et la baryte. Il existe de nombreuses occurrences dans le monde notamment en France :
  • Calciocélestine (synonyme : calciocélestite), de formule SrCa[SO4]. Décrite par Wicke en 1860[11]. Il semble n'exister qu'une seule occurrence mondiale de ce minéral : Sierra Oscura, Socorro Co., New Mexico, USA.

Gisements remarquables[modifier | modifier le code]

  • Angleterre
Nouveaux Grès rouges près Pyle-Hill, Bristol
  • France
Rémuzat (gisement « Laget »), Buis-les-Baronnies, Drôme[12]
Carrière de Gypse d'Arignac, Tarascon-sur-Ariège, Ariège[13]
  • Italie
Miniera Floristella (Miniera Florestella), Valguarnera, Enna, Sicile
  • Tunisie
Hammam-Zriba Mine, Zriba-Village, Zaghouan[14]

Galerie[modifier | modifier le code]

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Utilisations[modifier | modifier le code]

La célestine est le seul minéral extrait pour la production de sels de strontium, qui sont utilisés dans l'industrie sucrière pour l'enrichissement des mélasses et pour la production de feux artificiels (couleur rouge), sous forme de Sr(NaNO3)2. Fabrication de colorants, de batteries électriques, de verres spéciaux et de céramiques.

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Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. La classification des minéraux choisie est celle de Strunz, à l'exception des polymorphes de la silice, qui sont classés parmi les silicates.
  2. Masse molaire calculée d’après « Atomic weights of the elements 2007 », sur www.chem.qmul.ac.uk.
  3. (de) M.H. Klaproth, Beiträge zur Chemischen Kenntniss der Mineralkörper, II, 1797, p. 92-98 (as Schwefelsaurer Strontianit aus Pennsylvanien)
  4. (en) Charles Palache, Harry Berman et Clifford Frondel, The System of Mineralogy of James Dwight Dana and Edward Salisbury Dana, Yale University 1837-1892 : Halides, Nitrates, Borates, Carbonates, Sulfates, Phosphates, Arsenates, Tungstates, Molybdates, Etc., vol. II, John Wiley and Sons, Inc.,‎ 1951, 1124 p., p. 418
  5. « Index alphabétique de nomenclature minéralogique » BRGM
  6. A. Lévy, Description d’une collection de minéraux formée par M. Henri Heuland, et appartenant à M. Ch. H. Turner, de Rooksnest, dans le comté de Surrey en Angleterre. 3 volumes et atlas de 85 plaques, London, vol. 1, 1837, p. 224
  7. (de) D.G. Lenz (1800) Versuch einer vollständigen Anleitung zur Kenntniss der Mineralien, System: 233
  8. (de) E.F. Glocker, Handbuch der Mineralogie, 2nd. edition, Nürnberg, 1839, p. 634
  9. (en) Outlines of Mineralogy, Geology, and Mineral Analysis. 2 volumes, London, vol. 1, p. 111
  10. (en) Joel Brugger, Michel Bonin, Kurt J. Schenk, Nicolas Meisser, Peter Berlepsch et Alain Ragu, « Description and crystal structure of nabiasite, BaMn9[(V,As)O4]6(OH)2, a new mineral from the Central Pyrenees (France) », European Journal of Mineralogy, vol. 11, no 5,‎ 1999, p. 879-890
  11. Wicke, dans Arch. Pharm., vol. 152, 1860, p. 32
  12. R. Martin, « Minéralogie des septarias du gisement "Laget", Rémuzat (Drôme) », dans Le Règne Minéral, vol. 64, 2005, p. 42-47
  13. D. Descouens, « Les Mines de gypse d'Arnave et Arignac », dans Monde et Minéraux, vol. 62, 1984, p. 16-17
  14. S. Bouhlel, J.P. Fortuné, N. Guilhaumou et J.C. Touray, Les minéralisations stratiformes a F-Ba de Hammam Zriba-Jebel, 1988