Pistachier térébinthe

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Pistacia terebinthus - Muséum de Toulouse

Le Pistachier térébinthe (Pistacia terebinthus L.), — nom populaire « Térébinthe » — est une plante à feuillage caduc de la famille des Anacardiacées poussant dans la garrigue et le maquis, commun dans tout le bassin méditerranéen (Maroc, Portugal, Turquie, Syrie, Israël, Palestine). À l'origine présente dans le midi de la France, son aire s'est étendue jusque dans le Jura, le Quercy, la Savoie et le Périgord, mais toujours dans les zones dégradées associées aux chênes vert, pubescent et à une altitude maximale de 500 m. Il est absent de Corse.

L'essence de térébenthine lui doit son nom car elle était à l'origine fabriquée avec la sève de cet arbre.

Le mot « pistachier » vient de pistakê, d'origine incertaine[1], mais probablement issu du grec ancien πιστάκη[2] tandis que « térébinthe » vient du latin terebinthus, dérivé du grec τερέβινθος qui désignait l'arbre.

Description[modifier | modifier le code]

Le pistachier térébinthe est un arbuste de trois à cinq mètres.

Ses feuilles caduques de 7 à 13 folioles sont vertes au printemps, jaunes ou rouge flamboyant à l'automne.

Les fleurs unisexuées sont petites, rougeâtres en grappes serrées — panicules — sur les rameaux d'un an. La floraison se produit d'avril à juin.

Les fruits ovoïdes, de la taille d'un petit pois (de 5 à 7 mm) et en grappes caractéristiques, sont blancs, puis roses, rouges et enfin bruns à maturité. Il dégage une forte odeur de résine

Il se distingue du lentisque ou pistachier lentisque (Pistacia lentiscus L.) par

  • ses feuilles ayant un nombre impair de folioles (imparipennées) ;
  • un rachis non ailé ;
  • une inflorescence pyramidale ;
  • son feuillage non persistant.

Le pistachier vrai (Pistacia vera) quant à lui a des feuilles ayant moins de folioles : 3 à 5 folioles et des fruits plus volumineux, connus pour leur comestibilité.

Utilisation[modifier | modifier le code]

Son bois dur est utilisé en ébénisterie et en marqueterie pour réaliser des ornementations.

Introduit aux États-Unis en 1854, il est utilisé comme porte-greffe pour le pistachier vrai.

Le térébinthe donne une oléorésine, très odoriférante, la térébenthine de Chio, de l'île grecque de Chio où la résine est exploitée. La résine peut être utilisée comme antiseptique en médecine et on peut la mâcher. Elle sert aussi à la fabrication de vernis et de friandises.

Les graines du pistachier térébinthe sont comestibles mais aigrelettes. Elles peuvent être utilisées pour produire une huile comestible.

Maladies et parasites[modifier | modifier le code]

Galles par Baizongia pistaciae

La galle du pistachier térébinthe amène la feuille à subir une mutation pour contenir les œufs de son parasite. Les galles les plus courantes sur cette espèces sont causées par les pucerons Forda marginata, Forda formicaria et Baizongia pistaciae (feuille transformée en énorme « corne » atteignant 20 cm de long)[3].

Aspect culturels et historiques[modifier | modifier le code]

Théophraste, philosophe péripatéticien du IIIe siècle av. J.-C., lorsqu'il parle du térébinthe dans son traité Histoire des Plantes, que le « thériclée » utilisé pour consommer le vin est un calice, et que l'on ne peut distinguer ceux de térébinthe de ceux de terre. Selon Théophraste, c'est le potier de terre corinthien Thériclès, contemporain d'Aristophane, qui imagina cette sorte de récipient.


Références[modifier | modifier le code]

  1. « PISTACHE […] est emprunté (1546) de l’italien du Nord (émilien, vénitien) pistacchio (v.1340), issu, par l’intermédiaire du latin pistacium, du grec pistakion. Ce nom de fruit est dérivé de pistakê, mot désignant un arbre résineux des régions chaudes dont le fruit contient un noyau dur comestible. Pline et Galien savaient déjà que la plante était originaire de Syrie ; le premier mentionne son introduction en Italie par Vitellius à la fin du règne de Tibère et, de là, en Espagne par Flavius Pompée. Pistakê, d’origine inconnue, est très probablement un emprunt oriental. L’ancien et le moyen français connaissaient déjà pistace, attesté du XIIIe s. à 1611, emprunté au latin pistacia, neutre pluriel de pistacium pris comme féminin singulier. […] Le dérivé PISTACHIER […] (1651) est la réfection de pistacher (1611), et a remplacé le moyen français pistacier (1557), nom de l’arbre tiré de l'ancien pistace. »

    Alain Rey (dir.), Dictionnaire historique de la langue française, Paris, Dictionnaires Le Robert, nouvelle édition, 1994 (ISBN 2-85036-187-9), tome II, p. 1530.

  2. http://fr.wiktionary.org/wiki/pistacia
  3. P. Dauphin, J.-C. Aniotsbéhère. Les Galles de France ( 2e édition). Mémoires Soc. Linn. Bordeaux, Tome 2, 1997

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Autres pistachiers :

Liens externes[modifier | modifier le code]

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L' Appel de la Garrigue éditions 1989 / 1990 Gérard Joyon ISBN 2-9504214-0-7