Prunus padus

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir Bois-puant.

Le Cerisier à grappes ou Merisier à grappes (Prunus padus L., 1753), parfois nommé bois-puant, putier, putiet, putet ou pétafouère, est un arbre de la famille des Rosaceae.

Malgré son nom possible de « cerisier », ses fruits présentent peu d'intérêt : ils sont petits (6-8 mm de diamètre), de chair aigre et astringente et le noyau occupe environ 80 % du volume. Néanmoins leur macération dans l'alcool donne une liqueur encore produite dans les Alpes françaises à laquelle les anciens attribuaient des propriétés digestives. Ses fruits contiennent deux anthocyanines : la cyanidine-3-rutinoside (60%) et la cyanidins-3-glucoside (40%)[1].

Ce Prunus est d'ailleurs plus proche des lauriers-cerises (Prunus laurocerasus).

Description[modifier | modifier le code]

Arbuste ou arbre (3-10 m) dont le bois a parfois une odeur désagréable après cassure (amande amère). Feuilles: alternes, ovales pontues (8-10m), dentées, avec 1-2 glandes nectarifères sur le pétiole, près du limbe. Fleurs: en longues grappes (10-15) pendantes, parfois dressées, blanches, très odorantes. Fruits (juillet-septembre): petit drupes en longues grappes, sphériques (8-9mm de diamètre), rouge foncé puis noires à maturité, brillantes, jus rouge, un noyau globuleux (6 mm de diamètre). Habitat: bois et forets humides, lisières de bois, haies, bords des cours d'eau, plutôt sur sols siliceux. Se rencontre également dans les parcs et les jardin[2].e,

Images de détail[modifier | modifier le code]

Propriétés[modifier | modifier le code]

Le fruit n'est pas toxique mais il n'est pas consommable car sa saveur aigre douce. L'amande riche en hétérosides cynogénétiques, est toxique (comme chez de nombreuses Rosacées).

Aire de répartition[modifier | modifier le code]

Il est indigène en Europe et dans le nord de l'Asie, jusqu'au Japon.

Habitats[modifier | modifier le code]

Cerisier à grappes
Cerisier à grappes dans une haie

Il pousse dans les sols humides, surtout calcaires.

Il est en France typique de certains habitats, dont par exemple les « bois de Frênes et d'Aulnes des rivières médio-européennes à eaux lentes à cerisiers à grappes » [3].

Hôtes[modifier | modifier le code]

Il est notamment colonisé par un hémiptère, Rhopalosiphum padi L.[4], qui semble guidé par son odeur[5] et avec lequel il a coévolué[6].

Menaces[modifier | modifier le code]

Dans sa zone de distribution naturelle, cette espèce subit la concurrence du cerisier tardif, espèce américaine au comportement invasif.

Intérêt médicinal[modifier | modifier le code]

Cette espèce a fait l'objet d'études en phytothérapie ; elle a été notamment comparée au Prunus spinosa[7].

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :

Notes et références[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • (en) Hammatt N (1993) Micropropagation of fastigiate bird cherry (Prunus padus L.) and adventitious shoot formation from leaves. Journal of Horticultural Science, 68.
  • (en) Leather SR (1996) Prunus padus L. Journal of Ecology, 125-132 (résumé).
  • (en) Yoshinari K, Sashida Y, Mimaki Y & Shimomura H (1990) New polyacylated sucrose derivatives from the bark of Prunus padus Chemical and Pharmaceutical Bulletin, 38(2), 415-417 (résumé Inist-CNRS).
  • (en) 吉成清, 指田豊 & 下村裕子 (1989) Two new lignan xylosides from the barks of Prunus ssiori and Prunus padus. Chemical & Pharmaceutical Bulletin, 37(12), 3301-3303.


  1. (en) Kucharska AZ & Oszmiański J (2002) Anthocyanins in fruits of Prunus padus (bird cherry). Journal of the Science of Food and Agriculture, 82(13), 1483-1486.
  2. Joel Reynaud, La Flore du Pharmacien, Ed TEC et DOC 2002
  3. INPN, Carte des ZNIEFFs contenant des habitats de type « bois de Frênes et d'Aulnes des rivières médio-européennes à eaux lentes à cerisiers à grappes » (ref 44.331).
  4. Dedryver, C. A., GELLE, A., & TANGUY, S. (1983). Évolution des populations de Rhopalosiphum padi L. sur son hôte primaire, Prunus padus L., dans deux stations du nord et de l'ouest de la France. Agronomie, 3(1), 1-8.
  5. (en) Pettersson J (1970) Studies on Rhopalosiphum padi (L.). I. Laboratory studies on olfactometric responses to the winter host Prunus padus L. Uppsala Lantbrukshogsk Ann.
  6. Archetti M & R Leather S (2005) A test of the coevolution theory of autumn colours: colour preference of Rhopalosiphum padi on Prunus padus Oikos, 110(2), 339-343 (résumé).
  7. (en) Kumarasamy Y, Cox PJ, Jaspars M, Nahar L & Sarker SD (2004) Comparative studies on biological activities of Prunus padus and P. spinosa Fitoterapia, 75(1), 77-80.