Cormier

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Le Cormier ou Sorbier domestique (Sorbus domestica L.) est un arbre de la famille des Rosacées. Il donne des fruits appelés « cormes » ressemblant à des petites poires, d'où leur surnom de poirillons.

Il fait partie des espèces testées en agrosylviculture en France, dans des champs ou vignes[1].

Description[modifier | modifier le code]

Sorbus domestica.JPG

Espèce post-pionnière d'origine méditerranéenne, il vivait d'abord sur tout le pourtour du bassin et fut dispersé du temps de l'Empire romain jusque dans le reste de l'Europe.

Dans son biotope du sud, il ne dépasse guère 10-12 m de hauteur et un diamètre de tronc de 30 à 45 cm. En remontant dans les régions plus humides et aux sols plus riches, il atteint des circonférences deux fois plus grandes et, en forêt, arrive à égaler de peu les plus grands arbres. Une essence qui parmi d'autres espèces de sorbiers possèdent une plasticité à s'acclimater dans beaucoup de zones différentes. Et avec les migrations végétales qu'on constate actuellement, des aires de répartition qui s'agrandissent avec les températures changeantes, il n'aura aucun problème quant à son intégration dans de nouvelles aires.

Sa multiplication par germination n'est pas très efficace dans certains biotopes et ses rejets pas toujours suffisants pour pérenniser l'espèce. C'est pour cela que l'assistance de l'humain est nécessaire pour des plantations et sélections d'individus aux caractères génétiques riches (notamment dans la moitié nord de la France, au-delà de la ligne allant de la Drôme du nord au sud de la Dordogne). C'est un arbre à l'écorce brun-orangé, aux feuilles caduques pennées (13 à 21 folioles) et aux fleurs blanches. Ses fruits verts tachés de brun-rougeâtre à maturité peuvent ressembler à de petites pommes ou à de petites poires selon les cultivars. Ces fruits sont très appréciés des petits mammifères, en particulier du blaireau (Meles meles) qui joue un rôle primordial dans la dissémination des graines[réf. souhaitée] (excréments enterrés contenants les graines).

On confond souvent le cormier avec le sorbier des oiseleurs. Le cormier a des besoins en lumière élevés (même s'il préfère un léger ombrage au plein soleil), c'est un arbre à forte croissance et à axe continu capable de développer un grand houppier. Son bois est très dense : 800 à 900 kg/m3(par comparaison le chêne fait 700 à 800 kg/m3 ; le merisier : 550 à 600).

Le cormier supporte mal la concurrence d'autres arbres, c'est pour cela qu'on le retrouve souvent sur des stations (sols) un peu difficiles, la concurrence y est moins vive que dans les stations les plus fertiles. Toutefois, cet arbre se plait parfaitement sur les meilleurs sols, mais il nécessitera alors un suivi régulier de sa concurrence. La longévité moyenne du cormier est de 150 à 200 ans mais on connaît des exemples vieux de plus de quatre siècles[2].

Le cormier a quelques ennemis naturels comme les insectes, ou les champignons parasites, mais le chancre nectrien est à redouter par sa virulence. Le bois du cormier, particulièrement dur, était utilisé pour faire des règles et est toujours apprécié en ébénisterie.

Caractéristiques[modifier | modifier le code]

  • organes reproducteurs:
  • graine:
  • Habitat et répartition: Forêt
    • Habitat type: bois caducifoliés médioeuropéens, basophiles, oligotrophes
    • Aire de répartition: méditerranéen

Espèce en danger[modifier | modifier le code]

Le cormier est un arbre de plus en plus rare. Il figure sur la liste des espèces en danger en Suisse et en Autriche.

Le plus grand et certainement le plus ancien spécimen d'Europe se situe près de la ville de Strážnice dans la province de Moravie, en République tchèque. Son tronc mesure plus de 450 cm de circonférence et on estime qu'il aurait plus de 400 ans. Mais le tenant du titre est slovaque et avec ses 5,06 m de tour et plus de 20 m de hauteur, il devient l'un des plus gros d'Europe.

En France, dans l'est mosellan, à Ebring (au bout de la Rue de la Chapelle), il en existe un dont le diamètre est de 75 cm et 16 m de hauteur; à Grundviller (Rue de Hambach) un spécimen de plus d'un siècle possède des dimensions moins importantes que le précédent, il est très difficile de leur donner un âge, mais ils peuvent avoir entre 100 et 175 ans. A Théding (toujours dans le département de la Moselle) il en subsiste aussi quelques spécimens de belle taille dont un de 3,03 m de tour qui vit dans une haie champêtre bordant la sortie au nord-est du village. Dans la forêt domaniale du Buchholz à Sarreguemines (Moselle), un individu avec 2,02 m de circonférence et une taille de 32 m à +/- 2m est environ estimé à 160-190 ans. À Puttelange-aux-Lacs, le chemin d'accès à la ferme du Welschof (entre le lac du même nom et l'autoroute) est planté d'une douzaine de cormiers en alignement d'un diametre de 40 à 50 cm et d'une vingtaine de mètres de hauteur. Toujours à Puttelange aux lacs, il existe en parcelle 5 de la forêt domaniale (le long de l'autoroute, coté sud) un cormier de 57 cm de diamètre. Des semis de cormiers, assez nombreux eux égard à l'espèce, se situent dans la zone intermédiaire mais sont victime du gibier (très appétent pour le chevreuil comme tous les fruitiers). Dans la forêt communale de Guenviller en parcelle 1 coté ouest existe un individus très bas branchu dont le diamètre est d'environ 80 à 90 cm, il existe également d'autres spécimens dans cette forêt mais qui demeurent dans des grosseurs plus communes (40 à 60 cm) visibles dans les parcelles 10 et 11. Et toujours en Lorraine,dans la forêt de Commercy (Meuse), un cormier de 200 ans atteint 35 m de hauteur (+/-1,5 m) pour quelque 2,35 m de circonférence (mesure 2011).

En Anjou, dans le parc du château du Martreil, à Sainte-Christine, on peut admirer un spécimen remarquable dont le tronc mesure 3,70 mètres de circonférence à 1,20 m de hauteur. C'est un des plus beaux spécimens de l'ouest de la France[3].

Usages[modifier | modifier le code]

Fabrication de manches d'outils particulièrement résistants. Le bois de cormier est parmi les plus durs bois indigènes en France. Il a longtemps été le plus prisé pour la confection des fûts d'outils de corroyage (rabots, rifflards, varlopes, guillaumes...), le pommier massif ou en semelle rapportée étant moins apprécié. Il fut aussi utilisé pour réaliser des outils de traçage, règles, trusquins, et de toise. Dans les moulins, les dents rapportées (alluchons) sur couronne en fonte de l'engrenage multiplicateur étaient faites en cormier. Il était aussi utilisé par les graveurs sur bois d'images (xylographie).

Les fruits, cormes ou sorbes, comestibles[4] après blettissement (comme la nèfle), servaient aussi à préparer une boisson faiblement alcoolisée (piquette de cormes).

En Alsace, après macération, les fruits sont distillés pour fabriquer de l'eau de vie (schnaps).

La gemmothérapie, médecine non conventionnelle, utilise ses bourgeons pour lutter contre certains problèmes circulatoires.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Vidéo « Agroforesterie tempérée : intensification écologique décortiquée à l'aide d'outils de simulation innovants », par Christian Dupraz durant le séminaire 2011-11-08, d'Agropolis International
  2. Sur l'espèce en milieu forestier
  3. Le parc du château du Martreil à Sainte-christine.
  4. Petit atlas... des plantes comestibles, éd. Soregraph, Delachaux et Niestlé, ISBN 978-2-603-01550-6

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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