Chèvrefeuille des bois

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Lonicera periclymenum

Fig. 2 Inflorescence terminale
Fig. 3 Fruits rouges à maturité

Le Chèvrefeuille des bois (Lonicera periclymenum) est une liane arbustive de la famille des Caprifoliacées aux fleurs très odorantes.

Étymologie
Linné dédia le nom de genre Lonicera à Adam Lonitzer (Lonicerus), botaniste et mathématicien Allemand (1528-1586). Le terme periclymenum dérive du grec periclumenum « baigné tout autour », parce que chez certaines espèces de chèvrefeuille, les feuilles soudées à la base permettent à l'eau de s'amasser dans un petit réservoir.

Description[modifier | modifier le code]

Lonicera periclymenum est une plante grimpante à pousses volubiles et jeunes rameaux pubescents et rougeâtres au sommet. Les tiges sont grêles et pleines[1],[2]. Elles peuvent monter jusqu'à 4 mètres en s'enroulant autour des tiges dans le sens lévogyre[N 1],[3] (fig. 5). En étranglant leur support, elles peuvent causer des dégâts aux jeunes arbres, en particulier aux chênes.

Les feuilles caduques, opposées, sont elliptiques. Elles se sont pas soudées entre elles à la base mais ont un pétiole court ou absent pour les supérieures. Elles sont molles, plus ou moins glauques, généralement pubescentes (parfois glabres). Elles sont entières et parfois légèrement dentées.

Les fleurs sont groupées en inflorescences terminales, longuement pédonculées (fig. 1, 2). Les bractées situées à la base de l'inflorescence sont petites et libres, à la différence de celles de L. caprifolium. Elles sous-tendent de 4 à 17 fleurs tubulées. Le calice porte des dents lancéolées, aiguës. La corolle est formée d'un long tube étroit terminé par deux lèvres, la supérieure se terminant par 4 petits lobes. La fleur odorante est d'un blanc jaunâtre ou rougeâtre.

La floraison se fait de juillet à septembre. Les fleurs sont entomogames. Le nectar peut être butiné par des insectes munis d'une longue trompe comme les sphynx mais pas par les abeilles.

Le fruit est une baie ovoïde, rouge, de 8 mm de diamètre. Elle est légèrement toxique[4].

L. periclymenum est assez variable : le limbe foliaire peut être entier, sinué et même un peu lobé[5].

Caractéristiques Baseflor[modifier | modifier le code]

  • Organes reproducteurs
  • Graine
  • Habitat et répartition
    • Habitat type : fourrés arbustifs médioeuropéens, planitiaires-collinéens à montagnard, psychrophiles, mésotrophiles à eutrophiles
    • Aire de répartition : européen méridional

données d'après : Julve, Ph., 1998 ff. - Baseflor. Index botanique, écologique et chorologique de la flore de France. Version : 23 avril 2004.

Distribution et habitat[modifier | modifier le code]

Fig. 4 Distribution de L. periclymenum

Lonicera periclymenum est présente en Europe de l'Ouest : Espagne, France, Royaume-Uni, Benelux, Allemagne, Suisse et l'ouest de la Pologne. En France, elle est commune partout sauf en région méditerranéenne où elle plus rare et en Corse où elle est absente.

Le chèvrefeuille des bois croît dans les bois frais, les haies, les lisières forestières, surtout en terrains siliceux (c'est un acidiphile à large amplitude[1]).

Utilisations[modifier | modifier le code]

  • Ornementale

Le chèvrefeuille des bois est utilisé comme plante ornementale. Il apprécie les sols riches, humifères et frais. Il est conseillé de le rabattre après floraison.

  • Médicinale

L'écorce a été utilisée comme diurétique. Les baies, pourtant légèrement toxiques, ont été vantées par Agricola, au XVIe siècle et par le médecin Nicolas Alexandre au XVIIIe siècle comme « admirables pour guérir les plaies récentes mais non pas les ulcères » (d'après Lieutaghi[6], 1969).

Les fleurs de Chèvrefeuille, cueillies un peu avant maturité puis séchées à l'ombre, ont pendant longtemps été très estimées par la médecine populaire. Elles étaient traditionnellement préconisées contre la toux, le rhume, les bronchites légères, l'asthme nerveux, les palpitations, l'insomnie, le hoquet[6]. Elles se prenaient sous forme d'infusion à raison de 4 à 8 g de feuilles par litre d'eau et de 2 à 3 tasses par jour.

Les fleurs et des boutons floraux de Lonicera japonica Thunb. sont communément utilisés par la médecine traditionnelle chinoise. Cette pratique médicale restant très vivante en Chine, de nombreuses analyses pharmacologiques réalisées sur les composants actifs (voir l'article Lonicera japonica) ont révélé une activité antibactérienne, anti-inflammatoire et antivirale significative.

Illustrations[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. inverse du sens d'un tire-bouchon que l'on visse dans le sens de la croissance

Références[modifier | modifier le code]

  1. a et b J-C. Rameau, D. Mansion, G. Dumé, C. Gauberville, Flore Forestière Française, guide écologique illustré, 3 région méditerranéenne, Ministère de l'agriculture et de la pêche,‎ 2008, 2426 p.
  2. Référence Tela Botanica (France métro) : Lonicera periclymemum (fr)
  3. Takashi Hashimoto, « Molecular genetic analysis of left–right handedness in plants », Phil. Trans. R. Soc. Lond. B, vol. 357,‎ 2002 ([Phil. Trans. R. Soc. Lond. B lire en ligne])
  4. Jean Bruneton, Plantes toxiques, Végétaux dangereux pour l'Homme et les animaux, Lavoisier,‎ 2005 (1996)
  5. J. Lambinon et al., Nouvelle flore de la Belgique, du G.-D. de Luxembourg, du nord de la France et des régions voisines, édition du Jardin botanique national de Belgique,‎ 6e éd. 2012, 1195 p. (ISBN 978-90-72619-88-4)
  6. a et b Pierre Lieutaghi, Le Livre des Arbres, Arbustes & Arbrisseaux, Actes Sud,‎ 1969, 2004, 1322 p.

Annexes[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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