Bryone dioïque

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher

La Bryone dioïque (Bryonia dioica) (du grec ancien βρὐον / brúon, « fleur ») est une plante herbacée vivace par sa racine, de la famille des Cucurbitacées. C'est une plante grimpante des haies, aux baies rouges et noires. Sa racine charnue est amylacée et fortement purgative.


Histoire[modifier | modifier le code]

Jadis, la Bryonia dioica Jacquin, était considérée comme une plante magique associée à la magie blanche.
Au XIIe siècle, le navet du diable passe pour augmenter la tolérance à l'alcool. Toujours au XIIe siècle, Sainte Hildegarde indique : « Pour se garantir de l'ivresse, boire du jus de bryone avec autant de vinaigre, ainsi toute la semaine on ne sera point ivre »[1]

Noms[modifier | modifier le code]

Nom scientifique : Bryonia dioica Jacquin, famille des Cucurbitacées, sous-famille des Cucurbitoideae, tribu des Benincaseae, sous-tribu des Benincasinae.

Noms communs : bryone, navet du diable, couleuvrée, vigne-blanche, herbe de feu, rave de serpent, mandragore grimpante... de : Zaunrübe, en : red bryony, es : brionia, it : brionia, barbone.

Description[modifier | modifier le code]

Une sorte de gros navet long, blanc jaunâtre
Racine
Fleurs verdâtres en étoile à 5 branches
Feuilles et fleurs mâles
Fruits ronds vert-clair ou rouge
Fruits

Plante grimpante par ses vrilles, feuilles transformées et opposées aux feuilles, remarquables par leurs enroulements symétriques et alternés. Les tiges grêles peuvent atteindre jusqu'à 6 m de long. Odeur des feuilles assez désagréable

Les feuilles, alternes, à nervation palmée, présentent 5 à 7 lobes plus ou moins découpés.

La racine et la partie souterraine de la tige forment une souche charnue, à écorce jaunâtre, qui émet au printemps les bourgeons donnant naissance à de nouvelles tiges.

Plante dioïque, ses fleurs mâles (ou staminées) et femelles (ou pistillées) se trouvent sur des pieds différents. Les fleurs mâles sont portées par des rameaux plus long que les feuilles à l'aisselle desquelles ils s'insèrent, tandis que les fleurs femelles sont portées par des rameaux plus courts.

Les fleurs ont une corolle soudée à cinq lobes, blanc jaunâtre (verdâtre), veinés. Les fleurs mâles ont un calice en forme de cloche à cinq dents, et cinq étamines dont quatre soudées deux à deux par leur filet et une libre. Les fleurs femelles ont trois styles soudés à la base, et terminés par trois stigmates globuleux et poilus. L'ovaire est triloculaire, chacune des loges renfermant deux ovules.

Les fruits sont des baies globuleuses, lisses, de la taille d'un grain de groseille, vertes puis de couleur rouge vif à maturité. Ils ne sont pas comestibles, et présentent une toxicité certaine (voir ci-dessous).

Cependant les bourgeons de bryone sont consommés bien cuits en omelette ou à la manière des asperges dans le Roussillon où la bryone est appelée "carbassine" (du catalan "carbassina").[réf. nécessaire]

Distribution[modifier | modifier le code]

Commune dans les haies où ses tiges s'enchevêtrent. Répandue en Europe centrale et méridionale, dans le nord de l'Afrique et au Moyen-Orient. C'est l'une des rares Cucurbitacées spontanées dans les régions tempérées avec le concombre d'âne (Ecballium elaterium).

Propriétés[modifier | modifier le code]

Plante vénéneuse par sa racine. Elle contient dans toutes ses parties, mais surtout dans la racine et les fruits des saponines (bryonine) et des hétérosides triterpéniques, dont la bryonidine et des curcurbitacines.

Elle peut provoquer par simple contact cutané des dermites, plus ou moins irritées. L'ingestion de parties de la plante (baies, racine) provoque des vomissements, de la diarrhée et peut avoir des conséquences graves (délire, crampes…). L'absorption de quelques dizaines de baies, attrayantes par leur couleur, suffirait à provoquer la mort d'un enfant.

Râpée dans l'eau, tamisée, plusieurs fois lavée, la racine de bryone fournit une fécule comestible mais de saveur peu agréable. Pendant la Terreur, des fugitifs s'en sont nourris sans mal (Bosc, 1821). Morand, au XVIIIe siècle, en aurait tiré un tapioca analogue à celui du manioc.

A été utilisée dans la médecine populaire comme purgatif drastique et comme remède contre les rhumatismes, non sans inconvénients d'où son surnom de « navet du diable ». Les grecs anciens l'utilisaient également comme dépilatoire[2].

Parfois utilisée pour garnir les tonnelles grâce à sa végétation exubérante. Il en existe une variété ornementale à feuilles laciniées.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]

  1. guide de visite, les plantes magiques, du jardin des neuf carrés de l'abbaye de Royaumont
  2. Le pubis, les poils pubiens et l'épilation : sources grecques. Page 60.

Liens externes[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :