Mâcre nageante

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La mâcre nageante, ou châtaigne d'eau, est une plante aquatique de la famille des Trapaceae ou des Lythraceae, selon la classification phylogénétique. Elle est originaire des régions tempérées et chaudes de l'ancien monde.

Noms vernaculaires : mâcre nageante, châtaigne d'eau, truffe d'eau, cornes-du-diable, marron d'eau, noix aquatique.

Cette plante ne doit pas être confondue avec Eleocharis dulcis de la famille des Cyperaceae, autre plante aquatique appelée « châtaigne d'eau », un genre de laîche également cultivée depuis l'antiquité en Chine, dont les cormes sont couramment employés dans la cuisine chinoise.

Description[modifier | modifier le code]

C'est une plante aquatique flottante, vivace, localement envahissante[1], qui pousse dans des étendues d'eau calme ayant jusqu'à 5 m de profondeur.

Les tiges submergées de la mâcre nageante peuvent atteindre de 3 à 6 m de long, longueur variant selon la profondeur du plan d'eau. Elles sont ancrées dans la vase par de très fines racines.

Les feuilles sont de deux types : les feuilles immergées, insérées le long des tiges, sont très finement divisées comme des plumes (ce sont en réalité par leur structure anatomique des racines), tandis que les feuilles nageantes sont entières, alternes et groupées en rosettes. Les feuilles flottantes, de forme ovoïde ou triangulaire, de 2 à 3 cm de long, ont les bords extérieurs du limbe dentés. Leurs pétioles de 5 à 9 cm sont renflés en leur milieu et se gonflent après la floraison, assurant ainsi une fonction de flotteur pour la rosette et les fruits relativement lourds.

Les fleurs, aériennes, apparaissent isolément à l'aisselle des feuilles au début de l'été et sont pollinisées par les insectes. Elle comptent quatre pétales blancs entiers.

Le fruit est une sorte de noix globuleuse, de forme générale tétraédrique, portant quatre grosses pointes de 5 à 10 mm, issues de la transformation des dents du calice. Ce fruit ne s'ouvre jamais.

La graine, unique, assez grosse, est riche en amidon. Elle peut conserver son pouvoir de germination jusqu'à 12 ans, mais la plupart du temps germe au cours des deux premières années.

La reproduction de la plante se fait soit par les fruits qui germent au fond de l'eau, soit de manière végétative par des fragments de tiges ou de rosettes qui peuvent s'enraciner facilement. La dispersion est assurée par divers moyens, par le courant ou par des animaux, oiseaux par exemple.

Sous-espèces[modifier | modifier le code]

Distribution[modifier | modifier le code]

Cette espèce est originaire des régions tempérées et chaudes de l'ancien monde :

Elle est aujourd'hui largement naturalisée dans le reste du monde. Elle a été introduite en Amérique du Nord vers 1874, et s'est échappée des cultures dans la partie orientale des États-Unis, où elle est devenue une plante envahissante du Vermont à la Virginie.

Utilisation[modifier | modifier le code]

La châtaigne d'eau est cultivée en Chine depuis au moins 3000 ans pour ses graines, qui sont consommées après avoir été bouillies ou grillées. On les vend notamment dans le sud du pays dans les rues et les marchés, prêtes à consommer.

Des études archéologiques ont trouvé des quantités importantes de châtaignes d'eau qui indiquent un emploi répandu dans l'alimentation depuis le Néolithique voire avant ; c'est en particulier le cas en Europe orientale. Du matériel archéologique du Sud de l'Allemagne suggère que la population préhistorique de cette région avait une consommation importante de châtaignes d'eau sauvages en complément de son alimentation courante. En cas de mauvaises récoltes, la châtaigne d'eau aurait même pu constituer la base de l'alimentation[2].

En Europe, et en France plus particulièrement, cette plante faisait encore partie des plantes potagères au XIXème siècle. L'on mangeait les fruits "crus, ou cuits dans l'eau ou sous la cendre", car la pulpe blanche était réputée "assez agréable au goût."[3]

Cette plante peut transmettre la grande douve de l'intestin (Fasciolopsis buski).

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Stéphane Herbette ; La Macre nageante (Trapa natans L. ; 1753) : Une plante rare qui peut se révéler envahissante. REVUE / Bulletin annuel de l’association botanique du Puy-en-Velay
  2. Karg, S. 2006. The water chestnut (Trapa natans L.) as a food resource during the 4th to 1st millennia BC at Lake Federsee, Bad Buchau (southern Germany). Environmental Archaeology 11 (1): 125-130.
  3. Le Bon Jardinier, almanach de 1833, p.248 http://books.google.fr/books?hl=fr&id=Ks41AAAAMAAJ&q=macre#v=snippet&q=macre%20tetrandrie&f=false

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Références externes[modifier | modifier le code]

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