Tyconius

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Tyconius (ou Ticonius) est un théologien chrétien qui vivait dans la province d'Afrique dans la seconde moitié du IVe siècle. Appartenant à l'Église donatiste, il fut excommunié par elle vers 380, sans toutefois rejoindre l'Église catholique.

Éléments biographiques[modifier | modifier le code]

On en connaît fort peu sur sa personne. Il y a essentiellement deux sources : une notice de Gennade de Marseille (De viris illustribus, § 18), et le traité Contra epistulam Parmeniani libri tres de saint Augustin ; ce traité, composé vers l'an 400, est une réfutation doctrinale d'une lettre adressée à Tyconius par le primat donatiste Parménien, peu avant le concile qui excommunia le théologien.

Tyconius était apparemment un simple laïc féru de théologie, connaissant la Bible comme personne, et capable d'en remontrer aux évêques. Dans deux ouvrages composés vers 370/375 (le De bello intestino en trois livres et les Expositiones diversarum causarum, tous deux perdus), il railla les prétentions et l'intransigeance de ses coreligionnaires, leur objectant que l'Église ne pouvait être partout déchue, sauf en Afrique ; que les fautes de quelques-uns n'avaient pas pu empêcher la réalisation des promesses divines, sauf pour un petit groupe ; que leur prétention au monopole de la sainteté était ridicule ; que le rebaptême qu'ils pratiquaient était chez eux une exigence récente, etc. Tout en démolissant ainsi le système du donatisme, il continua à considérer que l'Église de Donat était la véritable Église, et quand il fut excommunié, il forma son propre groupe. Saint Augustin, sans comprendre la logique de sa position, le tenait en haute estime.

Œuvres conservées[modifier | modifier le code]

Son seul ouvrage conservé comme tel est le Liber regularum (ou Liber de septem regulis), composé vers 392. C'est le plus ancien traité d'herméneutique biblique écrit en Occident. Saint Augustin l'appréciait beaucoup et en fait un compte-rendu détaillé à la fin du troisième livre du De doctrina christiana. Il s'agit de l'exposé de sept règles dont l'application doit permettre de saisir le sens spirituel des passages de la Bible difficiles à comprendre.

Antérieurement au Liber regularum, Tyconius avait composé un Commentaire de l'Apocalypse, le plus ancien en langue latine après celui de Victorin de Pettau. En 1897 en furent retrouvés des fragments dans un manuscrit de Turin provenant de l'abbaye de Bobbio (le Taurinensis F IV.1.18, sur une quarantaine de feuillets). L'ouvrage de Tyconius a été d'autre part exploité par plusieurs commentateurs postérieurs de l'Apocalypse (Césaire d'Arles, Primase d'Hadrumète, Bède le Vénérable, Beatus de Liébana, le Pseudo-Augustin des Homiliæ XVIII in Apocalypsin), si bien qu'il est possible de le reconstituer en très grande partie.

Éditions[modifier | modifier le code]

  • PL, vol. 18, col. 15-66.
  • Tyconius, Le Livre des Règles, avec introduction, traduction française et notes de Jean-Marc Vercruysse, coll. Sources chrétiennes, Textes latins, n° 488, Paris, 2004.
  • Francesco Lo Bue (éd.), The Turin Fragments of Tyconius' Commentary on Revelation, Cambrige University Press (Texts and Studies, New Series VII), 1963.