Domaine de Vert-Mont

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Domaine de Vert-Mont
Image illustrative de l'article Domaine de Vert-Mont
Nom local Domaine des Fossés
Période ou style style néo-Louis XVI
Type château
Début construction 1858
Fin construction 1910
Propriétaire initial Gustave d'Eichthal
Destination initiale habitation
Propriétaire actuel Fondation Tuck
Destination actuelle fondation
Protection  Inscrit MH (1994)
Site web www.fondation-tuck.fr/index.htm
Coordonnées 48° 52′ 13.97″ N 2° 10′ 21.61″ E / 48.8705472, 2.172669448° 52′ 13.97″ Nord 2° 10′ 21.61″ Est / 48.8705472, 2.1726694  
Pays Drapeau de la France France
Région Île-de-France
Département Hauts-de-Seine
Commune Rueil-Malmaison

Géolocalisation sur la carte : Hauts-de-Seine

(Voir situation sur carte : Hauts-de-Seine)
Domaine de Vert-Mont

Géolocalisation sur la carte : France

(Voir situation sur carte : France)
Domaine de Vert-Mont

Le domaine de Vert-Mont est une propriété comprenant un château des XIXe et XXe siècles située dans la commune de Rueil-Malmaison dans le département des Hauts-de-Seine et la région d'Île-de-France.

Construit à l'origine pour l'helléniste et ethnologue Gustave d'Eichthal (1804-1886) et reconstruit pour le financier et philanthrope américain Edward Tuck (1842-1938), il abrite aujourd'hui la Fondation Tuck, liée à l'Institut français du pétrole.

Histoire[modifier | modifier le code]

La propriété connue primitivement sous le nom de « domaine des Fossés » est constituée entre 1855 et 1858 par Gustave d'Eichthal (1804-1886), helléniste et ethnologue, gendre du propriétaire de Bois-Préau, Édouard Rodrigues-Henriques, à partir de parcelles détachées du domaine de Bois-Préau et de terres environnantes, rachetées à des paysans. L'ensemble forme un domaine de 12 hectares à proximité immédiate des châteaux de Bois-Préau et de Malmaison. Il conserve de l'époque consulaire une terrasse due à l'architecte et paysagiste attitré de l'impératrice Joséphine, Louis-Martin Berthault.

Une première demeure est construite vers 1858, à un seul étage et toit en terrasse, qui est fortement endommagée par un incendie en 1870.

Le financier et philanthrope américain Edward Tuck (1842-1938) se fixe définitivement à Paris vers 1890 et achète en 1898 le domaine pour en faire sa résidence. C'est lui qui lui donne le nom actuel de Vert-Mont. Vers 1900, il fait construire le château actuel, de style néo-Louis XVI, sur la base de l'ancien bâtiment dont le rez-de-chaussée conserve la trace. Les deux étages supérieurs possèdent une ornementation à frontons triangulaires, différente de celle du rez-de-chaussée, soulignant les deux étapes de construction. Le corps de logis principal est agrémenté d'un jardin d'hiver, dit « salle de verdure », ajouté avant 1910. La salle de bains est entièrement décorée de motifs végétaux sur faïence de Venise. Le parc paysager est redessiné par Edward Tuck lui-même et comprend différents bâtiments élevés dans un style régionaliste : écuries, serres, orangerie et une usine électrique, actuellement transformée en pavillon de gardien.

En 1924, Edward Tuck cède le domaine à sa nièce Dorothy Morgan Hall, tout en en gardant l'usufruit jusqu'à sa mort. Durant la guerre le domaine est occupé par les Allemands, puis par les Américains et enfin les Britanniques (RAF). Selon un rapport d'expert ce sont ces derniers qui font le plus de dégâts, leur part de dégradation est estimée à 72%, les Allemands 25%[1]. En 1954, Mme Hall vend la propriété à la société civile immobilière Rueil Vert-Mont[2], représentée par Madeleine Eristov Gengis-Khan, née Schmid, sous condition que soit réalisé un programme conforme aux idéaux défendus par Edward Tuck.

Plusieurs projets se succèdent dans les années 1960 à 1980, notamment un « Centre de coopération intellectuelle internationale », centre d’accueil pour les savants et chercheurs étrangers, destiné à favoriser les échanges avec leurs collègues français, qui occupe le domaine de 1958 à 1973 mais a du mal à installer ses activités[3]. En définitive, Mme Eristov et la SCI Rueil Vert-Mont décident d'apporter le domaine à une fondation. La Fondation Tuck est créée en 1990 avec l'Institut français du pétrole voisin. Sa dotation initiale est constituée du domaine, réduit aujourd'hui à 6 hectares, et de fonds apportés par l'Institut français du pétrole et l'École nationale supérieure du pétrole et des moteurs qui en dépend.

Fondation Tuck[modifier | modifier le code]

La Fondation Tuck est une fondation reconnue d'utilité publique[4] créée en 1990 dans le but de « développer la coopération internationale et notamment franco-américaine en matière d'enseignement et de recherche dans les domaines des hydrocarbures, de la pétrochimie, des moteurs, des activités qui leur sont liées, ainsi que de leurs effets sur l'environnement »[5].

La fondation agit en apportant des aides aux étudiants et jeunes chercheurs, en finançant des recherches, des laboratoires, équipements et outils pédagogiques, l'accueil en France de professeurs étrangers, des chaires de l'École nationale supérieure du pétrole et des moteurs (ENSPM, devenue IFP School), l'organisation de séminaires et colloques internationaux et réalisation de publications. Elle permet à l'Institut français du pétrole de recueillir des financements pour ses activités en bénéficiant du régime fiscal du mécénat.

La fondation est administrée par un conseil d'administration de douze membres :

  • trois au titre du collège des fondateurs : un représentant des donateurs de la propriété de Vert-Mont, le président du conseil d'administration de l'Institut français du pétrole, le directeur d'IFP School ;
  • trois au titre du collège des membres de droit représentants du ministère de l'intérieur, du ministère chargé de l'économie et des finances et du ministère chargé de l'industrie ;
  • six au titre du collège des personnalités qualifiées choisies pour leur capacité à aider la fondation dans ses objectifs et cooptées par les autres membres du conseil d'administration.

Protection[modifier | modifier le code]

Le parc du domaine de Vert-Mont fait l’objet d’une inscription au titre des monuments historiques depuis le 14 novembre 1994[6]. Il est également labellisé « patrimoine du XXe siècle ».

Galerie[modifier | modifier le code]

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Pour approfondir[modifier | modifier le code]

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Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Le Château de Vert-Mont, de Edward Tuck à Madeleine Eristov, 1999
  • Vert-Mont, Un domaine au cœur de l'histoire à Rueil-Malmaison, 1853-1992, Arnaud Berthonnet & Sylvie Gousset, Fondation Tuck, 2012.

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Rapport d'expertise des 22-23 août 1949 cité par Arnaud Berthonnet et Sylvie Gousset,Vert-Mont, Un domaine..., p. 136.
  2. dont les porteurs de parts sont Madeleine Eristov Gengis-Khan, professeur à la Sorbonne, Georges Matoré, directeur des cours de civilisation française de la Sorbonne, et Jean-Marie Petiet, ingénieur civil des mines
  3. Jacques Baumel, député-maire de Rueil-Malmaison, interpelle le ministre de la culture François Léotard sur la situation de dégradation du domaine à l'Assemblée nationale le 22 décembre 1987 : « en face du château de la Malmaison existe un autre château, le château de Vermont, qui a été construit par le grand mécène de la Malmaison - M. Tuck - un Américain comparable à M. Rockefeller. Ce château, après bien des avatars - il fut, notamment, habité en tant que bien étranger sous l'Occupation - a finalement échu à un petit groupe de professeurs de la Sorbonne réunis dans une sorte de société civile immobilière dont le dernier membre est une charmante professeur de la Sorbonne répondant au nom assez particulier de Mme Eristov-Gengis-Khan. Cette personne, dont je salue le dévouement et le désintéressement, "tient" toute seule depuis quinze ans ce château qui est devenu le château de la Belle au bois dormant car il a été dévasté par tous les "marlous" de la banlieue. On lui a arraché les portes, les cheminées, les fenêtres, et c'est devenu une ruine qui se décompose sous nos yeux. Sa restauration exige des sommes qui sont bien au-dessus des moyens de la commune, du département, de la région et probablement supérieures à ce que vous pouvez faire vous-même. Mme Eristov-Gengis-Khan s'abrite derrière la Fondation de France, qui ne peut rien lui donner, et, dans dix ou quinze ans, il n'y aura plus de château de Vermont. »
  4. décret du 27 février 1992 (publié au Journal Officiel du 4 mars 1992)
  5. article 1er des statuts
  6. « Notice no PA00133015 », base Mérimée, ministère français de la Culture