Taille-douce

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Des creux sont créés sur la plaque (l'échelle des creux, souvent microscopiques, n'est pas représentative sur ce dessin schématique)
La plaque est recouverte d'encre
L'encre en excès est essuyée de la plaque, mais les rainures restent remplies
Le papier est posé et pressé contre la plaque, par une presse ou un rouleau
Le papier est retiré, l'encre présente dans les creux a été transférée sur le papier

La taille-douce désigne l'ensemble des procédés de gravure en creux sur une plaque de métal. Elle s'oppose à la taille d'épargne. Dans la première, l'encre se dépose dans les creux, tandis que dans la seconde, l'encre est appliquée en surface. L'impression de la plaque de métal se fait sur une presse à taille-douce.

Définition et types de procédés[modifier | modifier le code]

Au sens premier, la taille-douce fait référence à la gravure au burin, héritée des orfèvres[1]. Par extension, la taille-douce s'est ensuite vue désigner tous les procédés de gravure en creux sur métal. De par l'importance des supports de cuivre dans la taille-douce, le terme se confond avec celui de chalcographie (gravure sur cuivre). En 1797 est créé le département de la Chalcographie du Louvre, rattaché aujourd'hui aux Arts graphiques

Néanmoins, la taille-douce se pratique également sur d'autres métaux, tels que le zinc ou le laiton.

Les procédés de gravure en taille-douce sont généralement divisés en deux catégories :

Histoire[modifier | modifier le code]

Article connexe : Gravure#La_Renaissance.

Maso Finiguerra (1426-1464), orfèvre et graveur florentin qui s'est distingué par son usage du niellage, serait l'inventeur du principe de la taille-douce par le contrôle de son travail de gravure par le transfert de noir de fumée sur un tissu. La taille-douce voit son essor lié à l'imprimerie et à l'utilisation du papier. Dès 1488, Michelet Topie de Pymont, actif à Lyon, imprime un Voyage de Breydenbach qui pour la première fois en France est illustré de gravures en taille-douce [2].

Applications industrielles[modifier | modifier le code]

La grande précision de dessin permise par la taille-douce l'a notamment destinée à la fabrication de billets de banque et de timbres-postaux.

Billets de banque[modifier | modifier le code]

Afin d'imprimer un billet de banque, le graveur trace à l'aide d'un burin ou d'une pointe-sèche le dessin à reproduire à l'envers sur un poinçon de métal doux. Après d'éventuelles corrections, le graveur va durcir le poinçon pour obtenir une version définitive. Pour l'acier, le poinçon est placé dans un four à 850 °Cavec du cyanure de sodium, puis est refroidi dans l'eau (technique de l'acier trempé).

Pour imprimer le dessin, le poinçon est enduit d'encre, le surplus est essuyé à la tarlatane, au papier de soie et enfin avec la paume de la main préalablement enduite d'un peu de blanc d'Espagne. Il ne reste de l'encre que dans les tailles. Une feuille humidifiée est appliquée sur le poinçon puis pressée avec une presse à taille-douce.

Timbres postaux[modifier | modifier le code]

Micro-topographie d'un timbre-poste français d'usage courant (détail) montrant l'épaisseur d'encre obtenue par le procédé de taille-douce. Les caractères « POSTE » apparaissent sur le timbre en blanc sur fond rouge, et correspondent donc à une absence d'encre. La mesure a été réalisée à l'aide d'un profilomètre, et la fausse couleur représente l'altitude microscopique selon la légende figurant à droite.

Dans le cas des timbre postaux, le poinçon originel durci est reproduit pour composer une matrice, qui va permettre d'imprimer une feuille complète de timbres. Cette feuille peut être fabriqué sur une plaque ou sur un cylindre (impression rotative). Le poinçon originel durci va servir de matrice et sera appliqué sur un cylindre de métal mou (molette) pendant une heure en exerçant une forte pression. On crée quelques exemplaires sur molette en vérifiant qu'ils sont identiques.

Après avoir durci les poinçons obtenus par la molette, ils permettent de reproduire selon les mêmes opérations des dizaines de poinçons qui seront organisés en planches ou en cylindres. Une fois ces derniers confectionnés, l'impression commence.

On remarque que par la reproduction par deux fois du poinçon original pour obtenir les poinçons de planches, l'image gravée initialement à l'envers est imprimée à l'endroit sur le timbre. Les poinçons en métal s'usent progressivement et doivent être régulièrement remplacés, surtout dans l'impression des timbres en grand nombre. Il arrive que l'usure d'une planche de poinçons ne soit pas remarquée à temps et que des défauts s'impriment sur un ou plusieurs timbres de la planche finale.

Les philatélistes parlent de variétés et de types pour désigner des timbres légèrement différents des autres.


Notes et références[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • A. Béguin, Dictionnaire technique de l'estampe, Bruxelles, 1977
  • A.M. Villon, Nouveau Manuel complet du graveur, Paris, 1884
  • Berthiau et Boitard, Nouveau Manuel complet de l'imprimerie en taille-douce, Paris, s.d.
  • C.G. Kerouan, Les Procédés de gravure, Paris, s.d.
  • A. Bosse, Traité des manières de gravure en taille-douce, Paris, 1645
  • G. Profit, Procédés élémentaires de gravure sur cuivre, Paris, s.d.
  • Timbres magazine, no 48, juillet-août 2004

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. « le nom se rattache à l'ancienne signification du procédé d'orfèvrerie : travaillé au burin » André Béguin
  2. La diffusion de l'imprimerie

Articles connexes[modifier | modifier le code]