Jean Ier de Hongrie

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Jean Ier de Hongrie
Jean Ier de Hongrie, gravure du XVI
Jean Ier de Hongrie, gravure du XVI
Titre
Prince de Transylvanie
15111540
Prédécesseur Petér III Szentgyörgy
Successeur Jean II de Hongrie
Roi de Hongrie
15261540
Prédécesseur Louis II de Hongrie
Successeur Jean II de Hongrie
Biographie
Nom de naissance János Szapolyai
Date de naissance 2 juin 1487
Date de décès 22 juillet 1540 (à 53 ans)
Père Étienne Zapolya
Mère Edwige de Teschen (en)
Conjoint Isabelle Jagellon
Enfant(s) Jean II de Hongrie

Jean Ier de Hongrie

Jean Ier de Hongrie (en hongrois Szapolyai János) (né le 2 juin 1487 à Szepesvár, mort 22 juillet 1540), fils d'Étienne Zapolya, comte de Zips, l'un des plus grands propriétaires fonciers de Hongrie, et de sa troisième épouse Edwige de Teschen (en polonais Jadwiga de Cieszyn). Il fut roi de Hongrie de 1526 à 1540.

Biographie[modifier | modifier le code]

Après la mort de Mathias Corvin sans héritier légitime en 1490, cinq candidats se disputent la couronne, parmi lesquels Maximilien de Habsbourg et Ladislas Jagellon, roi de Bohême. Ce dernier est élu, puis couronné roi de Hongrie à Albe Royale. Surnommé « Dobrze », « béni-oui-oui », il est indifférent aux affaires de l’État, qu’il laisse s’appauvrir au profit des barons et des prélats qui l’ont mis sur le trône. Les impôts et les revenus régaliens tombent au quart de ce que percevait Mathias Corvin. L’armée noire, qui s’est d’abord mise au service du roi, se livre à des exactions faute d’être payée et sera dissoute par le capitaine Pál Kinizsi. Les barons féodaux retrouvent leur ancien statut. János Szapolyai devient voïvode de Transylvanie en 1511. La Hongrie connaît des conflits internes, notamment une rébellion paysanne, conduite par György Dózsa en 1514.

Soliman le Magnifique apporte la Sainte Couronne au roi de Hongrie, János Szapolyai après la bataille de Mohács (1526)

La bataille de Mohács (29 août 1526) se conclut par la défaite et la mort du roi Louis II de Hongrie, suivies de la prise momentanée de la capitale Buda par les Turcs. La victoire des Ottomans entraîne la partition de la Hongrie entre l’empire Ottoman, les souverains Habsbourg d’Autriche et la principauté de Transylvanie.

Jean Szapolyai se fait alors élire roi de Hongrie avec l'appui de la majorité des grands du pays et de la petite noblesse, par une diète réunie à Székesfehérvár le 10 novembre 1526. Il est couronné le lendemain sous le nom de Jean Ier de Hongrie.

Le 20 juin 1527, Ferdinand de Habsbourg déclare la guerre à son compétiteur János Szapolyai[1]. Il rentre dans Buda le 20 août[2] et remporte une victoire décisive à Tokaj le 27 septembre. L'armée de mercenaires de l'Empereur écrase celle de Jean Ier près de Tokaj le 27 septembre 1527. Une partie des nobles, dont Peter Perényi le nouveau voïvode de Transylvanie nommé par Jean Ier, se soumettent à l'empereur. Szapolyai doit de se réfugier en Transylvanie[3].

Ferdinand, époux de la sœur de Louis Jagellon, qui se considère comme l'héritier naturel du trône du fait de conventions entre les deux familles, se fait élire roi lors d'une diète réunie à Pozsony (Presbourg) le 25 octobre. Il est couronné roi de Hongrie le 3 novembre[4]..

Après une nouvelle défaite près de Kassa en 1528, Jean Ier Szapolyai accepte les propositions d'aide des Turcs qui lui permettent de reconquérir, en novembre 1528, la plaine hongroise et la Transylvanie qui devient alors la base de sa puissance et qu'il confiera aux voïvodes István Báthory (1530-1534), István Maylad (1534-1540) et Imre Balassa (1536-1540).

Alliances avec la France et l'Empire Ottoman[modifier | modifier le code]

Traité d'alliance franco-hongroise

En 1528, Jean Ier est dans une position très difficile.

François Ier promet d'aider Jean. En échange, celui-ci consent à poursuivre la lutte contre Ferdinand d'Autriche et à fournir des troupes hongroises à François Ier en Italie[5].

Le traité a été signé en France à Fontainebleau et à Paris les 23 et 28 octobre 1528[5]. Il a ensuite été ratifié par Jean Ier à Buda, le 1er septembre 1529[5].

En plus de l'alliance française, Jean Ier a également choisi de devenir vassal de l'empire ottoman en février 1528, suite aux négociations conduites par Jérôme Laski[6]. Rincon est allé à Istanbul pour apporter le document[7]. Cet événement a déclenché le développement des relations entre la France et l'Empire ottoman.

L'indignation provoquée par l'alliance de Jean Ier Szapolyai avec les Turcs favorise les Habsbourg. Ils repoussent une première attaque des armées turques contre Vienne en 1529 puis, après avoir arrêté une nouvelle marche sur Vienne à Kőszeg en août 1532, Ferdinand Ier doit lui aussi négocier avec eux.

En Hongrie, une paix est signée entre les deux parties le 24 février 1538 à Nagyvárad, aux termes de laquelle les deux souverains conservent leur titre de roi de Hongrie en gardant les territoires qu'ils possèdent. Jean Szapolyai s'engage en outre à ce que la partie du pays qu'il contrôle passe à l'empereur après sa mort.

Union et postérité[modifier | modifier le code]

Le 2 mars 1539, le roi Jean Ier épouse à Székesfehérvár Isabelle Jagellon, une fille du roi de Pologne Sigismond Ier. Jean Ier meurt le 22 juillet 1540 à Szeben, 15 jours après la naissance de son fils et héritier, le futur Jean II Sigismond Szapolyai. Il confie la régence à son épouse et à son conseiller Giorgio Martinuzzi.

Ascendance[modifier | modifier le code]

Sources[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :

  1. Karl Heinrich Joseph Coeckelberghe-Duetzele, Histoire de l'empire d'Autriche, vol. 5, C. Gerold,‎ 1845 (lire en ligne)
  2. Joseph Vincenz Häufler, Buda-Pest : historisch-topographische Skizzen von Ofen und Pest und deren Umgebungen, Emich,‎ 1854 (lire en ligne)
  3. Stanford J. Shaw, History of the Ottoman Empire and modern Turkey, vol. 1, Cambridge University Press,‎ 1976 (ISBN 9780521291637, lire en ligne)
  4. Charles-Louis Chassin, La Hongrie, son génie et sa mission, Garnier frères,‎ 1856 (lire en ligne)
  5. a, b et c The Papacy and the Levant (1204–1571) by Kenneth M. Setton p.322 The Papacy and the Levant, 1204-1571 - Google Books
  6. The Papacy and the Levant (1204–1571) by Kenneth M. Setton p.314 The Papacy and the Levant, 1204-1571 - Google Books
  7. Garnier, p. 16