Parti des Croix fléchées

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Nyilaskeresztes Párt - Hungarista Mozgalom
Image illustrative de l'article Parti des Croix fléchées
Logo officiel
Présentation
Président
(à la dissolution)
Ferenc Szálasi
Fondation 15 mars 1939
Disparition 1er mai 1945
Siège 1062 Budapest
Andrássy út 60.
Idéologie Extrême droite, Hungarisme, Fascisme, Nazisme
Adhérents 300 000
Couleurs vert et rouge

Le Parti des Croix fléchées - Mouvement Hungarista (hongrois : Nyilaskeresztes Párt - Hungarista Mozgalom, Parti des Croix fléchées - Mouvement Hungarista NP-HM) [1] est fondé en 1939.
Ce fut un parti politique hongrois hungariste, fasciste, pro-germanique, antisémite, dirigé par Ferenc Szálasi.

Historique[modifier | modifier le code]

Le parti est fondé en 1935 par Ferenc Szálasi en tant que «Parti de la volonté nationale» mais fut interdit deux ans après pour son radicalisme. Il est reconstitué en tant que Parti des Croix fléchées, et se modèle sur le parti national-socialiste allemand.

Son iconographie est similaire à celle des nationaux-socialistes allemands; L'emblème des Croix Fléchées est un ancien symbole des tribus magyares, supposées représenter la pureté de la race hongroise, comme les Aryens représentaient la pureté de la race allemande pour les nationaux-socialistes.

L'idéologie du parti est similaire à celle des nationaux-socialistes: nationalisme, promotion de l'agriculture, anti-capitalisme et anti-communisme, et antisémitisme profond. Elle souscrit également à l'idée d'une race supérieure qui, selon les vues de Szálasi, inclurait les Hongrois, les Allemands et les Japonais, et à une conception de l'ordre fondée sur le droit du plus fort - Ce que Szálasi appela « réalisme étatique brutal ». Les Croix Fléchées professaient un "conationalisme" fondé sur la coexistence pacifique des affirmations nationales.

Aux élections de mai 1939, le parti obtint 17 % des voix ainsi que 29 sièges au parlement hongrois devenant ainsi un des partis les plus puissants de Hongrie.

Le mouvement avait une base ouvrière importante notamment chez les mineurs.

Il gouverne le Royaume de Hongrie du 15 octobre 1944 à la fin mars 1945.

Les Croix fléchées soutiennent alors inconditionnellement Hitler, jusqu'en octobre 1944 où celui-ci, perdant son influence sur le régent Horthy, leur permet de prendre le pouvoir, établissant un éphémère "Gouvernement d'unité nationale", d'inspiration fasciste.

Après la prise de Budapest par l'Armée rouge, les meneurs sont jugés et, le plus souvent, exécutés pour trahison, comme de nombreux collaborateurs européens.

Après la fin de la guerre, Ferenc Szálasi et d'autres dirigeants des Croix fléchées sont capturés et jugés en tant que criminels de guerre par les tribunaux hongrois, tandis que d'autres auraient travaillé pour le réseau de renseignements de Robert Jan Verbelen.

Antisémitisme des Croix fléchées et collaboration à la Shoah[modifier | modifier le code]

Dès leur prise du pouvoir, le 16 octobre 1944, les membres de ce parti assassinent massivement les Juifs de Budapest. Ces massacres sont encouragés par les Allemands, qui ne leur reprochent que leur caractère spontané ; les survivants de ces massacres sont enrôlés dans des bataillons pour ériger des fortifications autour de Budapest. Un mois avant la chute de la ville, les membres des Croix fléchées assassinent massivement des centaines de Juifs, noyés ou fusillés[2].

Les massacres antisémites perpétrés par les Croix fléchées ne suscitent pas de réserves de fond de la part des Allemands, mais des remarques sur la forme prise par ces exactions : cadavres abandonnés sur place, corps de noyés qui remontent à la surface du Danube[3]...

Ces massacres sont encouragés par les Allemands, non seulement parce qu'ils participent à la solution finale, mais aussi parce qu'ils incitent ainsi le gouvernement fasciste à couper les ponts derrière eux[3].

Notes[modifier | modifier le code]

  1. [ˈɲilɒʃkɛɾɛstɛʃ ˈpaːɾt ˈhungɒɾistɒ ˈmozgɒlom]
  2. Saul Friedlander, Les années d'extermination, p. 784-785.
  3. a et b Saul Friedlander, Les années d'extermination, p 784.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

  • Maison de la Terreur à Budapest Musée édifié au siège de la police politique des Croix fléchées puis de la police politique communiste - à partir de 1945. S'y effectuaient des interrogatoires et séances de torture. Le musée est aussi un lieu de mémoire dédié aux victimes.