Guerre gréco-turque (1897)

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Bataille de Pharsale, qui marqua la déroute grecque de 1897.
Abdul Hamid II célébrant la victoire turque de 1897

La guerre gréco-turque de 1897 est aussi appelée « guerre de Trente Jours ». Elle opposa le Royaume de Grèce de Georges Ier et l'Empire ottoman du Sultan Abdülhamid II.

L'origine de la guerre se trouve dans les revendications irrédentistes de la Grèce dans le cadre de la Grande Idée. Le déclenchement est lié aux révoltes des Crétois.

Déroulement[modifier | modifier le code]

En 1896, une nouvelle insurrection contre la domination ottomane eut lieu en Crète (turque depuis 1669). Dans le but de réaliser l'enosis, mais aussi de détourner son opinion publique des problèmes économiques et politiques internes, le gouvernement grec envoya une armée et une flotte en Crète, pour soutenir les insurgés. Le débarquement eut lieu le 21 janvier 1897. Le 5 avril, après s'être repliée de Crète sous la pression des puissances occidentales (notamment le Royaume-Uni et l'Empire allemand, soucieux de l'intégrité de l'Empire ottoman) la Grèce tenta de s'emparer de territoires ottomans en Épire et en Macédoine.

Dans la partie encore ottomane de la Thessalie, six puis sept divisions turques (autour de 60 000 hommes) attendaient, sous le commandement d'Edhem Pacha. Les forces grecques, commandées par le prince Constantin, s'élevaient à 46 000 hommes. Le seul avantage grec était que sa marine avait la maîtrise des mers. Or la guerre fut terrestre. La première rencontre eut lieu à Mati. Vaincus, les Grecs se replièrent au-delà de Larissa et se réorganisèrent aux environs de Pharsale après, le 17 mai, avant de contre-attaquer à Domokos. Mais l'armée grecque, affaiblie par la première défaite, fut battue à nouveau, et les Turcs s'enfoncèrent profondément en territoire grec, atteignant même le col de Furca (au nord de Lamia) et occupant la majeure partie de la Thessalie grecque.

En Épire, 15 000 Grecs affrontaient 30 000 Turcs commandés par Ahmet Hıfzı Pacha. Le 18 avril, les Ottomans bombardèrent la forteresse d'Arta sans pouvoir la prendre. Ils se replièrent sur Filippiáda où ils creusèrent des tranchées qui résistèrent à la contre-attaque grecque. L'armée grecque se replia le 15 mai après avoir subi de lourdes pertes.

Le cessez-le-feu proposé par le Sultan, sous la pression occidentale, le 20 mai, sauva la Grèce. Une paix, imposée par les grandes puissances, fut signée le 20 septembre. L'Empire ottoman obtint les cols stratégiques de Zygos, Zorgya, Kalamaki, Reveni et Meluna le long de la frontière de Thessalie ainsi qu'une forte indemnité de guerre (94,3 millions de Francs-or) que la Grèce déjà en faillite ne put payer qu'avec l'aide des Occidentaux, dont elle devint ainsi encore plus dépendante.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Lien externe[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • (en) Mehmet Uğur Ekinci, The Unwanted War: The Diplomatic Background of the Ottoman-Greek War of 1897, Saarbrücken, VDM, 2009. (ISBN 978-3-639-15456-6).
  • (en) Theodore George Tatsios, The Megali Idea and the Greek-Turkish War of 1897: The Impact of the Cretan problem on Greek Irredentism, 1866-1897, Colombia University Press, New-York, 1984.