weev

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Andrew Auernheimer

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Nom de naissance Andrew Alan Escher Auernheimer
Alias
weev
Naissance 1er septembre 1985 (29 ans)
Nationalité Drapeau des États-Unis américaine
Pays de résidence Liban
Profession
demandeur d'emploi
Autres activités

weev est le pseudonyme d'Andrew Alan Escher Auernheimer, cracker[1],[2] américain médiatisé pour son implication dans plusieurs attaques de sites sur internet. Il se décrit lui-même auprès des médias comme un « troller internet » en s'identifiant comme étant Escher Auernheimer, bien que la plupart des sources en question fournissent son véritable prénom, Andrew.

Il est également connu comme hacker « grey hat » de la communauté « Goatse Security ».

Crack (informatique)[modifier | modifier le code]

Auernheimer a revendiqué sa responsabilité dans l'interruption des services d'Amazon en avril 2009 lorsque plusieurs livres relatifs à l'homosexualité ont été classés dans la catégorie pornographie[3],[4]. Amazon déclara qu'Auernheimer n'était pas responsable de cet incident[5]. Mais bien avant l'incident Amazon, son profil avait été publié par de nombreux journaux friands de ses polémiques ou intéressés par ses activités de crack, notamment le New York Times, dans lequel il prétendait être membre d'une organisation hacker appelée « the organization » et rapportant un revenu annuel de 10 millions de dollars. Il a même prétendu être le propriétaire d'une Rolls-Royce Phantom[6],[7]. Après la publication de cet article, les commentaires de Auernheimer sur les histoires de hacking sont devenus une denrée recherchée par les journalistes. Gawker publia un article sur le piratage de l'email de Sarah Palin (en) et plaça le commentaire de Auernheimer dans le titre de l'article[8].

Violation du système d'information AT&T[modifier | modifier le code]

Auernheimer est membre du groupe d'experts en sécurité informatique connu sous le nom Goatse Security et responsable de la publication d'une faille de sécurité dans le système d'information d'AT&T ; son exploitation a permis le piratage de milliers d'adresses email d'utilisateurs d'iPad[9]. La communauté Goatse a révélé la faille à Gawker Media après en avoir informé AT&T et publié les données de 114 000 utilisateurs iPad, parmi lesquels des célébrités, le gouvernement américain et les forces armées des États-Unis. Les actions de ce groupe relancent le débat sur la divulgation des failles de sécurité[10]. Auernheimer assure que les pratiques utilisées par son groupe sont « monnaie courante » dans l'industrie, il déclare : « Nous avons essayé d'être de bons gars »[1],[10]. Jennifer Granick (en) (Electronic Frontier Foundation) a par ailleurs défendue la stratégie utilisée par Goatse Security[10].

Le FBI a alors ouvert une enquête sur l'incident[11]. Une plainte pénale a été officiellement déposée en janvier 2011[12].

Peu de temps après l'ouverture de l'enquête, la maison d'Auernheimer a été perquisitionnée par le FBI et la police locale. La perquisition du FBI était motivée par la violation du système d'information d'AT&T, mais Auernheimer fut arrêté pour détention de drogues[13]. Selon la police, Auernheimer aurait été trouvé en possession de cocaïne, d'ecstasy, de LSD, ainsi que des produits pharmaceutiques durant l'exécution du mandat de perquisition lié à AT&T[14]. Il sera ensuite libéré sous caution dans l'attente de son procès pour un montant de 3 160 dollars[15]. Après sa libération sous caution, il a enfreint son obligation de silence pour protester contre ce qu'il considère comme une atteinte à ses droits civiques. En particulier, il contesta la légalité de la perquisition et l'impossibilité de bénéficier de l'assistance juridique publique. Il a également fait un appel de dons via PayPal pour couvrir les frais de procédure[1],[16].

En janvier 2011, toutes les charges liées à la drogue retenues à son encontre ont été immédiatement abandonnées après son arrestation par les autorités fédérales. Le département de la justice annonça son inculpation pour crimes avec deux chefs d’accusation : complot dans le but d'accéder à un ordinateur sans autorisation et fraude[17]. Bien que son coaccusé, Daniel Spitler, ait été rapidement libéré sous caution, sa libération sous caution lui a tout d'abord été refusée en raison de sa situation de demandeur d'emploi et l'absence d'un soutien familial susceptible de l'héberger, avant finalement d'être fixée fin février 2011 à 50 000 dollars[18]. weev sera incarcéré dans la prison fédérale d'Oklahoma City en février 2011[19]. Il est libéré sous caution en avril 2011, mais aucune mise en accusation n'a encore été déposée auprès du tribunal.

Dominique Strauss-Kahn[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Affaire Dominique Strauss-Kahn.

Il est ensuite transféré à New York et placé en résidence surveillée dans un appartement de l'immeuble où sera transféré Dominique Strauss-Kahn à sa sortie de prison le 20 mai 2011. Le tabloid new-yorkais, The New York Post, s'est ainsi fait l'écho de sa rencontre avec Dominique Strauss-Kahn dans un contexte de médiatisation de l'affaire Dominique Strauss-Kahn[20].

Opinions politiques, critiques et controverses[modifier | modifier le code]

Auernheimer en 2010

Auernheimer a publié un certain nombre de podcasts et tient à jour un blog LiveJournal[6] dans lequel il aborde les questions raciales et culturelles. Ses positions sont souvent controversées, amenant Philip Elmer-DeWitt (en) à titrer sa chronique « Le plus horrible des hackers »[21]. D'autres ont interprété ses textes comme des provocations teintées d'humour, comme Fox News le qualifiant de « provocateur et plein d'esprit »[22], et un auteur de Forbes demandant aux lecteurs de penser au Puck[23]. Cette dernière interprétation fait l'objet d'un débat avec un auteur du mensuel Atlantic trouvant la qualification de « Puck » « curieusement généreuse »[24].

Auernheimer a défendu des positions impopulaires, même lorsqu'elles rencontraient une forte opposition. Il a soutenu la très satirique Encyclopedia Dramatica dans une interview au Ninemsn[25], laquelle fut citée comme « plutôt brillante » dans un article du Register à propos de la censure Internet en Australie[26].

Ses actions sont parfois décrites comme l'expression d'un hacktivisme. La commentatrice australienne « Emma Jane (en) » l'a qualifié de « célébrité hacktiviste »[27].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a, b et c (en) « AT&T iPad 'hacker' breaks gag order to rant at cops », The Register, 7 juillet 2010.
  2. Auernheimer sera poursuivi par le FBI dans l'affaire des milliers d'adresse e-mails d'utilisateurs d'iPad piratés.
  3. (en) Owen Thomas, « Why It Makes Sense That a Hacker’s Behind Amazon’s Big Gay Outrage », Gawker Media, 13 avril 2009.
  4. (en) Geoffrey A. Fowler, « Did “Weev” Play a Role in Amazon “Error?” », The Wall Street Journal, 14 avril 2009.
  5. (en) Owen Thomas, « Amazon.com Says ‘Embarrassing’ Error, Not Hacker, Censored 57,310 Gay Books », Gawker Media, 13 mai 2011.
  6. a et b (en) Mattathias Schwartz, « The Trolls Among Us », The New York Times, 3 août 2008.
  7. (en) « Journalists do it for the lulz », Gawker Media, 4 août 2008.
  8. (en) Moe, « Hacker From That Times Story On Palin Emails: "I wish they’d done it properly” », Gawker Media, 18 septembre 2008.
  9. (en) Spencer Ante et Ben Worthen, « FBI Opens Probe of iPad Breach », The Wall Street Journal, 11 juin 2010.
  10. a, b et c (en) Ben Worthen et Spencer E. Ante, « Computer Experts Face Backlash », The Wall Street Journal, 14 juin 2010.
  11. (en) Ryan Tate, « Apple’s Worst Security Breach: 114,000 iPad Owners Exposed », Gawker Media, 9 juin 2010.
  12. (en) United States District Court - District Court of New Jersey, Docket: MAG 11-4022 (CCC), 13 janvier 2011.
  13. (en) Andrew Dowell, « Programmer Detained After FBI Search », The Wall Street Journal, 17 juin 2010.
  14. (en) Elinor Mills, « Hacker in AT&T-iPad security case arrested on drug charges », CNET News, 15 juin 2010.
  15. (en) Jesse Emspak et Gabriel Perna, « Arrested Hacker's Web Site Reveals Extremist Views », International Business Times, 17 juin 2010.
  16. (en) weev, « Hypocrites and pharisees », Goatse Security, 5 juillet 2010.
  17. (en) Robert McMillan et Joab Jackson, « Criminal charges filed against AT&T iPad attackers », Computer World', 18 janvier 2011.
  18. (en) David Porter, « Suspect in iPad Data Theft Released on Bail in NJ », ABC News et Associated Press, 1er mars 2011.
  19. (en) Andrew Allen Auernheimer, Federal Bureau of Prisons.
  20. (en) Frank Rosario, « Strauss-Kahn meets his neighbors », The New York Post, 21 mai 2011.
  21. (en) Philip Elmer-DeWitt, « The ugliest computer hacker », CNN Money, 17 juin 2010.
  22. (en) « Hacker: I Was Behind Amazon Gay Book Delisting », Fox News, 14 avril 2009.
  23. (en) Taylor Buley, « Amazon: Caught In The Act », Forbes, 13 avril 2009.
  24. (en) Niraj Chokshi, « Meet One of the Hackers Who Exposed the iPad Security Leak », The Atlantic, 10 juin 2010.
  25. (en) Henri Paget, « Interview: Encyclopedia Dramatica moderator », ninemsn, 9 mars 2010.
  26. (en) John Oates,« Irate Aussies go after US website », The Register, 17 mars 2010.
  27. (en) « Ugly trolls set internet freedom in flames », The Australian, 5 mars 2011.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

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Liens externes[modifier | modifier le code]