Ethniki Organosis Kyprion Agoniston

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(el)Εθνική Οργάνωσις Κυπρίων Αγωνιστών
EOKA
Image illustrative de l'article Ethniki Organosis Kyprion Agoniston

Idéologie Nationalisme et anticommunisme
Objectifs Rattachement de l'île de Chypre à la Grèce et protection des Chypriotes grecs
Statut dissous
Fondation
Date de formation 1955
Fondé par Georges Grivas
Pays d'origine Chypre
Actions
Mode opératoire guérilla
Période d'activité 1955 - 1959
Organisation
Chefs principaux Georges Grivas
Répression
Considéré comme terroriste par République turque de Chypre du Nord et Grande-Bretagne
Partition de Chypre

L'EOKA (grec moderne : Εθνική Οργάνωσις Κυπρίων Αγωνιστών, Ethniki Organosis Kyprion Agoniston, français : Organisation Nationale des Combattants Chypriotes) était une organisation paramilitaire anticommuniste et pro-grecque qui combattait pour la fin de l’occupation britannique de Chypre, pour l’autodétermination de l’île et son rattachement à la Grèce.

Elle fut active de 1955 à 1959. Son fondateur et chef fut Georges Grivas. Pendant ces 4 ans, elle employa des méthodes de guérilla, notamment contre la communauté chypriote turque et le TMT, son rival turc. Elle fut dissoute en mars 1959.

Rappels historiques[modifier | modifier le code]

Le 5 novembre 1914, le Royaume-Uni annexe l'île de Chypre, qu'elle administrait avec le consentement des Ottomans depuis 1878. Aussitôt les Grecs chypriotes exigent le rattachement de leur île à la Grèce. Le contentieux entre la Grèce et la Turquie prend une ampleur internationale en 1954 quand la Grèce dépose aux Nations Unies une motion sur l'autodétermination de l’île ; c'est le début d'un conflit inter-communautaire. En 1955, l'EOKA augmente ses violences contre les Britanniques et les Chypriotes turcs.

Le référendum de 1950[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Référendum de 1950 à Chypre.

Un premier référendum sur le rattachement de l'île à la Grèce a lieu le 15 janvier 1950. Organisé par l'Église orthodoxe, sous l'égide de l'archevêque Makarios II, il n'a cependant aucune valeur officielle et ne concerne que la communauté chypriote grecque. Lors de ce référendum, 95,7 % des Chypriotes grecs se prononcent en faveur du rattachement à la Grèce : l'Union ou « Énosis » (en grec : ἔνωσις)[1],[2], démontrant ainsi leur rejet de l'administration coloniale britannique.

Le gouvernement britannique considère ce référendum comme un stratagème dans la rivalité entre le parti AKEL, d'orientation communiste, et l'Église orthodoxe. Il ne lui accorde aucune considération. Pire, l'anticommunisme occidental de l'après-guerre permet à Sir Andrew Wright, devenu gouverneur de l'île en 1949, de défendre sa politique répressive envers les partisans de l'Énosis (dont l'AKEL est au premier rang) auprès du Colonial office[3].

La Guerre d'indépendance (1955-1959)[modifier | modifier le code]

Le soulèvement chypriote grec[modifier | modifier le code]

En 1955, les Chypriotes grecs reprennent les armes contre le pouvoir britannique en formant l'Ethniki Organosis Kyprion Agoniston (EOKA), dirigée par le général grec Georges Grivas. De son côté, le Royaume-Uni commence à recruter des milices chypriotes turques pour renforcer ses troupes coloniales. Cette politique de division de la population conduit bientôt à des violences inter-communautaires.

Désireux de résoudre la crise en profitant du caractère multiethnique de la population chypriote, le gouvernement britannique invite la Grèce et la Turquie à participer à une conférence à Londres le 29 août 1955. Cependant, les pourparlers n'aboutissent qu'au durcissement des positions de chacun des interlocuteurs et aucune solution n'est trouvée. Consternée par les prétentions de l'État grec sur l'île et manipulée par son propre gouvernement, une partie de la population turque organise alors le pogrom d'Istanbul, qui détériore pour longtemps les relations gréco-turques[4].

L'arrestation de Makarios III[modifier | modifier le code]

En réponse aux actions de la guérilla chypriote, le gouvernement britannique finit par arrêter et déporter Makarios III aux Seychelles le 29 mars 1956. En Grèce, cet événement a un écho très fort et des manifestations anti-anglaises se produisent dans différentes villes du pays, ce qui conduit au renvoi de l'ambassadeur de Grèce à Londres. Consterné par la situation, le gouvernement grec fait placer la question chypriote à l'agenda de l'ONU[5].

Sous la pression du président américain Eisenhower, alerté par la diplomatie grecque, Londres finit par libérer Makarios III le 28 mars 1957[6]. Dans le même temps, le terrorisme s'accentue à Chypre. Tandis que la diplomatie turque réclame de plus en plus ouvertement la Taksim, autrement dit la partition de l'île entre Chypriotes grecs et turcs, la guérilla hellénophone s'en prend de plus en plus violemment à la minorité turcophone. La diplomatie britannique profite alors de ces violences inter-ethniques pour proposer un nouveau plan de résolution du conflit, consistant en la mise en place d'une sorte de triple condominium anglo-gréco-turc sur l'île. Mais, une fois encore, le plan est rejeté par Makarios III car il ne prend pas en compte les réclamations de la population[7].

Négociations et indépendance (1959-1960)[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Accords de Zurich et de Londres.

Les accords de Zurich et de Londres de 1959 mettent fin à la lutte anti-coloniale et le traité de garantie[8] qui l'accompagne officialise l’abandon de toute prétention territoriale britannique sur l'île. Le Royaume-Uni, la Turquie et la Grèce deviennent garants de l'équilibre constitutionnel de la République de Chypre. Le traité accorde, en particulier, un droit d'intervention militaire, sous certaines conditions, pour rétablir l'ordre constitutionnel si celui-ci venait à être modifié[8].

Chypre devient une République indépendante en 1960 et adopte sa propre constitution[9]. Elle intègre par ailleurs l'ONU et le Commonwealth.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. « Dossier sur l'histoire de Chypre et le rattachement par référendum de Chypre à la Grèce », sur le site de La Documentation française.
  2. (en) Biographie de l'archevêque Makarios III, Stanley Mayes.
  3. [PDF] « La Grande Bretagne et l'indépendance de Chypre, transferts et héritages », publication de Christa Antoniou.
  4. Stelio Hourmouzios, No Ordinary Crown : A Biography of King Paul of the Hellenes, Weidenfeld & N, 1972, p. 272-273.
  5. Stelio Hourmouzios, No Ordinary Crown : A Biography of King Paul of the Hellenes, Weidenfeld & N, 1972, p. 281-283
  6. Stelio Hourmouzios, No Ordinary Crown : A Biography of King Paul of the Hellenes, Weidenfeld & N, 1972, p. 291-293.
  7. Stelio Hourmouzios, No Ordinary Crown : A Biography of King Paul of the Hellenes, Weidenfeld & N, 1972, p. 302.
  8. a et b (en)(fr) Texte officiel du Traité de garantie.
  9. Indépendance de Chypre, le 16 août 1960.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • (en) Stanley Mayes, Makarios, a biography, New York, St. Martin's Press,‎ 1981, 303 p. (ISBN 0-3125-0488-8)