Wilhelm Fliess

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Wilhelm Fliess
Portrait de Wilhelm Fliess

Freud (gauche) et Fliess (droite)

Biographie
Naissance Voir et modifier les données sur Wikidata
à ChoszcznoVoir et modifier les données sur Wikidata
Décès Voir et modifier les données sur Wikidata
à BerlinVoir et modifier les données sur Wikidata
Nationalité(s) AllemagneVoir et modifier les données sur Wikidata
Thématique
Formation Université Humboldt de BerlinVoir et modifier les données sur Wikidata
Profession(s) Chirurgien (en)Voir et modifier les données sur Wikidata

Wilhelm Fliess (1858-1928) est médecin, oto-rhino-laryngologiste, allemand célèbre pour sa relation épistolaire avec Sigmund Freud.

Biographie[modifier | modifier le code]

Wilhelm Fliess nait à Arnswalde en 1862. Sa famille s'installe à Berlin. Il suit des études de médecine et se spécialise en oto-rhino-laryngologie. Il ouvre un cabinet puis crée une clinique. Il entreprend de lier les pathologies du nez et des organes génitaux (théorie de la "névrose nasale réflexe"). Il expérimente aussi la cocaïne par voie nasale pour traiter certains symptômes algiques.

En 1892, Fliess épouse Ida Bondy et ils ont cinq enfants.

Fliess et Freud[modifier | modifier le code]

C'est par leur relation commune avec Josef Breuer que Fliess rencontre Sigmund Freud en 1887. Il s'ensuivra une amitié d'une quinzaine d'années et un importante correspondance entre les deux hommes.

L'affaire du double plagiat[modifier | modifier le code]

En 1906, Fliess publie un réquisitoire contre Freud, intitulé Pour ma propre cause, dans lequel il reproche à celui-ci d'avoir servi d'intermédiaire pour un plagiat[1] qui aurait été effectué par deux auteurs viennois, Hermann Swoboda et Otto Weininger[2].

Après cette rupture, Freud détruit toutes les lettres de Fliess. Les lettres qu'il lui a envoyées sont vendues à un marchand en 1936 ; elles sont rachetées par Marie Bonaparte qui refuse de les confier à Freud, pour éviter leur destruction. Elles sont publiées partiellement en 1985, puis en intégralité en 2006.

Fliess continue son exercice de la médecine, soignant Karl Abraham ou Alix Strachey, il publie de nombreux articles, et fait partie de la Sociéte médicale de Berlin pour les sciences sexuelles et l'eugénisme[3]

Fliess est à l'origine de plusieurs spéculations au sujet de la sexualité. Des spéculations plutôt mystiques et organicistes parfois extravagantes, mais novatrices, il remarque déjà le caractère polymorphe de la sexualité infantile que reprendra Sigmund Freud[4].

Il meurt d'un cancer de l'intestin et est enterré au cimetière de Dahlem.

Ouvrage de Fliess[modifier | modifier le code]

  • Les relations entre le nez et les organes génitaux féminins présentés selon leur signification biologique, 1897, Seuil, 1977

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Jean-François Laplénie, « Comment on fonde une science nouvelle », p. 189, in Valérie Robert (éd.) Intellectuels et polémiques dans l'espace germanophone, PIA, 2003.
  2. Erik Porge, « Fliess, Wilhelm », cf. bibliographie.
  3. Erik Porge.
  4. E. Roudisnesco et M. Plon, Le dictionnaire de la psychanalyse, (nouvelle édition augmentée), p. 323.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Tombe de Fliess au cimetière de Dahlem
  • Wilhelm Fliess, Les relations entre le nez et les organes génitaux de la femme, Éditions du Seuil, 1977 (ISBN 2020046717)
  • Sigmund Freud, Naissance de la psychanalyse, recueil de lettres envoyées par Freud, et manuscrit de Esquisse pour une psychologie scientifique, PUF 1956 ; La naissance de la psychanalyse, PUF, 1979 ; réédité en édition complétée sous le titre : Lettres à Wilhelm Fliess 1887-1904, PUF, 2006 (ISBN 2130549950)
  • Ernest Jones : La vie et l'œuvre de Sigmund Freud (tomes I) PUF-Quadridge rééd. 2006 (T 1 : ISBN 2130556922
  • David Bakan : Freud et la mystique juive, avec préfaces de Francis Pasche et d'Albert Memmi, Ed Payot poche, 2001, ISBN 9782228893749
  • Didier Anzieu, L'auto-analyse de Freud, PUF ; L'auto-analyse de Freud et la découverte de la psychanalyse, rééd. PUF , 1998 (ISBN 2130420842)
  • Erik Porge
    • Vol d'idées ? Wilhelm Fliess, son plagiat et Freud, suivi de Pour ma propre cause, Denoël, coll. « L'espace analytique », 1994, (ISBN 220724282X).
    • « Fliess, Wilhelm », p. 611-612, in Alain de Mijolla (dir.), Dictionnaire international de la psychanalyse 1. A/L. Calmann-Lévy, 2002, (ISBN 2-7021-2530-1).
  • Barbro Sylwan et Philippe Réfabert : Freud, Fliess, Ferenczi. Des fantômes qui hantent la psychanalyse, collection Nicolas Abraham et Maria Torok, Éditions Hermann, 2010.

Article connexe[modifier | modifier le code]