Imbert de La Platière de Bourdillon

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Officier général francais 7 etoiles.svg Imbert de La Platière de Bourdillon
Imbert de La Platière de Bourdillon
Imbert de La Platière, maréchal de France

Naissance 1516
Décès (à 51 ans)
Fontainebleau (Royaume de France)
Origine Royaume de France Royaume de France
Allégeance Drapeau du Royaume de France Royaume de France
Dignité d'État Maréchal de France
Distinctions Ordre de Saint-Michel
Famille Famille de La Platière

Imbert de La Platière de Bourdillon (1516 - 1567) est un militaire français du XVIe siècle, maréchal de France en 1562.

Biographie[modifier | modifier le code]

Imbert de la Platière, seigneur de Bourdillon, de Fresnay, de Montigny-lès-Cherlieu, de Saint-Sulpice, de Saint-Aubin et d’Époisses[1], né en 1516[2] (il est encore mineur à la mort de son père en 1525)[3], est le fils de Philippe de la Platière, seigneur des Bordes (maître d'hôtel du roi, capitaine de Niort en 1520 et mort en 1523) et de Catherine de La Fayette[3]. Il est le neveu d'Imbert de la Platière († 1519), évêque de Nevers[1].

Imbert de La Platière suit la carrière des armes. Il est page de l'écurie de François Ier, puis écuyer du dauphin, futur Henri II. Il prend part aux campagnes de François Ier en Champagne et en Italie. Il participe à la bataille de Cérisoles en 1544[4]. L’Amiral de Chatillon le recommande à François Ier qui le nomme bailli d’Auxois (27 avril 1545). Le roi lui demande de fortifier les villes de Champagne afin de contenir les avancées de Charles Quint vers la France. Henri II qui a succédé à François Ier lui donne la charge de maréchal de camp (1552), lieutenant général au gouvernement de Champagne et de Brie(1553), il chasse l'ennemi des environs de Mézières (1554). Il inspecte les fortifications. Malgré ces efforts l’armée française est battue à Saint-Quentin (1557), il sauve le tiers de l'armée après sa défaite et rencontre Ambroise Paré sur le champ de bataille à la Fère. Il se trouve au siège de Thionville en 1558. Le duc de Guise rentre d’Italie pour reprendre Calais aux anglais (1558). M de Bourdillon est chargé de faire une diversion afin d’attirer l’adversaire vers l’Est.

Marguerite de Guitaut cite une lettre du roi Henri II à Humbert La Platière alors qu’il a reçu l’ordre de rassembler des troupes pour investir Thionville[5] : «...on, j’ai su que mon cousin le duc de Guise m’a écrit le bon et grand devoir que vous avez fait et faites pour mon service. Ce qui n’est pas nouveau pour moi, sachant que vous avez toujours coutume de faire ainsi. Mais je n’ai pas voulu manquer de vous faire savoir le grand contentement que j’en ai et vous assurer que je ne l’oublierai pas... Henri II, Roi de France ».

Il sert au siège et à la prise de Thionville qui est prise par François de Guise le 22 juin 1558. Thionville sera rendu à l'Espagne l'année suivante (Traité du Cateau-Cambrésis) .

Durant ces guerres, le calvinisme progresse ; Henri II signe la paix de Cateau-Cambrésis (1559). Pour concrétiser la paix, la sœur d'Henri II, Marguerite, se marie avec le duc de Savoie Emmanuel-Philibert de Savoie, et sa fille Élisabeth avec Philippe II d'Espagne. Lors d'un tournoi organisé à Paris pour la seconde noce, Henri II est gravement blessé : la lance de Montgomery a pénétré à travers la visière du casque du roi et a touché son cerveau. Ambroise Paré ne pourra rien faire pour sauver le roi, qui mourra des suites de ses blessures le 10 juillet 1559, à hôtel des Tournelles.

Humbert de la Platière est envoyé en ambassade à la Diète d’Augsbourg avec Charles de Marillac, archevêque de Vienne. Ils seront reçus par Ferdinand, le nouvel Empereur. La montée du protestantisme inquiète. Ainsi M. de Marillac lui écrit avant son départ pour Augsbourg : « Ne prenez avec vous qu’un héraut, un truchement et deux bons serviteurs, et s’il vous plaît, faites provision de messes, de Strasbourg à Augsbourg vous n’en n’aurez aucune, car ils sont tous protestants. A Augsbourg vous pourrez en entendre » [5].

En 1560, Charles IX fils d'Henri II, succède à son frère François II. Catherine de Médicis est nommé régente pendant la minorité de Charles IX. Elle signe le traité de Fossano avec la Savoie, la France échange Turin, Chieri et Villaneuve d'Aste contre Pignerol, Pérouse et Savillan.

Lieutenant général au Piémont et chargé du marquisat de Saluces il s'oppose énergiquement, mais sans succès, au projet de restitution du duc de Savoie des places de Turin, Chivasso et Villeneuve d'Asti.

Il rentre en France, et le 22 décembre 1562, Catherine de Médicis lui remets le bâton de maréchal de France, à la charge de la première vacation (ce fut celle du Maréchal de Brissac en 1564). Il rejoint la cour au lendemain de l'assassinat du duc de Guise.

« Catherine de Médicis, à qui les événements permettaient d'entreprendre la pacification du royaume, choisit le nouveau maréchal comme principal auxiliaire de cette œuvre. Modéré dans ses opinions religieuses, Bourdillon réussit à rétablir l'ordre à Rouen, où Brissac en raison de son intransigeance, et François de Scépeaux par sa brutalité, avaient échoué. Peu après il contribua dans une large mesure à la victoire du Havre, dont catholiques et huguenots, réconciliés, s'emparèrent : la paix religieuse semblait assurée pour quelque temps »[6].

En 1564, il apaise les troubles qui ont éclaté en Guyenne. En 1565, il accompagne Catherine de Médicis et le jeune Charles IX à Bayonne à la rencontre de la fille de Catherine, Élisabeth, devenue reine d’Espagne.

N'étant pas seigneur des Bordes, il avait acheté en 1561 la seigneurie d’Époisses dont il restaure et embellit le château : la tour ouest porte son nom. Il fait construire un colombier, sculpter ses armes sur trois porches. Il avait fait réunir en un seul blason en les écartelant, les armoiries des Bordes (de gueules à trois molettes d’éperon d’or) et celles de la Platière (d’argent au chevron de gueules accompagné de trois annelets de sable) - on trouve aussi trois anilles de sable ou trois rocs d’échiquier de sable.

A la devise héritée de ses ancêtres : UT SORS VOLET (quoi que le sort veuille) il y avait ajouté TAMEN STABO (je resterai debout).

Les armes de la famille de la Platière sont retrouvées sur deux jetons du maréchal de la Platière, où on peut lire sa devise[7].

Imbert de la Platière mourut à Fontainebleau le 4 avril 1567. Jean-Pierre Busson dans sa thèse « Imbert de la Platière des Bordes dit Bourdillon, maréchal de France (1516-1567) » évoque un empoisonnement par son médecin alors que la guerre se préparait et qu'il faisait alors figure de grand chef militaire catholique[6].

Il avait épousé en 1546 Claude de Damas, dame de dame de Ragny (décédée en 1558) qui lui apporta la terre de Songy et en 1651 Françoise de Birague. Il n'eut pas d'enfant de ses deux mariages[1].

Il fut enterré à l’église collégiale d’Époisses. Son portrait est conservé à Versailles dans la salle des Maréchaux. A sa mort le château d’Époisses passe à sa nièce Françoise de la Platière, dame des Bordes, héritière du maréchal et de toute la famille de La Platière des Bordes dont elle est la dernière représentante[8]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Sur la carrière militaire d'Imbert de La Platière et sa famille : Adrien Bonvallet, Le château des Bordes et ses seigneurs : Étude Historique, Nevers, Paulin Fay, 1869, 176 p. (lire en ligne). 

Article connexe[modifier | modifier le code]

Armoiries[modifier | modifier le code]

Figure Blasonnement
Blason Imbert Bourdillon de la Platiere.svg

Écartelé: aux 1 et 4, d'argent, au chevron de gueules, accompagné de trois anilles ou fer de moulins de sable, qui est La Platière; au 2 et 3 de gueules à trois molettes d'éperons d'or, qui est des Bordes [7]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a b et c Histoire de la Maison Royale de France, et des grands officiers de la Couronne, tome VII, 1733, page 222.
  2. Positions des thèses soutenues pour obtenir le diplôme d'archiviste-paléographe, École des Chartes, 1967, page 150 : Jean-Pierre Busson Imbert de la Platière des Bordes dit Bourdillon maréchal de France (1516-1567)
  3. a et b Adrien Bonvallet, Le château des Bordes et ses seigneurs : Etude Historique, Nevers, Paulin Fay, , 171 p. (lire en ligne), p. 44
  4. Montesq - Riva, Bertrand, Arthus, (lire en ligne), p. 386
  5. a et b M. de Guitaut, Époisses, chronique d’un Château, Edition de l’Armançon, 1989, page
  6. a et b Jean-Pierre Busson, « Imbert de la Platière des Bordes dit Bourdillon, Maréchal de France (1516-1567) », thèse de diplôme d'archiviste paléographe, Ecole des Chartes, 1947.
  7. a et b Comte Georges de Soultrait, Armorial historique et archéologique du Nivernais, tome II. Nevers 1879, pages 138-139.
  8. Adrien Bonvallet, Le château des Bordes et ses seigneurs : Etude Historique, Nevers, Paulin Fay, , 171 p. (lire en ligne), p. 49

Liens externes[modifier | modifier le code]