Fagnolle

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Fagnolle
Fagnolle
Photo prise à Fagnolle
Administration
Pays Drapeau de la Belgique Belgique
Région Drapeau de la Région wallonne Région wallonne
Communauté Drapeau de la Communauté française de Belgique Communauté française
Province Drapeau de la province de Namur Province de Namur
Arrondissement Philippeville
Commune Philippeville
Code postal 5600
Zone téléphonique 060
Démographie
Gentilé Fagnolli(e)
Géographie
Coordonnées 50° 06′ nord, 4° 34′ est
Superficie 1 045 ha = 10,45 km2
Localisation

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Fagnolle (en wallon Fagnole[citation nécessaire]) est une section de la ville belge de Philippeville située en Région wallonne, dans la province de Namur. La commune est bornée au nord par Roly, à l'est et au sud par Dourbes, et à l'ouest par Mariembourg. C'était une commune à part entière avant la fusion des communes de 1977. Fagnolle fait partie de l'association qui regroupe les plus beaux villages de Wallonie.

Patrimoine[modifier | modifier le code]

Proche du village se trouve l'ancien château de Fagnolles ainsi que la pierre au sacrifice et le cromlech préhistorique de Fagnolle et une magnifique villa romaine. Il y a également de nombreux sentiers contemplatifs dans les bois. Dans le village se trouve la fontaine, la maison du bailli et l'ancien moulin.

Histoire[modifier | modifier le code]

Dans l'Ancien Régime, le Comté de Fagnolle est un petit état indépendant, terre souveraine, membre du Cercle de Westphalie et du Saint-Empire romain germanique. Cet État est enclavé dans la Principauté de Liège, près de Couvin. Son château typique de plaine, élevé dans la vallée marécageuse qui borne au nord la forêt de Thiérache, commandait la «trouée» de l'Oise; il est détruit le 20 août 1554 par Guillaume le Taciturne[1], pour que les Français d’Henri II ne l’occupent pas. En grande partie ruiné, le château n’est abandonné définitivement qu'en 1659, quand la ligne de défense des Pays-Bas est reportée sur la Sambre par le gouvernement espagnol.

Son dernier souverain est le Prince Charles-Joseph de Ligne. Écrivain, diplomate et homme de guerre, Charles-Joseph de Ligne est une des plus grandes figures de son époque et il obtient en 1770 de Joseph II l'érection de sa terre de Fagnolle en principauté d'Empire. Il en profite pour faire battre monnaie à son effigie, un ducat d'Allemagne portant au droit le buste du prince avec la légende : CAROLUS P.S.I.R. De Linea. C. Fagnolensis, soit Charles - Prince du Saint Empire Romain - de Ligne, comte de Fagnolle. À l'avers, figure l'écusson de Ligne sur un manteau ducal entouré du collier de la Toison d'Or[2].

Occupé par la France en 1792[3], le Comté de Fagnolle est alors englobé dans le département des Ardennes. À la mi-février 1793, estimant que « le bonheur des Liégeois dépend de leur réunion à la juste et loyale République française, les administrateurs municipaux de Couvin convoquent les habitants de leur ressort pour acquiescer à ce projet » mais « Faginolle », ci-devant terre neutre du prince de Ligne ne veut pas « opérer ». N’empêche, le village est incorporé dans un des dix cantons municipaux du district de Couvin, celui de Nismes qui comprend les deux Dourbes, Fagnolle ou Ligne, et Olloy[4]. Fagnolle reste française en 1814 et fait encore partie du département des Ardennes.

En 1815[3], au second traité de Paris, ce territoire est rattaché au Royaume des Pays-Bas en même temps que Mariembourg, Couvin, Bouillon et Philippeville[5]. Sous ce régime, l’ancien comté souverain devient propriété de la Couronne de Guillaume Ier. À l’indépendance belge en 1830, la commune de Fagnolle tente, en vain, de protester de son indépendance « de tout temps » et ce jusqu’en 1840.

Au début de la Première Guerre mondiale, durant la retraite de la Ve Armée française de Lanrezac, le 25 août 1914, une tranchée, creusée dans le haut du village, retarde l’avance de l’ennemi. Cinq soldats français sont tués par un shrapnel tombé à quelques mètres derrière eux. Un monument est par la suite érigé en leur honneur (prisme de 2 m de hauteur, surmonté d’un pyramidion) à l’endroit où ils ont perdu la vie, au sud du village, près du lieu-dit la Sentinelle[6].

Galerie[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Françoise Jacquet-Ladrier, Communes de Belgique, Crédit Communal, , p. 455.
  2. Albert de Robaulx de Soumoy, Recherches sur l'histoire de Mariembourg, , p. 94, note 1.
  3. a et b Oscar Paul Gilbert, Vie du feld-maréchal prince de Ligne, C. Aveline, (lire en ligne)
  4. André Lépine, Le rattachement à la France du district de Couvin en 1793, cahier du Musée de Cerfontaine n° 246,
  5. « Traité de Paris », sur Wikisource
  6. André Lépine, 80 monuments insolites d'Entre-Sambre-et-Meuse, cahier du Musée de Cerfontaine n° 520, 1989, p. 82.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Comté de Fagnolle

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Camille Bourgault, « Le Château-fort de Fagnolle », Revue d'histoire et de folklore Le Guetteur Wallon, Namur,‎ , p. 1-44
  • Adrienne Stengers-Limet, Une fiscalité particulière dans les anciens Pays-Bas: Les terres franches ; Kortrijk-Heule (UGA - Collection Anciens Pays et Assemblées d'États, t. LXXXIV), 1985; 516 pages. - Traite aussi de cette petite enclave indépendante!
  • Philip Mansel, Le charmeur de l'Europe: Charles-Joseph de Ligne ; Paris (Stock), 1992.
  • Janine Lambotte, Le prince de Ligne ou la dernière mémoire ; Bruxelles (Labor & R.T.B.F.), 1990. (ISBN 2-8040-0546-1).
  • André Lépine, Des religieuses Sœurs grises de Fagnolle à Beaumont (16e s.) - Le ducat de Fagnolle - État civil de Fagnolle 1796 à 1812 — Félicien Leuridant, L'incorporation du comté de Fagnolle dans le Cercle du Bas-Rhin (1770-1789) —Jules Bastien, JB Bastien, de Fagnolle, décoré de la Légion d’honneur (1789-1856) dans le cahier du Musée de Cerfontaine n° 386, 28 pages, 2014.

Liens externes[modifier | modifier le code]