Mariembourg

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Mariembourg
La place Marie de Hongrie
La place Marie de Hongrie
Blason de Mariembourg
Héraldique
Administration
Pays Drapeau de la Belgique Belgique
Région Drapeau de la Région wallonne Région wallonne
Communauté Drapeau de la Communauté française de Belgique Communauté française
Province Drapeau de la province de Namur Province de Namur
Arrondissement Philippeville
Commune Couvin
Code postal 5660
Zone téléphonique 060
Démographie
Gentilé Mariembourgeois(e)
Géographie
Coordonnées 50° 05′ nord, 4° 31′ est
Superficie 754 ha = 7,54 km2
Localisation

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Mariembourg (en wallon Mariyambour) est une section de la commune belge de Couvin située en Région wallonne dans la province de Namur. Après la prise de la ville par le roi de France Henri II en juin 1554, la ville changea de nom pour s'appeler Henribourg[1] jusqu'en 1559. Peu après la Révolution française de 1789, elle s'appela un court moment Avant-poste national.

C'était une commune à part entière avant la fusion des communes de 1977.

Géographie[modifier | modifier le code]

Mariembourg est situé :

Histoire[modifier | modifier le code]

La ville est une ancienne place forte créée en 1546 par Marie de Hongrie, sœur de Charles Quint et gouvernante des Pays-Bas, en face de la place forte de Maubert-Fontaine, située en territoire français. Elle est dessinée par les architectes Donato Boni di Pellizuoli et Jacques Du Brœucq au lieu-dit « Pont à Fresne », près du confluent de l’Eau Blanche et de la Brouffe, sur un plan tétragonal d’environ trois cents mètres sur deux cent septante, comprenant quatre bastions et entouré d'une douve remplie d’eau.

Mariembourg, place forte en 1582

Bien que réputée imprenable, Mariembourg est prise dès 1554 par Henri II après un siège de quatre jours seulement, le commandant Philibert de Martigny n'ayant pas reçu en temps utile les renforts demandés. Sous domination française, la ville est renommée Henribourg. Cette défaite fragilisant sa ligne de défense, Charles Quint décide en 1555 de bâtir une nouvelle place forte, Philippeville[2] et le fort de Charlemont à Givet.

En 1559, la ville est rendue aux Pays-Bas espagnols par les traités du Cateau-Cambrésis.

La ville est reconstruite après un incendie en 1655.

En 1659, le traité des Pyrénées fait de Mariembourg une ville française. Après une visite de Louis XIV, Vauban modifie ses fortifications.

Intégrée au département des Ardennes dès sa création en 1790, Mariembourg est en 1793 à la tête d'un canton municipal qui comprend Frasnes-lez-Couvin et Fagnolle; la ville compte alors 130 feux et 520 habitants. La poste aux lettres part pour Paris, Rocroi et Mézières les jours pairs à 10 h du matin et arrive les jours impairs à midi. Trois ans plus tard, un projet de réduction des cantons est prévu : la ville fait dès lors partie du canton de Couvin tel qu'il existe encore aujourd'hui[3].

Elle reste française en 1814 après le 1er traité de Paris. La ville résiste à 7 000 soldats prussiens pendant un siège de 36 jours, du 24 juin au 30 juillet 1815, avant d'être rattachée au royaume des Pays-Bas par le second traité de Paris[4].

Si le plan géométrique des rues en étoile est conservé, les fossés et fortifications sont rasées en 1853 (Convention des forteresses).

Dates-repères de l’histoire de Mariembourg[modifier | modifier le code]

La ville a une histoire assez mouvementée. Au départ, elle fait partie d'un village de la principauté de Liège : Frasnes-lez-Couvin,

où, en 1546, Marie de Hongrie, sœur de Charles-Quint et gouvernante des Pays-Bas espagnols, fait construire dans la plaine une forteresse, qui portera son nom : il s'agit de défendre le pays contre les attaques françaises. Trois ans plus tard, Charles-Quint, et sa cour, visite la place forte gouvernée par Philibert de Martigny. On y construit une église sous le patronage de sainte Marie-Madelaine (qui sera consacrée en 1584). C'est la 1re période espagnole.

Henri II, roi de France, s’empare en 1554 de la place qui devient française sous le nom d'Henribourg. Elle le restera cinq ans. Ce sera la 1re période française.

En effet, suite au traité de Cateau-Cambrésis de 1559, la place est rétrocédée aux Pays-Bas espagnols. Les Bryas sont nommés gouverneurs héréditaires.

On construit une chapelle dédiée à N-D de la Brouffe en 1616; une statue de la Vierge, sculptée par Tonon, de Dinant, y prend place; treize ans plus tard, un couvent accueille des religieuses sépulchrines.

Le Traité des Pyrénées (1659) rend Mariembourg à la France: c'est la seconde période française qui s'étendra jusqu'en 1815.

Vauban fait démolir les murailles en 1674 et construit une nouvelle enceinte. Au retour du siège de Namur, en 1692, Louis XIV séjourne dans la forteresse.

1789 : Darche, maître de forge de Tromcourt, est délégué aux États Généraux. Mariembourg s'appelle désormais Avant-Poste national. L’église et le couvent sont pillés et partiellement détruits en 1791, les Sépulchrines chassées en 1796.

En 1814, les Cosaques occupent la place forte. L'année suivante, après Waterloo, Napoléon passe à Mariembourg tandis que du 24 juin au 9 juillet 1815, les Prussiens, commandés par Auguste de Prusse, assiègent la ville.

Le 2e traité de Paris donne la ville au Royaume de Hollande. C'est la période de l'Amalgame.

Guillaume Ier, roi de Hollande, visite Mariembourg en 1816 et fait remettre en état la forteresse. Ouverture d’une deuxième porte.

En septembre 1830, la Révolution belge chasse les Hollandais. Création d'une École régimentaire.

Un incident local qui aura un retentissement national : un petit matin de 1848, une sentinelle tire sur les baudets de marchandes de beurre d'Olloy, qu’elle avait pris pour des assaillants pro-français : c'est "l'affaire des bourriques". La sentinelle voyant des lumières au loin, demande qui va là. Les voyageuses répondent "Les marchandes de beurre d'Olloy" mais le soldat comprend "Nous n'avons pas peur du Roi". Le soldat sonne alors l'alarme mais seul un âne est blessé à la queue.Les mariembourgeois sont depuis lors surnommés "Les coupeus d'queuwes" (du wallon qui signifie en français " les coupeurs de queues").

On démantèle la forteresse de 1853 à 1855.

Le chemin de fer de l'Entre-Sambre-et-Meuse — qui relie Charleroi à Vireux-Molhain, en France — atteint la ville en 1854.

Érection de la pompe sur le puits de la place forte (1863). L’ancien couvent des Sépulchrines fait place à l’hôtel de ville en 1885.

En août 1914, les troupes allemandes tuent 4 civils et incendient 95 maisons lors de la prise de la ville.

En 1937, la ville élève un monument à un enfant du pays, Léopold Roger, qui en 1925 a réalisé comme pilote la première liaison Belgique-Congo.

À la Libération — le 3 septembre 1944 — des bombardements alliés importants détruisent la ville.

En 1961, suite à d'importantes inondations, la ville reçoit la visite du roi Baudouin et de la reine Fabiola.

La fusion des communes, au 1er janvier 1977, incorpore Mariembourg à l’entité de Couvin[5].

Quelques gouverneurs et commandants[modifier | modifier le code]

Première période espagnole (1546-1554)

  • 1546-1554 : Philibert de Martigny, capitaine de la place.
  • 1552     : Philippe, comte de Lalaing, superintendant; Martigny lui est subordonné.

Première période française (1554-1559 — Henribourg)

  • 1554     : de Breuil, gentilhomme breton, lieutenant-général.
  • 1554   : Artus de Cossé-Brissac, sieur de Gonnor, comte de Secondigny.
  • 1555     : de Fumet
  • 1556     : Jean de Losses, seigneur de Bannes.

Deuxième période espagnole (1559-1659)

  • 1559     : Jacques de Bryas, colonel d’Infanterie wallonne. Époux de Jenne de la Cressonière.
  • 1577     : Jean de Rongy, lieutenant-gouverneur en l’absence de Bryas.
  • 1577-1578 : Florent de Berlaymont, seigneur de Floyon.
  • 1623     : Jacques de Bryas, baron de Morialmé, † 12 décembre 1623. Époux d’Adrienne de Nedonchel.
  • 1623     : Charles de Bryas. Philippe IV érige sa terre de Bryas en comté.
  • 1656     : Charles de Lespine, lieutenant-gouverneur.

Deuxième période française (1660-1815)

  • 1674     : Henri de Montaut, marquis de Saint-Geniez.
  • 1720     : François de Salair.
  • 1729     : Guillaume Morin, seigneur de Préville, commandant.
  • 1738     : Pierre Douthier.
  • 1741     : Abraham de Michon.
  • 1751     : René de Biodore, marquis de Castéja. † en 1774.
  • 1774-1776 : Louis d’Auteroche, vicomte, commandant.
  • 1780     : André Thévet de Marsac[6].

Économie[modifier | modifier le code]

De nombreuses entreprises sont implantées dans un parc industriel important, qui assure le dynamisme de la ville.

Transports[modifier | modifier le code]

La ville est desservie par la route nationale 5.

La gare SNCB est située sur la ligne 132, qui relie aujourd'hui Charleroi et Couvin. Mariembourg dispose également de bus pour Couvin, Charleroi et Namur.

Sites et monuments[modifier | modifier le code]

  • La place Marie de Hongrie est la place centrale de la vieille ville, d'où rayonnent les huit rues qui formaient la ville fortifiée. La place est bordée de nombreuses maisons du XVIIe siècle. Sur la place plantée de tilleuls plus que centenaires se trouve le puits de la forteresse, sa fontaine et sa pompe.
  • L’église royale Sainte-Madeleine, construite en moellons calcaire et ardoise, de 1542, de style Renaissance, remaniée au XVIIe siècle. Le porche est surmonté des armoiries de Marie de Hongrie (1542). Elle obtint le titre d'église royale après que Louis XIV assista à un office en 1692. Sa tour et sa façade ont été reconstruites en 1682 comme l'indique le chronogramme suivant : sanCta MagDaLena pro nobIs Vt tVtrIX eXora (sainte Madeleine, notre protectrice, interviens en notre faveur). Elle contient plusieurs pierres tombales des 16e et 17e siècles, dont deux assez remarquables : celle de Jenne de la Cressonnière, décédée en 1584, épouse de Jacques de Bryas, gouverneur de la ville, et celle de Donat Arbano, un militaire originaire du royaume de Naples, décédé en 1617[7].
  • Une stèle, à la rue de France, près de la Grand-place, rappelle la "glorieuse" défense de la forteresse assiégée en 1815 par les Prussiens.
  • Au chevet de l'église, le monument à Léopold Roger, pilote, qui a réalisé le 3 avril 1925 la 1re liaison aérienne Belgique-Congo en huit étapes et 50 jours[8]...
    La stèle Léopold Roger à Mariembourg.
    La stèle Léopold Roger à Mariembourg.
  • La chapelle dédiée à Notre-Dame de la Brouffe dans le cimetière de Mariembourg
Facade avant de la chapelle Notre Dame de la Brouffe dans le cimetière de Mariembourg.
La chapelle Notre-Dame de la Brouffe.
  • La villa Malter, construite en 1934 par Marcel Leborgne, au 48 de la rue Reine Astrid

Personnalités[modifier | modifier le code]

Jacques de Bryas, chef de guerre, défend la ville de Renty, aux confins de l'Artois, assiége par les troupes d'Henri II. En récompense, il est nommé gouverneur de Mariembourg en 1559. Colonel d'infanterie, il se distingue à Middelbourg en 1572, à la tête de 700 Wallons; Philippe II le fait entrer en 1578 au Conseil de guerre.

Jacques-Théodore de Bryas, fils de Charles, gouverneur de la ville, et d'Anne d'Immerselle, archevêque de Cambrai en 1675, † en 1694.

Armoiries[modifier | modifier le code]

Blason Léon (Bretagne).svg
Armes de la ville de Mariembourg. Emblèmes reprises d'un sceau de 1570.
Blasonnement : D'or au lion de sable[9].



Tourisme[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. http://www.couvin-histoire.be/ViewArticle.php?ref=VILA00003&ItemSelected=VILF00002
  2. du nom de son fils, Philippe
  3. André Lépine, Le rattachement à la France du district de Couvin en 1793, cahier du Musée de Cerfontaine n° 246, 2002.
  4. ainsi que Couvin, Fagnolle, Bouillon et Philippeville
  5. Source : S.I. de Mariembourg
  6. André Lépine, Mariembourg. Notes d'histoire (2), cahier du Musée de Cerfontaine n° 260, , 24 p.
  7. Albert de Robaulx de Soumoy, Recherches sur l'histoire de la ville de Mariembourg, Namur, 1864.
  8. André Lépine, 80 monuments insolites d'Entre-Sambre-et-Meuse, cahier du Musée de Cerfontaine n° 520, 1989.
  9. concédées par Arrêté Royal du 28 février 1855

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Liens externes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Olivier Berckmans, « Mariembourg et Philippeville, villes neuves et fortes de la Renaissance », Bulletin de la Commission royale des Monuments et des Sites, Commission royale des Monuments et des Sites, t. 6,‎ , p. 62-85 (lire en ligne)
  • Olivier Berckmans, « Mariembourg et Philippeville, villes neuves et fortes de la Renaissance (seconde partie) », Bulletin de la Commission royale des Monuments et des Sites, Commission royale des Monuments et des Sites, t. 8,‎ , p. 106-138 (lire en ligne)
  • Albert de Robaulx de Soumoy, « Recherches sur l’histoire de la ville de Mariembourg et l’origine de Charlemont », Annales de la Société Archéologique de Namur, Société Archéologique de Namur, t. 8,‎ , p. 159-220 et 233-236
  • Marc Thiry, Mariembourg. Notre-Dame de la Brouffe, Bruxelles-Paris, Éditions universitaires, , 254 p.
  • André Lépine, « Notes d’histoire sur Mariembourg », Cercle d'Histoire de Cerfontaine, no 210,‎
  • André Lépine, « Mariembourg — Notes d’histoire (2) », Cercle d'Histoire de Cerfontaine, no 260,‎
  • Frédéric Schollaert, Notice sur Mariembourg, Liège, Université de Liège, , 24 p.
  • André Lépine, « Registres paroissiaux de Mariembourg 1737-1802 », Cercle d'Histoire de Cerfontaine, no 294,‎
  • André Lépine, « Notes d’histoire sur Mariembourg au 18e s. », Cercle d'Histoire de Cerfontaine, no 295,‎
  • André Lépine, « État civil du 19e s. Mariembourg (+ 1900-10) », Cercle d'Histoire de Cerfontaine, no 383,‎
  • André Lépine, « Le qui est-ce ? du 19e s. Mariembourg : 1150 noms », Cercle d'Histoire de Cerfontaine, no 384,‎
  • André Lépine, « Mariembourg en cartes postales anciennes », Cercle d'Histoire de Cerfontaine, no 504,‎
  • André Lépine, « La ligne 132 en cartes postales anciennes », Cercle d'Histoire de Cerfontaine, no 500,‎
  • Itinéraire des gares rurales, vol. 4, Société Royale Belge de géographie, coll. « Hommes et paysages », , 45 p.