Chéri Hérouard
| Naissance | |
|---|---|
| Décès | |
| Sépulture |
Orly-sur-Morin |
| Pseudonymes |
Heric, Herric |
| Nationalité |
français |
| Activité |
Illustration, aquarelle |
| Formation |
Université de Paris (en) () |
| Directeurs de thèse |
Ernest Vessiot (), Gaston Darboux () |
| Conjoint |
Blanche Tabillon |
Chéri Hérouard (né Chéri-Louis-Marie-Aimé Haumé le à Rocroi et mort le à Paris 7e) est un illustrateur français des XIXe et XXe siècles.
Sous le pseudonyme d'Heric, il réalise également un ensemble de dessins érotiques et sado-masochistes.
Biographie
[modifier | modifier le code]Chéri Hérouard est le second fils de Célina Élise Émilie Haumé. Son frère, Émile Michel Marie, né le , sera plus tard sous-directeur de l'École Centrale des Arts et Manufactures de Paris et docteur en sciences mathématiques. Chéri naît le , rue de Bourgogne à Rocroi[1].
Jeunesse
[modifier | modifier le code]Chéri Haumé baigne très tôt de le milieu de la presse. Son grand-père, Louis E. Cochard avait fondé une imprimerie à Rocroi et était à l'origine du journal Le Narrateur. Il fréquentera tardivement ce grand-père, puisqu'en 1884, Chéri et sa famille quittent la ville pour Pontivy. Sa mère épouse le Jules Auguste Hérouard, veuf et commis d’un fournisseur de l’armée. Chéri va adopter le nom de son beau-père malgré le fait que seul son frère aîné ait été adopté par celui-ci. La famille va se déplacer au fil des mutations de Jules Hérouard.
Sûrement pour se rapprocher de la famille Haumé, la famille va s’établir à Meaux en 1894. C'est en arrivant au collège communal de Meaux que Chéri affirma s’appeler Hérouard. Il fut peu à peu autorisé à signer Hérouard-Haumé pour finalement n'adopter que le patronyme de son beau-père.
Excellent élève, Hérouard abandonne tôt des études scientifiques pour lesquelles il semblait doué, ayant été bachelier à 16 ans, pour s'orienter vers le dessin[2].
Carrière
[modifier | modifier le code]Chéri Hérouard se lance en autodidacte et va à la rencontre des éditeurs dans l’espoir de pouvoir publier. En parallèle, Hérouard fréquente les cours de l’Académie des Beaux-Arts de Paris à partir de 1898.
Les premiers dessins d’Hérouard paraissent en 1902, essentiellement dans des journaux pour enfants : Le Journal de la Jeunesse puis Mon Journal et enfin Le Supplément. Dans ces journaux pour enfants, Hérouard donne essentiellement vie à des personnages fantastiques et merveilleux, tels que sorcières, ogres, dragons ou lutins.
Déjà à cette époque, Hérouard a des goûts bien marqués : il est un partisan de la peinture académique. Ces thématiques de prédilection sont l'Histoire, surtout le Moyen-Age et le XVIIIe siècle, les sujets militaires et les sujets érotiques.
« Je n’ai cultivé que secondairement l’art « fripon » et je suis, au tréfonds de moi-même, et totalement médiéval. J’ai véritablement vécu entre le XIIᵉ et le XVIᵉ siècle... » Chéri Hérouard, Lettre à René Druart, dans André Galland, « Charles Hérouard », L'Écho Dessin, juillet 1961.
De 1904 à 1905, Chéri Hérouard travaille pour d’autres revues comme Le Petit Français illustré, journal des écoliers et des écolières, ou encore La Semaine de Suzette et Lisette.
Lors de sa participation aux revues Le Petit Journal, puis Le Petit Journal de la Jeunesse, Chéri Hérouard rencontre et se lie avec leur secrétaire : Charles Saglio. Celui-ci, ayant racheté La Vie Parisienne, entraîne Hérouard avec lui. Le public passe des enfants et des écoliers, à un public d'adultes bourgeois. La Vie Parisienne est alors une revue humoristique et érotique hebdomadaire. Chéri Hérouard y reste de nombreuses années (1907 - 1952) et y côtoie de nombreux autres illustrateurs-humoristes comme Fabiano, René Vincent, Abel Hermant, Léonce Burret, Gerbault, Umberto Brunelleschi, Gerda Wegener ou encore Henri Avelot. Reconnu pour sa représentation typique de femme, un véritable « genre Hérouard », il représente toujours des femmes minces, au nez retroussé qui deviennent l’image de la parisienne.
Durant la Première Guerre mondiale, Chéri Hérouard est incorporé dans une des sections de camouflage créées à partir de 1915.
Au cours de toutes ces années, Hérouard collabore avec quelques autres journaux dont les plus importants sont Le Sourire,Fantasio ou La Baïonnette. Au même moment, Hérouard travaille pour l’Édition Moderne Librairie Ambert. Il réalise pour eux les illustrations de près de la moitié de la collection éditée par cette maison. En comptant les dessins des couvertures, les culs-de-lampe, les lettrines, les hors-texte et in-texte, c’est une moyenne d’un peu plus de cinquante illustrations par volume, soit plus de 900 réalisations en un peu moins de dix ans.
Il illustre aussi des ouvrages historiques, notamment sur la bataille de Rocroi[2] et des scènes du Moyen Âge pour les encyclopédies Larousse et Quillet[3].
À la fin de sa carrière, Chéri Hérouard illustre quelques ouvrages sado-masochistes sous le pseudonyme d'Herric[2],[3].
Vie privée
[modifier | modifier le code]Le , Chéri Hérouard épouse, à Meaux, Blanche Henriette Tabillon. Cette dernière était née le à La- Ferté-sous-Jouarre. Blanche Hérouard est décrite comme une personne d’une grande simplicité, qui avait beaucoup d’amies qu’elle fréquentait assidûment. Blanche Tabillon servie également de modèle à son mari.
Ouvrages illustrés
[modifier | modifier le code]- Chroniques de l’Œil-de-bœuf, Madame de Montespan, L'Édition moderne - Librairie Ambert, s.d.
- Liane Delorys, L'Écrin du rubis ou les délices, Paris, Au Cabinet du livre - Jean Fort, 1939.
- Job et Hérouard, Costumes européens du XVIIe au XIXᵉ siècle tirés des documents les plus authentiques, Paris, Librairie centrale d'Art et d'Architecture, 1909.
Notes et références
[modifier | modifier le code]- ↑ Acte de décès (avec date et lieu de naissance) à Paris 7e, no 588, vue 1/31.
- Chéri Hérouard, le génial coquin de Rocroi ! L'Union, 1er juin 2013. Lire en ligne
- Thierry Groensteen. La Bande dessinée en France à la Belle Époque: 1880-1914. Les Impressions nouvelles, (ISBN 9782874499890) p. 95.
Annexes
[modifier | modifier le code]Bibliographie
[modifier | modifier le code]- François Ducos, « En Cimaise : Ch. Hérouard », Le Visage vert, Paris, Éditions Joëlle Losfeld, no 4, , p. 138-147 (ISBN 2-909906-94-9).
- Amandine Morvan, Versailles, de la grandeur à l'intime. Images érotiques dans la presse illustrée (1910-1920), (dir.) Thierry Laugée, Nantes Université, 2024-2025.
- Chéri Hérouard, Lettre à René Druart, dans André Galland, « Charles Hérouard », L'Echo Dessin, .
- Francis Carco, Les humoristes, Paris, Librairie Paul Ollendorff, 1921.
Liens externes
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- Ressources relatives aux beaux-arts :
- Ressources relatives à la bande dessinée :
- Ressource relative à la recherche :
- Biographie de Chéri Hérouard
- Voir l'illustration La Sirène Envieuse (1921)