Senzeilles

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Senzeilles
Administration
Pays Drapeau de la Belgique Belgique
Région Drapeau de la Région wallonne Région wallonne
Communauté Drapeau de la Communauté française de Belgique Communauté française
Province Drapeau de la province de Namur Province de Namur
Arrondissement Philippeville
Commune Cerfontaine
Code postal 5630
Zone téléphonique 071
Démographie
Gentilé Senzeillois(e) Surnom :
Population 665 hab.
Densité 30 hab./km2
Géographie
Coordonnées 50° 10′ N 4° 27′ E / 50.17, 4.4550° 10′ Nord 4° 27′ Est / 50.17, 4.45  
Superficie 2 185 ha = 21,85 km2
Localisation

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Senzeilles (en wallon Sinzêye) est une section de la commune belge de Cerfontaine située en Région wallonne dans la province de Namur.

C'était une commune à part entière avant la fusion des communes de 1977.

Étymologie[modifier | modifier le code]

1113 Senzeley, 1166 Sencelia, Senzelia

Le nom de Senzeilles a trois étymologies possibles : petit buisson épineux (latin *senticellia, diminutif de sentis « buisson épineux »)[1] ou petite Chinelle (latin *Sinnicellia, de *Sinna ancien nom du cours d'eau de la Chinelle)[2] ou [forge] de (suffixe -ia) Senzilo, anthroponyme germanique (?)[2].

Héraldique[modifier | modifier le code]

Les armoiries de Senzeilles sont les suivantes : parti ; au un, écartelé aux un et quatre d'argent à trois fasces de gueules, qui est de Croÿ ; aux deux et trois d'argent à trois doloires de gueules, les deux en chef adossées, qui est de Renty ; au deux, vairé en chevron d'argent et d'azur chargé d'un chevron de gueules, qui est de Senzeilles.

Histoire[modifier | modifier le code]

Ramassé sur lui-même, le bourg s'étend au sommet d'une petite butte, au centre de prairies, à quelques centaines de mètres au nord d'un massif forestier important, sur la ligne de faîte des bassins de la Meuse (au sud) et de la Sambre (au nord). Un nouveau quartier a vu le jour en 1908 à l’époque de la construction de la gare et de la ligne 136a Senzeilles-Florennes (la ligne de chemin de fer 132 Charleroi-Vireux existait depuis 1853 mais il n’y avait pas, jusqu’alors, d’arrêt dans le village). Depuis une vingtaine d’années, de nombreuses maisons ont été construites entre l’ancienne gare et le centre, avec pour conséquence un habitat continu dans cette direction. Altitude au seuil de l’église : 253 m. Le plus haut point : 292 m.

La localité était déjà habitée à l'époque romaine (découverte en 1907 d'une habitation belgo-romaine incendiée vers 250 par des rôdeurs francs). Le village appartient d’abord aux Rumigny-Florennes. En 1113, un seigneur, Arnoud de Morialmé donne les 3/4 du village à l’abbaye St-Nicaise à Reims, où il prend l’habit religieux. Une famille noble porte le nom du village du XIIe au XVIe siècle; la plupart de ses membres occupent des postes en vue, tant sur le plan civil que militaire ou religieux, en Hainaut, à Liège dans le comté de Namur et jusqu'en Angleterre, où ils ont suivi Philippa de Hainaut, qui, en 1328, avait épousé le roi Édouard III.

Le château, dont il subsiste trois tours d'angle, une terrasse et l'habitation surmontée d'une tour centrale, joua un rôle non négligeable de défense avant le XVIe siècle. A son pied se dresse le beau bâtiment en pierre de la ferme de la Basse-cour. Fin juin 1554, 300 hommes de troupe, envoyés à Mariembourg pour défendre cette place contre l’attaque d’Henri II, roi de France, arrivent trop tard et se retirent ici. Le prince-évêque de Liège estime que la garnison de Thuin serait « plus nécessaire à ce pauvre peuple d’Entre-Sambre-et-Meuse étant mise à Walcourt et à la Thour de Senseille. ».

Si le village passe en 1706 dans la famille des ducs d'Orléans, il était déjà devenu français au traité de Nimègue en 1678. Presque cent ans plus tard, en 1772 exactement, il devient liégeois jusqu'en 1793, date à laquelle Senzeilles est le siège d'une administration municipale de canton du district de Couvin dans le cadre du département des Ardennes, comprenant les communes de Cerfontaine et Neuville. Depuis le 1er janvier 1977, le village fait partie de l‘entité de Cerfontaine.

On a extrait ici un beau marbre rouge, notamment à la carrière du Beauchâteau (site classé). L’essentiel des terrains qui affleurent dans la région de Rance-Philippeville date du dévonien et correspond à des dépôts formés dans une mer qui a envahi la Belgique. Le climat de nos régions est alors chaud, de type équatorial et l’on assiste à l’épanouissement de récifs coralliens. (Dévonien moyen : 370 à 360 millions d’années (étages couvinien et givétien) ; dévonien supérieur : 360 à 345 millions d’années, étages frasnien et famennien) Ces récifs coralliens sont des accumulations d’organismes qui, au Beauchâteau, se présentent sous la forme d’un dôme. Ce dernier offre une variété de structures et de couleurs qui correspondent à la construction du récif. Au sommet — couche de terre, couche de sédimentations : schistes et calcaires ; puis de haut en bas — Gros Rouge, Rouge Royal supérieur, Marbre gris, Rouge Royal byzantin, Rouge Royal foncé, Royal rosé, Griotte, Griotte fleurie.

La création du chemin de fer de l'Entre-Sambre-et-Meuse dans les années 1850 a nécessité le creusement d'un tunnel (et d’un deuxième en 1911, finalement bouché en 1976). Ces travaux ont mis à jour un bel affleurement de schiste qui permettait une bonne observation du contact du frasnien et du famennien. Vers 1970 existait un panneau explicatif : Limite biostratigraphique et lithographique de deux étages géologiques (biostratigraphie : description de la succession des couches et des fossiles y contenus; lithographie : description des minéraux et des roches). Un atelier de fabrication métallique a fonctionné depuis 1900 et le village a compté quelques ateliers de maroquinerie jusque dans les années 1950.

Patrimoine[modifier | modifier le code]

Église de style néo-gothique à trois nefs, construite en 1860. Un des 235 sanctuaires de Wallonie dédiés à saint Martin, évêque de Tours († en 397). Derrière l'autel, ’’’pierre tombale’’’ de Marie d'Orjo († 1617), épouse de Toussaint de Robaulx, seigneur de Daussois, père des 1ers seigneurs de Daussois et de Soumoy, bailli d’Entre-Sambre-et-Meuse et mayeur de Cerfontaine. Place verte bordée d'arbres magnifiques. Croix d'occis datée de 1642 dans la rue Basse en face de la ferme de la Basse-cour. Cette année-là, les Français pillent et incendient le village et tuent sept habitants. L’horloge astronomique, due à un autodidacte, Lucien Charloteaux (1870-1958). Une plaque commémorative apposée dans la cour de l'école de la rue du Cornet rappelle le souvenir de deux Senzeillois décédés au Congo à la fin du 19e siècle. En 1944, l’ennemi attaque le ’’’maquis’’’ du lieu dont 11 hommes seront pendus à Breendonck, ainsi que Julien Lehouck, un des responsables, tandis que 59 autres personnes sont arrêtées dans les environs. A l’entrée du château, plaque commémorative en souvenir de ’’’Mme Lehouck, née Gerbehaye (1899-1987)’’’, rescapée de Ravensbruck, 1ère femme sénateur et bourgmestre du village.

Personnalités[modifier | modifier le code]

  • Le seigneur le plus célèbre : Charles de Lannoy (Valenciennes, Fr. 1482 - Gaète, It., 1527)
Ce seigneur issu de deux des plus grandes familles hennuyères de son temps — il est le fils d’un Lannoy et d’une Lalaing — est célèbre par sa participation à la bataille de Pavie, le 24 février 1525, où il reçoit ’’’la reddition de François Ier, roi de France’’’, après l’avoir sauvé d’une mort certaine alors que celui-ci allait succomber sous les coups des mousquetaires espagnols.
Son grand-père, Antoine de Lannoy († 1465) avait épousé Jeanne de Ville, dame de Senzeilles et d’Erquelinnes.
Il portait le titre de seigneur de Senzeilles, alors enclave hennuyère entourée de terres liégeoises, reçu à la mort de son père avec la seigneurie d’Erquelinnes; son mariage en 1510 l’avait fait seigneur de Steenockerzeel, mais il restait pour tous le seigneur de Senzeilles.
  • Lucien Charloteaux (1870-1958), créateur de l’horloge astronomique.
  • Mme Lehouck-Gerbehaye (1899-1987), rescapée de Ravensbuck, 1ère femme sénateur, bourgmestre

Patrimoine[modifier | modifier le code]

  • L'Horloge astronomique de Lucien Charloteaux.
Article détaillé : Horloge astronomique de Senzeilles.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Cahiers du Cercle d’Histoire de Cerfontaine :

  • Il était une fois Senzeilles — monographie, cahier n° 10.
  • Le maquis de Senzeilles (1944) — cahier n° 20.
  • Les seigneurs & la noble famille de Senzeilles — cahier n° 25.
  • L’obituaire de 1664 — cahier n° 118.
  • Les registres paroissiaux de 1664 à 1796 — cahier n° 134.
  • L’état civil du 19e siècle — cahier n° 143.
  • L’état civil de 1900 à 1976 — cahier n° 106

Notes[modifier | modifier le code]

  1. A. Carnoy, Origines des noms des communes de Belgique, Louvain, Éditions Universitas,‎ , 2 vol.
  2. a et b Jules Herbillon, Les noms des communes de Wallonie, Bruxelles, Crédit communal, coll. « Histoire » (no 70),‎

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