Senzeilles

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
image illustrant une localité de la province de Namur
Cet article est une ébauche concernant une localité de la province de Namur.

Vous pouvez partager vos connaissances en l’améliorant (comment ?) selon les recommandations des projets correspondants.

Senzeilles
L'entrée du château de Senzeilles
L'entrée du château de Senzeilles
Administration
Pays Drapeau de la Belgique Belgique
Région Drapeau de la Région wallonne Région wallonne
Communauté Drapeau de la Communauté française de Belgique Communauté française
Province Drapeau de la province de Namur Province de Namur
Arrondissement Philippeville
Commune Cerfontaine
Code postal 5630
Zone téléphonique 071
Démographie
Gentilé Senzeillois(e) Surnom :
Population 665 hab.
Densité 30 hab./km2
Géographie
Coordonnées 50° 10′ Nord, 4° 27′ Est
Superficie 2 185 ha = 21,85 km2
Localisation

Géolocalisation sur la carte : Province de Namur

Voir sur la carte administrative de Province de Namur
City locator 14.svg
Senzeilles

Géolocalisation sur la carte : Belgique

Voir la carte administrative de Belgique
City locator 14.svg
Senzeilles

Géolocalisation sur la carte : Belgique

Voir la carte topographique de Belgique
City locator 14.svg
Senzeilles

Senzeilles, ou Senzeille, (en wallon Sinzêye) est un village de l'Entre-Sambre-et-Meuse dans la province de Namur, en Belgique. Situé à quelques kilomètres à l'ouest de Philippeville il fait administrativement partie de la commune de Cerfontaine, en Région wallonne de Belgique. C'était une commune à part entière avant la fusion des communes de 1977.

Étymologie[modifier | modifier le code]

En 1113: Senzeley, En 1166: Sencelia, Senzelia.

'Senzeilles' a trois étymologies possibles : petit buisson épineux (latin *senticellia, diminutif de sentis « buisson épineux »)[1] ou petite Chinelle (latin *Sinnicellia, de *Sinna ancien nom du cours d'eau de la Chinelle)[2] ou [forge] de (suffixe -ia) Senzilo, anthroponyme germanique (?)[2].

Histoire[modifier | modifier le code]

Ramassé sur lui-même, le bourg s'étend au sommet d'une petite butte, au centre de prairies, à quelques centaines de mètres au nord d'un massif forestier important, sur la ligne de faîte des bassins de la Meuse (au sud) et de la Sambre (au nord). Un nouveau quartier a vu le jour en 1908 à l’époque de la construction de la gare et de la ligne 136A Senzeilles-Florennes (la ligne de chemin de fer 132 Charleroi-Vireux existait depuis 1853 mais il n’y avait jusqu’alors, pas d’arrêt dans le village). Depuis une vingtaine d’années, de nombreuses maisons ont été construites entre l’ancienne gare et le centre, avec pour conséquence un habitat continu dans cette direction. Altitude au seuil de l’église : 253 m. Le plus haut point : 292 m.

La localité était déjà habitée à l'époque romaine: on a découvert, en 1907, une villa belgo-romaine incendiée vers 250 par des rôdeurs francs. Le village appartient d’abord aux Rumigny-Florennes. En 1113, un seigneur, Arnoud de Morialmé donne les 3/4 du village à l’abbaye Saint-Nicaise à Reims, où il prend l’habit religieux. Une famille noble porte le nom du village du XIIe au XVIe siècle ; la plupart de ses membres occupent des postes en vue, tant sur le plan civil que militaire ou religieux, en Hainaut, à Liège dans le comté de Namur et jusqu'en Angleterre, où ils ont suivi Philippa de Hainaut, qui, en 1328, avait épousé le roi Édouard III.

Le château, dont il subsiste trois tours d'angle, une terrasse et l'habitation surmontée d'une tour centrale, joua un rôle non négligeable de défense avant le XVIe siècle. À son pied se dresse le beau bâtiment en pierre de la ferme de la Basse-cour. Fin juin 1554, 300 hommes de troupe, envoyés à Mariembourg pour défendre cette place contre l’attaque d’Henri II, roi de France, arrivent trop tard et se retirent à Senzeillles. Le prince-évêque de Liège estime que la garnison de Thuin serait « plus nécessaire à ce pauvre peuple d’Entre-Sambre-et-Meuse étant mise à Walcourt et à la Thour de Senseille. »[3]

Si le village passe en 1706 dans la famille des ducs d'Orléans, il était déjà devenu français au traité de Nimègue en 1678. Presque cent ans plus tard - en 1772 exactement - il devient liégeois jusqu'en 1793, date à laquelle Senzeilles est le siège d'une administration municipale de canton du district de Couvin dans le cadre du département des Ardennes, comprenant les communes de Cerfontaine et Neuville.

Les différents seigneurs du lieu ont été successivement :

  1. La Maison de Florennes, ensuite Florennes et Morialmé (1/4 et 3/4), puis les abbayes de Florennes et de Reims (945-1163)
  2. Senzeilles (1163 - vers 1450)
  3. Lannoy (vers 1450-1570)
  4. Chimay : Croÿ, Arenberg, puis Hénin-Liétard (1570-1706)
  5. Orléans (1706-1789)
  6. Simonis (de Verviers) (1789-1793)[4]

En 1944, l’ennemi attaque le maquis du lieu dont 11 hommes seront pendus à Breendonk, ainsi que Julien Lehouck, un des responsables, tandis que 59 autres personnes sont arrêtées dans les environs.

Depuis le 1er janvier 1977, le village fait partie de l'entité de Cerfontaine.

Économie[modifier | modifier le code]

On a extrait à Senzeilles un beau marbre rouge, notamment à la carrière du Beauchâteau (site classé).
L’essentiel des terrains qui affleurent dans la région de Rance-Philippeville date du dévonien et correspond à des dépôts formés dans une mer qui a envahi la Belgique. Le climat de nos régions est alors chaud, de type équatorial et l’on assiste à l’épanouissement de récifs coralliens. (Dévonien moyen : 370 à 360 millions d’années (étages couvinien et givétien) ; dévonien supérieur : 360 à 345 millions d’années, étages frasnien et famennien)
Ces récifs coralliens sont des accumulations d’organismes qui, au Beauchâteau, se présentent sous la forme d’un dôme. Ce dernier offre une variété de structures et de couleurs qui correspondent à la construction du récif. Au sommet — couche de terre, couche de sédimentations : schistes et calcaires ; puis de haut en bas — Gros Rouge, Rouge Royal supérieur, Marbre gris, Rouge Royal byzantin, Rouge Royal foncé, Royal rosé, Griotte, Griotte fleurie[5].

La création du chemin de fer de l'Entre-Sambre-et-Meuse dans les années 1850 a nécessité le creusement d'un tunnel (et d’un deuxième en 1911, finalement bouché en 1976). Ces travaux ont mis au jour un bel affleurement de schiste qui permettait une bonne observation du contact du frasnien et du famennien. Vers 1970 existait un panneau explicatif : Limite biostratigraphique et lithographique de deux étages géologiques (biostratigraphie : description de la succession des couches et des fossiles y contenus; lithographie : description des minéraux et des roches).
Un atelier de fabrication métallique a fonctionné depuis 1900 et le village a compté quelques ateliers de maroquinerie jusque dans les années 1950[6].

Patrimoine[modifier | modifier le code]

  • L'Église Saint-Martin de style néo-gothique à trois nefs, fut construite en 1860. Elle est un des 235 sanctuaires de Wallonie dédiés à saint Martin, évêque de Tours (†397).
    Derrière l'autel se trouve la pierre tombale de Marie d'Orjo (†1617), épouse de Toussaint de Robaulx, père des premiers seigneurs de Daussois et de Soumoy, bailli d’Entre-Sambre-et-Meuse et mayeur de Cerfontaine[7].
  • Une Croix d'occis datée de 1642 se trouve dans la rue Basse, en face de la ferme de la Basse-cour. Cette année-là, les Français pillent et incendient le village et tuent sept habitants[8].
  • L’horloge astronomique, due à un autodidacte, Lucien Charloteaux (1870-1958).
Article détaillé : Horloge astronomique de Senzeilles.
  • Une plaque commémorative apposée dans la cour de l'école de la rue du Cornet rappelle le souvenir de deux Senzeillois décédés au Congo à la fin du XIXe siècle. À l’entrée du château, un autre plaque commémorative rappelle le souvenir de Mme Lehouck, née Gerbehaye (1899-1987), rescapée de Ravensbruck, 1re femme sénateur et bourgmestre du village.
  • La Place verte bordée d'arbres magnifiques.

Personnalités[modifier | modifier le code]

  • Charles de Lannoy, né à Valenciennes en 1482 et mort à Gaète (Italie) en 1527, eest le Seigneur le plus célèbre de Senzeilles. Issu de deux des plus grandes familles hennuyères de son temps - il est le fils d’un Lannoy et d’une Lalaing - Charles de Lannoy est célèbre pour avoir reçu la reddition de François Ier, roi de France, lors de la bataille de Pavie (24 février 1525), après l’avoir sauvé d’une mort certaine sous les coups des mousquetaires espagnols.
  • Son grand-père, Antoine de Lannoy (†1465) avait épousé Jeanne de Ville, dame de Senzeilles et d’Erquelinnes. Il portait le titre de seigneur de Senzeilles, alors enclave hennuyère entourée de terres liégeoises, reçu à la mort de son père avec la seigneurie d’Erquelinnes; son mariage en 1510 l’avait fait seigneur de Steenockerzeel, mais il restait pour tous le seigneur de Senzeilles.
  • Lucien Charloteaux (1870-1958), constructeur de l'horloge astronomique.

Héraldique[modifier | modifier le code]

Les armoiries de Senzeilles sont les suivantes : parti ; au un, écartelé aux un et quatre d'argent à trois fasces de gueules, qui est de Croÿ ; aux deux et trois d'argent à trois doloires de gueules, les deux en chef adossées, qui est de Renty ; au deux, vairé en chevron d'argent et d'azur chargé d'un chevron de gueules, qui est de Senzeilles.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Cahiers du Musée de Cerfontaine :

  • André Lépine, Senzeilles au temps de son dernier seigneur (1789-1793). Senzeilles à l’époque française (1793-1815), chapitres du cahier n° 30 Aux Sources de l’Eau d’Heure, 1977, pages 99-161.
  • André Lépine, Il était une fois Senzeilles, monographie, cahier n° 10, 60 pages, 10 photos, 1990.
  • Maurice Van Cantfort, Le maquis de Senzeilles (1944) , cahier n° 20, avec des notes d'André Lépine, 48 pages, 12 photos, 1994.
  • Abbé Auguste Soupart, Les seigneurs & la noble famille de Senzeilles, cahier n° 25, 47 pages, 1997.
  • André Lépine, L’obituaire de 1664, cahier n° 118, 33 pages, 1999.
  • André Lépine, Les registres paroissiaux de 1664 à 1796, cahier n° 134, 47 pages, 2003.
  • André Lépine, L’état civil du 19e siècle, cahier n° 143, 60 pages, 2001.

Notes[modifier | modifier le code]

  1. A. Carnoy, Origines des noms des communes de Belgique, Louvain, Éditions Universitas, , 2 vol.
  2. a et b Jules Herbillon, Les noms des communes de Wallonie, Bruxelles, Crédit communal, coll. « Histoire » (no 70),
  3. Albert de Robaulx de Soumoy, Notice historique sur Philippeville, ASAN, , p. 165, note 2.
  4. Abbé Auguste Soupart, Les seigneurs et la noble famille de Senzeilles, cahier du Musée de Cerfontaine n° 25, 1997.
  5. Itinéraire du marbre, 50 km dans l'Entre-Sambre-et-Meuse méridionale, de Rance à Soulme par Philippeville, Société Royale Belge de Géographie, 1986.
  6. André Lépine, Il était une fois Senzeilles ..., cahier du Musée de Cerfontaine n° 10, 1990.
  7. André Lépine, A Senzeilles. La pierre tombale d'Anne d'Orjo (†1617), épouse de Toussaint de Robaulx, bailli de Pesche, Revue En Fagne et Thiérache, n° 191, , p. 61-64.
  8. André Lépine, Les malheurs de la guerre à Senzeilles : l'année 1642, cahier du Musée de Cerfontaine n° 157, 2008.

Sur les autres projets Wikimedia :

Liens externes[modifier | modifier le code]