Timothée Colani

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Timothée Colani, né le à Lemé, et mort le à Grindelwald, est un prédicateur, écrivain et professeur de théologie protestante français.

Colani est l'un des créateurs et le directeur de la Revue de théologie et de philosophie chrétienne, dans laquelle publiait le groupe de théologiens libéraux de l’« École de Strasbourg ». Il est le père de l'archéologue Madeleine Colani.

Biographie[modifier | modifier le code]

Fils d’Antoine Colani, originaire des Grisons, et de Louise Née, elle-même fille de Jean-Baptiste Née, pasteur venu étudier la théologie au séminaire français de Lausanne en 1777, et de Louise-Marie Porta, issue d'une famille de Lausanne, Timothée Colani est né à Lemé, dans l'Aisne, où son père est pasteur de 1812 à 1844[1],[2]. Il grandit dans un milieu familial influencé par le Réveil piétiste. Timothée est le premier garçon des Colani, qui avaient déjà sept filles, et ses parents le vouent très tôt au ministère évangélique[3].

Il effectue une partie de ses études secondaires chez les Frères moraves à Kornthal, dans le Wurtemberg[1]. Ensuite, il se rend à Strasbourg en 1840, où il étudie la théologie au Séminaire protestant[3]. Sous l'influence de son professeur Édouard Reuss, il se tourne progressivement vers une théologie historico-critique et délaisse les systèmes habituels du rationalisme et de l'orthodoxie luthérienne. Bachelier en théologie en 1845, puis licencié en 1847, il obtient brillamment son doctorat en 1864.

À partir de 1856, il est pasteur auxiliaire aux églises Saint-Pierre-le-Vieux et Saint-Nicolas à Strasbourg, puis il devient officiellement pasteur de la paroisse française de Saint-Nicolas en 1862[4]:526. Il est un prédicateur très apprécié, beaucoup de monde vient écouter ses prêches. Il souhaite exalter la grandeur du Christ et la valeur éternelle de la Bible. Pour cela, il prêche « ce que Jésus a prêché », ce qui le détache des mouvements protestants de l'époque, comme le piétisme[4]:527.

En 1861, il devient professeur de littérature française au Séminaire protestant. Trois ans plus tard, il est nommé professeur d'homilétique et de philosophie, non seulement au Séminaire, mais aussi à la Faculté de théologie, ce qui provoque de vives tensions dans le corps professoral, les milieux ecclésiastiques traditionalistes s'étant opposés à cette nomination[4]:527. Le , il épouse Josèphe Marie Vincent Pepita Gauthey, fille d’un Suisse et d'une Espagnole.

Colani opte pour la France et quitte Strasbourg après la guerre franco-prussienne de 1870 et l'annexion de l'Alsace-Moselle. Il se rend tout d'abord à Royan, où il s'engage dans une entreprise industrielle, mais celle-ci est un échec et il y perd sa fortune. Il suit alors le conseil de son ami Léon Gambetta et il s'installe à Paris, où il se lance dans le journalisme et la politique.

Il meurt subitement lors d'un séjour de repos à Grindelwald le 3 septembre 1888, alors qu'il venait d'être nommé journaliste au Temps[4]:527.

Œuvres principales[modifier | modifier le code]

La pensée de Colani se trouve essentiellement dans les articles qu'il a rédigés pour la Revue de théologie et de philosophie chrétienne. Un grand nombre de ses sermons ont été imprimés.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a et b André Encrevé, Protestants français au milieu du XIXe siècle : les réformés de 1848 à 1870, Genève, Labor et Fides, , 1121 p., 23 cm (ISBN 978-2-83090-028-6, lire en ligne), p. 262.
  2. Daniel Robert, « Antoine Colani », dans André Encrevé (dir.), Dictionnaire du monde religieux dans la France contemporaine. 5 Les Protestants, Paris, Beauchesne, (ISBN 2701012619), p. 132-133.
  3. a et b Jacques Marty, Timothée Colani, théologien protestant : essai biographique, Paris, Librairie Fischbacher, , 24 p., in-8° (OCLC 718532879), p. 5.
  4. a, b, c et d Edmond Jacob, « Colani Timothée », dans Fédération des Sociétés d'Histoire et d'Archéologie d'Alsace, Nouveau dictionnaire de biographie alsacienne, vol. 2.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • André Encrevé, Protestants français au milieu du XIXe siècle : les réformés de 1848 à 1870, Genève, Labor et Fides, 1986, (« 3) Les premiers pas de la Revue de Strasbourg ») p. 262-273.
  • François Laplanche, « Timothée Colani », in Patrick Cabanel et André Encrevé (dir.), Dictionnaire biographique des protestants français de 1787 à nos jours, tome 1 : A-C, Les Éditions de Paris Max Chaleil, Paris, 2015, p. 706-707 (ISBN 978-2-84621-190-1)
  • Edmond Jacob, « Colani Timothée », dans Fédération des Sociétés d'Histoire et d'Archéologie d'Alsace, Nouveau dictionnaire de biographie alsacienne, vol. 2, p. 526-527.
  • Jacques Marty, Timothée Colani, théologien protestant : essai biographique, Paris, Librairie Fischbacher, , 24 p., in-8° (OCLC 718532879).

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]