Uriel

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Archange Uriel
Image illustrative de l’article Uriel
Mosaïque de Saint Uriel par James Powell et Fils (en), dans l’église anglicane Saint-Jean-l’Évangéliste de Warminster (en), Wiltshire (Angleterre).
Nationalité Cieux / Royaume de Dieu
Vénéré par anglicans, Église catholique, orthodoxes, Églises des trois conciles, et chrétiens ésotériques.
Fête 29 septembre (occidental)
8 novembre (oriental)
28 juillet (éthiopien)[1]
Attributs Archange, disque du soleil, orbe céleste avec étoiles ou constellations, épée enflammée, feu dans la paume, livre, volumen, calice (uniquement dans la tradition orthodoxe éthiopienne).
Saint patron Arts, confirmation, poésie, sciences.

Uriel ou Ouriel (nom d'origine sumérienne ; en grec ancien : Ουριήλ / Ouriḗl ; en hébreu : אוריאל Orial ; en copte : ⲟⲩⲣⲓⲏⲗ Ouriēl ; en guèze et amharique : ዑራኤል ʿUraʾēl[2] ou ዑርኤል ʿUriʾēl[3] ; en arabe : إسرافيل Israfil) est le nom d'un archange de la tradition chrétienne et juive.

Présent dans plusieurs traditions pseudépigraphiques ou apocryphes, il est considéré comme le quatrième archange et vénéré comme saint par plusieurs courants chrétiens comme l'église anglicane, ou l'Église copte, éthiopienne et érythréenne. Il est révéré par l'Église orthodoxe, comme l'un des sept archanges majeurs et figure en haute place dans les hiérarchies angélologiques de l'ésotérisme chrétien européen, médiéval et moderne.

Comme quatrième archange, Uriel est ajouté aux trois archanges nommés pour représenter un des quatre points cardinaux (généralement celui représentant l'été).

Dans certains textes cabbalistiques, occultes ou apocryphes, Uriel est aussi parfois appelé Urial, Nuriel, Uryan, Jeremiel, Vretil, Suriel, Sariel, Auriel, ou encore Phanuel.

Uriel est répertorié comme étant le quatrième ange chrétien gnostique (sous le nom de Phanuel), par Grégoire le Grand, et dans l'angélologie du Pseudo-Denys. Cependant, le Livre d'Hénoch distingue clairement ces deux anges : Uriel signifie « la Lumière/La Flamme de Dieu/Du Seigneur », tandis que Phanuel signifie « le visage de Dieu/Du Seigneur ».

Uriel est la combinaison de « Ur » ou « Our » (en sumérien urim), Flamme/Lumière et de « El » (langues afrasiennes, sumériennes et chamito-sémitiques), particule associée au Divin. Il provient de (ou est associé à) la célèbre vallée des lumières, la vallée d'Ur/Our.

Uriel ou Ouriel (masculin) / Urielle ou Eurielle (féminin) sont des prénoms assimilés à la culture celtique bretonne, par l'existence de Sainte Urielle (VIIe siècle), sœur du roi breton saint Judicaël, qui popularisa ce prénom.

Tradition juive[modifier | modifier le code]

Si les Livres des Chroniques font mention de personnages portant le nom d'Uriel à quelques reprises, il n'y a pas de mention d'un être angélique nommé Uriel dans la Bible[4].

Uriel est en revanche mentionné à quelques reprises dans le Livre d'Hénoch, dans l'Apocalypse d'Esdras ou encore le Livre de Baruch, la Vitae Adae et l'Apocalypse d'Élie, ouvrages pseudépigraphiques ou apocryphes de la littérature hébraïque tardive[4]. On en trouve également des mentions dans la littérature magique (Testament de Salomon, Sefer ha-Razim) ou dans la littérature mystique hébraïque[5].

Le livre d'Hénoch évoque ainsi nommément Uriel comme : « ange que le Seigneur de gloire a préposé à toutes les étoiles qui brillent dans le ciel et éclairent la Terre. »[6] Uriel serait ainsi l'ange qui apporte aux êtres humains les lumières de la connaissance de Dieu. Il serait aussi l'interprète des prophéties et l'ange du châtiment[7], visionnaire, juge et bourreau.

Selon Corneille Agrippa[8], inspiré par le kabbaliste Joseph ben Shalom Ashkenazi, tous les patriarches, les prophètes et les sages philosophes ont tous eu des anges qui leur étaient familiers. Uriel, dit-il, a été l'ange d'Esdras.

Selon le cabaliste Lenain, Uriel est un des princes, ou anges, gouvernés par Schebtaïel lequel domine sur le troisième ciel et sur les intelligences du troisième ordre, qui gouverne la sphère de Saturne[9].

Tradition chrétienne[modifier | modifier le code]

Le conseil (ou concile/assemblée) angélique ("Ангельский Собор"). Icône de l'Église orthodoxe russe intitulée « Sept Archanges ». De gauche à droite : St Jéhudiel, St Gabriel, St Selatiel, St Michael, St Uriel, St Raphael, St Barachiel. Derrière la mandorle du Christ Emmanuel il y a les représentations des Cherubins (bleu) et des Séraphims (rouge).

Les débuts du christianisme témoignent de l'importance croissante accordée à Uriel dont une tradition apocryphe fait de l'archange le sauveur de Jean le Baptiste et de sa mère lors du Massacre des Innocents[10]. Cependant, en 745, un synode convoqué par le pape Zacharie condamne une prière du prédicateur Aldebert égrenant les noms d'anges considérés comme démons, au nombre desquels Uriel puis, en 789, l'Admonitio generalis de Charlemagne, reprenant une interdiction du Concile de Laodicée (364), interdit l'usage — qu'il soit écrit ou prononcé — des noms des anges « inconnus »[11].

Le nom d'Uriel n'en demeure pas moins utilisé dans les rituels de certaines églises tandis qu'il continue à faire l'objet de représentations[12]. Ainsi l'Église copte et les Églises des trois conciles éthiopienne et érythréenne ainsi que les communautés anglicanes le vénèrent comme saint et archange[13].

Église catholique[modifier | modifier le code]

L'Église catholique romaine, qui à la suite du canon juif et de la Septante ne reconnaît pas le Livre d'Hénoch, se limite à proclamer l'existence formelle de trois archanges formant une triade, chacun ayant une fonction spécifique : Michel occupe la fonction combattante, Gabriel l'annonciatrice et Raphaël l'initiatique[14].

Les traditions orthodoxes et protestantes admettent le culte de l'archange Uriel, qui est chargé de réguler le mouvement des astres[14].

Vitrail de l'archange Uriel comme le régent du Soleil dans les cloîtres de la cathédrale de Chester.

Églises orthodoxes[modifier | modifier le code]

L'Église orthodoxe éthiopienne est la seule Église intégrant le Livre d'Hénoch dans son canon. Elle est donc également la seule à reconnaître Uriel comme un des quatre archanges. Cependant, la plupart des Églises orthodoxes placent Uriel (« Flamme de Dieu ») parmi les sept archanges dits majeurs, aux côtés de l'archange Michel (dont le nom est sous forme de question, « Qui est comme Dieu ? »), de Gabriel (« Force de Dieu »), de Raphaël (« Soin de Dieu » - Tobie 3:17, 12:15), de Salatiel (« Prière de Dieu » - III Esdras, 5:16), de Jéhudiel (« Gloire de Dieu ») et de Barachiel (« Bénédiction de Dieu »).

Communauté anglicane[modifier | modifier le code]

Dans la tradition et l'hagiographie de l'église anglicane, Uriel est particulièrement mentionné comme un archange. Il est aussi reconnu comme le Saint Patron du sacrement de la Confirmation. Il est célébré dans le calendrier liturgique anglican le jour de la fête des Archanges.

La devise de l'université d'Oxford Dominus Illuminatio Mea est la traduction littérale du nom d'Uriel[15].

Ésotérisme[modifier | modifier le code]

  • Agrippa von Nettesheim le mentionne à quelques reprises dans sa Philosophie Occulte. Pour Agrippa, Uriel est un des quatre anges résidant aux points cardinaux du ciel, avec Michaël, Raphaël, Gabriel[16]. À noter qu'il s'agit bien des points cardinaux du ciel et non des points cardinaux terrestres. Ce sont donc les points marquant le début des saisons. En astrologie, les signes commençant les saisons sont qualifiés de cardinaux. Les quatre anges d'Agrippa gouvernent donc les saisons. Ayant constaté que certains noms d'anges correspondaient aux noms de personnages bibliques particulièrement vertueux, ainsi Jérémiel viendrait de Jérémie, Zachariel de Zacharie, Uriel de Urie, etc., Agrippa conclut que les anciens vénéraient l'ange, génie, ou le bon daemon de ces hommes. De même les noms de personnages particulièrement méprisables devenaient des noms de mauvais daemons[17].

Littérature et beaux-arts[modifier | modifier le code]

Uriel, est situé à droite sur ce tableau La Vierge aux rochers (Louvre version) réalisé par Léonard de Vinci, 1483–86.

Dans Le Paradis perdu, du poète anglais John Milton, Uriel est le régent du Soleil et de son orbe. Il y est dit qu'il est l'un des sept archanges qui « en présence de Dieu, et les plus voisins de son trône, se tiennent prêts à son commandement. Ces sept archanges sont les yeux de l'Éternel ; ils parcourent tous les cieux, ou en bas à ce globe ils portent ses prompts messages sur l'humide et le sec, sur la terre et sur la mer. »

Galerie[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. (en) Matthew Bunson, Angels A to Z : A Who’s Who of the Heavenly Host, New York, Potter/Ten Speed/Harmony/Rodale, , 320 p. (ISBN 978-0-307-55436-9, lire en ligne), p. 103.
    « In the orthodox churches of Egypt and Ethiopia, the Christians celebrate July 28 in honor of the archangel Uriel. »
  2. (en) Täsfa Mikaʾel Gäbrä Śǝllase, « ድርሳነ፡ ዑራኤል። ግዕዝና፡ አማርኛ። መልክአ፡ ዑራኤል፡ በልሳነ፡ ግዕዝ። (Dǝrsanä ʿUraʾel gǝʿǝzǝnna amarǝňňa—mälkǝʾa ʿUraʾel bälǝssanä gǝʿǝz, ‘Homiliary on [the honour of] Uriel in Gǝʿǝz and Amharic—Image of Uriel in Gǝʿǝz’) », sur zotero.org,‎ 1992/1993 (consulté le ).
  3. (en) Amsalu Tefera, Alessandro Bausi, Bairu Tafla, Ulrich Braukämper, Ludwig Gerhardt, Hilke Meyer-Bahlburg et Siegbert Uhlig, « A Fifteenth-Century Ethiopian Homily on the Archangel Uriel », Aethiopica: International Journal of Ethiopian and Eritrean Studies, vol. 21,‎ , p. 89 (ISBN 978-3-447-18045-0, lire en ligne, consulté le ).
  4. a et b (en) Karel van der Toorn, Bob Becking et Pieter Willem van der Horst, Dictionary of Deities and Demons in the Bible, Wm. B. Eerdmans Publishing, (ISBN 978-0-8028-2491-2), p. 885-886
  5. Karel van der Toorn, Bob Becking et Pieter Willem van der Horst, Dictionary of Deities and Demons in the Bible, Brill, , p. 885-886
  6. Livre d'Hénoch, chapitre 74, Ed. Robert Laffont, Paris 1975
  7. Sophy Burnham, Le Livre des Anges, Éditions Marabout, Alleur, 1994, p. 144
  8. La philosophie occulte, livre III, chap. XLVII
  9. Lenain, La Science cabalistique, Amiens 1823, Réédité aux Ed. Traditionnelles, Paris 1972
  10. (en) Stephen Miller, The Book of Angels : Seen and Unseen, Cambridge Scholars Publishing, (ISBN 978-1-5275-3543-5), p. 60
  11. (en) Robert Bartlett, Why Can the Dead Do Such Great Things? : Saints and Worshippers from the Martyrs to the Reformation, Princeton University Press, (ISBN 978-0-691-16968-2), p. 164
  12. Léon Dumuys, « Mémoire sur un moule mérovingien », Mémoires de Société archéologique et historique de l'Orléanais, vol. 20,‎ , p. 76
  13. (en) Stephen Miller, The Book of Angels : Seen and Unseen, Cambridge Scholars Publishing, (ISBN 978-1-5275-3543-5), p. 61
  14. a et b Sylvie Parizet, La Bible dans les littératures du monde, Cerf, (ISBN 978-2-204-11510-0, lire en ligne), Pt409
  15. (en) Stephen Miller, The Book of Angels: Seen and Unseen, Cambridge Scholars Publishing, (ISBN 978-1-5275-3543-5), p. 59
  16. Henri Corneille Agrippa, La Magie céleste, chap. VII, Ed. Berg International, Paris 1981
  17. Henri Corneille Agrippa, La Magie cérémonielle, chap. XXVIII, Ed. Berg International, Paris 1981
  18. Rudolf Steiner, Quatre Imaginations cosmiques, Ed. Triades, Paris 1984

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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